SECTION LXXXIV
Parmi les anciens Grecs la jurisprudence n'a pas formé une science particulière : la connaissance du droit entrait nécessairement dans l'éducation de tout citoyen destiné à prendre part un jour aux affaires
Jeu. 1795-96. 4. : De medicamentorum compositionc : traduction de J . Rucl , Paris. 1539. 12. ; De urinâ : traduction de Amhrosius Léo. Ycnct. 1519. 4. On la trouve aussi dans la collect. de Stephanus.
1 Publié par Léon. Fvchs. Basil. 1549. fol. et dans Stephanus\. c.
2 Ed. : J. S. Bernard (cuni anonymi introductione auatomicà) l.ugd. Bat. 1744. 8.
3 Sim. Grijnaus Actcrinariac mcdicina; libri II) Basil. 1537. 4. "J .A. Bach. Historia Jurisprudentiae Bomanae,ed. 6. [A. C. Stock.
matin] Lips. 1806. 8. C. G. Hanbold. Iustitutiones juris romani Ittterariac (vol. I. ) Lips. 1819. Idem. Inslitutionum juris roui.
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publiques, mais elle ne formait pas le domaine d'une classe d'hommes, qui en faisaient une élude particulière. Lorsque la Grèce fut conquise par les Romains, le peuple vainqueur y introduisit ses lois, toutefois nous ne voyons pas que les Grecs se soient distingués dans 1 étude de cette législation. Nous ne connaissons, avant le quatrième siècle de notre ère, qu'un seul jurisconsulte qui ait écrit en grec, c'est Hérennius Modestinus, élève d'Ulpien et précepteur de l'empereur Maximin-le-Jeune ; il composa un ouvrage sur les Excuses légales , dont il s'est conservé des fragmens clans les Pandectes \
Lorsque les empereurs eurent transféré à Constantinople le siège de leur domination , celte ville devint le centre de la jurisprudence romaine ; cependant les principaux codes de lois et recueils de jurisprudence, tels que , le code Théodosien, le code Justinien , les Pandectes et les Institutes, quoique promulgués dans l'empire d'Orient, furent rédigés dans la langue latine^ qui était demeurée la langue officielle. La première collection de lois qui appartienne au domaine de la littérature grecque est celle des Novelles.
Justinien, après avoir fait reviser son code et l'avoir promulgué en 534 sous le titre de : Codex repetit œ prœlectionis, publia encore depuis l'année 535jusqu'en 539 diverses constitutions, auxquelles il donna le titre offi-
privati lineamenta (Ed. Otto) Lips. 182G. 8. G. lluijo , Manuel de l'histoire du droit romain, éd. 11 Berlin. 1832. 8. (w ail. S, Ztvimern. Histoire du droit civil romain. Vol. I. Heidelb. 182G. 8. (en ail.) A. Schweppe, Histoire et antiquités du droit romain, éd. S. ,C. A. Grundler) Gocttinjjuc. 1832. 8. (en ail.).
1 // lSniicmann, de Hcurematicis diatribe, sive in Iloinnui Mo ilisli.jlibr. singularcin Tripi ivpi/**nx3i Gomment. Lngd. !>;>(. 1701». S
ciel deNovelles (N sapai $iaza!;siç, Novellœconstittitiones). La plupart étaient écrites en grec, mais elles ont été ensuite traduites en latin. Justinien ne fit pas recueillir lui-même les Novelles. Parmi les collections que nous possédons , l'une cependant paraît dater encore du temps de cet empereur , c'est YEpitome latin de Julien, contenant 12 Novelles. La collection grecque ou orientale , la plus complète de toutes, a probablement été faite sous Tibère II ou peu de temps après; elle renferme 168 Novelles, y compris plusieurs doubles et quelques morceaux qui y sont étrangers ; elle n'a été mise au jour que dans le seizième siècle. La troisième collection, la collection latine ou occidentale, contient 134 novelles, dont une grande partie ont été traduites du grec , mais d'après un texte différent de celui de la collection précédente. Les glossateurs nommèrent celte collection latine Authenticum, Liber Authenticorum et ebaque novelle à part Atdhentica. C'est de ces trois collections qu'a été formé le recueil publ dans les éditions du Corpus juris civilis ; le nombre des novelles y est de 168, mais 159 seulement appartiennent à Justinien '.
