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ÉPIGRAMME

Le mot épigramme désignait primitivement chez les Grecs, une courte inscription en vers, que l'on plaçait sur les monumens, les objets d'art, les offrandes aux Dieux , pour en indiquer d'une manière relevée la destination et l'intention. De là ce nom passa à une espèce particulière de petites pièces de poésie, la plupart du temps composées dans le mètre élégiaque. Elles n'exprimaient qu'une idée simple, ou un sentiment , un regret , un vœu , inspirés soit par l'aspect d'un site, d'un monument, d'un arbre ou d'un autre objet, soit par le souvenir que cet objet avait laissé dans l'âme.

Les épigrammes ne se recommandent pas seulement sous le rapport de la poésie, mais encore sous celui

1 C. A. G. Sehellenlerg , Antimachi coloph. reliquisc. ace. epist. F. A. Wolfii. Hais. 1786. 8. R. Blomfield , diatribe de Antimacho poé'ta et grammatico coloph. dans le Classical Journal VII. Réimprimé dans les Poët. gr. Minores, vol. III. p. 348. sqq. éd. Lips.

2 Beaucoup d'écrivains français, entre autres Cli. Batteux , ont écrit sur ce genre de poésie, mais les premiers qui aient défini avec clarté la nature de l'épigramme. sont les célèbres écrivains allemands Lessing. (OEuvrcs mêlées P. I.) et Herder. (Feuilles éparses P. I. II.)

au. De T'argas , essai sur l'épigramme grecque. Siène 1796. H.

i'ii italien.)

de l'histoire. Hérodote, Thucydide et d'autres historiens ont souvent puisé à cette source précieuse. Cette double importance fut cause que de bonne heure on Forma des recueils d'épigrainmcs, dont nous parlerons aux périodes suivantes. C'est à ces collections que nous devons la conservation de quelques morceaux de ce genre, qui remontent à la période, dont nous nous occupons.

Indépendamment de ces recueils, l'auteur de la vie d'Homère , publiée sous le nom d'Hérodote , a aussi conservé seize épigrammes attribuées à Homère : elles seraient les plus anciennes, si elles étaient vraiment authentiques.

Une centaine d'épigrammes d'une belle simplicité sont attribuées à Simonide de Céos. Celles-ci ne renferment rien, qui contredise une origine antique ou qui doive en faire contester l'authenticité. Anacréon , Erinne , Eschyle. Euripide, Antimaque etc., ont aussi composé des épigrammes. Une trentaine sont attribuées à Platon, mais sans fondement. A cette période appartiennent également un petit nombre d'épigrammes d'Adœus de Macédoine, qui florissait à l'époque où mourut Alexandre le Grand; de Durit d'Elée et iïAstydamas, poète tragique, disciple d'Isocratc.

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