SOPHISTIQUE
tion, en refusant de l'accepter pour lui-même. Son style foimé par une lecture assidue des anciens et principalement de Platon, est aussi riche en idées que clair énergique , et plein de douceur et d'élégance '.
Lihanius , né à Antioche sur l'Oronte l'an 314 ou 315, se forma par l'étude des anciens, et surtout des orateurs al tiques. Il enseigna la rhétorique à Constantinople , à Nicomédie et enfin dans sa patrie où il mourut, vers l'an 393. Libanius fut païen, et attaché à la religion de ses pères, à laquelle il prêta l'appui de ses talens; mais il montra l'exemple d'une rare tolérance en demeurant lié d'amitié avec S1 Basile et S* Jean Chrysostôme ses disciples. L'empereur Julien fut un de ses grands admirateurs, et son protecteur. Lihanius a laissé des Harangues , au nombre de soixante-cinq , dont quelques-unes sont d'une authenticité douteuse ; quarante-sept Discours ( [xelézcu ) sur divers sujets d'histoire, de mythologie et de morale; quarante-sept Progymnasmata , ou exemples d'exercices rhétoriques, offrant des modèles de divers genres; vingt-sept Ethopées; trente-trois Descriptions ( èï.ypà.av.q ), dont plusieurs sont importantes pour l'histoire de l'art; trente-six Contes (dcrlyri[j.arot.)', etdes lettres dont on connaît plus de deux mille, adressées à plus de cinq cent cinquante personnes. Tous ces écrits offrent le plus
1 Editions. ( V. Trincavellus) ap. Aldum. Venet. 1534. fol. (8 orat.) //. Stephanus, Paris. 1562. 8. (14 orat.) Dion. Petavius Paris, éd. 2. 1618. 4.(20 orat.) J. llarduinus. Paris. 1684. fol. (33 orat.) G. Dmdorf, Lips. 1 832. 8, (34 orat.) — G. Rcmux orat. VI augustales. Amberf .
IbUo. 4. As^-or 7rpàr roùr ainu.'Ta./MnuT (Ttirti £t'ç<t.T$a,t thv àfX>>' itlVCnit et
interpr. A. Majus , Mediol. 1816. 8. G. Dindorf, Oratt. duœ. Lips. 1830. 8. — J. I, G. Roulez, Spécimen Liter. inaug. continens obss. erit. in Themist. oratt. Lovan. 1828. 8.
:i20 PÉRIODE VI. — SECTION LXXI.
haut intérêt pour la connaissance de l'histoire contemporaine, et de l'état de la civilisation à celte époque. Un peu trop de recherche dans le style le rend parfois embarrassé. Néanmoins Libanius doit être regardé comme le plus grand orateur qu'ail produit Constantinople '.
Himérius, de Pruse en Bithynie , professa la sophistique à Athènes, et fut un des maîlres de Julien. II nous reste de lui trente-quatre déclamations, dont dix tronquées, sur des sujets imaginaires, ou contenant des éloges, complimcns, etc. Ce sont des déclamation» dans le mauvais sens de ce mot, dénuées de plan et d'intérêt, à part quelques particularités dont on peut tirer profit. Le style est affecté, rempli d'emphase et surchargé d'érudition '.
1 Editions : Il manque encore une édition complète des oeuvres de Libanius. Fedcr. jVorellus. Paris. 1606 et 1617. 2 vol. fol. (vol. Ipradudia oratoria , declamationes et dissertationes morales, vol. II. orationes XXXVI). Ces discours, déclamations et progymnasmata augmentés de ceux qui avaient été publiés antérieurement par Léo Alla tins. etdepuis par Fabriciits.Bongiovatuius.MorellietErnestine Reisle. ainsi que d'un discours et de plusieurs déclamations inédites, furent publiés par : J. J. Reiske, Libanii orationes, etc. recens et illusfc. (éd. Erneslina Chr. Reisle) Altenb. 1784-97. 4 vol. 8. Depuis Reiske on a encore mis au jour deux discours et une déclamation. Un discours dans : J. P. Siebenlces , Anecd. Gr. Norimb. 1798. 8. p. 75. sqq.; un autre discours:^. Mai, (avec Fronto) Rom. 1823. 8. p. 421. sqq.: une déclamation : J. F. Boissonade, Anecd. Gr. vol. I. Paris. 1829. 8. 165. sqq. — Epistolae : J. C. Jfolfms, Amst. 1738. fol. (la collection la plus complète). O. I). Bloch a fait imprimer deux lettres inédit, dans : Mnnteri Miscellan. Hafn. T. I. Fasc. II. p. 139- 152. d'autres se trouvent dans les Anecdota Gr. de ï illoison. — F.C. Pelersen,Commci\t. de Libanio. 11. mn. 1827-28. 4. Comment. I de vita Libanii. 1I-IV. sur quelques-unes de ses Descriptions.
