‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 43 sur 129 · PLATON · texte numérisé non relu

PLATON

qu'elle se tenait dans un jardin de ce nom, situé hors des murs d'Athènes. Platon descendait d'une famille illustre. Son vrai non était Aristoclès : il reçut celui de Platon à cause de l'élévation de son front ( de lùaréç large). L'admiration qu'inspirèrent ses talens a entouré de fables son berceau et son adolescence. Les anciens vantent la beauté de sa figure et la noblesse de son maintien. Ne avec une imagination brillante , il se livra d'abord à la poésie , et n'y renonça que lorsque, ayant connu Socrate , il tourna entièrement ses méditations vers la philosophie. Cependant son génie poétique perce dans tous ses ouvrages. Il passa huit années auprès de Socrate, auquel il s'attacha avec toute la

genio et scriptis , en tète de son edit. de l'apologie de Socrate. Goth. 1827. 8. J. Geddes , Essai sur la composition et sur la manière d'écrire des anciens, particulièrement de Platon. Glasg. 1748. 8. (en angl.). J. J. H. IVast, de methodo Platonis philosophiam tradendi dialogicà. Stutgard. 1787. 4. D. Tiedemann, Argumenta dialogorum Platonis, etc. Bipont. 1786. 8. G. Groen van Prinsierer, Prosopographia Platonica. L. B. 1823. 4. A. Riuje, Esthétique de Platon. Halle. 1832. 8.(all.). G. Mïtller, Sur l'imitation dans les arts, d'après Platon. (Progr.).Batisb. 1831.4. (enallem.). G. G. Temtemanh, Système de la philosophie platonicienne. Eeips. 1792-95. 4 vol. 8. (en allcm.). J .F. Jlerbart, de Platonici systematisfundamento. Goett. 1805. 8. P. G. Tan Heusde, Initia philosophiae Platonica;. 2 vol. ïraj. ad Rhen. 1827-31. 8. J. A. Eberhard, Sur le but de la philosophie et sur les my thés de Platon, (dans ses Mélanges. Halle. 1788. 8.) ' .'mi allem.). F. A. G rote fend, Comment, in quà doctrina Platonis ethica cum christiauà comparatur. Goett. 1820. 4. A. Boeckh, Progr. de Plat, corporis mundani fabricà ex démentis geometricà rat. concinnatis. Heidelb. 1809. 4. Faehse, de Plat, idaùs. Lips. 1795. LU F. Richter,At idaeis Platonis lihellus. Lips. 1827. 8 ./. II. Lichtenstacdt. Doctrine de Platon sur les sciences naturelles et la médecine, etc. Leips. 182G. 8. fen allcm.). J. J. Wagner, Dic- Itonoairc dé la philosophie platonicienne. Gott. 1799. 8. (en allcm.).

chaleur de son Ame. Après la mort do son maître, il se rendit à Mégare, où il assista, pendant peu de temps, aux discussions philosophiques proposées par Euclidc ; de là, il alla dans la Grande-Grèce auprès d'Archytas et d'Eudoxe de Guide, et enfin en Egypte. Le séjour qu'il fit dans ce pays, où il fréquenta les prêtres, donna à sa philosophie cette teinte solennelle et mystique qui la caractérise. Il fit trois voyages en Sicile, l'un, après son retour d'Egypte, auprès de Denys l'ancien, les deux autres auprès du fils de ce prince , Denys le jeune qui l'avait engagé à venir passer quelque temps à Syracuse.