Nous allons nommer les principaux jurisconsultes qui ont fleuri du temps de Justinien et après lui jusqu'au règne de Basile-le-Macédonien , monté sur le irône en 867.
1 Editions : Novelles grecques : G. llaolmider. Novelhe consfiditioncs. etc. Noriml). 1531. fol. Paris. 1542. 8. //. Scrimger ap. //. Stephanum. Paris. 1558. fol. — C. F. Zepernick , Dclecfus scriptorum JMovellas Justiniani imperat. earnmq;ie historiam illnsfrans. Haï. 1783. Cramer, Matériaux pour servir à l'histoire des Novelles (clans le magasin du droit civil de Ifur/o. t. 111.) (en ail.). /*'. A.B/cncr. Histoire des No\ elles de Justinien. Berlin. 1 824. 8. (en air .
Théophile, anlécesseur à Conslantinople , l'un des ailleurs des luslitutes , en a laissé une paraphrase en langue grecque : tout porte h croire que cet ouvrage n'est que la publication de leçons qu'il avait données ; nous sommes d'autant plus à même aujourd'hui d'en apprécier l'utilité et l'importance pour la connaissance du droit romain , que beaucoup de choses dont nous n'étions instruits que par lui , se trouvent confirmées par Gaius. Théophile avait écrit dans la même langue un commentaire sur les Pandecles y dont il reste des fragmens '.
Un collègue de Théophile, Thallelœus , commenta, aussi en grec, les Pandecles, le Code et les Wovelles. Etienne, avocat de Constantinople , Théodore, anlécesseur à l'école de la même ville , Anatolius et Dorothée , tous les deux antécesseurs à celle de Beryte , Cyrille, Isidore, Philoxène , Athanase, avocat àEmèse. Anastase, ont commenté ou paraphrasé diverses parties du Corpus juris : il existe des fragmens de Thallelœus , Etienne, Théodore, Cyrille, Philoxène et Athanase 2.
Jean Cubidius ou Gobidas , auteur d'un ouvrage de
1 PU. B. Degen, Observations sur l'âge et la paraphrase de Théophile. Limeb. 1809. 8. (eu ail.). — Édit. de la paraphrase :
Vigîius Zuùhemtus.eà. pr. Basii. 1534. fol. C. A. Fabrotus cum versione Curtii cd. 2. Paris. 1657. 4. G. 0. Reitzius, Paraphrasis grseca institutionum csesarearum, cum fragmentis , glossario, etc. Hàg. Coinit. 1751. 2 vol. 4.
2 Bar. Rvhrttcwélj Tliallcla;i, Theodori. Stephani, Cjrilli et aliorum auctor. graec. Connnentarii in tilt. D., etc. Hag. l.onnt. 1752. fol. Dans JHeermainii, Thésaurus Juris, etc. Hag.Connt. 1751- 53. 7 voUfol. (T. 111 et V.) G. E. Hehnbach, Aneedota, Athanasii Scholastici, Theodori Hcnnopolila-, Philoxeni. Edilioncs novellaniin .lustiniani, Justinique ex codd. instis recensuit, in latinuin serin. hansluhl,prolcgg.anuot. crif., glossariis instruxit. T. I. Lips. 1836. ï.
droit criminel, r:<3u/â/wv,dontil reste des fragmeiis, Héros Amblichus , Léon Anamarzeus et Bestes ont écrit des commentaires et glosses, rapportés dans les Basiliques.
Il existe une Collection de lois militaires, portant le nom d'un certain Rufus , qui est probablement un jurisconsulte du septième siècle ; il entreprit ce travail par ordre de Justinien II. Le même prince fit également rédiger une Collection des lois rustiques, qui nous est parvenue.
On croit que c'est dans le septième siècle qu'il faut placer la Collection des lois nautiques des Rhodiens. Elle est due peut-être à Docimus , dont il existe un avis sur l'emploi de ces lois , qu'on a publié à leur suite '.
