SECTION XXII
LES SEPT SAGES. ÉCOLES d'iONIE , d'iTALIE , d'ÉLÉE. SOPMSTES.
La période que nous parcourons est la plus brillante époque de la philosophie grecque. Comme la poésie , elle prit naissance en Asie-mineure et dans la Grande- Grèce; elle ne fut même dans l'origine qu'une espèce
• C. Boyle, Epist. Phalarid. Oxon. 1695. 8. — R. Bentley , Dissertation sur les lettres de Phalaris, etc. éd. 2. Lond. 1697. 8. (en anglais). Traduite en latin dans le vol. II de l'édit. de Phalaris , par J. D Leimep et L. C. Valekenaer. Groening. 1777. 2 vol. 4.
2 Ouvrages principaux sur l'histoire de la philosophie : h rucher , Histor. Crit. Philos. Lips. 1767. 6 vol. 4. G. G. FiiUeborn, Matériaux pour servir a l'histoire de la philosophie. Zullichau. 1791-99. 12 cahiers. 8. (en allem.). J. G. Buhle. Manuel de l'histoire de la philosophie. Goetting. 1796-1804. 8 vol. 8. (en allem). G. G. Tennemann, Manuel de l'histoire de la philosophie. Leips. 1798-1819. 11 vol. 8. (inachevé). Nouv. édit. par Améd. J fend t. vol. I. Leips. 1829. 8. (en allem.). Le même, Précis de l'histoire de la philosophie. Leips. 1812. éd. 5 par A. Wendt. Leips. 1829. 8. traduit en français par / ictor Cousin. Paris. 1829.2 \tol. 8. G. T. Krug. Histoire de la philosophie dans l'antiquité , surtout chez les Grecs et les Romains, éd. 2. Leips. 1827. 8. (en allem.). //. Ritter, Histoire de la philosophie, vol. I-IV. Hambourg. 1829-34. 8. (en allem.) ; (ils renferment la philosophie ancienne); traduit de l'allemand par C. J. Tt'xsot. Paris. 1836. 4 vol. 8. C. A. Brandis, Histoire de la philosophie grecque et romaine, vol. III. Berlin. 1835. 8. (en allcm.l
de poésie, qui s'appropriait les notions que lui avait fournies la religion naturelle ; la cosmogonie et la théogonie furent les thèmes sur lesquels elle s'exerça de préférence. Mais bientôt elle se laissa conduire par la dialectique dans des sentiers tortueux où elle perdit la trace de la vérité. Socrate et ses disciples rentrèrent dans la bonne route; renonçant à des spéculations oiseuses et à des succès qui pouvaient flatter la vanité , ils enseignèrent une philosophie pratique et la morale. Ce n'est que vers la fin de cette période que la philosophie devint une véritable science : on inventa alors des systèmes, et la philosophie se divisa en plusieurs branches, à chacune desquelles on assigna ses limites.
Les Sept Sages , par lesquels on ouvre ordinairement l'histoire de la philosophie grecque , n'étaient ni des philosophes dans le sens que nous attachons à ce mot, ni même des écrivains; c'étaient des hommes distingués par leurs talens, mais surtout par leur expérience, par leurs vertus et par les services qu'ils avaient rendus à la patrie. Leurs sentences ou maximes sur la morale et la politique étaient respectées comme des oracles. L'histoire de ces sages est enveloppée de fables que repousse la saine critique. Il suffira d'indiquer ici leurs noms; ce sont : Pittacus, de Myti- \h\e;Solon, d'Athènes; Cléobule, de Linde; Périandre, tyran de Corinlhe , à la place duquel d'autres nomment Myson, de Chêne ; Chilon , de Lacédémone ; Bias, de Priène et Thaïes, de Mil et ' .
1 La collection la plus complète des sentences des sept sajycs est •lue à J. ('. Orelli , Opnscula Graecor. veter. senlentiosa et nioralia. vol. Ï.Ups. 1819. 8. p. 138-191).
