S H AME SATYRIQUE
Le drame satyrique 3 est né de la tentative de ramener au culte de Bacchus la tragédie, qui empruntait ses sujets à celui d'autres divinités et au cycle mythique. Sous certains rapports, il tenait à la fois de la tragédie et de la comédie, de manière cependant qu'il se rapprochait davantage de la première; sous quelques autres, il différait essentiellement de l'une et de l'autre : il était distinct de la tragédie par l'espèce de per-
1 F. Ritschel, De Agathonis vità, arte et tragœdiarum reliquiis. liai. 1829.8.
2 11 existe des dissertations particulières sur deux de ces poètes, Theodecte et Chéremon : Mârker. de Theodectis Phasilitae vità et scriptis comment. I Vratisl. 1835. 8. C.J. Hoffmann, Chéremon le tragique, dans Seebode, Nouv. arcliiv. pour la philol. 1830. n° 46. p. 361. sniv. (ail.).
' /. Casaubonus. de satyricâ Grsecor. poësi. Paris. 1606. dernière éd. par Rambach. Hala?. 1774. 8. //. C. A. Eichstaedt, de dramate Grœcor. comico satyrico, Lips. 1793. 8. G. Hermann. de dramate comico-satyrico. in Comment, societ. pbil. Lips. vol. I. 1'. II. Gust. Pinzger, Dissert, de origine dram. satvr. Vratisl. 1826. 8. G. Genthe , Dissertation sur le drame satyrique. (à la suite de sa traduction allem. du Cvclope d'Eurip.) Halle. 1828. 8. Weclker, Additions à la Trilogie d'Eschyle. Francf. 1826. 8. p. 276 sniv. (ail. .
sonnages qu'il admettait, par les catastrophes qui n'étaient jamais funestes, par les traits, les bons mots et les bouffonneries, qui en faisaient le principal mérite. Il se distinguait de la comédie par la nature du sujet, et par le ton de dignité qui régnait dans quelques-unes de ses scènes. Il s'éloignait tout à la fois de la tragédie et de la comédie par des rhythmes qui lui étaient propres, par la simplicité de la fable et par les bornes prescrites à la durée de l'action ; car le drame salyrique était une petite pièce qu'on donnait après les tragédies, pour délasser et égayer les spectateurs. Dans ces pièces les personnages du chœur, déguisés en Satyres et en Silènes, exécutaient certaines danses qu'on appelait Sicinnes (Scxcmo] ou Snu'wtç), et prenaient aussi part au dialogue. Mais c'est dans le chœur surtout que se trouve la marque distinctive de ce genre de poésie, qui en reçut son nom. Eschyle , Chœrilus et Pratinas donnèrent à ces pièces une forme plus régulière ; Sophocle , Acheeus, Euripide et Hégémon les perfectionnèrent.
Il paraît que ce genre de drame ne se soutiul pas long-temps. Le seul drame salyrique qui soit parvenu jusqu'à nous est le Cyclope d'Euripide.