‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 35 sur 129 · DIVERSES CLASSES DE PROSATEURS. — LOGOGRAPHIE. -- HISTOIRE · texte numérisé non relu

DIVERSES CLASSES DE PROSATEURS. — LOGOGRAPHIE. -- HISTOIRE

Nous parlerons des auteurs en prose de la troisième époque, en rangeant leurs productions en sept classes différentes, qui sont: l'Histoire, la Géographie,

LOGOGRAPHIE. — HISTOIRE. 7'J

l'Éloquence , les Épitres, la Philosophie , les Mathématiques et la Médecine.

Les liaisons plus étroites que les divers états de la Grèce formèrent durant cette période; les guerres qui les mirent en rapport avec les peuples de l'Asie et même avec ceux de l'Afrique ; le commerce qui prit un accroissement considérable: les voyages que la curiosité ou l'envie du gain fit entreprendre ; toutes ces circonstances augmentèrent la masse des connaissances historiques et géographiques chez un peuple vif et avide d'instruction. On rechercha d'abord avec soin toutes les traditions populaires, qui avaient perpétué d'âge en âge le souvenir des révolutions, des généalogies des princes et des maisons illustres, de l'origine et de l'émigration des peuples ; on sentit l'importance de préserver de l'oubli ces diverses traditions. Les colonies de l'Asie Mineure, de la Grande Grèce et de la Sicile, séparées par les mers de leurs métropoles, et voisines de peuples barbares, mais réunies entre elles par des relations multipliées, de politique et de commerce, éprouvèrent surtout et avant les autres la nécessité de conserver par écrit tous les documens relatifs à leur histoire. Aussi trouvons-nous dans ces colonies, dès le sixième siècle avant J.-C. , les premières logographies , ou traditions historiques mises par écrit en prose (de Xéyoç, parole, tradition et ypdyeiv écrire). Indépendamment de la tradition et des ouvrages des poètes, les auteurs de ces sortes de compositions consultaient tous les monumens de l'antiquité , les inscriptions, les autels, les statues , les édifices consacrés à l'occasion de certains événemens et les épigrammes qui y étaient gravées; ils allaient recueillir sur les lieux mêmes tous les faits dont ces monumens

avaient perpétué le souvenir. En un mot, les logographies étaient le premier fruit de l'esprit d'observation qui venait de s'éveiller ' .

Aucune logographic ne nous est parvenue en entier; parmi les écrivains de ce genre, il en est plusieurs dont nous avons des fragmens; ce sont ceux que nous allons nommer :

Cadmus de Milet, qui vivait 520 ans avant J. C, est le plus ancien des logographes. 11 écrivit sur les antiquités de sa ville natale.

Denys de Milet, (510 avant J. C.) fut le premier , dit-on, qui entreprit une histoire générale de la Grèce.

Acusila'ùs d'Argos, (500 avant J. G.), rédigea les généalogies des anciennes familles royales, en remontant jusqu'à Phoronée.

Denys de Chalcis , fit des recherches sur les fondateurs des villes.

Hécatée de Milet , ne se contenta pas d'éclaieir dans ses écrits les antiquités de sa nation, mais dans son Tour de l'Europe (~sptirhç,) et sa description de l'Asie (lïEpiriyrifjiç), il décrivit tous les pays connus alors.

Xanthus de Sardes (vers l'an 500 avant J. C. ), historien de la Lydie , sa patrie.

Uippys de Rhcgium , auteur d'une histoire de la Sicile.

1 G.J. T'ossius , de Historicis {jrtec. Lugd. Bat. 1651. 4. supplementa , etc. c. praefat. Fabricii. llanib. 1709.8. G. Fr. Creuser, L art historique des Grecs h sa naissance et dans son développement. Leips. 1803.8. (ail.) TV. Falk. de historiae inter Gnrcos origine et natura Kil. 1809. 4. C. G. lleijne, de priinordiis historiée scril>cndœ inter Grœcos. (comment, soc rejj. Gottinft, t. XIV.) //. l'IricL Caractéristique de l'ancienne historiographie. Berlin. 1833. 8. (all.V Fr. Jungk, <le acte principum liistoricomm j;r;ccor. Berol. 1834. î.

