CONFÉR. SECT. XXVI. P. 131. SECT. XLVII. P
Nous avons vu que , vers la fin de la période précédente, l'école empirique parvint à la plus haute celé-
1 G. M. Raidel, Comment, critico-liter. de Cl. Ptol. gcograpbiâ ejusque cockl. tani msstis quam tvpis expressis. Norinib. 1737. 4. A. il. L. Heeren , de fontibus geogr. Ptolem. tabularumque iis annexarum, num ii Grœcaî an vero Tyriœ originis fuerint. (Commcntt. Soc. Reg. Scient. Gott. récent, vol. VI. 1828. 4.) F. C. IL Kruse : Archives pour l'hist. ancienne. T. I. Livrais. 2. (en allcm.). // ilberg, La construction des Cartes générales d'Eratosthènc et de Ptolcméc, expliquée d'après les sources. Essen. 1834. 4. (en allcm.) — Editions : On compte plusieurs traductions lat. qui ont paru avant l'original grec. p. ex. celle de [Midi. Chrysoïoras) et J. Angélus (cd. A. Vadius et Bam. Picardus.) ap. Levilop. Vicens. 1475. fol. Texte grec : éd. pr. (Cur. D. Erasmo) Basil, ap. Froben. 1533. 4. réimpr. ap. Jf echel. Paris. 1546. 4. Pt. Montanus (eum versione G. Mereatoris) Francof. et Amstel. 1605. fol. P. Berlius sous le titre de : Thcatr. Gcograpbiœ veteris. Amst. 1619. 2 vol. fol. Beaucoup de noms propres s'y trouvent rectifiés, mais les nombreuses erreurs de l'édition de Bàlc relativement aux nombres ont été reproduites. M. Halma, Grec- franc. Paris. 1828. 4.
1 Dans : Ducange, Constantinopolis Cbristiana. Paris. 1680. lui. et dans la collcct. à'JIudson. T. III.
3 S. Tcnnulius. àmst. 1671. 8. Hudson, ouvr. cit. T. II.
brilé par les travaux de Sérapion d'Alexandrie , et qu'elle fut portée à Rome par Archagathus ; mais celui qui dans cette capitale l'exerça avec le plus brillant succès fut Asclépiade , natif de Pruse en Bithynie qui vint s'y fixer 110 ans avant J.-J. Plutôt rhéteur et philosophe que médecin , il suivit une méthode différente de celles de tous ses devanciers , et fonda une théorie basée sur la philosophie corpusculaire d'Epicure. Tous ses écrits sont perdus à quelques fragmens près '.
Parmi les empiriques de la même époque il faut encore ranger les suivans : Apollonius , de Citium, médecin à Alexandrie, qui a laissé un commentaire sur l'ouvrage d'Hippocrate Des articulations \ Xénocrate, d'Aphrodisée, qui florissait sous Trajan (si toutefois il n'est pasantérieur à la naissance de J.-C.) et écrivit Sur la nourriture que fournissent les animaux aquatiques 3 ; les deux Andromaque de Crète, père et fils, médecins de Néron , dont le premier a été cité à la section des poètes didactiques. Enfin on regarde comme ayant appartenu à la même école Péda?iius Dioscoride d'Anazarbe en Cilicie , le plus grand botaniste de l'antiquité , célèbre par son traité De la matière médicale, en cinq livres. Non seulement Pline , Galien et Oribasius y ont puisé toutes leurs connaissances en botanique, mais pendant seize à dix-sept siècles, ce
1 C. G. Gumpert, Asclepiadis fragm. \inar. 1794. 8.
2 Ce Commentaire est inédit.
3 Éd. : C.Gesner.Tark. 1559. S.J, G. F.Franz. Lips. 1773. 8. Ad. Coray. vol. III des Parerga Bibl. Hell. Paris. 1814. C. F. Matthœt, Medicorum XXI veter. et claror. {jr. varia opuscula primo nunc (Ceci est faux relativement à Xénocr.) ex Oribasii cod. mosquensi gr. éd., etc. Mosq. 1808.4.
