‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 121 sur 129 · SECTION LXXXIII · texte numérisé non relu

SECTION LXXXIII

MÉDECINS. CONFÉR. SECT. XXVI. P. 131. SECT. XLVII. P. 197. SFCT. LXVII. P. 290.

La médecine ne fit aucun progrès dans cette longue période. Alexandrie continua à être le siège de la théorie de cet art, tandis que Rome et Constantinople fournissaient à ceux qui l'exerçaient une pratique étendue. Il ne peut exister de médecine sans philosophie : celle-ci avait fait place à la plus crasse superstition. Les médecins même les plus distingués du moyenâge , au lieu d'enrichir la science d'observations et de découvertes nouvelles , se contentèrent de commenter les ouvrages de Galicn et des autres écrivains des temps antérieurs. Ils formèrent ce qu'on appelle Fécole de Galien; leurs opinions étaient un mélange de celles des dogmatistes, des méthodiques et des empiriques; car, à l'imitation des philosophes, ces médecins affec-

Jisbaci. 1814. 8. Ceux sur la teinture du cuivre et du fer par C. G. Schneider. Eclogac physieae. t. II. p. 95-97.

1 Fabricii Bibl. grâce, vol. XII. p. 772. éd. 1.

- PtibKé par De la porte du Theil, Paris. 1804.4

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taienl d'être des éelecliques. Nous allons nommer Les plus remarquables.

Oribase, de Pergamc ou de Sardes , fui médeéffi ordinaire de l'empereur Julien , après la mort duquel il encourut penda t quelque temps la disgrâce de la cour. C'est par ordre de ce prince qu'il fit des extraits des ouvrages de médecine des temps antérieurs : il les classa dans un ordre méthodique et les disposa en 70 livres. 11 nous en reste environ 22, dont8ou9 seulement sont en grec; nous n'avons des autres qu'une traduction latine. De ce grand corps de doctrine , Oribase fit lui-même un abrégé, en 7 livres. Quoique ces ouvrages ne soient qu'une compilation, ils sont importans pour l'histoire de la médecine; d'ailleurs les paraphrases d'Oribase expliquent quelquefois les passages originaux. Le même médecin a écrit en outre un traité, en 4 livres, sur les Remèdes faciles à se procurer. Mais on paraît lui attribuer à tort un Commentaire sur les aphorismes d' Hippocrate '.

> Éd. : Texte grec delà collection d'Oribase Liv. I et II : C. G. Grutier, Jen. 1782. 4. ; Liv. V. ch. 1-6 : A. Riccius, Rom. 1543. 4.: Liv. 1-XV (avec omission des passages de Galien, Dioscoride et Rufus) : Ch. F. Matthœi, Medicorum veter. et claror. grsec. varia opusc. Mosquœ , 1804. 8.; Liv. XXIV et XXV : Guil. Dundee us, Lugd. Bat. 1535. 4. ; Liv. XLVI et XLVII : A. Cocchn, libri Grsecorum cbirurgicor. Flor. 1554. fol.; Liv. XLIV-L : A. Mai, Classicor. Auctorum e Vatic. codd. editor. T. IV. Rom. 1831. 4. Les autres sont perdus. — Traduction latine. Liv. I-AV et XXIV- XXV : J. B. liasarms, Paris. 1555. 8. réimprimé dans : Oribasii opéra qua; exstant omnia. Basil. 1557. 3 vol. 8. — Synopsis : traduction latine de Rasarius, Venet. 1554. 8.; medicameuta facile parabilia : en latin dans les œuvres d Oribase et dans : //. Stenhanus, Medicre artis principes postGalen.. etc. Paris. 1567. 2 vol. ; Gomment, sur Hippocrate: en latin de •/• Guinterus, Paris. 1533. 8.

Un recueil dans le genre de celui dont nous venons de parler , mais qui lui est préférable , parce que son auteur avait plus de théorie qu'Oribase et qu'il ajoute souvent ses propres opinions, fut entrepris vers le milieu du sixième siècle par Aétius, d'Amida en Mésopotamie, médecin de la cour de Byzance. Il avait été élevé à Alexandrie où il parait avoir contracté quelque penchant au Néo-Platonisme '.

Alexandre , deTralles en Lydie, après avoir fait de grands voyages pratiqua la médecine à Rome du temps de Juslinien. Il ne s'attacha exclusivement à aucune secte , et devint le premier médecin de son siècle, auquel il ne semble appartenir que par un peu de superstition. Son Traité de thérapeutique , en douze livres, est rédigé dans un bon ordre et rempli d'expériences il fait connaître l'art de la clinique à cette époque' Nous devons au même médecin un petit traité Sur les vers intestinaux 2.

