‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 29 sur 129 · SECTION XII · texte numérisé non relu

SECTION XII

L'élymologie du mot de tragédie , es* incertaine. Peut-être ce drame fut-il ainsi nommé, parce qu'un bouc (rpxyoç) était le prix du vainqueur, ou bien parce qu'on immolait cet animal à Bacchus après la vendange. La tragédie fut un perfectionnement du chœur bacchique des fêtes religieuses, et pendant longtemps elle conserva des traces de cette origine. Le chœur en constituait la partie principale et fondamentale. Il se plaçait comme une espèce de médiateur

1 A. Boettifjer. Prolus. de actorum primoruoi sec. et tert. parfilms in fab. jr. Vimar. 1797. \.

entre les dieux et l'homme, qu'il tâchait de réconcilier avec l'inflexible destin. Toujours présent sur la scène, il maintenait l'nnilé de l'action, sans pourtant en hâter ou retarder eu rien la marche; il empêchait les interlocuteurs de s'écarter trop loin du sujet, et les y ramenait, si cela devenait nécessaire. Le chœur se composait ordinairement de vieillards ou de jeunes vierges, dont le nombre d'abord très-considérable , se trouva dans la suite beaucoup limité. 11 se partageait en deux moitiés {ripuyôpia.) , dont chacune avait à sa tête un Coryphée (xopuyctioç). Les deux sections réunies, étaient dirigées par un Chorège (yopoiyôç,). Lorsque le chœur prenait part au dialogue, cela se faisait par l'intermédiaire du chorège ou des coryphées. La partie proprement lyrique du chœur était chantée par l'ensemble de tous les individus dont il se composait et accompagnée de la flûte *.

Thespis , d'Icare, bourg de l'Attique, est regardé comme l'inventeur de la tragédie. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'il y introduisit plusieurs changement. Sa principale innovation paraît avoir eu pour objet le chœur , auquel il assigna un rôle plus grave. Pour lui laisser le temps de se reposer par intervalles dans ses chants et dans ses danses , il lui adjoignit un acteur, qui débitait un récit ou représentait une action, ayant rapport aux chants du chœur. Suidas fait mention de quatre tragédies de Thespis; mais les fragmens

1 A. II. L.Heeren, De chori Grsecorum tragici naturû et hulule Gotting. 1784. 4, réimprimé dans les Miscellanca critica de Friedemann et Seebode, 1. 1, fasc. 4, p. 593-616. C. D. llgen, Chorus grxcus, qualis fuerit? Lips. 1787. 8. Surent, Sur le Wallenslein île Schiller , considéré par rapport it la tragédie gienuie Berl. 1800. p. 36 suiv. 212 suiv. (en allcm

TRAGÈDIK. 59

qui en reslenl, sont d'une authenticité fort douteuse et ont peut-être pour auteur Héraclide de Pont \

Phrynicus d'Athènes (512 avant J. C), disciple du précédent, choisit l'espèce devers qui convient préférablement à la tragédie et y introduisit les rôles de femmes et quelques autres changemens, sans pouvoir toutefois la faire sortir de son enfance. On cite de lui entre autres pièces les Phénisses ou les Perses , dont Thémistocle supporta les frais de représentation, et la Prise de Milet qui fit répandre des torrens de larmes au public.

Chœrilus d'Athènes, contemporain d'Eschyle , est le premier dont on cite des tragédies écrites. C'est lui , dit-on , qui donna un costume aux acteurs , et en faveur de qui les Athéniens construisirent le premier théâtre. Il est probable qu'il fut l'inventeur du vers qui porte son nom. Toutes ses œuvres sont perdues 2.

Ce que l'art dramatique doit à Thespis, Phrynicus et Chœrilus, est peu de chose en comparaison des progrès qu'Eschyle, Sophocle et Euripide lui ont fait faire. Ces trois grands poètes sont les seuls dont il nous reste des tragédies entières; c'est donc par leurs écrits que nous devons juger du degré de perfection où les Grecs ont porté ce genre de poésie. Cependant il n'est pas certain que leurs productions nous soient parvenues telles qu'elles sont sorties de leur imagination. Car, outre que les auteurs corrigeaient leurs pièces après la représentation , les tragiques ont eu aussi des diascevastes, qui ont fait à leurs ouvrages des corrections et des additions.

1 Voy. J. E. G. Roulez, de Héraclide Pontico p. 39. sq. Sur ce Chœrilus qu'il ne faut pas confondre avec Chœrilus de Samos et d'autres écrivains de ce nom, voir A. F. Niihe . Chœrili Samii quae supersunt. Lips. 1 SI 7. 8.