Thaïes ' , né l'an 039 av. J.-C, jeta les fondcmeus de la philosophie des Grecs. Dans ses voyages, il trouva moyen de se faire initier aux mystères des prêtres d'Egypte ; à son retour , il communiqua à ses compatriotes les lumières qu'il y avait acquises sur la géométrie ainsi que sur l'astronomie , et causa un grand étonnement en prédisant une éclipse. Les disciples de Thaïes constituent ce qu'on appelle YEcole d'Ionie a , la plus ancienne de toutes les sectes philosophiques en Grèce. Ces philosophes s'occupaient surtout de la formation de l'univers, de la nature des choses, de la géométrie et de l'astronomie. Aussi les anciens les désignèrent-ils par le nom de Qvgœoi les Philosophes de la nature. Ils adoptaient un élément fondamental , qu'ils regardaient comme le principe de toutes choses ; mais ils s'accordaient peu sur le choix de cet élément. Les uns , comme Thaïes , préféraient l'eau , les autres l'air, d'autres un mélange de divers principes. Les plus célèbres parmi eux sont : Anaximandre 3 ( né en 610 av. J.-C. ),le premier qui ait professé publiquement la philosophie; le premier aussi qui ait dressé des cartes géographiques générales et érigé un gno-
1 Sur Thaïes, outre plusieurs dissertations spéciales, par l'abbé de Ganaye (Mém. de l'Acad. des Insc.), etc., voir D. Tiedeman, Les premiers philosophes de la Grèce. Leips. 1780. 8. ( en allem. ). C. P. Fischer, de hellenicae philos, principes atquc decursu a Thalete ustpie ad Platoncm. Tubinjy. 1836. 4.
2 //. Ritler, Histoire de la philosophie ionique. Berlin. 1821 8. en allem.) C. A. Brandis, Remarques sur la succession des Physiologistes de l'École d'Ionie, etc. (Musée du Rhin. 1829.) (en allem. ).
3 Fr. Schleiermacher, sur Anaximandre. (Mém. de l'Acad. des Sciences de Berlin. 1804-11). H. Ritter, au mot Anaximimdre, dans l'Encycl. génér. des sciences et des arts, par Ersch et Urubu. t. IV, p. 4 suiv. (en allem.).
mon; Anaximène , de Milet ' , et son disciple Biogène 3, d'Apollonie, en Crète; Phérécyde z, de Scyros; et surtout Anaxagor e , de Clazomène, ( 500 av. J.-C. ) qui introduisit l'enseignement de la philosophie à Athènes; ce grand homme, rejetant les cosmogonies de ses devanciers , s'éleva par un effort sublime de son génie , à l'idée d'une intelligence suprême (NoDç, unité), qui, distincte de la matière ( pluralité ), a créé l'univers, ou plutôt qui, portant son action sur la masse productive, existante de toute éternité en particules innombrables et imperceptibles , y introduisit l'ordre. Il fut accusé d'impiété à cause de ses opinions et forcé de quitter Athènes. Toutefois il est vraisemblable que les passions politiques ne demeurèrent pas étrangères à la condamnation du maître et de l'ami de Périclès4. Archelaûs , de Milet, ou d'Athènes , son disciple , surnommé le Physicien , fixa à Athènes l'Ecole d'Ionie, que son maître avait tenté d'y transplanter.
1 D. Groth, de Anaximcnis vita, etc. Jen. 1689. 4. //. Iiitter, dans l'ouvrage cité plus haut au mot Anaximène. T. IV, p. 6.
2 Schleiermacher, sur Diogène d'Apollonie. (Mém. de l'Acad. de Berlin. 1804-11. Classe de Philos.). Berlin. 1815. 4. (en allcni.). F. Panzerbieler, Diogenes Apolloniatcs, etc. Lips. 1830. 8.
3 F. G. Sturz. Comment, de Phcrecyde Scyrio et Atheniensi. dans : Phcrecyd. fragm. éd. 2. Lips. 1824. 8. A. Malthiœ, de Phcrecyd. tragm. dans les Analectes littér. de "Wolf. T. I. Cah. II. n° 3.
" F. A. Carut, Anaxagoras de Clazomène et l'esprit de son siècle (dans les Mélanges de Fiilleborn. T. III. Cah. 2.) Idem, Dissert, de Anaxag. cosmo-theologiœ fontibus. Lips. 179G. 4. J. T. Hemsen, de Anax. vilà et philosophiâ. Coett. 1821. 8. Ed. Schaubach , Anax. l'iiigin. aecedunt de vità et philosophiâ. Anax. Comment. II. Lips. 1827. 8. G. Sehorn, Anaxag. cf Diogcnis Apollon, fragment, etc. Bonn. 1830.8.
Il ne nous reste aucun ouvrage en entier des philosophes de l'Ecole d'Ionie. Quelques-uns, comme Thaïes , n'ont pas écrit.
