ÉCOLES DE MÉGARE, D'ÉLIS, D'ÉRÉTRIE, CYNIQUE
de la période suivante, et formèrent plusieurs élèves. Le premier est l'inventeur de la plupart des fameux sept syllogismes, qui dès lors furent la terreur des écoles. Stilpon nia la valeur objective des idées, non seulement des espèces, mais encore des genres, et fut par là le précurseur des Nominaux , dont les disputes avec les Réalistes s'étendirent jusqu'au dix-huitième siècle '.
On peut envisager comme une branche de l'école de M égare la Secte d'Elis , fondée par Phœdon , d'Elis. Ce philosophe doit sa célébrité moins à cette fondation qu'au dialogue de Platon qui porte son nom. Ses dialogues, cités par les anciens, ont péri.
C'est à Ménedème , d'Erétrie , disciple de Stilpon , qu'on doit un rejeton de l'école de Mégare, qui est connu sous le nom d' Ecole d'Erétrie. Ménedème a vécu du temps d'Aratus et de Lycophron. Il n'a rien écrit ; comme il adoptait quelques dogmes de Platon, on peut le compter parmi les précurseurs de l'éclectisme.
U Ecole Cynique a été fondée par Antisthène , l'Athénien, un des plus zélés disciples de Socratc. Le nom de son école vient de Cynosarge , gymnase où il enseignait; lorsque par la suite sa doctrine fut exagérée par ses disciples, on affecta de dériver ce nom de xûttv, chien. Antisthène mena une vie conforme aux principes qu'il professait; cependant sa simplicité et sa sobriété ne sont pas exemptes du reproche d'affecîation. 11 reste sous le nom de ce philosophe deux déclamations, intitulées Ajax et Ulysse, et quelques lettres 3 ; mais il ne s'est rien conservé de ses dialo-
1 Schwab, Remarques sur Stilpon (dans le Magasin d'Ebcrhard. vol. II. cah. \ (en allem.).
2 On trouve ces deux déclamât, dans lcsCollcct. <X Aldus, lieisie
gués en dix livres, ni de ses traités. Les anciens faisaient cas de son style. Diogène , de Sinopc, son disciple, célèbre par sa causticité, outra infiniment le système et la règle de conduite de son maître. Cependant une partie de ce que les anciens rapportent de ses mœurs doit être regardée comme un tissu de tables. Il a été question précédemment des lettres apocryphes qui portent son nom. Après eux, le seul philosophe remarquable que produisit encore cette école fut Cratès , de Thèbes, qui avait été disciple de Platon. Enfin Y Académie fut fondée par le plus sublime des disciples de Socrate, le divin Platon , né à Athènes Tan 430 av. J.-G. ' . Cette école fut ainsi nommée parce
et Behher. vol. V. p. 663. sqq. ; et les lettres clans Orelli, Collcct. epist. gr. Les fragrn. des autres écrits dAntisthène ainsi que ceux de Diogène et de Cratès sont rassemblés dans Orelli, Opuscul. gr. Sent. vol. II. p. 43-144.
1 Les auteurs qui ont écrit sur Platon sont très-nombreux. Nous nous bornerons à indiquer ceux qui peuvent être consultés avec le plus de fruit. Parmi les anciens : Apulée, de dogmate Platonis: Alciitoiis, de doctrinà Platonis; Diogène Laërce; Ohjmpiodore ; Hesyihius de Milet. Parmi les modernes : Marsilius Ficinus, Vita Platonis (dans sa traduction des œuvres de Plat.). Dacier, \ie de Platon , en tète de sa traduction de quelques dialogues. Les abbés Fraguier, Garnier, Sallier et Arnaud, (dans les Mém. de l'Acad. des Inscrip.) J. J. Combes Dounous, Essai historique sur Platon- Paris. 1809. 2 vol. 12. F. DelbtUck, Défense de Platon contre une atteinte portée (par Nicbuhr.) à sa vertu civique. Bonn. 1828. 8. (en allem.). F. Schleiermacher. Introduction a sa traduction allem. des œuvres de Platon. Berlin. 1804-09. 2 Part, en 5 vol. nom. éd. 1817-24. P. III. vol. I. 1828. 8. (inachevé.) F. Ast, Vie et écrits de Platon. Leips. 1816. 8. (en allem.). Cf. la savante critique de cet ouvrage, par Thiertch, dans les Annales littér. de Vienne. 1818. T. 111. p. 59. (en allem.). J. Socher, Sur les écrits de Platon. Mimicli. 1820. 8. (en allem.). G. Slulll/tnnn. Disputatio de Platonis vità in