traité a été l'ouvrage classique et ])resquc unique pour la connaissance des plantes et pour la matière médicale ; de là sans doute le grand nombre d'interpolations qui s'y rencontrent. Le livre de Dioscoride manque d'ordre et de méthode; le style en est clair et précis mais dépourvu d'élégance. Deux autres opuscules du même auteur sous les titres d' Alexipharmaca et de Theriaca sont d'une authenticité douteuse, ainsi que celui ; Des remèdes simples et composés qu'on se procure facilement '.
Celte période donna naissance à Yécole des Méthodistes , dont le vrai fondateur paraît avoir été Thémison, de Laodicée , disciple d'Asclépiade. Ce médecin, voulant trouver un milieu entre le système empirique et le dogmatisme, crut découvrir ce milieu ou cette méthode dans la théorie adoptée par son maître. Thessalus, de Trallès,à qui quelques-uns attribuent la fondation de l'école méthodique, donna du moins une certaine extension aux principes de cette école. Mais celui qui réduisit en système la doctrine des méthodistes fut Sorcmus, d'Ephèse , qui élevé à Alexandrie se rendit sous Trajan et Adrien à Rome , où il exerça et enseigna la médecine avec un brillant succès. Il reste de lui plusieurs ouvrages % par exem-
1 Editions : éd. pr. Aldus (avec Nicandcr.) Venet. 1499. fol J. Goupyl. Taris. 1549. 8. J. Ant. Saracenius. Francof. 1598. fol. Ciirt. SpniKjeh (gr. et lat. cum comment.) Lips. 1829. 2 vol. 8. (vol. 25 et 2G de la collection des médecins grecs de Kiïhit).
• Editions : Sur la matrice, etc. : Ad. Turnebus (avec Iluf. Enhcs.) Paris. 1554. 8. ses autres écrits dans : A. Cocchius, Gra'cor. Chirurjjor. libri. Elor. 1754. fol. Le traité qui existe en latin sous le titre de : In artem medendi Isagogc , est peut-être du célèbre médecin romain CœliusAurclia7ius.ed.:A. Toritius. Basil. 1528. fol.
pie, Sur les bandages; Sur la matrice, etc. La Vie d'ilipjjocrate par Soranus d'Ephèse que nous possédons, ne paraît pas être de celui-ci , mais d'un médecin du même nom qui a vécu postérieurement ' .
On cite encore parmi les méthodistes Criton, médecin célèbre du temps de Trajan , et auteur d'un traité sur les Cosmétiques , dont il reste des fragmens, et Moschion, d'une époque incertaine , auquel on attribue communément unouvrage sur les Maladies des femmes1.
Quoique l'école méthodique dominât à cette époque ; les dogmatistes continuèrent cependant à se maintenir. Ils se nommèrent Pneumatiques , parce qu'ils adoptèrent pour base de leur doctrine un principe actif de nature spirituelle (xvevy.x). Celui qui donna une forme systématique à cette doctrine et devint par là le fondateur de Y école pneumatique proprement dite , fut Athénée , d'Atlalie en Cilicie, médecin renommé à Rome, vers l'année 50 de notre ère. Un de ses disciples Agathinus, de Sparte , essaya de s'accorder tant avec les empiriques qu'avec les méthodistes ; ce qui fit nommer Eclectique ou Hectique , l'école dont il fut le chef. Cependant plusieurs regardent comme fondateur de la secte éclectique Archigène d'Apamée , qui jouissait d'une grande célébrité à Rome du temps de Trajan. Il inventa une terminologie qui répandit beaucoup d'obscurité sur ses écrits 3.
