‹ Manuel de l'histoire de la littérature françaiseChapitre 87 sur 90 · XI. — L'Influença allemande · texte numérisé non relu

XI. — L'Influença allemande

L'influence iiUemande, continuée depuis M'"" do Slnêl, — guère L^té l'cpréaeolée jusqu'aux enviions de 1860, — que par

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noces. Mois Dumas n*en avait pas moins raison di peler que ce n*c8t point l*homme qui est fait pour mais au contraire Tart pour l*homme; et c'est personne aujourd'hui ne conteste. S*il est loisibl peintre ou au sculpteur de ne se soucier uniquemenl de la réalisation du caractère ou de la beauté, ni l'ai dramatique, ni le poète ne le peuvent, parce qu'il servent de mots, et que les mots expriment des i( et que les idées se changent en mobiles ou en ni< d'action. Dumas l'a su, s'il l'a dit un peu confuséni^ (( Toute littérature qui n'a pas en vue la perfectibilité

quelques universitaires, au premier rang desquels il faut noi Snint-Rcné Taillandier. — Mais, à dater de 1860, le pouvoir augmente; — et l'action s'en fait sentir dans trois ou quatre dii tiens à la fois.

1° En philosophie; — par Hutermédiaire d'Ernest Renan; d'Edmond Schercr [Cf. son étude sur Hegelt dans ses Mélani d'histoire religieuse, 1861]; — et d'Etienne Vacherot [Cf. la Méti physique et la science] ; — l'hégélianisme s'empare des esprits, et il n'est plus question que de a l'identité des contradictoires [Cf. Gralry, les Sophistes et la Critique, 1861]; — dont la formula obscure s'accorde merveilleusement avec l'idée d'évolution naiS'-'' santé. — C'est aussi vers le même temps que se fonde la Bévue'. germanique ; — et que Ton découvre ou que l'on retrouve Schopen-< hauer [Cf. Foucher de Careil, Hegel et Schopenhauer^ 1862, Paris, cl Challemel-Lacour, dans la Revue des Deux Mondes, mars 1870],

— dont les doctrines, mieux connues, renouvelleront plus tard, aux environs de 1875, — la conception philosophique de l'amoup, •

— et par suite l'idée môme qu'on se fait de la vie. " 2° En matière d'érudition ; — et plus particulièrement d'exégèse

et do philologie ; — on se met à l'école de Strauss et de Baur, — de Bopp cl de Diez, — de Mommsen et de Curtius.

3*» En fait d'art et de littérature; — c'est alors qu'on traduit presque entièrement Gœtlie et Schiller; — que l'on oppose Henri lleiue aux plus illustres de nos romantiques; — et qu'enfin le « wagnérisme » commence à s'insinuer dans les esprits par les oreilles; — et par l'intermédiaire des doctrines d'art qu'on en dégage [Cf. Ed. Scliuré, le Drame musical, Paris, 1875]. — Et, en

L* tITTÉFATTJnS

moriilisEitîon, ricltal, l'utile en un mot, est une littératun racliitique et malsaine, née morte. i> Et on peut regretl< qu'il ne l'ait pns mieux dit, miiîs il Vu dit; et finalemeal iiprcs l'avoir Spremeiit contredit, ce n'est pas les Leconi de Lisie ou les Flaubert que l'on en a erii, mais lui.

On résumera ces observations d'un seul mot, en disai que, d'inc/ii'idtialiste qu'elle avait été avec les romai tiques, et d'iiii/iersannelle avec les naturalistes, la litléra ture française moderne, considérée dans son ensemble est redeveaue sociale. Et nous, par forme de conclusion si nous souhaitons qu'elle le demeure, ce n'est pas di

dëpit de la résislaiice d'un cerluiu patriotisme, — aucune influeDt n'est destinée depuis lorx â exercer plue d*actio», — comme n'étai pas uniquement o musicale d ; — mais philosophique ; — et surtot cODime étant jusqu'ici, — dans la composition totale de l'espr européen — l'un des principaux éléments de résislnnce qu'il y a

— ù l'cnvahisscineiit du naturalisme — el d'un uaturalisme encoi plus superficiel que grossier.

