‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 24 sur 129 · POÉSIE DIDACTIQUE ET APOLOGUE · texte numérisé non relu

POÉSIE DIDACTIQUE ET APOLOGUE

fut perfectionné et devint une branche particulière de poésie. Au lieu de versifier des sentences morales isolées, on conçut l'idée de réunir en forme de poème une suite de vérités philosophiques. Telle fut l'origine de la poésie didactique , qui tient à la fois de la poésie et de la philosophie. Des poèmes de ce genre furent composés par Xénophane de Colophon, par son disciple Parméîiide d'Élée et par Empédocle d'Agrigente. Il nous reste des fragmens de ces trois philosophes. Le poème important d'Empédocle sur la nature, nous est connu par l'imitation de Lucrèce \

Quelque brillans que fussent peut-être les commencemens de la poésie didactique , ce genre de composition n'eut pas une vogue bien durable. On s'aperçut bientôt que le langage de l'imagination est moins propre que la prose à énoncer des dogmes philosophiques.

La Fable ou Y Apologue1 (^D3oç, cù.voz, Xôyoç, ànôloyoç, -txpoîpta.) qui est pour nous un genre de poésie didac-

1 C. A. Brandis, Commentationes clcaticse P. I. Xen. Parm. llafn. 1813. 8. S. Kurslen, Xenophanis Coloph. reliquisc, de vita cjus clstudiisdisseruit, fragm. explic., placita illust. Bruxcllis. 1830.8. Idem, Parmenidis Eleatac carm. rcliq. de vita et stud. diss., etc., Amstelod. 1834. 8. Henrici Siephani, Poësis philosophica. Paris. 1573. 8. G. G. Fiilleborn, Fragmens de Parménide. Ziillich. 1795. 8. (en alleni.). A. Pcyron, Empcdoclis et Parm. Fragm. Lips. 1810. 8. F. G. Sliirz, Empcd. vita, philos., carminum reliquia?. Lips. 1805. 8. Bru?iclc. Anal. vol. I. p. 163. Th. Gaisford , Poët. gr. min. vol. III. p. 284. sqq. B. II. C. Lommalzsch , La sagesse d'Empéd. avec une (radne. en vers des morceaux qui restent de son poème didactique, etc. Berlin. 1830. 8. (en allem.).

Plusieurs écrivains, tels que Bentley , Lcssing, Ilerder, ont traité de ce genre de poésie en général. Nous citons particulièrement F. Jacobs, Les fabulistes grecs. 'Additions à la théorie desbeaux-arts

tique, ne paraît pourtant pas l'avoir été également pour les Grecs. Très anciennement déjà elle était employée par les orateurs et les poètes comme un excellent moyen de Captiver l'attention et de diriger l'esprit d'hommes simples, placés au premier degré de la civilisation. La plus ancienne fable grecque, qui se soit conservée , se trouve dans Hésiode. A son exemple les poètes lyriques, tels qu'Archiloque elStésichore entremêlèrent leurs poésies d'apologues. Esope, esclave phrygien, est regardé par les anciens comme le créateur et le représentant d'un genre, qui a été nommé d'après lui. Un auteur anonyme, nous a donné pour la vie de ce fabuliste un tissu de contes absurdes , où il est dépeint comme un bouffon insipide et comme un être dégradé par la nature. Dans des apologues simples et instructifs, qu'il composait en prose ou peutêtre même en vers, à mesure que les événemens en faisaient naître l'occasion, Esope répandit une excellente morale et des principes de politique et de philosophie mis à la portée de ses contemporains. Longtemps ses fables ne furent conservées que par la tradition orale ; elles furent fréquemment imitées , et toutes les imitations étaient nommées fables ësopiques et mises indistinctement sur le compte de celui qu'on

de Sulzer, t. V.) (eu allem.). J.G. Iluschie . de fnbulis Arehilochi, etc. Altcnburgi 1803. 8. J. Grimm. dans son édition du Reinhard Fuchs Rcinardus vulpes). Berlin. 1834. 8., cherche à établir que les tables d'Esope ne nous offrent nullement un modèle parfait de l'apologue , dans lequel les animaux parlent et agissent; il prétend au contraire qu'elles ne sont que des beaux restes d'un apologue de cette espèce. «lui tenait de l'épopée par sa forme, et s'est perdu très tôt pour lc> Grecs; d'après ce savant, la Batrachomyomachie d'Homère doit en être regardée comme un fragment détaché.

regardait comme ayant imaginé ce genre. Babrias ou plutôt Babrius, sous le règne d'Auguste, écrivit en vers eliol ïambes une collection de fables ésopiques en dix livres, qui se distinguaient par une élégance comparable à celle de Phèdre; après lui, des compilateurs les traduisirent en prose. Au neuvième siècle un prêtre de Constantinople, nommé Ignatius Dlagister ou Diaconus, s'avisa de métamorphoser les vers de Babrius en iambes létrastiques. Enfin dans le quatorzième siècle, le moine Maximus Planudes leur donna la forme sous laquelle nous les possédons \

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