1 Publié par Fuhricius. Bibl. gr. vol. XII. p. 675. éd. 1.
2 Moschion a été imprimé dans plusieurs collections p. ex. : J. Spachii, Gynœciorum collcctio, Argentin. 1597. fol. nouv. recens. F. O. Dewez. Vienn. 1793. 8.
* Athcuée, Agathinus, Archigène se trouvent dans : C. F. Matthœi. 1. c. — C. F. Ilarless. Analecta historico-crit. de Archigène et de Apollonio medicis. Ace. Apollon. Erasistratci l'ragm. Lips. 1816. 4.
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A la fin du premier siècle vivait Arétce de Cappadoce , le meilleur observateur depuis Hippocratc et le I>lus fidèle peintre de la nature parmi les anciens. 11 appartenait d'abord à l'école pneumatique, mais il passa ensuite sous la bannière des éclectiques, dont il devint le partisan le plus illustre. Il a laissé deux ouvrages très-estimés : Des causes et des signes des maladies aiguës et chroniques ; De la guérison des maladies aiguës et chroniques , chacun en 4 livres, qui sont arrivés jusqu'à nous, mais mutilés '.
Parmi les médecins célèbres de ce temps nous devons citer encore Rufus, d'Ephèse, dont les ouvrages sont estimés tant sous le rapport du contenu que sous celui de la composition; en voici les titres : Des purgations ; Des os ; De la dénomination des parties du corps humain; Des maladies des reins , etc. \
Dans le cours du deuxième siècle apparut un homme qui opéra dans la médecine une révolution salutaire. Ce fut Claude Galien, né à Pergame, l'an 131 après J.-C. Il reçut de son père , architecte habile et bon mathématicien, une éducation littéraire soignée, et s'adonna ensuite à l'étude de la philosophie sous Cajus, philosophe Platonicien. Après avoir étudié la médecine en divers endroits et en dernier lieu à Alexandrie,
1 Editions : Arétée parut d'abord en latin. Texte grec : éd. pr. J. Goupyhis. an. Ad. Turneb. Paris. 1554. 8. (avec Rufus. )/. 7/ iffgan- Oxon. 1723. fol. //. Boerhare (cur. J. V. Groeneveld.) Lujjd. B. 1731. fol. C. G. Kiihv. Lips. 1828. 2 vol. 8. (faisant partie de la colleet. des Méd. Gr.).
2 Éditions : (J. Goupyhis) ap. Ad. Turneb. Paris. 1554. 8. G. Clinch. Lond. 1726. 4. C. F. Matlhœi. Mosq. 1830. 8. (le premier et le quatrième de ces traités complétés h l'aide de manuscrits). Confér. A. Mai. Classicorum auctorum c Yaticanis codd. edit. T. W . p. 198. sqq. Rom. 1831. 8.
il se fixa d'abord à Pergame et quelques années après à Rome , où il vivait encore sous le règne de Septime Sévère. Sa science et ses succès dans la pratique de la médecine lui acquirent une juste célébrité et la faveur des empereurs. Galien montra de nouveau aux médecins la voie de l'observation, qu'Hippocrate avait suivie , mais que ses successeurs avaient abandonnée. Il établit un système fondé sur la doctrine d'Hippocrate, sur la philosophie de Platon et d'Aristole, et composé des débris de tous les anciens systèmes. Son esprit transcendant forma un ensemble de ces parties disparates. Malgré de grands défauts , Galien est après le père de la médecine celui qui a rendu à l'art les services les plus éminens. 