60 PÉKIODK 111. — SECTION XII.

Le véritable père de lu tragédie, celui qui le premier lui donna une forme régulière , fut Eschyle d'Eleusis, né l'an 524 avant J. C. 11 fit de la fable la partie principale du poème et lui donna une liaison intime avec le chœur. Dans ses premières tragédies il introduisit un second acteur, et par la suite, à l'exemple de Sophocle, il en établit un troisième, et quelquefois même un quatrième. Le nombre des personnages étant ainsi multiplié, un seul d'entre eux devint l'objet principal de l'intérêt, et le rôle du chœur se trouva abrégé '. Eschyle donna à ses acteurs des masques et un costume décent et analogue à la fable. Les pièces de ce poète sont pleines d'idées hardies ; il y règne une certaine grandeur qui n'est pas sans quelque rudesse. Sa diction est passionnée , sublime , souvent lyrique et obscure. Il inspire la terreur et rarement la pitié. Ses plans se distinguent par une extrême simplicité ; il ne connaît pas l'art de nouer et de dénouer une action. II en résulte que dans ses pièces l'action s'arrête quelquefois, et ce défaut devient plus sensible encore par l'artifice qu'il emploie pour le cacher, notamment, par les discours du chœur , qui remplissent les intervalles. Sévère observateur de l'unité de l'action sans laquelle il n'y a pas d'intérêt, il néglige quelquefois celle de temps et de lieu. Malgré ces défauts, Eschyle ne doit pas moins être regardé comme un génie supérieur ; il est l'Homère du drame. Des soixante-dix ou quatre-

1 H. Lindner, Sur le chœur dans les tragédies d'Ksch\ le ( Annales de Jalui. t. III. p. 91. suiv.) (en allem.). Sur le chœur des Euinénides en particulier : A. flolliyer. Masques des furies. ^ eiinar. 1801. 8. (en allem.). G. llermann. De choro Eiunen'ulum .1 s.lisli F. Lins. 1816. 4. F. Bamberger, de Carmiaibus iËacfayl. apartihus chori cautatis Marhurjj. 1833. 8.

vingts tragédies qu'il avait écrites, il ne nous reste que sept : Prométhce dons les liens : Les sept contre Thèbes : Les Perses , Agamcmnon ; Les Coëphores ; Les Euménides ; Les Suppliantes , et en outre plusieurs fragmens d'autres pièces '.

Sophocle d'Athènes , naquit l'an 498 avant J.-C, lorsqu'Eschyle avait vingt-six ans. Il en avait lui-même quarante-deux quand ce poète mourut. Il lutta souvent avec lui pour le prix de la tragédie. Quoique plus âgé qu'Euripide de dix-sept ans, il lui survécut de quelques mois. Sophocle introduisit sur la scène un troi-

1 Sur Eschyle et ses ouvrages en général : F. C. Petersen . De .Eschyli vità et fabulis. Hauniae. 1814. 8. //. Bluemmer, Sur l'idée du destin dans les trag. d'Eschyl. Lcips. 1814. 8. (en allem.). F. G. We- Icker, Trilogie d'Esch. intitulée Prométhée. Darmst. 1824. 8. Additions. Francf. 1826. 8. (en allcm.) B. II. Clause» , ïheologuinena iEschyl. Bcrol. 1820. 8. C. Burneij. Tentamen de metris iEsch. choricis. Lond. 1812. 8. Apparatus criticus et exeget. in iEsch. tragœd. liai*. 1833. 2 vol. 8. E. C. F. ffunderlieh, Obss. in iEschyl. Gotting. 1809. 8. //. Voss, Curarum iEschyl. spec. L Heidelb. 1812. 4. C. F. Halm , Lcctionum iEschyl. Part. I. Monachii. 1835. 4. F. Bamberger, de iEschyli Agamemnonc Comment. Brunsvici 1835. 4. (Progr.) — Editions : Etl. pr. Aldus Man. Ven. 1518. 8. A. Tumebus , Paris. 1552. 8. T. Standley , «nm scholiis gr. et deperditor. dram. fragmentis. Lond. 1663. fol. C. G. Sch utz, cura comment. Hahe. 1782 97. 3 vol. 8. éd. 3. 1809-21 . 5 vol. 8., il manque encore un vol. F. II. Bothe. Lips. 1805. nouv. éd. Lips. 1831.2 vol. 8. A. Wellauer. Lips. 1823-31. 3 vol. 8 , le troisième renferme lin lexique d'Eschyle. F. Boissonadc. Paris. 1825.3 vol. 12. 11. II. Klausen. vol. I. Goth. 1833. 8. — /{. F. P. BruTtck, Prometheus, Persœ et Septem ad Thcb. Arg. 1776.8. BlomfieUXantabr. 1812. éd. 2 ih. 1818. Agamemu. ib. 1818. 8. G. Hermann, Eumenid. Lips. 1799.8. C. Schwenk. Choëph. Traj. 1819. 8. Haupt, Supplie. Lips. 1828. 8. C. 0. Millier, les Euménides , texte grec avec une traduction allemande et des dissertations expl. Gott 1833. 4. Appendice Ibid. 1834. 4. F. V. Frilzsche, second Appendice aux Euménides de C. O. Millier, Lcips. 1835. S. (en allem.).