LOGOGRA.PIIIE. — HISTOIRE. 81

Après eux, Jlellanfbus de Mytilène, qui florissait vers Tan 460 avant J.-C, composa une description de plusieurs pays grecs et étrangers , et Phérécyde de Leros, une des Sporades, recueillit les traditions relatives à l'ancienne histoire d'Athènes. On peut les considérer tous les deux comme les précurseurs des auteurs d'Atthides l.

Ce n'est qu'improprement qu'on peut appeler historiens, ces rédacteurs de traditions souvent mensongères. Hérodote, né à Halicarnasse, l'an 484 avant J.-G. , connut le premier l'art de lier entre eux des événemens , qui intéressaient les divers peuples de la terre , et de faire un tout régulier de tant de parties incohérentes ; c'est donc à juste titre qu'on le nomme le père de V histoire. Depuis l'âge de vingt-cinq ans, il parcourut les principaux pays connus, pour rassembler les matériaux d'une histoire de la guerre des Grecs contre les Perses, qu'il se proposait d'écrire. Cet ouvrage, se rapprochant par sa forme du poème épique, est divisé en neuf livres , à chacun desquels on a attaché le nom d'une muse ; il embrasse une période de 220 ans depuis Gygès, roi de Lydie, jusqu'à la fuite de Xerxès. C'est une suite de tableaux historiques et géographiques, rattachés comme autant d'épisodes à une action unique, grande et importante, dont la défaite

• G. F. Creuzer, Histor. Grœc. antiquissimorum fragment., etc. vol. I. Heidelberg. 1806. 8. (fragm. d'Hécatée Charon. Xanthus. ) /{. //. Clausen, Hecatœi fragm. et Scylacis Pcriphis. Berol. 1831. 8. /''. G. Sturz , Hellanici Lesbii fragm. ed 2. Laps. 1826. 8. Idem , Phcrccjdis et Acusilai fragm. éd. 2. Lips. 1824. 8. A. Matthiœ , de Pherccvd. fragm. Altenb. 1814. 4. Sévin, recherches sur Hécatéc de Milct. (Mém. de FAcadém. des Insc. t. VI.) Ulerl, sur la géographie d'Hécatée et de Damastcs Wcimar. 1814. 8. (ail.).

de Xerxès est le dénouement. Hérodote, foreé de quitter sa patrie déchirée par des factions, se retira à Thurium dans la Grande Grèce et s'y occupa à retoucher son histoire, qui déjà avait obtenu des applaudissemens universels, lorsqu'à la manière des poètes, il la lut en partie, d'abord aux jeux Olympiques ,'' et ensuite (Olymp. LXXXI V, 1 ), à Athènes, à l'occasion de la fête Fanalhénéenne. Hérodote a fait usage du dialecte ionique ; son style tient pour ainsi dire le milieu entre la poésie et la prose; on y retrouve encore l'imitateur d'Homère. Hérodote raconte toujours avec simplicité et exactitude, non seulement les faits dont il a pu par lui-même reconnaître la vérité, mais aussi ceux qui lui ont été communiqués dans ses voyages. Souvent il s'abstient d'émettre son opinion; quelquefois il exprime seulement ses doutes. C'est donc à tort qu'on lui a donné l'épilhète d'historien fabuleux, qu'il ne mérite nullement. Des voyageurs modernes ont confirmé un grand nombre de récits considérés anciennement comme mensongers, ou ont fait connaître les causes qui ont pu induire cet écrivain en erreur; et c'est ainsi que les fables mêmes, que son histoire renferme, sont un témoignage de son amour pour la vérité \

' L'Abbé Geinoz, Hérodote (Mém. de l'Acad. deslnscr. XIX. XXIII). F. C. Dahlmunn, Hérodote, sa vie tirée de son ouvrage (dans ses Recherches historiques, t. II. P. I. Altona. 1823. 8. (en allein. . C. G. L. Heysc, Quœst. Hcrodot. P. 1. de Herodoti v i ta et itincribus. Berolin. 1827. 8. C. F. Baehr, Dissert, de vità et script. Herodoti (dans le vol. IV de son éd.). Bôliiclier, de &i«p Herodoteo, sive de Herodoti in componendis rerummonumentis pietate. Berol. 1830. 4. C. Hoffmeisler, Point de vue moral et religieux sous lequel Hérodote considère la vie humaine. Esscn. 1832. 8. j(eB allem.). II. F. Jiujrr.