Cependant , au bout de quelques siècles , une nouvelle révision du Corps de droit devint nécessaire et l'on sentit le besoin d'avoir un code authentique, écrit dans la langue du pays. L'empereur Basile-le-Macédouien ordonna d'entreprendre ce travail et, enattendant qu'il fût fait , il publia en 876 un Manuel des lois (npôyjtpov T<3y vépoiv) en 40 titres , qui existe en manuscrit dans la bibliothèque du Vatican. On a souvent confondu ce manuel de Basile avec un ouvrage du même genre publié par ordre de son fils, Léon VI, et intitulé Choix de lois (èy.ïsyri vây.wv) *.
1 Ed. : Simon Schuid, Leges Rhodiorum navales militarcs (sans le nom de lui fus). Gcorgieœ i avec Eustathins ) Basil. 15(11. 8. J . Leunclavius , Jns gneco-romanum. Francof. 1596. fol. vol. II. p. 249. — Leges Ilusticae (avec C. Harinenopulus) SualUnberg. Paris. 1540.4. G. O. Reitzius. Supplément. Thcsauri Juris Mccmauni, Hag. Comit. 1780. fol.
~ 28 litres seulement du manuel de Basile ont été publiés, mais comme faisant partie de Yatay* de Léon et par conséquent avce
Basile ne vécut pas assez longtemps pour voir la fin du travail de révision dont il avait chargé Sabbat hius ou Symbathius Prôtospatharius. Ce travail ne fut achevé qu'au commencement du règne de Léon VI, dit le Philosophe , qui succéda à son père en 886. Cette révision fut promulguée sous le titre de : fiwiàmoù. âtxzx^st;, Basiliques ou constitutions impériales. Après ce grand ouvrage, Léon-le-Philosophe promulga de 889 jusqu'à 911 de nouvelles ordonnances ( ènxvopSmiv.xi jcaSâjOjet;), dans lesquelles il corrigea et modifia le droit de Justinien. Il en reste 113, dont plusieurs ont force de lois dans les pays régis par le droit romain1. Environ vingt-cinq ans après la promulgation des Basiliques de Léon , les changemens survenus dans la législation obligèrent Constantin VI Porphyrogénèle à en publier une nouvelle révision, qui eut pour titre : twv (îxaùdY.&v xix/.xSxooiç, , Basilica repetitœ prœlectionis. C'est proprement cette seconde édition qui est comme sous le nom de Basiliques. Elles sont distribuées en six sections (tîÛ//j) et en 60 livres; de là on les appela è&y.ovrx(3i{3h; ou èÇifitfftflç, On a suivi pour cette composition le plan du code avec quelques changemens et on a pris les matériaux dans les Instituées, les Pandeetes, ^Code;, les Novelles, lesContilulions imj>ériales postérieures à Justinien, les interprétations des jurisconsultes et les canons des Conciles. Quoique les Basiliques n'aient pas reçu force de lois, mais que le
omission du nom de Basile et du titre wfix**fu ■ -V- Frcherus dans la collection précitée de Lemiclariiis. vol. II. p. 79.
1 Éd. : Novell»; Leonia : II. Scrhnyer (avec les Novelles de Justi nie:»: Paris. 1558. fol. — Voy. C. A. //<•</, De IWcllis Leonis carumquG usu et auctoritate éd. C. F. Zepernich. liai. 1779. 8. ./. T. Sr;/cr. Dissert, «le Leonis Novellarum auctoritate. Jeu. 1 720. 8.
JURlSPRUDEiNCE. 413
corps de droit Justinien continuât à être le seul code civil dans l'empire romain , cependant leur élude est indispensable à ceux qui veulent connaître le droit romain , qu'elles suppléent en certains points. Des 60 livres des Basiliques , 36 se sont conservés en entier , 7 en partie , et 17 sont perdus ou existent peut-être dans des manuscrits1.
Romanus Lecapenus , que Constantin VI s'associa à l'empire en 919, fit rédiger, probablement par Cosmos magister , un Précis des lois (éy.loyrj vo'poy) en 50 titres qui est encore inédit.