siéfno roteur, abrégea encore davantage les chanta du «•hœuretlui assigna le rôle d'un simple speelaleur, s'intéressant toujours à l'action, mais y prenant rarement part dans ses discours. Sophocle passe pour le poète tragique le plus parfait de l'antiquité. Dans ses pièces, l'action est nouée avec art et la catastrophe préparée de loin. Ses caractères sont grands et héroïques , sans s'élever comme ceux d'Eschyle au dessus de l'humanité. La noblesse de son style ne perd rien par l'absence d'expressions gigantesques. Les anciens nous apprennent que l'aménité et la douceur, qui caractérisent Sophocle, lui ont fait donner le surnom d'abeille attique '.

On dit que Sophocle composa au delà de cent tragédies. Ce nombre se réduirait probablement à soixantedix , si l'on en séparait celles de ses fils et de ses disciples. Outre quelques fragmens insignifians, il ne nous reste que les sept pièces suivantes : Ajax furieux ((Aocj-r/oyépci). Electre; Œdipe-roi; Antigone ; les Trachiniennes ; Philoctète et OEdipe à Colone. L'OEdipe-roi est regardé non seulement comme le chefd'œuvre de Sophocle, mais aussi sous le rapport du choix et de la disposition de la fable , comme la plus belle tragédie de l'antiquité. Sénèque, Pierre Corneille et Vollaire l'ont imitée \

1 Lessing, vie de Sophocle. Bcrl. 1797. (en allem.). (œuvres eompl. t. X). F. Jacobs. Additions à la théorie etc., de Sulzer. t. IV. Ph. F. Schuîtz , de vità Sophoclis Comment. Berol. 1836. 8. A. G. Jacob. Sophocleœ quœstiones,vol. I. Varsov. 1821. C Matthias. Qnôit. Sophocle». Lips. 1832. 8. E. J. G. Schmùlt. Dissert, de notione fati in Sophoclis. trag. et fragm. expressa. Lips. 1821. 8. F. Vater. Les Aleuades de Sophocle. Berlin. 1835. 8. (en alIcmÀ F.EUentU . Lexicon Sophocleum. 2 vol. 8. Regiomont. 1831-35.

2 Éditions : Ed. br. Aldus . sine sclioliis. Yen. 1502. 8. G. Cm*-

Euripide naquit à Salamine l'an 480 avant J.-C. , le jour de la célèbre bataille contre les Perses près de cette île. Les arts gymnastiques occupèrent beaucoup sa première jeunesse , mais il quitta bientôt une carrière pour laquelle il n'avait que du mépris. Au sortir de là, son père le mena auprès d'Anaxagore et de Prodicus, les deux plus habiles maîtres qu'Athènes possédât à celte époque en philosophie et en éloquence. La société et les doctrines de ces hommes influèrent puissammen t sr la direction de son esprit et sur ses ouvrages. La philosophie eut pour lui des charmes irrésistibles; cependant quand il vil à quel danger son maître s'était exposé en rendant hommage à la vérité, il résolut d'éviter son sort, en s'adonnant à la tragédie elen mettant dans la bouche de ses acteurs des maximes, qu'il n'osait professer publiquement. En effet, ne pouvant plus rien ajouter à la perfection à laquelle la tragédie s'était élevée sous Sophocle, Euripide imagina de transporter sur la scène le langage de la philosophie et d'y développer tout le jeu des passions. C'est