Une vie d'Homère que nous avons sous le nom d'Hérodote est probablement l'ouvrage d'un grammairien moderne.

Le plus parfait des historiens grecs est Thucydide , Athénien, fils d'Olorus, né environ treize ans après Hérodote (471 avant J.-C). Il appartenait à une des premières familles d'Athènes, alliée à celle desPisistratides. Dans la huitième année de la guerre du Péloponèse, ayant été placé à la tête d'un corps de troupes , il échoua dans une entreprise qui lui avait été confiée ,

Disputatt. Herodotea? Goetting. 1828. 8. C. L. Strure. de dialecto Herodoti, spécimen I-III. Regiom. 1828-30. 8. C. F. Stadehnann, deHerodoto ejusque dialecto. P. I-11I. Dessav. 1832-34.4. C.A.Boettiger. Prolus. I. IL de Herodoto ad carm. epici indolem propius accedente. Vim. 1792-93. 4. — Schweighœuser, Lexiconllerodotcum Argent. 1824. 2 vol. 8. — E. Rennel, Système géographique d'Hérodote. Lond. 1800. 4. (en anglais). J. B. Gail, Géographie d'Hérodote. Paris. 1823. 2 vol. 8. Le même, Atlas : Cartes relatives à la Géographie d'Hérodote, Thucyd., etc. Paris. 1825. 4. B. G. Niebnhr, sur la Géographie d'Hérod. (Mém. de l'Acad. des Sciences de Berlin. 1812-1813.) (en allem.). G. G. Bredoiv, Specimina geographiae et Uranologise Herodot. Helmstadt. 1804.4. lier. Schlich/horst, Geogr. Africœ Herodotca. Goett. 1788. 8. ./. Doenniges, Comment, de Geogr. Herodoti. Berolini. 1836. 8. — l olneg , Chronologie d'Hérodote. Paris. 1808-1809. 2 vol. 8. F. Creuzer, Comment. Herodoteœ, t. L Lips. 1819. 8. — Editions : Dabord en latin par Laur. Falla. Venet." 1474. fol. texte grec : ed pr. Aldus, Venet. 1505. fol. G. Jungermann. Francf. 1608. fol. Pet. tfesseling, cum notis Valckenarii suisque. Amst. 1763. f. A. I). Borheck. Lemgov. 1808. 3 vol. cum apparatu ad Herodot. intellig. ib. 1800. 5 vol. 8. J. Schweighœuser. Argent. 1816. 6 vol. 8. Th. Guisford. Oxon. 1824-26. 4 vol. 8. ed. 2. Oxon. 1834. J. C. F. Biihr. Lips. 1830-35. 4 vol. 8. C. Stnive, rec. et comment, inst. Goth. 1834. 8. A. J\egris (avec prolégomènes et notes en grec moderne. Edimburg. 1833. 2 vol. 8. — Hérodote traduit en frauçais par J. //. Larcher, éd. 2. Paris. 1802. 9 vol. 8 et 4. recommandable par son commentaire historique et critique.

et fut puni de ce revers par l'exil. Pendant les vingt

années qu'il passa dans l'exil, il rassembla des mat''''il,ix pour une histoire de la guerre du Pél0p«*iése,et n'épargna ni soins, ni dépenses pour connaître non seulement les causes qui produisent celle guerre, mais encore les intérêts particuliers qui la prolongèrent. Il se rendit clic/, les différentes nations ennemies, consulta partout les chefs de l'administration, les généraux, les soldats, après avoir été témoin lui-même de la plupart des événemens qu'il avait à décrire. Son histoire comprend les vingt et une premières années de cette guerre , elle se ressent de son amour extrême pour la vérilé et de son penchant à la réflexion. Ce sont les mémoires d'un militaire qui, tout à la fois homme d'étal et philosophe, a mêlé dans ses écrits et dans ses harangues , les principes de philosophie puisés à l'école d'Anaxagore et les leçons d'éloquence qu'il tenait de l'orateur Àntiphon. Thucydide est le premier historien qui ait inséré dans ses récits des harangues travaillées avec soin. Elles donnent à sa narration une forme dramatique et coupent agréablement la monotonie que sa division par saisons et la multiplicité des opérations militaires y jetteraient sans cela. Ses réflexions sont souvent profondes, toujours justes; son style est énergique, concis et par là même quelquefois obscur. Son ouvrage écrit en dialecte attique est regardé comme le canon ou la perfection de l'atticisme. On remarque que le huitième livre n'est pas aussi achevé que les autres; il paraît que l'auteur n'y a pas mis la dernière main \