XII. — Alexandre Damas fils [Paria, 1821; f 1K05. Pari» 1" Les Sol'hces. — Les i fouillelops dramatiques u de JuU Janin dans le Journal îles Débats; — Théophile Gautier, dans 1 Presse et dans le MoaUear-, — P. Sarcey, dans l'Opinion nalionai el dans le Temps; — Jules Lcmaitrc, dans le Journal des Déliait; r Weiss, Essais sur l'histoire de la littérature francaite, lS57-t85S

— Léopold Lacour, Trois théâtres, Paris, 1880; — Emile Zola, JVé auteurs dramatii/aes ; et Documents littéraires. Paris, 1881; -- Paul Bourgel, Essais de psychologie contemporaine. 1886; — Pal de Saint-Victor, le Théâtre contemporain, Paris, 1889; — Rea Doumic, Portraits d'écrivains. 1892, el Essais sur le théâtre con temporain, 1895-1897; — H. Parîgot, /e Théâtre rf'A.cr. Paris, IBM cl Génie et Métier. Paris, 1894.

2° L'HoHHU BT l'Éghivain; — et que pour les comprendre. -■ mais surtout pour les juger, -~ il faut ae reprëaenler Âleiaadi Dumas lils— comme ayant uU'euté loulc sa vie l'allure d'un révolu

— dont l'indépendance aurait d'ailleurs été limitée — par i besoin de plaire; — et. pour plaire, de complaire i l'opinion qui est toujours l'écueil de l'auteur dramatique.

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tout que nous prêtions à ce mot on ne sait quelle signfl cation sccrcte ou quelle valeur mystique! Ce n'est ni ('avantage que nous prenions notre opinion particulièi et personnelle pour la règle arbitraire des autres. Mal nous en avons de solides raisons, qui sont justemei celles que, dans ce résumé de l'histoire de la littérÉ turc française, nous avons essayé de mettre en évidence — Si le dilettantisme a certainement eu cette conséquenol heureuse, en développant ou en excitant la curiosité dtf Tesprit, d'en aiguiser la pénétration ou d'en étendre li portée ; et si d'autre part on ne saurait nier, — commi

A. Le Héaliste; — et d'abord qu'on ne trouve qu'un c épig^na; du romantisme », — et un faible imitateur de son père, — dans leê Aventures de quatre femmes et d'un perroquet, 1846-1847; — dans le Docteur Servand, 1849; — et dans le Régent Mustel, 1852 [Cf.: J.-J. Weiss, loc. cit., les Romans de M. Dumas fils], — L'imagina- : tioii. le style, et toute intention d'art y font également défaut; — et on n'y est frappé de rien tant que de l'ignorance prodigieuse de l'auteur; — si ce n'est de sa suffisance; — qui sont deux legs de son a grand enfant » et de son o bon garçon de père o [Cf. Un père prodigue]. — Mais le succès de la Dame aux camélias^ 1848 (roman), et 1852 (drame), — lui indique sa véritable voie; — qui est l'imitalion de ce qu'il a vu lui-même; — et sans doute c'est une forme inférieure du réalisme; — comme le réalisme des Champiloury, par exemple, et des Courbet; — qui ne sont réalistes que de la stérilité de leur invention ; — mais pourtant c'en est une. — Différence à cet égard du réalisme de Dumas et de celui de Flaubert, ou de Taine. — Diane de Lys est toutefois une espèce de retour au romantisme. — Mais à dater du Demi-Monde, 1855, — Dumas se jelte tout entier dans le réalisme par imitation des mœurs contemporaines; — et la Question d'argent, 1857; — le Fils naturel, 1858, qui est lui-même, Dumas; — un Père prodigue, 1859, qui est son propre père; — l'Ami des femmes, 1864; — et V Affaire Clemenceau, 1866, — sont autant d'œuvres où dominent les caractères du réalisme; — dans la nature des intrigues r — dans le choix des personnages; — dans la familiarité du style. — C'est une autre différence encore du a réalisme » de Dumas, et de celui de Flaubert ou de Leconte de Lisle; — l'indifférence presque entière