La philosophie prit dans YEcole ôHItalie ' , sous l'influence dorienne, une direction toute opposée à celle que lui avaient donnée les Ioniens. Pythagore de Samos (il vécut entre les années 608 et 466av. J.-C), disciple de Phérécyde , fut le fondateur de cette école. Fuyant sa patrie opprimée par la tyrannie de Polycratc, il se rendit d'abord en Ionie auprès de Thaïes , et ensuite en Egypte, où il séjourna très-long-temps. Après plusieurs autres voyages, il alla s'établir à Crolone , dans la Grande-Grèce, là il fonda ce célèbre institut, qui prit son nom et dont le but exclusivement polilique, paraît avoir été de former des hommes vertueux et capables de diriger le timon d'un état '. Cette association, renversée par la faction démocratique, ne prolongea plus son existence que comme secte philosophique ( oi ïlvSa.yoptv.ol, Mo&Yifiaxatoî). La doctrine de Pythagore est enveloppée de beaucoup d'obscurité ; nous ne la connaissons que par les ouvrages de ses disciples , et il était déjà difficile du temps d'Aristote, de distinguer
1 //. Ritter, Histoire de la philosophie Pythagor. Hambourg. 1826. 8. (en allem.). 1). Tiedemann, Premiers philosophes de la Grèce, etc. Meiners, sur la philos. Pythagor., dans son Hist. des arts et des sciences en Grèce et à Rome. T. I. p. 178. — Sur l'âge de Pythagore : //. Dodwell, de œtate Phalaridis et Pjthagonv. Lond. 1704. R. Bentley, dans ses dissertations sur Phalaris. De la l\auze et Freret, dans les Mém. de l'Acad. des Inscr. vol. XIV. — /'". Crunur, Dissert, de Py thagorà . quomodo educaverit atcpie instituent Stialsund. 1833. 4.
2 Terpslru, de Sodalitii Pythagor. origine, etc. Traj. ad Rhen. 1824. 8. A. H. Krische, de Societalis a l'ythagora condita MODO politico. Goett. 1830. 4.
les opinions qui sont particulières à ceux-ci d'avec celles qu'avait manifestées leur maître ' .
Les Pythagoriciens trouvaient beaucoup de rapport entre les êtres créés et les nombres ; ils regardaient ceux-ci comme le principe de toute chose 2 ; ils enseignaient l'immortalité de l'âme et son passage d'un corps dans un autre. Outre leur philosophie secrète et ésotérique, les Pythagoriciens en avaient une populaire et exolérique, dont l'enseignement paraît avoir roulé principalement sur la morale.
Les plus célèbres parmi les disciples immédiats de Pythagore sont : Empédocle , d'Agrigente 3, qui florissait vers l'an 450 av. J.-C; c'est un des plus beaux génies parmi les anciens philosophes, il fut l'inventeur du système des quatre élémens , qui n'a été renversé que par les progrès qu'a faits la chimie depuis environ un demi-siècle; Alcméon, de Crotone, tout à la fois médecin et philosophe; Philolaiis , natif de la même ville, le premier qui écrivit sur la doctrine de Pythagore 4 ; Archytas , de Tarente, dont on cite les découvertes en géométrie et en mécanique; les fragmens de ses
1 Collections de fragmens d'écrits attribués auxPythagor. : G. Cuiller. Pylhagorcor. fragm. ex Stob. Basil. 1566. 4. Th. Gale. Opuscula mythologica. ethic. et phys. 4mst. 1688. 8. J. C. Orelli, Opusc. Grœcor. sententiosa, etc. Lips. 1819-21. 2 vol. 8.
2 C. A. Brandis, sur la doctrine des nombres des Pythagoriciens et des Platonic. (Musée du Rbin. T. IL p. 202. suiv. 1828.) (en allem.).
3 Bonamy , Recherches sur la vie d'Empédoclc. (Mém. de l'Acad. des ïnsc. vol. X. p. 54.) //. Ritter, Sur la doctrine philosophique d'Empédocle. (Analectcs Litt de Wolf. Cah. 4. (en allem.).
* A.Boeckh, Doctrine du Pythagoric. Philolaiis, avec les fragm. de son ouvrage. Berlin. 1819. 8. (en allem.). Idem. De Platonico systemate cœlestium globor. et de verà indole astronom. Philolaica-. Heidelb. 1810. 1
écrits qui nous restent ne sont peut-être pas tous de lui ' ; Occllus Lucanus (vers l'an 480 av. J.-G. ), dont nous possédons un ouvrage eu quatre chapitres sur la Nature : c'est un monument précieux de la philosophie ancienue a ; Timce , de Locres , le maître de Platon. On conteste avec raison l'authenticité de son ouvrage sur l'âme du monde et la Nature , écrit en dialecte dorien 3. Nous citerons [encore T/iéano 4 , l'épouse de Pythagore , qui après la mort de son mari se mit ci la tète de l'école, avec ses fils Télaugès et Mnésarque.