1 //. G. Kriigcr, sur la vie de Thucydide, etc. Berlin. 1833. 4. (en allcm.y Dahlmann . Recherches, etc. 1,95 suiv. II, 214. suiv. (en allem.), parallèle entre Hérodote et Thucydide. F. Jioth, surThu-

Xénophon1 d'Athènes (vers l'an 445 avant J.-C), fils de Gryllus, et surnommé X abeille attique, célèbre comme philosophe, comme militaire et comme homme d'Élat, fut exilé de sa patrie sous prétexte de son dévouement au parti dorien. Les Lacédémoniens lui ayant donné des terres en Elide, il y passa le reste de ses jours dans sa maison de campagne deScillonte, près d'Olympie, où il composa divers ouvrages philosophiques, politiques et historiques. Dans ces derniers, qui seuls nous occupent pour le moment, on aperçoit à chaque page les sentimens religieux dont son âme était

cydide et Tacite, etc. Munich. 1813. 4. (ail.). B. Jfyttenbach, Praef. àd sélect, princip. historié, p. XI. Amst. 1794. 8. F. Kortiim , Fragmens d"une introduction à l'étude de Thucydide (dans son ouvrage pour servir h l'histoire des constitutions grecques. Heidelb. 1821. 8. (en allem.). F. L. Abresch, Dilucidatt. Thucydide». Traj. ad Rh. 1753. 8. Auctarium (avec ses animad. ad JEschyl). Zxvol. 1763. 8. T. F. Benedict, Comment, in Thucyd. Lips. 1815. 8. //. W. Blume , Animadv. ad Popponis de locis quih. Thucyd. judicia, etc. Strals. 1825. 4. F. Goelîer, De situ et origine Syracusarum, etc. Lips. 1818.8. Idem, Spécimen nov.cd. hist. Thucyd. Colon. Agrip. 1834. 8. (Progr). Bobrœt, Advcrsaria éd. Scholefield. Cantabrig. 1831. 8. 1. 1. p. 44. sqq. — Editions : Ed. pr. Aldus. Venet. 1502. fol. Scholia ap. eumd. ib. 1503. f. Hem: Sfephamis. Paris. 1564. f. J. JFasse et C. A. Buler. Amst. 1731. fol. réimprimée plusieurs fois p. ex. par C. B. Bech , avec de nouv. obss. et un glossaire. Lips. 1804. 2 vol. 8. J. B. Gail , avec la traduction fr. Paris. 1807. éd. 2. ib. 1814. suiv. 8 vol. 8. C. F. F. Jlaacke. Lips. 1820. 2 vol. 8. E. Fr. Poppo. Lips. 1821-35. vol. MX. 8. /. Belter. Berol. 1821. 3vol. 8. F. Goeller.Uys. 1826. 2 vol. 8. éd. 2. ibid. 1836.^»*. Firmin Bidot, grec-français. Paris. J833. 4 vol. 8.

1 J. B. Gail, la vie de Xénophon. Paris. 1795. 2 vol. 8. G. F. Creuzer, De Xenophontc historico P. I. Lips. 1799. 8. C. G. Kriiger, de Xenoph. vità cpifpst. critt. Halae. 1822. 8. F. Belbrôch, Xénophon, etc. Bonn. 1829. 8. (en allem.). F. Jf . Sturz , Lexicon Xenophonteum. Lips. 1801-4. 4 vol. 8.

