SECTION XXIII
Indigné des écarts dans lesquels l'abus de la dialectique avait jeté les philosophes de son siècle, Socrate ? ,
1 G. A. Cubœus, Dissert, de Prodico. dans l'ouvrage intitulé : Xenoph. Hercules Prodicius. Lips. 1797. 8. C. A. Boetliger , Hercules in Bivio, etc. Lips. 1829. 8.
2 Charpentcir . Vie de Socrate. Amst. 1699. Mcnznis. Dissert, de Socrat. méthode- docendi. etc. Lips. 1740. Stapfer, De philosoph. Socratis. liern. 1786. 8. J. Lnzac. Socratc considéré connue citoyen. Leide. 1795. 4. (en hollandais). F. Schleicrniucher. Sur le mérite de Socrate comme philosophe. (Mém. de l'Acad. de Berlin. 1814-15. p. 50. suiv.). (en allem.). /*'. Deihrùek, Socrate. etc. Cologne. 1819. 8. (en allem.). C. A. Brandis, Esquisse de la doctrine de Socrate. (Musée du Rhin. T. I. p. 118. suiv.) (en allem. \ G. Staïlbaum, Conjectura de rationihus quihusdam. quse infer Socratciu et ejus adversarios intercesserint. e\ KuMndemo Platonis maxime docte. Lips. 1835. 4.
fils deSophronique(né en 469, mort en 399 av. J.-C.) et disciple d'Anaxagore et deProdicus , de Céos , essaya d'opposer une digue à la corruption des mœurs , en donnant à la philosophie un but plus noble et une utilité pratique. Toute la philosophie de Socrate se bornait à une théologie populaire etàlamorale , etc'est en cela surtout qu'elle diffère de celle de tous les philosophes qui l'ont précédé et suivi. Sans fonder une école proprement dite, sans écrire, il consacra toute sa vie à instruire les hommes, et à les conduire à la vertu par la vérité. Ses leçons n'étaient que des entretiens familiers , dans lesquels il savait se mettre à la portée de toutes les classes d'auditeurs. Sa méthode (étpgvsia, ironie ,iizcny'jYff\ -, induction) est devenue célèbre sous la dénomination de méthode socratique. Accusé par Mélitus, Anytus et Lycon d'avoir manifesté des principes d'impiété, et infecté la jeunesse d'Athènes de maximes contraires à la constitution établie , il fut condamné à mort et but la ciguë.
Trois disciples de Socrate consignèrent fidèlement dans leurs écrits la doctrine de leur maître , et, s'ils la modifièrent d'après leur manière de voir individuelle , du moins ils ne s'en écartèrent pas dans les points importait; ce sont Eschine , Cébès et Xénophon '.
Eschine , d'Athènes, que l'on appelle le socratique, pour le distinguer de l'orateur , n'enseigna pas publiquement la philosophie. Il avait composé sept dialogues philosophiques, qui sont perdus. Il existe sous son nom trois dialogues intitulés : De la Vertu , des Richesses ,
1 //. Gôring, Cnr Socratici philosophicarum, quœiiitcr se dissenliebant, disriplinarnm principes, h Socratis philosopliià longins recesserinl. Parthenop. 181 G. i.
116 FËKIODË III. — SKCT10N WllI.
de fa Wort, dont on ignore le véritable auteur. Ces
morceaux: écrits avec .simplicité ne sont pas toutefois une production moderne. Quelques critiques attribuent le dernier à Xénocrate de Chalcédoinc '.
Cébcs , de Thèhes, passe pour Fauteur d'un petit ouvrage intitule ïlîvocq ou le Tableau } parce que c'est la description d'un prétendu tableau de la vie humaine, qu'on suppose suspendu dans un temple de Saturne. On croit que ce petit traité, qui contient une morale très-pure, a été composé par un philosophe Stoïcien. Selon un autre sentiment , ce serait un ouvrage ancien refondu postérieurement d'après les idées de Socrale et de Platon*.
