ÉTAT DE LA. GRECE
exister une plus belle lutte, celle des talens et du génie. A Athènes , l'éloquence conduisait au pouvoir ; là seulement on voyait les plus illustres citoyens prendre part à des concours poétiques, qui leur promettaient les couronnes les plus brillantes. La perfection à laquelle cette émulation porta l'art dramatique , influa de la manière la plus heureuse sur l'esprit et sur le goût du peuple ; les honneurs , dont étaient comblés les vainqueurs, excitèrent l'étincelle du génie et formèrent cette succession de poètes dramatiques du premier ordre , que nous admirons encore.
Personne ne pouvait disputer aux Athéniens le rang de premier peuple du monde sous le rapport des lettres et des arts; cette gloire ne suffisait pas à leur ambition, s'ils n'étaient en même temps le premier peuple de la Grèce sous le rapport de la puissance. Les efforts qu'ils firent pour maintenir ce rang parmi leurs co-élats et pour prolonger cette espèce de suprématie, r,yeu.ovla, qui ne leur était accordée que par condescendance, ou tout au plus par transaction, et qu'on leur avait laissé prendre plutôt comme une charge que comme un droit; les abus que fit de son pouvoir un peuple , qui exerçait la souveraineté dans ses assemblées générales et le mécontentement universel qu'il excita parmi les états confédérés; enfin la jalousie qui existait entre les républiques ioniennes et doriennes, engagèrent plusieurs états d'origine dorienne à former sous la direction de Sparte une ligue opposée aux desseins ambitieux des Athéniens. La guerre du Péloponèse termina cette longue lutte; elle arracha la suprématie aux Athéniens, pour la placer dans les mains des Lacédémoniens. Mais les confédérés s'aperçurent bientôt qu'ils n'avaient fait que changer
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de maîtres. La dureté et la politique perfide des Lacédémoniens appesantirent un joug, (pie l'urbanité des Athéniens avait souvent allégé.
Pélopidas et Épaminondas se chargèrent du soin de délivrer la Grèce. Sparte fut dépouillée du premier rang qui, pendant la vie seulement de ces deux grands hommes, devint le partage de Thèbes, leur patrie. Si la valeur guerrière des habilans de Sparte et les vertus de deux illustres citoyens de Thèbes inspirent de l'intérêt au philosophe , l'ami des lettres voit sans regret le sceptre de la domination arraché aux mains de deux républiques, qui, soit dédain, soit ignorance, ont méconnu le prix des sciences et des beaux-arts. Athènes fit des efforts pour ressaisir le pouvoir ; mais de nouveaux troubles s'élevèrent dans le sein de la Grèce. Philippe de Macédoine profitant enfin des dissensions de ces républiques et de la vénalité de leurs chefs, s'empara de la suprématie à la suite de la bataille de Chéronée, et la transmit en héritage à son fils Alexandre. Tellectait dans cette période l'étal de la Grèce européenne orientale. Dans l'occident, en Grande-Grèce, les colonies fondées dans les temps héroïques, continuèrent à fleurir en une parfaite indépendance , quoique souvent troublées par des guerres et des factions. Cumes seule, regardée comme la plus ancienne de toutes , tomba sous la domination de Rome , peu d'années avant l'avènement d'Alexandre. Sybaris fut détruite, peu de temps après l'expulsion des Pisislratides d'Athènes, par Grolone, sa rivale. Celle-ci, Tarente , Locres des Epizéphyriens, Thurium, étaient les plus puissantes de ces républiques sur le continent , que nous appelons aujourd'hui Italie. En Sicile, il v avait Zancle, nommée par la suite Messana, \a\us.