- Editions : G. h ' ertisdorf. Ilimerii quarumque reperiri potuerunl
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Flavius Claude Julien, empereur romain, surnommé l'Apostat , parce qu'il avait abjuré la religion chrétienne, fut élevé par les hommes les plus éclairés de son temps, et nourri de la lecture des auteurs de l'antiquité classique. Il n'occupa le trône que trois ans; il périt dans une expédition contre les Perses. Nous ne considérerons ici Julien que comme écrivain , et en cette qualité il mérite des éloges pour la pureté de sa diction et pour son éloquence; à une vaste érudition il réunissait beaucoup d'esprit, une imagination vive et un cœur chaud. Les ouvrages qu'il a laissés sont de trois classes : des Harangues , des Lettres , et deux ouvrages satiriques intitulés : l'Antiochien ou l'ennemi de la Barbe ; les Césars ou le Banquet. Le premier de ces deux écrits , faible pour l'exécution, est un monument de l'esprit original , mais en même temps du caractère susceptible de ce prince ; le Banquet des Césars, qui offre un tableau des vertus, des travers et des vices desprédécesseurs de Julien, peut être regardé comme une des productions les plus spirituelles et les plus agréables de l'antiquité. Parmi les ouvrages perdus de cet empereur, il s'en trouvait un Contre les chrétiens et contre leur croyance , en sept livres de peu d'étendue; tout ce que nous possédons de fragmens a été conservé par St- Cyrille , qui en a réfuté les trois premiers livres \
ed et rec. (cur. J. C. Jf ernsdorf.) Gott. L790. 8. nouveau fra<jm.
dans: J. F. Boissonade, Anccdot. Gr. voî. I. Paris. 1829. p. 172. sqq.
1 P. R.De laBletterie. Vin de l'empereur Julien. Amsferd. 1735. 12.
D. II. Ilegeici-ich, Recueil d'articles sur l'histoire et la littérature.
Kiel. 1801. 8. (en allem.) A. TSeandor. Sur l'empereur Julien et son
siècle. Leips. 1812. 8. 'en allem.). Vie de Julien par Tourht . en
tête de sa traduction fr. des œuw'cs de Julien. Paris. 1821. 3 vol. 8.
Procerésius , sophiste chrétien et célèbre professeur à Athènes, fut le maître de S'-Basile et de S'-Grégoire de Nazianze. Lorsque Julien interdit aux chrétiens de professer les sciences, son estime pour Proaerésius l'engagea à faire une exception en sa faveur. Parmi ses ouvrages les anciens citent un Eloge de Rome , pour lequel on lui érigea une statue de bronze. Marcellin ( probablement Ammien Marcellin , historien latin du quatrième siècle ) est auteur d'un ouvrage en langue grecque sur les orateurs de la Grèce , dont il reste un fragment, ayant pour titre : Do la vie et du genre de Thucydide. C'est probablement aussi à ce Marcellin , que nous devons un Commentaire sur la première partie de la rhétorique d'Hermogène '.
Saint Basile-le-Grand , un des plus illustres docteurs de l'église d'Orient , né à Néo-Césarée en Cappadoce , mérite ici une place à cause de son Discours adressé aux jeunes gens sur la manière de lire avec fruit les ouvrages des Grecs. S1 Basile recommande la lecture des auteurs profanes sous un double point de vue : l'un pour y trouver des exemples de vertu ; l'au-
Editions : P. Martinius, Th. Marcilius, C. Cantoclartu, Jul. imp. quac supersunt. Paris. 1583. 8. [Dion. Petavius) Paris. 1630. 4. Hz. Spanhemùu, access. Cyrilli pro Christianornm religione ailv. Julianum lib. X. Lips. 1696. fol. — Séparément : J. M. Heusintjer, Caesares. Goth. 1736. 1741. 8. T. C. Hurles». Erlang. 1786. 8. ; Juliani in Constant, laudem oraf. cum animadv. Wjttenbachii (Bibl.Crit. vol. 111. P. 1. p. 53-75. Part. II. p. 1-75) cd. God. II. Schœfcr, Lips. 1802. 8.: L. II. Heyler, Jul. ixnp. quœ feruntur epist. ace. ejnsd. fragm. enn» poëmatiis, ree. illust. Mogunf. 1828. 8.
"Vie dcTluievd. dans l'éd. dePoppoP. I. vol. I. p. 311:137. ; Comment, ad llcrmng. : thlus. Rlietorcs Gr. vol. II. Ycnct. 150'.). fol. C. Wnh. Rhetor Gra>c. vol. IV.