Xénophon est celui de tous les disciples de Socrate dans les ouvrages duquel on trouve avec le moins d'altérations l'esprit de la philosophie de ce sage. Sou meilleur ouvrage philosophique est celui qui a pour titre : les Entretiens mémorables de Socrate ('A7to[ivrr [xcveùuaza SûjxjoaTCuç ) , en quatre livres, dont quelques critiques regardent le traité sur l'économie comme le cinquième. Le Banquet des philosophes se recommande sous le rapport de la composition et du style. Nous mentionnerons encore Y Apologie de Socrate ,
1 J. Clericus, TEsebinis dialogi, etc. Amst. 1711. 8. J. F. Fischer, Ed. 4. Missenœ. 1788. 8. C. F. Meim>rs, Judieium de quibusdam Soeraticorum reliques imprimis de TEsch. dialogis in Comment. Soc. Gœtting. 1782. T. V. p. 45.
2 Garnier, Dissert, sur le tableau de Cébcs. (Mém. de l'Acad. des lusc. T. XLIX. p. 455). F. G. Klopfer, deCcbetis tabula dissertt. 111. 7,\vick. 1818. sqq. 4. — Editions: Venet. 1512. 4. J. Gronovius, Amst. 1G87.8. Th. Johnson. Lond. 1720. 8. ./. Schaeighauser] avec le manuel d'Épictète. Lips. 1798.8. — Séparément: Àrgentor. 180G. n.D.Coray. Paris. 1826. 8.
morceau que les grammairiens des siècles suivans ont falsifié et corrompu au point qu'il a paru à quelques savans indigne de Xénophon; et Ilieron ou dialogue sur la condition malheureuse des tyrans. D'autres opuscules, tels que : de V Economie (oij.ovoij.ty.oc lôyoq), do la Chasse ( xvwiyeTtKQç ) , etc. n'appartiennent proprement pas plus aux traités de philosophie de Xénophon, qu'à ses ouvrages historiques indiqués plus haut '.
Aux disciples immédiats de Socratc qui ne fondèrent pas de secte appartiennent encore Glycon, frère de Platon, Simmias , de Thèhcs, Criton , riche citoyen d'Athènes et Simon a.
1 L. Dissen, De Pliilosophià morali in Xcnoph. de Socratc commentariis tradità. Goctt. 1812. 4. A. Boecih, de Simultatc quant Plato cum Xenoph. exercuisse fertur. Berol. 1811. 4. V. F. 11ermatin, Sur le rapport entre les époques de la composition du Sympos. de Platon et de celui de Xénophon, Mari). 1834. (Progr.) (en allelu.). — Editions. Memorabilia Socralis : P. Victorius. Florent. 1551.8. /. A. Ernesti, cd. 5. Lips. 1772. 8. C. G. Schufz, éd. 3. Halse. 1822. 8. J. C.Zeune. Lips. 1781. 8. J. H. Schneider. Lips. 1790. 1816. 8. F. A. Borncmann. Lips. 1829. 8. G. A. Sauppc. Wienbrach- 183Î. 8. — Symposium : obss. in Sympos. et Cyropœd. scripsit J. Brown. L. B. 1816. Conviv. et Socr. Apolog. Xenoph. vulgo abjudicata (vindicavit) recens, et interpr. F. A. Bomemann. Lips. 1824. 8. G. Lange. Sympos. éd. 2. liai. 1825. 8. G.A.lIerbst. Haï. 1830. 8. — Hicro: C. H. F rois cher, Lips. 1822. 8. — Scripta minora : J. Z. Zeune. Dps. 1778. 8. L. DindorfÀb. 1824. 8. — Xen. Opéra : éd. pr. .luntina (l'Agésilas manque). Florent. 1516. f. Aldus, ('sans l'apologie de Soc.)' Vcnct. 1525. f. J. Leunclavius. Francof. 1594.1". T. Wells. Oxon. 1703. 5 vol. 8. C. A. Thieme. Lips. 1764. 4 vol. 8. B. Wcisle. Lips. 1798-1804. 6 vol. 8. J. B. Gail. Paris. 1814-16. 11 vol. 4. J. G. Schneider. Lips. 1815. 6 vol. 8. nouv. éd. 1825. — F. Haase , de republ. Lacedsemon. Bcrol. 1833. 8.
2 A. Boecih, Simonis Soccatici, ut videtur, dialogi quatuor de lege, delucri cupidinc, de justo ac de virtute : additi sunt incerti auctoris (vnlfjo Acscbinis) Axioch'Us et Fryxias. ïleidclb. 1810. 8.