L'école de Pythagore donna naissance à celle d'Elée, la troisième des écoles philosophiques de la Grèce 5. Xénophane, deColophon, enlonie, exilé de sa patrie, tombée sous la domination des Perses en 550 av. J.-C,
1 C. G. Bardili. de Arcbytà Tarcntino. (Nova Act. Soc. Latin. Jen. vol. I. Lips. 1806. 8.) J. Navarro, Tentamcn de Archyt. Tarent, vità atque operibus. P. I. Hafn. 1819. 4.
2 Editions : Texte grec. Paris. 1539. 4. avec traduct. française et remarq., par l'abbé Batteux. Paris. 1798. 12. A. F. G. Budolphi. Lips. 1801. 8.
3 Cet ouvrage se trouve dans plusieurs éd. de Platon. 11 a été publié séparément avec trad. franc, et notes , par le marquis d'Argens. Berlin. 1793. 8. Paris. 1794. 8.'
* Wieland, Les femmes Pythagoric. (T. 24. p. 245. suiv. de ses œuvres compl.) (ail.). Les lettres et les fragm. d'écrits qu'on attribue a Théano, se trouvent dans les ouvrages cités d'Orelli . Collect. epist. gr., Opusc. gr. sent, et dans J. C. Jf'olf, Fragm. mulierum Prosaicar. Goett. 1739. 4.
t G. G. Fûlleborn, Liber de Xénophane, Zenone,Gorgià, Aristoteli vulgo trib., illustratus, etc. Hal. 1789. 4. G. L. Spalding. Yindiciœ Philosopbor. Mcgaric. Bcrol. 1792. 8. J. G. Buhle . De ortu et progressa Pantbeismi indc a Xénophane, etc. Goett. 1790. 4. — D'autres ouvrages sur Xénophane et Parménidc ont déjà été indiqués plus haut a la sect. des ^oétYs didactiques, p. 43. n. 1.
se rendit dans la Grande-Grèce où il suivit les leçons de Télaugès; il s'établit ensuite à Elée également dans la Grande-Grèce et devint le fondateur de l'école qui tire son nom de celle ville. Xénophane a le mérile d'être remonté aux premiers principes de nos connaissances et d'avoir séparé les principes à priori des observations empiriques. Peu satisfait des spéculations des philosophes d'Ionie sur l'origine du monde, il fonda le panthéisme et la philosophie idéale. Nous n'avons aucun ouvrage de Xénophane; ses opinions ne nous sont connues que par les écrits de ses disciples ;*mais, comme ceux-ci ont beaucoup varié dans leurs principes et que quelques-uns d'entre eux ont même penché vers l'athéisme , on divise l'école d'Elée en ancienne et en nouvelle. A la première appartiennent : Parménide , d'Elée, l'élève immédiat de Xénophane, qui basa son système sur le principe, que rien ne peut naître de rien, ainsi que Zenon , d'Elée, disciple et fils adoptif du précédent. Zenon est regardé comme l'auteur de la science de la dialectique ' .
On a coutume de placer parmi les philosophes de cette école Heraclite , d'Ephèse ( il vivait vers l'an 500 av. J.-C. ) , non qu'il ait été le disciple d'aucun d'eux ; mais à cause de la conformité de son système avec leurs principes. Appelé au gouvernement de sa ville natale , il céda ses droits à son frère pour s'adonner à la philosophie. Heraclite était doué d'un esprit excellent , mais voyant tous les objets sous les couleurs les plus noires. C'est ce qui a fait dire de lui, qu'il pleurait sur les travers des hommes, quand ces mêmes travers avaient
1 I/ardion , Sixième dissertation sur l'origine et les progrès de la rhétorique en Grèce. (Mém. de l'Acad. des Insc. vol. XIII. p. 159.)
coutume d'exciter l'hilarité de Démocritc. Heraclite fut le premier , après Phérécyde de Scyros, qui écrivit en prose; mais sou Style était si obscur, qu'il en a été surnommé le Ténébreux. Son ouvrage .sur la Nature, est perdu; plusieurs commentaires anciens, composés pour l'éclaircir, ont subi le même sort ' .