8<i PÉU10DL III. — SECTION XV111.

pénétrée, les principes de justice et de morale qu'il avait puisés à l'école de Socrale, et toutes les vertus dont il était orné. Son style est simple, noble, élégant et plein de grâce, sans être vigoureux ni sublime. Ses ouvrages historiques sont les suivans :

1° L'Histoire Grecque fEÀ>/jv»'.a) en sept livres. C'est une continuation de l'ouvrage de Thucydide jusqu'à la bataille de Mantinée. Xénophon n'imite pas la manière de Thucydide ; celle d'Hérodote convenait mieux à son caractère et avait plus d'analogie avec le genre d'éloquence d'Isocrate , dont il avait fréquenté les leçons. Du reste son ouvrage ressemble plus à des mémoires qu'à une histoire *.

2° VAnabase ou YExpéditionde Cyrus le jeune contre son frère Àrtaxerce , et la Retraite des dix mille Grecs. Xénophon eut une grande part à cet événement glorieux , qu'il raconte d'une manière très-intéressante et avec la plus grande modestie. Cet ouvrage est un des plus précieux et le plus ancien monument de l'art militaire 2.

3" La Cyropédie , en huit livres. C'est moins une histoire qu'un roman historique et politique dans lequel l'auteur veut donner dans la personne de Cyrus le

1 Sur les Helléniques de Xénoph. Niebuhr, dans le Musée du Rhin. III. p. 194. suiv. 1827. (en allein.). G. R. Siirers, Comment, liistoricœ de Xen. hellenicis. P. I. Berol. 1833. 8. — Éditions ; Ed. pr. Aldus, (cim> Thucyd. scli.). Vcnet. 1503. fol. S. F. N. Morus, Lips. 1778. 8. Lud. Dindorf. Lips. 1824. 8.

2 C. G. Kriiyer, de autlienlià et integritate Aliabas. Xéboph. Halaî. 1824. 8. — Éditions: J. C. Zeunc. lips. 17S5. 8. ..■/. Lion. Goett. 1822-23. 2 vol. 8. l'r. Jacob». Lips. 1825. 8. F. A. Bomvmunn. Lips. 1825.8. C. G. kriiffer. Hal. 1826. 8. F. Poppo. Lips. 1827. 8.

modèle d'un prince accompli , d'après les idées de l'école de Socrate \

â?U éloge d' Agésilas , qui ne paraît pas être l'ouvrage de Xénophon , mais d'un sophiste assez ancien , qui a suivi et compilé l'histoire grecque de cet auteur *i

Les autres historiens grecs de cette époque ne nous sont connus que par des fragmens ou parles jugemens qu'en portent les écrivains des temps postérieurs. Deux ouvrages dont nous ne saurions trop regretter la perte, sont Y Histoire de la Perse et celle de l'Inde par Ctésias de Cnide , contemporain de Xénophon. Cet historien fut médeciu du roi Artaxerce et fit un long séjour à la cour de Suse. Il composa son histoire de la Perse d'après des documens déposés dans les archives de l'empire , et il fut à même de recueillir des renseignemens sur l'Inde de la bouche d'Indiens , qui venaient en Perse , ou de voyageurs persans qui avaient visité l'Inde. Photius nous en a conservé un extrait 3.

A commencer d'ici le ton de rhéteur s'introduisit

1 L'abbé Fraguier, Dissertât, sur la Cyropéd. de Xén. (Mém. de l'Acad. des Iasc. vol. II.) Sainte-Croix, Obs. sur la Cyropéd. de Xén. ibid. vol. XLI. D. Scliulz , de Cyr. epilogo Xcnophonti abjudicando. liai. 1806. 8. F. A. Bornemann, l'épilogue delà Cyrop. de Xén. défendu contre les doutes de Scbulz et autres. Leips. 1819. 8. (ail.). F. si. Bornemann , de gemina Xen. Cyr. recensione 2 Partt. Niveinont. 1814. 8. — Editions: Th. IJiitchinson. Oxon. 1727. réimprimé souvent. /. C. Zeune. Lips. 1780. 8. E. Poppo. Lips. 1821. 8. L.Dindorf. éd. 2. Lips. 1826. 8. F. A. Bornemann. Lips. 1828. 8.