li LITTÉIIATnRB MODERNE

i bien nous n'en avons eu garde, — que

ralisme nous ail rendu, deux ou trois fois au moins dat:^ le cours de notre histoire, d'utiles et même de prc^cieurA services; rien n'empêche nue littérature « sociale m àm s'approprier les conquêtes du naturalisme et du diled^ iantisme. Mais au contraire ils ne sauraient, eux, s'apprg prier les siennes, puisque le dileltantistne, c'est l'ind^ vidualisme; et le naturalisme, c'est la soumission absoli] de Tétrivain à son objet ou pour mieux dire encore, c'ë est l'acceptation. Les choses ne sont pour lui que < qu'elles doivent être, et dès qu'il les a comprises, il z

k la forme ; — e

qu'on ri^UBsit ù se faire entendr*

tendance à diaculer des ■ queslions » el ù moraliser.

B. L'Auteur dramatique. — C'esl sous l'inlluente dr celle ti dance; — encouragée par t'influence directe el perBonucIIe Gïorge Sand ; — pur l'influence moias directe, mais noo mo certaine de Michelet; — et par l'émulatiOD des succès quasi politi ques d'Augier [Cf. les Effrontés et le Fils de Giboyer], — qii Dumas invente un nouveau thi^âtre, — dont les Idées de madait Auliray, 1867, — sont le premier modèle. — Taudis qu'ei Augier coDlinu<\ de subir l'influence de Scribe; — et serait leurs embarrassé de la secouer: — Dumas s'en émancipe; — pièces deviennent des " thèses d, — dont les personnages ni que les porte-paroles appropriés; — et l'intrigue une démonslri tioD, — Cc9 thèses ont pour objet eu g<^nèral de montrer l'iniquif du Code [Cf. F. Moreau, le Code tivil et le Théâtre contet porain]; — et de plaider notamment lu couse de U recherche i, la paternité, celle du divorce, et l'égalitÉ romantique de l'homn et de la femme dans la faute ou dans radultèfc. ^— Les Préfaa du Théâtre complet [édition de 1866-1870]; — et qu'U faut faïi attention qu'étant postérieures de dix ans aux pièces qu'elles p cèdent, — elles répondent à l'idée nouvelle qoe l'auteur des IdM de madame Aubray se fait de son art.

C'esl conformément à ces principes nouveaux. — fortifiés lui par les spectacles des événements de 1870-1871 [Cf. Leilrt de Juniiis, 1870-1871], — qu'Aleiandre Dumas a écrit la Fïsil ^^ iQces 1871; — '« Princesse Georges, 1871; — la Femme à

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les trouve pus légitimes seulement, mais « naturel et por conséquent nécessaires. En second lieu, ce qa^ littérature « sociale » a pour elle — dans le pays* (irorgo Sand et de Lamennais, de Voltaire et de tcsquieu, de Bossuet et de Racine, de Montaigne m^ et de Rabelais, — c*est d*étre conforme à la tradii quatre ou cinq fois séculaire du génie français. Omnia loquitur populus iste conjnraiio est! Ce n'est pas sei ment ce qui n'est pas clair qui n'est pas français, c'est tout ce qui n'exprime pas dans la langue de tout monde des vérités qui intéressent ou qui touchent

Claude, 1873; — trois pièces dont il y eu a au moins deux l'on ue voit pas que la a thèse » nuise à la valeur dramatique l'œuvre ; — et au contraire où l'obligation de a prouver » a débi rassé le théâtre de plusieurs conventions gênantes. — Elles V{ ramoné à une simplicité d'action que Scribe lui avait rendue toi à fait étrangère; — puisqu'il ne fondait son espoir de succès sur l'imprcvu de ses combinaisons. — Elles y ont introduit ub! clément de passion, — que l'on chercherait en vain dans les corné*' (lies ou les drames d'Augier, — dont on ne sait jamais /^our^uoî les personuages agissent de telle ou telle manière plutôt que d'une autre. — Et elles oot enfin rendu au théâtre — une valeur littéraire, psychologique et morale, — qu'il avait à peu près perdue > depuis uue centaine d'années. — Car, quelle est la signification * de l'Aventurière, ou du Verre d'eau^ ou de la Tour de Neshf ou même de Marion Delorme?