Le cbef de la nouvelle école d'Elée fut Leucippe. Ce philosophe et son disciple Démocritc , d'Abdère , né 469 ans av. J.-C, sont les auteurs de ce fameux système, qui admet comme principe de toutes choi es le vide et les atomes. On cite de ce dernier plusieurs ouvrages de morale, auxquels Stobée a emprunté une foule d'apophlhegmes. Le traité sur l'art de faire de l'or, intitulé : yvaux v.où juuanxa^ est apocryphe. Les fragmens que nous avons d'un ouvrage sur Y agriculture , cité par Varron et Columelle, ne sont pas tous de lui '. Deux disciples de Démocrite se sont rendus fameux par leur athéisme; l'un est Protagoras , d'Abdère s, contemporain de Platon, qui l'a immortalisé en donnant son nom à un de ses dialogues. l'autre est Diagoras , de Mélos, qui passa du fanatisme de la superstition à celui de l'incrédulité la plus absolue. Parmi
1 F.Schleiermacher, Heraclite, le Ténébreux, d'après les restes de son ouvrage et les témoignages des anciens. (Musée pour la Science des Antiquités de Wolf et Buttmann, T. I. p. 313.) (en allein. . T. J. Eidihoff, Dispp. Heraclitea;. Mogunt. 1824. 4.
2 Sur Démocritc et sa doctrine : F. Gedike. Ciccronis liistoria philosophie, ant. éd. 3. Berol. 1815. 8.
3 Sur l'opinion de Protagoras par rapport aux Dieux. A oir un art. de Paulus dans le Sophronizon, cah. 4. n. 2. C. Nurnberger, Protagoras le Sophiste sur l'être et le non-être. Dortm. 1798. 8. 'en ail.) Geùt, de Protagor» vitâ, etc. Giessa?. 1828. 4. A. G. Wincktlmaun, de Prodioi et ProtagorsB sfudiis grammaticis, dans les Prolégomènes de son édil. de l'Euthydèmc de Matoa.
les attires disciples nous distinguons encore Anaxarque, d'Abdère ' et Mêtrodore de Chios.
Démocrite3 et ses disciples terminent la série de ce qu'on appelle les anciens philosophes. Après eux on remarque deux changemens importans. Auparavant, les écoles des philosophes se trouvaient disséminées dans toute la Grèce, en Asie-Mineure et en Sicile; Athènes en devint dès-lors le siège presque exclusif. Antérieurement, les philosophes n'avaient consigné par écrit leurs doctrines qu'en se servant de la poésie ou d'une prose poétique , ils écrivirent désormais en véritable prose, et leur style y gagna en clarté et en simplicité.
Les successeurs immédiats des philosophes de la nature sont connus sous un nom qui est presque devenu tine injure : nous voulons parler des Sophistes 3 qui, plutôt rhéteurs que philosophes, prirent naissance à Athènes du temps de Périclès. Ils voyagaient de ville en ville , disputant publiquement sur divers problèmes de politique et de philosophie et sur des questions subtiles , qui étaient sans importance aucune pour la science comme pour la morale. Ils avaient bien moins pour but d'éclairer l'esprit de leurs auditeurs que d'é-
1 J. A. Dathe, Proliisio de Ànaxarcho phiiosopho Eudaemonico. Lips. 1762. 4.
2 F. 0. A. Mullach , Qnaestt. Democritearum Spccimen. Bcrolin. 1835. 4. (Progr.). F. Héimsoeth , Dcmocrili de anima doctrina. addita suiit Democritea. Bonn. 1836. 8.
' Sur les différentes significations du mot Sophiste , à diverses époques j voir t illoison dans la préface de son édit. de Longus. — L. Cresollii, TheatruinVetcrum Sophist. Paris. 1G20. 8. dans Gro- HOVJÏThcs. Autiquit. jjr. T. X. J. Geei, Historia dit. Sophistarnm. i . Act. Societ. Traject. 1823.) C. //. IMlhauser, de Sopbistarum lîrrccor. origine. Lips. 1834.4.
blouir une multitude ignorante, en soutenant, par toutes les subtilités de l'art, des paradoxes ou des hypothèses contradictoires. Malgré ces défauts , les Sophistes ont à plusieurs égards bien mérité de la philosophie et des lettres. Us furent à Athènes les premiers maîtres d'éloquence et de politique , et ont beaucoup contribué a épurer et a fixer la langue. Les plus célèbres d'entre eux sont : Gorgios , deLéontium ; Protagoras , d'Àbdère; Hippias , d'Elis; Thrasymaque , de Chalcédoinc ; Crilias , d'Athènes , un des trente tyrans ; et Prodicus , de Céos , auteur d'un ouvrage intitulé les Heures : cet écrit est perdu , mais Xénophon en a tiré le célèbre apologue, inséré dans les Entretiens mémorables de Socratc, et connu sous le titre de Choix d'Hercule '.