SOPHISTIQUE. 32a
Ire pour se convaincre que tout ce que ces livres renferment de bon et d'utile , est emprunté aux écritures saintes, soit directement, soit indirectement. Tl existe de trois à quatre cents Lettres de S' Basile, qui peuvent être regardées comme des modèles dans le genre épistolaire ; celles qui sont adressées à Libanius, son ancien maître, ont un intérêt particulier. On attribuait anciennement à S* Basile une Grammaire qui est reconnue aujourd'hui pour une production de Manuel Moschopulus le jeune1.
Un certain Maxime a laissé un ouvrage de rhétorique Sur les objections indissolubles *.
Pendant le cinquième siècle ont vécu Phœbammon, qui a écrit un traité des Figures de rhétorique 3; Denys, d'Antioche, dont nous possédons quarante-six lettres 4; Severus, d'Alexandrie , auquel nous devons des Contes et des Ethopées s ; Troïlus , de Side , qui a composé des Prolégomènes sur la rhétorique d'Hermogène 6; Enfin Procope , de Gaza, célèbre écrivain ecclésiastique, qui
i Edit. : Basilii opéra omn. Basil. 1551. fol. J. Gantier, Gr. et lat. Paris. 1721-30. 2 vol. fol. — ad adolescentes orationcm de modo c littcris (jrseeis proficiendi éd. F. G. Sturz, Ger. 1791. 8.
2 Édit. : Fabricii Bihl. Gr. vol. IX. p. 570. vol. VI. p. 38. cd. 2. C. Wah, Bhctores Gr. vol. V. p. 577-590.
3 Edit. : Aldus. Bhetores Gr. Paris. 1508. vol. I. (sans non; d'auteur.) C. Wah, Blictor. Gr. vol. VIII. p. 487-519. — M. J. J. Bosius . Epist. de Pliœbammonc Blietore. Lips. 1738. 8.
* Imprimées dans Aidas, EpistoL Graecar. collect. Part. II. Vend. 1499. 4. H. Stephanus, Epistol. dialojyi brèves . vtr. Paris. 1577. 8.
5 Edit. : Narra tiones: J. Iriarte, Catalojy. codd. Bibl. Matrit. vol. I. p. 3G2. sqq.; Ethop. : Léo Allaitas, Excerpta Gr. S. et Bbet. Rom. 1641. 8 p. 221. sqq. {Les deux traités dans C. Wah, Rbet. Gr. vol. I. p. 537-548.
'■ Ed. pr. C. Wah. Rl.ct.Gr. vol. VI. p. 42-504
professa la rhétorique sous Justin-le- Vieux. Il exislede lui " ) uuc Complainte sur la destruction de l'église de S,0-Sophic, par un tremblement de terre ;b)un Eloge de r empereur Anastase ; c) une Ethopée et'1) 60 Lettres*.
Choricius , disciple de Procope , et Supater , tous deux sophistes du sixième siècle, ont laissé, l'un des /7arangues et des Dissertations , la plupart encore inédites; l'autre un Commentaire sur la première partie de la rhétorique d'Hermogène, et un ouvrage de rhétorique intitulé : Divisions des questions controversées a.
Agapetus } diacre de l'église de Conslantinople, adressa à l'empereur Justinien un écrit Sur les devoirs dun bon prince ; il y retrace brièvement les règles de l'art de gouverner 3.
Théophylacle, qui occupait le siège épiscopal d'Achris dans la Bulgarie, vers l'an 1070, est auteur d'un livre Sur l" éducation des princes , destiné au jeune Constantin Porphyrogénète , fils de Michel VII Parapinacès \
« Ed. a.) J. Iriarte, Catalog. codd. Gr. Bibl. Matrit. vol. 1. p. 264. b.)J. B. C. Tilloison, Anecd. Gr. vol. II. p. 28. Ln. Bélier et B. G. IYiebuhr, Dexippi, etc. historiar. quae supersunt Bonn. 1829. 8. p. 487. c.) J. F. Boissonade (avec Marinus) Lips. 1814. 8. d) Aldus. Epistol. Gr. collect. Partt. II. \'enet. 1499. 4.
2 Édit. Choricius : Fabrhius Bibl. Gr. vol. VIII. p. 844. éd. 1. (orat.l) J. B.C. Villoison, Anecd. Gr. vol. II. p. 18. 21. 52. (orat.3.). — Sopatri quœstt. de eomponendis déclamait, in caussis prœcipue
judic. -.Aldus. Bhet. Gr. vol. 1. Venet. 1505. C. h ah, Bh. Gr. Vol. VIII. p. 1-384. — Le commentaire: éd. pr. C. Vulz, Bhet. Gr.vol.IV etV. p. 1-211.