Jean d'Alexandrie , médecin de la fin du sixième

1 Editions de la collection <ff Aétius, texitc grec , liv. I-VIII. Venet. 1534. fol. J. C. Hebenstreit, Tcntamcn philol. medic. super Aetii Am. Synopsis medicor. veter. lib. VIII, post illos octo, quos Aldus Manutius evulgavit, nondum editis. et sermonis noni aliquot capita grœcectlat. Lips. 1757. 4. : Liv. IX : A. Mustoxides et Dem. Schinas , 2i/xxo>» 'EMtrtxàr ànxi v.-v . Venet. 1816. 8. ; Liv. IX ch. 41 : J. M. Tey n s trôm , Comment, in Aetii anecdota spec. I. Aboa;. 1817. 4. — Traduction latine, Liv. I-XVI : J. Cornarius, Basil. 1542. fol. et //. Slephanus , dans sa collection sus-mentionnée. — Car. Jf'cigcl. Aëtianarum exercitfc. spec. Lips. 1791. 4.

2 Ed. : Thérapeutique : éd. pr. Jac. Goupylus , ap. R. Stcphan. Varis. 1548. fol. (on a joint à cette éd. un ouvrage du médecin arabe Rhazes. traduit du syriaque en grec probablement dans le courant du onzième siècle). J. Guintcrius. Basil. 1556. 8. ; de lumbricis : cd. pr. Hier. Mrrcurialis , Varia1 leett. Venet. 1570. 4. Fabricii Bibl. gr. vol. XIII. p. 602.

.n. PÉRIODE VI. — SECTION LXXXUI.

siècle, a laisse un commentaire Sur le livre vi des épidémiques d'Hippocrate. Nous ne le connaissons que par une traduction latine faite sur une version arabe '.

Paul, d'Egine, qui fit une étude particulière des maladies des femmes et s'occupa le premier de l'art des accouchemens , a écrit dans le septième siècle un abrégé de toute la médecine, en 7 livres, compilé des anciens médecins avec ses propres observations. On estime le sixième livre qui traite de la chirurgie 2.

Le septième siècle vit les derniers commentateurs d'Hippocrate ; de ce nombre sont : Théophile ou Philotheus, surnommé Protospatharius , moine et médecin, dont il nous reste plusieurs ouvrages; son disciple, Etienne , d'Athènes ou d'Alexandrie, auteur d'un commentaire sur le livre I des thérapeutiques de Galien ; et Palladius dit Iatrosophista, d'Alexandrie, quia écrit un Précis sur les fièvres et des Commentaires sur Hippocrate 3.

1 La traduction latine seulement dans : J oannicii , artis cella Vcnet. 1483. fol.

2 Ed. pr. Aldus. Vcnet. 1528. fol. //. Gemusœus , Basil. 1438. fol.

3 Ed. :de corporis humain fabricà : G. Morellus. Paris. 1555. 8. Fabricii Bibl. grsec. v:l XII. p. 783-911. ; De urinis : F. Morellus, Paris. 1608. 12. Thom. Guidotius, Lugd. Bat. 1703. 8. ; De excreinentis : Guidotius avec l'ouvrage précédent ; de pulsis (sous les noms de Philo theus et de Philaretus) publié seulement dans la traduction latine de A. Torinus. Bas. 1533. 8. et dans la collect. de //. Stephamis. Un commentaire sur les aphor. d'Hippocrate (publié sous le nom de Pliilotheus et attribué dans quelques msts h Etienne d'Athènes) connu par la traduction latine de Lud. Corradus. Vcnet. 1549. 8. — Etienne, commentaire, etc. Vcnet. ap. Aldum. 1536. 8. — Pallade, de febribus : Charterius , Paris. 1646. 4. J. S. Bernard, Lugd. Bat. 1745. 8.; Scolies sur l'écrit d'Hippocrate de frarluris , publié dans les œuvres d'Hippocr. : Scolies sur le livre \ 1 des épidé-

Théophane, surnommé Nonnus , composa par ordre de l'empereur Constantin VI, Porphyrogénète , un abrégé de toute la médecine , extrait d'Oribase et d'autres écrivains anciens '.

Nicétas, médecin de Constantinople au onzième siècle, a fait une Collection de l'art de la chirurgie, tirée de beaucoup d'anciens médecins. Ce recueil contient divers ouvrages ou parties d'ouvrages d'Hippocrate, de Rufus, de Galien, etc., et cinq livres entiers de la compilation d'Oribase. Parmi ces morceaux il y en a plusieurs que nous ne connaîtrions pas sans Nicétas; une partie de cette collection est encore inédite 2.