C. Le Moraliste. — De là la transformation du o réaliste » en « moraliste », — et du Dumas de Diane de Lys ou de la Dame aux camélias, — en celui de l'Etrangère, 1876; — de la Princesse de Bagdad, 1882; — de Denise, 1885; — et de Francillon, 1887. — El qu'il est dommage, en vérité, que ce moraliste ait quelquefois manqué de bon sens ; — plus souvent encore d'une suffisante connaissance des questions qu'il traitait ; — et toujours de mesure. — Les lacunes de l'éducation première de Dumas ne s'aperçoivent que trop ; — même dans sa manière de poser les problèmes [Cf. les Femmes qui tuent et les Femmes qui votent'], 1880, — ou encore la Question du divorce, 1881. — Ramenées ou réduites à l'optique du théâtre, il tranche trop aisément des difGcultés ; — dont il n'a pas

te monde; et c'est pourquoi Ton remartiuera que nfi plupart (le nos « romantiques n, ni s'irtout nos « dil tniites )i n'existent au regard de l'étranger. On a qu'eux en leur genre en Angleterre nu en Aller Nous, au contraire, la socialisation de la littérature, j'ose hasarder ce barbarisme expressif, c'est ce qui nous a permis dans le passé, non Eculement, comme on l'a vi1h| de résister ii l'influence étrangère, et de n'en retenu que ce que nous pouvions approprier aux fins de génie, mais encore d'exercer dans le monde la dominit^ tion intellectuelle que nous y avons exercée plus souveiu

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Daiiio aux camélias (romaiil, 1848; — et l'Affaire

2> Son Théâtre, dont la dernière édition, en 7 voluracs Paris, tS90-lB93. Calmanii Lévy. se compose de : la Dame a camélias, 1852; Diane de l.ys. 1853; te Bijou de la reine. "' (en vers); — le Demi-Monde. 1855; la Question d'argent, : le Fils naturel. 1858; Un Père prodigue, 1859; — l'Ami • femmes. 186'i; les Idées de madame Aitbray, 1867; — V de noces, 1871; la Princesse Georges, 1H7I ; la Femme de Clam U:2:~ Mmiietir Alphonse. 1874; rÊtrangére. 187G; - la PrU cesse de Bagdad. 1882; Denise, 1885; Francillon, 1887.

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(|u*uucun peuple. Et enGn, si le propre d'une littéral « sociale » est de tendre, comme on l'a dit, au « fectionncmcnt de la vie civile » ou, comme nous diri< de nos jours, au progrès de la civilisation, que rions-nous ajouter de plus? Nous avons depuis quai cents ans, dans notre littérature et dans notre lani même, les moyens de travailler ensemble à la grande du nom français et au bien commun de l'humanité, ne sacrifierait à ce généreux idéal un peu de son « in< vidualisme », et l'étrange vanité d'être seul à s'admii ou à se comprendre lui-même?

Il y faut ajouter les deux volumes intitulés : le Théâtre dt autres, dans lesquels il a au moins autant de part qu'Augier dai les Lionnes pauvres ou Barrière dans les Faux bonshommes, et qi comprennent : le Supplice d'une femme [en collaboration avec Emile 1 de GirardinJ, 1865; Héloïse Paranquet [en collaboration avec Armand Duraniin], 1866; — le Filleul de Pompignac. 1869 ; — la Comtesse Romani [en collaboration avec M. Fould], 1877; — et les Danicheff [en collaboration avec M. Pierre Corvin], 1879.

Il a de plus a remis sur pied o quelques-unes des pièces de George Saiid, dont la plus célèbre est le Marquis de Villemer, 1864.

30 En dehors de ses romans et de son Théâtre, on a enûn de Dumas : — trois volumes àEntractes, 1878-1879, plus un volume de Nouveaux Entr actes, 1890, où il a lui-même réuni la plupart de ses brochures et feuilles volantes ; — la Question du divorce, 1880; — et une Lettre à M. Rivet, député, sur la recherche de la pater^ nité, 1883.

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