3Iais il n'eut pas seulement du mérite comme médecin , il se distingua aussi dans la philosophie, les mathématiques et la critique littéraire. Quoiqu'une partie de ses ouvrages, la plupart composés à Rome , ait péri dans l'incendie de sa maison, cependant il nous en reste 82 dont l'authenticité est constatée, 18 sur lesquels on a des doutes, 19 fragmens plus ou moins considérables, 18 commentaires sur Hippocrate, sans compter les 30 à 50 ouvrages ou fragmens encore inédits, ni les 1 68 traités, dont 50 sur la médecine, qui se sont perdus. D'autres traités au nombre de 44, qu'on lui attribue, sont manifestement supposés. Parmi les écrits de Galien sur la médecine , nous nous bornons à citer les suivans : De l'utilité des 'parlies du corps humain, en dix-sept livres, ouvrage regardé comme le chef-d'œuvre de l'auteur; De Vanatomie des nerfs , premier traité où l'on trouve une bonne névrologie; L'art de la médecine , précis complet de la thérapeutique de Galien , introduit anciennement dans toutes les écoles et connu sous la dénomi-
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nation de Microtcchnum ou Tcgnum ; Que les mœurs de Pâme se règlent d'après les tempéramens du corps , une des meilleures productkmsde cet écrivain, mais un peu trop favorable au matérialisme ; Introduction ou le médecin, ouvrage très-utile pour l'histoire de la médecine. Du nombre des traités qui n'ont pas la médecine pour objet, nous citons son Tiporpattam ou Exhortation à l'élude de la philosophie et des lettres et son traité De la connaissance et de la guérison des affections de l'âme '.
Il existe dans les bibliothèques des traductions arabes de la plupart des ouvrages de Galien, et des versions hébraïques de plusieurs. Nous possédons également un grand nombre de traductions latines , dont quelques-unes ont été imprimées avant le texte grec. Il s'est conservé deux écrits sur la médecine, qu'on attribue au célèbre péripatéticien Alexandre d'Aphrodisée : l'un est intitulé Problèmes de médecine et de physique , l'autre : des Fièvres 2 .
Après Galien la médecine retomba dans une barbarie
1 Editions : Galeni opéra , éd. pr. {And Asulanus) ap. Aldnni. Vcnet. 1525. 5 vol. fol. (Gemusœus L. Fuchsias J. Caméra ri us) Basil, ap. Cratandrum. 1538. 5 vol. fol. Ren. Chanter (avec Ilippocrate.) Paris. 1G79. 13 vol. fol. C. G. Kiihn. Mcdieornm Grœc. opéra quœ exstant (jusqu'ici vol. I-XX.) Lips. 1821. sqq. Th. Goulston, Galeni opuscula varia. Lond. 1640. 4. — Séparément : t^uod optiuius medicus idem sit et philosoplius : A. Coray (avec Hippocrat. de Aëre) Taris. 181G. 8. ; Protrepticon : A. JI Met. Lujyd. P.. 1 SI 2. S. Z>c optimo docendi génère : C. G. Kiihn. Lips. 1818. 8. — A. Mai . Varias lectiones ad Galen., etc. Rom. 1823. 8.
2 Editions : Problèmes, etc. : Aldus (avec Aristote) Vcnet 1495. fol. T. II. J. Davionus. Paris. 1540-41. 2 vol. 12.; de febribus: D. G. Schinas, dans le Muséum dit. Cantabrigense. 1821. Easc. VII. p. 359. sqq. F. Passow (en m Georjjii Vaille versionc lat.) Vratislav. 1822. 4.
plus grande que celle d'où il l'avait tirée. Le Néo-plaonisme et le Syncrétisme qui envahirent toutes les sciences , firent négliger les connaissances qu'on pouvait acquérir par le moyen de la saine raison, de l'observation et de l'expérience.
Nous avons réservé pour la fin de cette section la mention d'un médecin dont l'époque ne saurait être exactement précisée. Ce médecin est Denys surnommé Curtus, du nom de Curtos, ville de l'Egypte où il vit le jour. Comme il se trouve cité dans les ouvrages de Rufus et d'Hérennius Philon, on peut en conclure qu'il a vécu avant Trajan ou Adrien. Il paraîtrait, d'après la manière dont Rufus s'exprime à son égard, qu'il aurait fondé une école particulière \