tenu. Antv. 1579. 12. Romana cum schol. 1518. 4. ap. Phil. Jnntam. Flor. 1522. 4. R. F. P. Brunck. Argent. 1789. 2 vol 4. et 4 vol. 8. C. G. IL Erfurdt, Lips. 1802-1 1. 6 vol. 8. vol. 7. Lips. 1825, par IlelleretDoederlei». C. H Bothe. éd 2. Lips. 1827-28. 2 vol. 8. ./. F. Bois.sonade. Paris. 1824. 2 vol. 12. Ed. Jf underus. vol. 1. sect. I-IV. Goth. et Erford. 1831-35. vol. II. sect. I. ib. 1836. — Séparément : C. A. Lobeck. Ajax c. scliol. et comment. Lips. 1809. 8. od. 2 ib. 1835. Groddec k , Tracbin. Viln. 1808. 8. Ph.Buttmavn, l'biloctct. cum suis selectis cpienot.Berolin. 1822.8. C.Reisig. OEdip. Colon, cum. sch. Jcn. 1820. Comment. Crit. de Soph. OEd. Col. Jen. 1822. 2 vol. 8. F. C. 7fe.r . Antijjon. Lips. 1829. 8. G.Dindorf. OEdip. Tyr.exrcc. Elmsleji. Lips. 1821.8. (voy. C. F. Herntann, Dissert, de Sophocl. OEdipo Marburg. 1834.4)./'. EhnsJnj . Scbolia in So phocl. tragœd. Oxon. 1825. 8. Lips. 1826. 8.

6i PERIODE III. —SECTION XII.

dans leur peinture qu'il n'a pas élé surpasse, et la vérité de ses tableaux l'a l'ail nommer le plus trajjiquedes tragiques. Dans ses pièces, le chœur ne joue qu'un rôle trèssubordonné; il paraît même qu'il ne l'a conservé que pour augmenter la pompe du spectacle. Euripide introduisit une innovation dans les usages du théâtre, en faisant précéder ses pièces par des prologues ' , dans lesquels un des personnages de la tragédie ou quelque divinité expose le sujet et raconte ce qui a précède le commencement de l'action; innovation malheureuse, qui change le drame en une histoire et le rapproche de l'épopée. Les tragédies d'Euripide ont encore un autre rapport avec la poésie épique, par les longs récits qu'elles renferment. Son style est clair et élégant, harmonieux et coulant. On peut dire que ce poêle a fixé la langue de la tragédie. Quelquefois la prétention de donner de la grâce à sa diction n'est pas assez masquée et son élégance dégénère en une vaine abondance de paroles; ce sont ces deux défauts qui ont fourni aux poètes comiques de si fréquentes occasions de le parodier. La haine contre les femmes, qui respire dans toutes ses écrits , paraît avoir eu sa source dans des malheurs domestiques. Il quitta Athènes deux ans avant sa mort, pour se retirer auprès du roi Archelaûs.

Des cent vingt, ou selon d'autres des soixante quinze drames de ce poète, il ne nous reste, indépendamment d'un drame salyrique, que dix-huit tragédies, dont l'authenticité n'est pas même universellement reconnue. Elles sont intitulées : llécube ; Oreste ; les Phéniciennes ; Mcdce ; Ilippolyte portant une couronne: Alcestc ; Andromaque ; les Suppliantes : IpMgénieen

1 Ellendt, de prologis trajjœd. grœc, Regiom. INO'J. H.

Aulide ; Iphigénie en Tauride : les Troyennes ; les Bacchantes; les Héraclides ; Hélène; Ion: Hercule furieux; Electre. Une autre pièce, ayant pour titre Rhésus, a été regardée long-temps comme l'œuvre d'un autre poète et même d'une autre époque \ Cependant il est prouvé maintenant que non seulement elle appartient à Euripide, mais encore qu'elle est, à l'exception de l'Alceste, la plus ancienne des tragédies de cet auteur que nous connaissions 2. De sa Danaé'û ne reste que le commencement , qui n'est pas authentique , et 120 vers de son Phaëton 3.

1 God. Ilerman. Opuscul.t. III. p. 262. sqq. Gruppe, Ariadne etc. Ch. IX. p. 323 sqq.

2 F. Voter, sur l'auteur du Rhésus et l'époque de sa représentation. Nouv. Annal, pour la philolog. par Seebode et Jahn. Suppl. t. IV. Cah. I. p. 5-18. 1836. (ail.)