Michel Constantifi Pscllus-le-Jeune nous a laissé un ouvrage en deux livres Sur la nourriture ; nous avons également de lui un fragment Sur la couleur du sang tiré de la veine d'après la doctrine médicale des Perses 3.

Siméon Seth (ou peut-être fils de Seth), Protovestiaire à Constantinople dans le onzième siècle , publia un dictionnaire de matière médicale , qui a été im-

miques, publiées seulement en latin par J. P. Crassus. Basil. 1581 . 4. F. R. Diez. Apollonii citiensis, Stephani, Palladiï, Theopliili , Melefii, Joannis, aliorum scholia in Hippocrat. et Galen. vol. I. Regiomont. 1834.8.

1 Ed. pr. //. Marlius. Argentor. 1568. 8. J. S. Bernard, Goth. 1794-95. 2 vol. 8.

1 La partie publiée de la collect. de Nicétas se trouve dans : Ant. Cocchii, Graecorum cbirurgor. libri, etc. Florent. 1 754. fol-

3 Ed. : De victu bumano : en latin dans la collection de Georg. t alla, \enet. 1488. fol. ; de colore sanguinis, etc. : J. S. Bernard (avec l'écrit De lapidibus). Un petit écrit Sur les noms nouveaux unités en médecine, attribué à l'scllus. a été publié par Buissonade, Anccclol. giaec. vol. I. p. 233-241.

Wfl PÉRIODE VI. — SECTION LXXX1II.

primé sous le titre d'Abrégé sur la vertu des alimens. D'autres ouvrages de ce médecin , parmi lesquels se trouvent un Dictionnaire de botanique et un Traité sur la bière , n'ont pas encore été imprimés '.

Nous faisons mention en cet endroit de deux Calendriers diététiques , dont l'un en vers est de Théodore Prodrome , déjà mentiouné plusieurs fois, et l'autre en prose a pour auteur le sophiste Hiérophile 2.

Un certain Synésius, qui vivait dans la seconde moitié du douzième siècle , traduisit en grec un traité Sur les fièvres d'un médecin arabe, Abu Dsehaffer. Ce traité formait le livre vin de l'ouvrage de ce médecin, que, dans le siècle précédent, Constantin l'Africain avait traduit en latin sous le titre de : Vialicum peregrinarium 3.

Démétrius Pepagomenus composa par ordre de l'empereur Michel VIII Paléologue un Traité sur la goutte, rédigé d'aprèsGalien et ses propres observations*.

Jean, surnommé Actuarius,c. a.d., médecin du corps de l'empereur , fit , dans un style pur pour son siècle > un ouvrage Sur les actions et les affections de l'esprit animal et sur sa nourriture, extrait de Galien. Ses ouvrages Sur l'urine, en sept livres, et Sur la méthode de guérir n'ont été imprimés qu'en latin 5.

1 Ed. : De alimcntorum viribus: L. G. Gyraldus. Basil. 1538. 8. M. Bogdamts , Paris. 1G58. 8.

2 Ces deux écrits ont été publiés par J. F. Boissonade. Notices et extraits des msts de la Bibl. du roi, t. XI. Part. II. p. loi. et p. 192. Paris. 1827.

3 Publié par J. S. Bernard, Anistcl. 1749. 8.

VÉd. : G. Morellus, Paris. 1558. S.J.S. Bernard, Arnbcm. 1753. I.

' Éd. : Le premier ouvrage, tc\tc grec par J. GoupijUts. Taris. 1557. 8 J. F. Fischer. Lips. 1774. 8. Des scolies sur ce traité se trouvent dans : J. S. Bernardi, Rcliquisr med. crit.. éd. Gratter

Nicolas surnommé Myrepsus (le parfumeur ou le pharmacien ) , d'Alexandrie , vers la fin du troisième siècle donna un recueil de recettes en 48 sectionsouvrage superstitieux qui n'a été imprimé que dans une traduction latine '.

George Sanginaticius , plus connu sous le nom iïHypatos (consul), nom qu'il reçut parce qu'il fut investi de ladignité de consul à Rome, en 1450, a laissé un traité intitulé : Explication des parties du corps. C'est le dernier médecin grec dont il reste un ouvrage2.

Nous terminons cette nomenclature par la compilation qui a pour titre : Deux livres d'Eippia trique s. Elle fut entreprise par un auteur anonyme d'après l'ordre de l'empereur Constantin Porphyrogénète et renferme des observations publiées par des médecins vétérinaires 3.

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