2 Ed. : L. Dindorf, Agesilaus et convivium. Lips. 1823. 8.

3 A. Lion, Ctesiœ Cnidii, quœ supersunt. cet. Goetting. 1823. 8. J. C. F. Baehr, Ctesiae Cnidii quœ supersunt fragm. collcg. texhim ad codd. mss. recognov. , prolegom. et pcrpet. annotât, instr. etc. Francof. 1824. 8. //. C. M. Rettig, Ctesise Cnidii vita cum Appendice de libris, quos Ctesias composuisse fcrtur. Hannov. 1827. 8.

dans la narration historique. Un des premiers qui l'y apportèrent paraît avoir été Philisle de Syracuse, né l'an 431 av. J.-C. , parent et ministre de Dcnys l'Ancien. Il publia une histoire ancienne de la Sicile et la vie des deux Denys. Denys d'IIalicarnasse loue en général son style '.

. Théopompe de Cliios , né environ 360 ans avant J.-C. , élève d'Isocrale , est regardé comme le meilleur historien grec après Hérodote , Thucydide et Xénophon. Il donna une suite de l'ouvrage de Thucydide et une histoire de Philippe de Macédoine. On l'accuse de n'avoir pas été exempt d'aigreur et d'une certaine témérité dans ses jugemens \

Ephore de Cumes, également disciple d'Isocrate, a été le premier et le seul qui ait imaginé d'écrire une Histoire universelle ; elle fut continuée par Diyllus d'Athènes et Psaon de Platée. Il écrivit aussi un ouvrage en deux livres, sur les inventions (r.epl tvfjYi(j.x~o)v) 3.

Quelques auteurs d'ouvrages appartenant au domaine de l'histoire, tels que Dioscoride , autre disciple d'Isocrate, Neanthès de Cyzique, Nymphodore * de Syra-

lSévin, Recherches sur la vie et les écrits de Hiilistus. (Mém. de l'acad.des Insc.t. XIII.) F. Goeller, DePhilisti vità et scriptis et historiarum fragm. p. 101-176. dans son ouvrage cité de Situ et orig. Syrac.

2 A. J. E. Pflugk, de Thcopompi \itâ et scriptis. Bcrol. 1827. 8. R. 11. Eyisonius Jf iclters, Theop. fragm. colleg. de vita comment. Lugd. Bat. 1829. 8. F. Koch, Prolegomena ad Theopomp. Ch. Scdini. 1803. 4. G. Frommel, de Theop. Chii epitome Herodoteà, dans les Meletemata de Creuzer. V. III. p. 135.

3 M. Marx, Ephori Cumad frajjm. Caroliruhœ 1815. 8. Addilamcnta, dans les Miscellan. crilic. de Friedemunn et Seebode vol. 11. 754. sqq.

* J. F. Ebert.De Nvmphodoro etc. dans ses Comment, de Sicîliae jjcogr., historià, etc. vol. 1. 1'. I. Regiom. 1830. 8.

cuse , Céphalon de Gergithe , ne nous sont connus que par les citations des Anciens.

Nous plaçons à la suite des historiens de cette période, les auteurs qui ont écrit sur l'histoire et les antiquités d'Athènes. Leurs ouvrages sont cités sous la dénomination commune à'Atthides ('Ar^eç, d'Atthis, fille de Cranaûs, roi d'Athènes; ce mot , qui dans une acception plus générale, désigne une femme habitant l'Attique, appliqué à cette sorte d'ouvrages indique une dissertation sur YAttique) et c'est le titre qu'au moins quelquesuns d'entre eux ont effectivement porté. Un des plus anciens auteurs de ce genre d'histoire est l'Athénien Amelesagoras. Clitodème qui vécut du temps de l'expédition des Athéniens en Sicile, outre une Atthis, composée au moins de douze livres, avait laissé plusieurs autres ouvrages ; Phanodème qui était probablement originaire d'Athènes , ou selon d'autres de l'île d'Icus , vivait à une époque incertaine. Il composa également une Atthis et un ouvrage sur les antiquités d'Icus Çly.iay.d). De tous ces écrits il ne reste que de légers fragmens. Quelques autres atthidographes appartiennent à la période suivante l.

Page 1