3 Editions: éd. pr. F. Lascaris, (4 tragéd. ) Flor. h la fin du XVe siècle. Aldus, ( 18 trag.) 1503. 8. P. Victorius avec l'Electre. Rom. 1545.8 Junlina. cum scliol. in 7 trag. Ven. 1534. 8./. Bornes, cum suis et al. obss. Cantab. 1694. f. S. Musgrave. Oïon. 1778. 4 vol. 4. réimprimée par Morus et Beeh. Lips. 1788. 3 vol. 4. A. Matthiœ. Lips. 1813 1829.9 vol. 8. Glasg. cum notis varior. et schol. auct. 1821. 9 vol. 8. F. II. Bothe. 1825-1826. 2 vol. 8. J. F. Boissonade. Paris. 1825-27. 5 vol. 12. A. J. E. Pflugh Goth. et Erford. vol. I. 1830. vol. II. P. Mil 1831-34. — Séparément. L. C. Valclenaer . Thœnissaî Franeq. 1755. 4. nouv. édit. augm. Lips. 1824. 2 voll. 8. Hippolyt. Lngd. Rat. 1768. 4. augm. Lips.

1823. 8. B. F. P. Brunch Hec' Phœn. Hipp. et Racchœ. Arg. 1780. 8. Androm. Med. Orest. ib. 1779. &.J. Marchland , Supplie. Lond. 1763. 4. Ipbig. in aul. et Ipbig. in. Taur. Lond. 1778. 8. réimp. c. not. varior. (éd. G. Dindorf.) Lips. 1822. 2 vol. 8. R. Porson , Hecub. Or. Phœn. Med. Lond. 1797-1801. dernière réimp. Lips.

1824. 4 vol. 8. aussi avec des titres séparés (G. H. Scha-fcr :. G. Burgess. Troades, Cantabr. 1807. 8. P. Elmsley. Heracl. Oxon. 1813. 8. Lips. 1821. 8. J. II. Monk, Hippolyt. Cantabr. 1811. 8. Lips. 1823. Alceslis. Lond. 1818. nouv. éd. augm. par Tfïtstcmunn.

ti(i PÉRIODE III. — SECTION XII.

Outre Eschyle, Sophocle et Euripide, les grammairiens d'Alexandrie oui placé dans leur canon Ion, Achœui et Agathon.

Ion de Chios, surnomme Xulhus, vécul dans les derniers temps d'Eschyle , environ 450 ans avant J. C. Les anciens citent plusieurs de ses tragédies, dont il ne reste que peu de fragmens. Il composa aussi des poésies lyriques et plusieurs ouvrages historiques , dont un sur l'origine de sa ville natale (Xitj y.zîoiï) '.

Il a existé deux poètes du nom flAchœus; l'un d'Erétrie, contemporain d'Euripide; l'autre de Syracuse , d'une époque postérieure. Tous deux ont fait des tragédies, dont il nous reste quelques fragmens, qu'il est difficile d'assigner à l'un plutôt qu'à l'autre de ces auteurs \

Agathon, d'Athènes, fut l'ami intime d'Euripide. Les anciens faisaient grand cas de ses tragédies; cependant Aristole lui reproche des innovations, qui contribuèrent à la décadence du théâtre. Formé à l'école du sophiste Gorgias, il abandonna la simplicité de l'ancienne tragédie pour un style chargé d'ornemens, de pointes d'esprit et de bons mots. Ce caractère se reconnait encore dans les fragmens qui nous restent

Goth. 1823. 8. G. Hermann. Hccuba cd. 2. Lips. 1831. 8. Hoir. fur. ib. 1810. 8. Suppl. ib. 1811. 8. Medea il». 1823. 8. Bficehte. ib. 1823. Ion. Lips. 1827. lph. in Aul. ib. 1831. 8. Ipb. in Taur. ib. 1833. B.J.Lenting, Medea Zutpb. 1819. 8. — L. C. Tahkenaer. Diatribe in Enrip. perditor. drainatum reliquias Logd. Bal. 1767. 4. Lips. 1824. 8. F. Jacobs, animadd. inEnrip. trag. et lïajin. (ioth. 1790. 8. Curae seciinda1, etc. Lips. 1796. 8. F. Faekte, s\ llo;;v Lectt. in trag. Lips. 1813. 8.

1 Fragm. d'Ion. Brunch, Anal. t. I. p. 161. sq.

2 C. L. Urlichs. Aehaei Eretriensis quœ sopersunt coll. e< illnsf. Bonn. 18318.

de lui. 11 est le premier qui mit sur le théâtre des pièces dont le sujet était de pure imagination; ce qui, comme on voit, n'est pas une création moderne \

Nous passons sous silence un grand nombre d'autres poètes tragiques moins importans, que nous ne connaissons que de nom, ou dont il ne nous reste que quelques fragmens *.

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