Platon ne s'écarta pas seulement de la simplicité de la méthode de Sociale, mais aussi des principes de ce philosophe, qu'il modifia d'après ses propres idées et par des emprunts faits à d'autres sectes, principalement aux Pythagoriciens. Il étendit le domaine de la philosophie , et lui donna une forme scientifique. Il la divisa en Dialectique, qui était pour lui l'art de former et de combiner les idées , en Physique , que nous nommons Métaphysique, et en Ethique , par laquelle il entendait la philosophie morale dans l'acception la plus étendue du mot. Ces trois parties ne sont pas traitées séparément, mais se trouvent confondues dans ses écrits. Platon est l'auteur du fameux système des idées ( idéai ). Il conçut et développa plus complètement et avec plus de justesse et de dignité qu'aucun de ses prédécesseurs l'idée d'un être parfait , créateur de l'univers, et en démontra l'existence d'une manière nouvelle alors. Il assigna à l'âme humaine une origine divine et plaça le bonheur dans la recherche de la vérité et dans la victoire sur les passions. Un point important ]>our nous, par rapport à l'intelligence de

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la philosophie de Platon, mais sur lequel il plane encore beaucoup de doute, est de savoir, si, comme on je prétend d'Aristolc son disciple, il eut une philosophie ésotérique ou secrète, et une doctrine exotérique ; il paraît toutefois vraisemblable, qu'il n'a pas connu cette distinction.

Nous avons trente-quatre dialogues de Platon, ou cinquante-cinq, en comptant ses ouvrages sur la République et les Lois d'après le nombre de livres dont ils sont composés. Ces dialogues ont une forme dramatique, et sont destinés à des lecteurs instruits et habitués à penser. L'imagination brillante de l'auteur y a répandu toutes les fleurs de l'éloquence , toutes les grâces de la diction atliquc.

On a fait diverses tentatives pour la classification des écrits de Platon. La ressemblance qui existe entre ses dialogues et les pièces dramatiques a engagé anciennement un certain Thrasylle à les diviser en tetralogies comme des tragédies. De nos jours le célèbre traducteur de Platon, Schleiermacher les a rangés en trois classes d'après la liaison intime des matières qui y sont traitées. Cette division, marquée au coin de la profondeur et de la perspicacité, n'est pourtant pas satisfaisante ; en effet elle suppose, chose toutà-fait invraisemblable , que le fondateur de l'Académie, quand il commença à écrire, avait déjà son système formé et arrêté dans sa tête, et qu'il s'était tracé dès ce moment le plan qu'il suivrait en l'exposant et en le développant successivement dans ses écrits. La classification de Socher, qui partage les dialogues en dix groupes séparés , mais tenant plus ou moins les uns aux autres, est déjà défectueuse en ce que le dialogue peut appartenir tout à la fois à plusieurs groupes, selon

le point tic vue sous lequel on le considère. Pour obtenir une division qui nous montre le système de Platon à sa naissance, dans son développement, et à l'époque de sa maturité et de son plus grand lustre, il Faut avoir égard tout à la fois à la différence des temps et des circonstances, sous l'empire desquelles il a écrit, ainsi qu'à la diversité des matières traitées et de la forme qu'il leur a donnée. Stallbaum ' semble avoir satisfait le mieux à ces conditions, par sa division en trois classes des écrits de Platon. Dans cette division , le savant éditeur comprend dans une première classe les dialogues publiés depuis l'époque où Platon fréquenta l'école de Socrate jusqu'à la mort de son maître, ainsi que dans les années subséquentes; il range ensuite dans une deuxième classe ceux qui virent le jour à partir du moment où il commença à professer à l'Académie jusqu'à son second voyage en Sicile ; enfin il rejette dans une troisième classe les écrits composés dans la dernière période de la vie de l'auteur.

On a également élevé, dans les derniers temps, ( Tennemann, Schleiermacber, Ast, Bocckh, Sochcr, Thiersch, Stallbaum, etc. ) par rapport à l'authenticité de ces mêmes écrits, de graves et longues discussions, qui sont loin d'être terminées. Outre les trente-quatre dialogues, dont nous avons parlé, il en existe encore neuf, que les grammairiens du commencement de notre ère ont unanimement rejetés comme supposés. Mais parmi ces trente-quatre mêmes il yen a plusieurs, dont on a révoqué en doute l'authenticité, ou qu'on a déclarés indignes de Platon. Ast, qui a poussé le scepticisme le plus loin de tous, n'en reconnaît que qua-

1 Dispulat.dc Plat. vitA, ingenîo et sefiptis. p. XXXI. sqq.

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