3 Ed. pr. ap. Z. Callieijjuni. gr. et lat. Venet. 1509. 8. J. A. (iroebel. Lips. 1733. 8. Ans. Banduri, Imper. Orient, vol. 1. p. 15S. sqq-
Ed. P. Postin us. Taris. 1651. 4. Ans. Bandnriî. Imper. Orient, seu Antrquit. Constant, vol. 1. p. 193. sqq. Paris. 1711. fol.
SOPIIISTIQUE. 325
Nous devons un Traité de la syntaxe des parties du discours k Psellus, probablement le jeune, écrivain fécond du onzième siècle, dont il sera encore question plusieurs fois '.
Nous possédons deux ouvrages de rhétorique dont l'auteur est nommé Cyrus dans le manuscrit. Ce Cyrus est probablement Théodore Prodromus , versificateur déjà cité (p. 314). Ces traités portent les titres suivans : De la différence des controverses , et Problèmes rhétoriques sur les controverses. Théodore Prodrome composa un grand nombre d'autres ouvrages en prose du genre de la sophistique : une partie seulement en a été imprimée a.
Nous mentionnons ici un dialogue intitulé Timarion ou de ses souffrances ; c'est une imitation de la Necyomancie de Lucien, par un auteur inconnu, mais qui appartient probablement au douzième siècle. On remarque dans le Timarion l'absence presque totale du style ampoulé et déclamatoire dont on faisait cas alors; mais, sans parler des locutions peu élégantes, on y rencontre des fautes de syntaxe et un grand nombre de mots inconnus aux écrivains attiques 3.
1 Ed. pr. C. Walz, Rhet. Gr. vol. V. p. 598-600. Traité abrégé des formes oratoires par le même, ibid. p. 601-605.
2 Édit. de diflerentiis statuum : Aldus. Rb. Gr. vol. I. ïï'ah, Rhet. gr. vol. VIII. p. 386-399. Problemata, etc. (sans nom d'auteur): J. Huswedel, Hamburg. 1612. 12. — D'autres ouvr. de Tbéod. Prod. dans : De la porte du Theil, Notices et extraits des mss. de la Ribl. du roi de France vol. VI. p. 521. 525. 552. 561. vol. VIII. P. II. p. 82. 105. J. Iriurtc Catalog. codd. mss. bibl. matrit. vol. I. p. 428. J. F. Boissonade, Anecdot. gr. vol. I. p. 429. sqq.
Ed. C. B. Hase, Notices et extraits des mss. de la Ribl. du roi. vol. IX. P. II. p. 125. sqq.
336 période VI. — StCTION L.WI
Jean Tzetzès, savant grammairien du treizième siècle , a publié un Abrégé de rhétorique ' .
Nicolas, le sophiste, paraît appartenir aussi à cette époque. Il est auteur d'un traité de rhétorique et probablement d'une partie des progymnasmata , publiés sous le nom de Libanius '.
Nicéphore Basilaca, qui professa la rhétorique à Constantinople, a laissé des Fables , des Contes, des Ethopées et des Progymnasmata 3.Un autre Nicéphore, surnommé Chumnus, garde de l'éeritoire impérial sous Andronic II Paléologue, composa un grand nombre d'ouvrages sur dessujelsde philosophie de physique et de rhétorique. Quelques-uns seulement ont été publiés4.
Joseph, Rhacendytès , moine et soi-disant médecin, parait être né dans l'île d'Ithaque. Après avoir visité un grand nombre de villes, il alla à Constantinople et y entendit les maîtres les plus distingués d'alors. Quoique son esprit borné ne lui eût pas permis de faire de grands progrès à leur école, il ne hasarda pas moins de publier un Traité abrégé de rhétorique, dans lequel il reproduisit les théories d'Hermogène, appuyées d'exemples pratiques 5.
Jean de Sicile , désigné encore par le nom de Doxopater , fut un moine très-laborieux, qui selon toute
1 Éd. pr. C. ïfak. Rhet. gr. vol. III. Stmtg. 1834. p. 670-GS6.
2 Ed. pr. C. Jfuh, Rhet. Sr. vol. I. p. 262-420.
3 Ed. Léo AUattus, Excerpta Rhet. et Sophisf. Roin. 1641. iv p. 125. sipj. — Progymnasmata : Ed. pr. C. H ah Rhet. gr. »ol 1p. 421-523.
* Ed. : De anima contra IMotiiuim : 7*'. Vnuzvr (avec Plotin) Heidelh. 1814.8.; Consolafioncs 11 : J. F. Boisson, nie . ànecdot gr. vol. I. p. 293. sqq. D'autres écrits, parmi lescpiels des lettres: ibid. vol. 11. p. 1. sqq. vol. 111. p. 250. sqq.
■■ Ed. pr. C. Jf'alz. Rhet. Gr. vol. 111. p. 4G5-5CJ.