‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 18 sur 129 · ÉTAT DE LA GRÈCE. — ORIGINE DU DIALECTE ATTIQUE · texte numérisé non relu

ÉTAT DE LA GRÈCE. — ORIGINE DU DIALECTE ATTIQUE

L'Asie mineure et les îles qui lui appartiennent avaient été le principal théâtre de la littérature grecque jusqu'à l'époque de Solon ; dès lors la Grèce européenne proprement dite, ainsi que la Grande-Grèce et la Sicile partagèrent cette gloire avec ces contrées.

Les Grecs étaient divisés en un grand nombre de tribus et d'états indépendans, faiblement réunis par les seuls liens d'une origine, d'une langue et d'une rc-

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ligion communes; par des jeux solennels auxquels toute la nation prenait part; par le conseil i\cs Aniphietyons , qui formait en certains momens une espèce de centre politique; par le souvenir des expéditions entreprises au moyen des forces combinées de tous; enfin, par cet orgueil national qui était flatté de se parer de ce que l'histoire de chaque peuple en particulier offrait de plus glorieux. Les guerres des Perses apportèrent quelque changement à cet état de choses; le danger obligea les différentes petites républiques à réunir leurs forces pour les opposer à un ennemi, qui menaçait l'indépendance générale. Les succès qu'ils oblirent dans cette lutte portèrent leur pays au plus haut degré d'illustration. Athènes, sous l'administration du vertueux Aristide et surtout sous celle de l'entreprenant Thémistocle, qui lui créa une marine, se mit à la tête de la confédération hellénique. Sous le gouvernement brillant de Périclès, cette ville parvint au faîte de la grandeur. La vivacité naturelle des Athéniens, l'habileté avec laquelle ils surent s'emparer des inventions d'autrui et les perfectionner, l'aménité de leurs mœurs, leur industrie active et les richesses que leur procura le commerce maritime; enfin la pompe de leurs fetes politiques et religieuses et l'encouragement, qu'ils accordèrent à tous les arts, firent regardes à cette époque Athènes comme le centre du monde civilisé et le foyer des lumières.

En effet, tandis que dans les autres états de la Grèce, les lettres demeuraient sans récompense et sans honneurs, parce que l'ambition de leurs habitans ne connaissait rien de plus noble que le prix, que l'agilité cl la force corporelle remportaient dans leéjeux solennels, les Athéniens seuls paraissaient sentir, qu'il pouvait

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