‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 10 sur 129 · PKK10DJ-: I. — SECTION II · texte numérisé non relu

PKK10DJ-: I. — SECTION II

rature de tous les peuples a commencé. Lu Tlirace et le nord de la Grèce ont été le berceau des muses grecques. C'est de la Tlirace qu'une tradition, qui se perd dans la plus haute antiquité, fait venir une partie toute nationale de leur religion, les mystères, ainsi que la poésie sacrée.

La plupart des poètes de cette époque réunissaient le triple caractère de chantres (àoiiïot), de pontifes (Upeïç,) et de prophètes ([xâvzeiz). En leur qualité de ministres des dieux, ils composaient ces hymnes et ces prières qu'on chantait dans les cérémonies sacrées.

Les noms, que la tradition a conservés, sont ceux iXOlen , surnommé Y hyperboréen } personnification d'un état de civilisation apportée en Grèce des contrées septentrionales; de Linus , proprement le nom d'un chant particulier (mvoç) ' ;ô?Eumolpe : de Pamphus , de Melampus , de Phémonoé ; de Philammon : de Thamyris , etc. Les récits qui nous sont parvenus sur ces personnages, n'ont aucun caractère historique, ils servent seulement à nous faire connaître la marche que la culture intellectuelle des Grecs suivit dans ces anciens temps.

Une tradition populaire attribuait à Phémonoé l'invention du vers hexamètre , dont la cadence grave et majestueuse était parfaitement appropriée à la poésie sévère de l'époque7. Tous ces poètes étaient en même temps musiciens. La musique et la poésie se trouvaient alors intimement unies, ou pour mieux dire, la musique, le chant et la danse constituaient la poésie.

lJ. A. Ambrosch, DeLinodissertatio.lkrol. 1829. 4. llniiptiii^iin. prol. de Lino. Gera^ 1760. 8.

2 F, Spi 'izner, de versu Graecôrumi faerowo. Lips. ISKi. S.

Les plus célèbres de ces chantres -prophètes sont Orphée et Musée, fondateurs d'un culte mystérieux , dont le but était d'adoucir les mœurs féroces d'un peuple barbare. Leur vie, comme celle des personnages cités plus haut, est enveloppée de ténèbres; elle appartient à la mythologie plutôt qu'à l'histoire , et à l'histoire de la civilisation plutôt qu'à celle de la littérature. On fait naître Orphée x à Libethres en Thrace, du roi OEagre et de la muse Calliope, vers 1250 avant J.-C. Ses ouvrages, s'il est vrai qu'il en ait laissé, ne sont pas parvenus jusqu'à nous, et ceux qu'on lui attribue ont été composés long-temps après lui. Ce sont : 1° des Hymnes d'initiation (Tslsnxi) au nombre de quatrevingt-huit; d'après l'opinion commune, qui du reste n'est nullement fondée, ils sont d'un certain Onomacrite , contemporain de Pisistrate; 2° un poème historique ou épîlre sur l'expédition des Argonautes (Apyo- Kzunxà) , en 1384 vers ; 3° un ouvrage sur les vertus magiques des pierres (izepi )JQuv), en 768 hexamètres,

1 C. G. Lenz, de fragm. Orpli. ad astronom. et agror. cuit, spectant. Gott. 1789. 4. J. G. C. Gerlach, de hymn. orph. Gott. 1797. 8. J. G. Huschke, de Orph. Argonaut. Rostoch. 180G. 4. B. N. Kônigsmann, de a,-tate carminis epici, quod sub nomine Orphei circumfertur. Siesvici 1810. 4. G.Hennann, de arguments pro antiquitate Orph. Argon, cet. Lips. 1811. 4. G, H. Bode, de Orpheo poétarum grsecor. antiquissimo. Gott. 1824. 4. On peut consulter avec fruit, sur Orphée et les autres poètes de cette époque. Lohecli, Aglaophamus, seu de theol. inystic. grsec. causis. Région). 1829-1830. 2 vol. 8. — Editions : Ed. pr. Juntina Florent. 1500. 4. //. Stephanus in : Poëta; grœci princ. lier, carm., t. 2, p. 61-152. Paris. 1566. fol. : Poësis philosophica, etc. ib. 1573. J .31. Gesner ed Uamberget. Lips. 1764.8. G. llerniunn. Lips. 1805.8. — Argonautica : J. G. Schneider, Jcn. 1803. 8. Lithica : T. Tynvhùt. Lond. 1781. 8.

enfin 4U des fragmens de divers autres ouvrages, parmi lesquels on place un poème en 66 vers, intitulé -aepl Gefjy.ûv des tremblcmens de terre.

Musée était né à Athènes et fut disciple d'Orphée. Les anciens citent de ce poète plusieurs ouvrages qui se sont perdus ; dans le nombre se trouvent TtoS^xoi , préceptes pour son fils Eumolpe, une Théogonie , une Guerre des Titans, des Hymnes, des Oracles (j^pYiapoî), etc.

On peut placer à cette époque les oracles sibyllins. On compte plusieurs sibylles ou prophétesses; mais la plus célèbre est la sibylle d'Erythrées ou de Cumes , dont les oracles, relatifs à l'histoire de la république romaine, étaient conservés à Rome, dans le temple d'Apollon. Les huit livres, qui nous restent aujourd'hui sous le titre d'oracles sibyllins ont été fabriqués dans les premiers siècles de notre ère. Un manuscrit découvert à Milan par Ange Maï contient un 14e livre en 334 vers; mais les livres qui devaient se trouver entre le 8° et le 14° y manquent. Plus tard , le même savant retrouva le même livre avec trois nouveaux, le 11e, le 12" et le 13e dans deux manuscrits du Vatican, d'après lesquels il les a publiés '.

1 Editions: Ed. \>r.Xystus Betulejus. Basil. 1545.4. J. Opsopoeus. Taris. 1599. 8. Gallœns. Amstel. 1689.4. An g. Mai, Sibylla- lil). XIV. additur lib. VII et pars VIII. Mcdiolan. 1817. 8. lib. X1-X1V : tëova colleclio script, vet vol. 111. Rom. 1828. 4. C. L. Struve, fourni, lil). sibvll. quae apud Lactant. reperiuntur. Rcgiom. 1818. 8. — Outre les ouvrages généraux sur les oracles par Van Date, FontentMe, Clui ter. etc., on possède plusieurs écrits particuliers sur les oracles si byllins, par exemple, (lallœus. de Sibvllis eanimque oraculis. Ainsi. 1088. 4. />. Thorluiiits, Libri Sibyllini crisi. quatenus monumciila ebristiana sunt, subjeeli. HaunisB. 1815. 8. Idem. Conspectiis doc Iriniv christ., qualis in Sibyll. lib. continelur. Huuniu*. 1822.8.

Nous passons sous silence les autres oracles , tels que ceux deBacis, $ Amphilytus , etc.

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