Les successeurs de ces empereurs , surtout Alexis I , et les autres princes de la maison de Comnéne, ont publié encore un grand nombre de nouvelles constitutions, mais on n'en a pas fait de recueil.
Passons maintenant aux jurisconsultes grecs qui ont vécu depuis le milieu du neuvième siècle , époque où commença la décadence de la jurisprudence dans l'empire d'Orient. Un grand nombre d'entre eux firent des commentaires et des glosses (ykûoacu vsy.ty.ccl) sur les Basiliques. Il est inutile de donner ici la nomenclature de ces auteurs, nous ferons toutefois une exception en faveur de Théodore, d'Hermopolis, de la fin du onzième siècle , qui a laissé un Extrait des Basi-
1 Voyez J.M. Suaresius. Notifia Basilicorum. rec. auxit CF. Polil. Lips. 1804. 8. C G. E. Heîmbach, De Basilicorum origine, fontibns scholiis atquc nova edit. adorn. Lips. 1825. — Ed. : C A. Fa-9 brotus . Basilicon libri LX. graîc. et latin. Paris. 1647. 7 vol. fol. G. O. Reilzius, Supplément. Basilic. Lugd Bat. 1765. fol. (Ce supplément avait paru auparavant dans : Meermanni Thesaur. Jnr. c. et canon, t. I.) C. Jf itte. Basilicorum titulus de diversis reg-ulis juris antiqui Vratisl. 1826. 4. C. G. E. /I('imbacli.R;\s\\\cari\m lib. 111. T. 1. Lips. 1832. fol.
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li<iues encore inédit et des scolies sur les Basiliques '.
Il existe deux Abrégés des Basiliques d'auteurs anoiijincs, dont l'un seulement a été publié.8.
Michel Psellus le jeune , ce polygraphe dont nous avons déjà parlé plusieurs fois , publia par ordre de Michel Ducas un Abrégé des lois, en vers politiques'. C'est aussi par ordre de ce prince que Michel Atlaliata, juge à Constantinople , rédigea, en 1073, son ouvrage Sur les lois el sur la pratique du droit 4.
Euslathius , patricien el anlécesseur, a laissé un ouvrage sur les prescriptions , inlitulé : Des intervalles de temps D.
Chumnus , nomophylax , ensuite archevêque de Thessalonique dans le treizième siècle, est auteur d'un écrit Sur les degrés de parenté 6.
1 C. Labbwus . Veteres glossse verborum juris, Paris. 1618. 8. Idem (cnm Cyrilli, Pbiloxeni. etc. Glossar. ) Paris. 1679. fol. Lond. 1826. fol. — J. Aug. Ernesti, de Glossariorum Graecorum indole et usu. Lips. 1742. 4. M. Roeverus, Spécimen obss. et emendatt. ad glossas veteres verbor. juris (à la suite de Tédit. du fragment de Juris speciebus et mamim.) Lugd. Bat. 1739. 8. — Thcodori scbolw ad Tit. VI. libri XV. Basilic : A. Mai (cura Porpbyrii epist. ad Mar cellam) Mediol. 1816.8.
2 J. Lennclavius . Basilicorum Eclogaseu Synopsis. Bas. 1575. f. C. Labbœi , Obss. et emendatt. in Synopsin. Basilic. Paris. 1606. 8 C. G. Haubold , Manuale Basilicorum. Lips. 1819. 4.
3 l'r. Bosquet. Paris. 1632. 8. Dans:MeermanniThcsaur. Jur., etc vol. I. LAI. Teucher dans : Kùnoel. Àuctores Graeci Minores 2 vol. S. Lips. 1796. (vol. II.)
* Publié dans la collection de Lennclavius. vol. II.
5 Dans : Cujacii opéra éd. Fabrotus. Lutet. Paris. 1658. 10 vol. loi. (vol. I.) iS. Sckard. Basil. 1561. 8. dans la collection de Leun eJavius\. c. L. H. Tcuclier. Lips. 1791. 8. C. L. Zacharim , OBH verslat. et annotatt. Heidolbcrg. 1836. 8.
,; Lennclavius. 1. c.