ARISTOTE
de mille individus et fit une dépense de plusieurs millions pour procurer à son ancien précepteur des objets d'histoire naturelle et des mémoires. Malgré les grandes découvertes des derniers siècles et les progrès étonnans que l'histoire naturelle a faits, l'histoire des animaux par Aristote est restée un ouvrage de la plus haute importance, remarquable par son exactitude, et par les excellentes observations qu'il contient.
11 s'estconservé a" Arislole un Scoliefo/.oliôv) ou hymne à la vertu, adressé àHermias : c'est un morceau sublime de poésie, digue de Pindare lui-même. On a également de lui une collection d'épitaphes, sous le titre de Hénloq, voile.
Le style d' Aristote est simple et précis , mais sec et sans chaleur.
Il existe un grand nombre de commentaires sur les ouvrages d'Aristote, en grec, en latin, en arabe, dont une partie est encore inédite. Nous possédons également de nombreuses traductions latines, tant des œuvres complètes que des traités particuliers. Plusieurs écrits d'Aristote parurent même dans une traduction latine, avant la publication du texte grec \
Le successeur d'Aristote fut Théophraste , son ami, né à Erèse, dans l'île de Lesbos , l'an 392 avant J.-C. Sans faire faire un grand pas à la philosophie, il a très-bien commente le système d'Aristote. Nous parlerons plus bas de ses ouvrages d'histoire naturelle. Le principal ouvrage philosophique qui nous reste est intitulé 'H^r/.sî ya.pa.Y.Tripsz, caractères moraux , en trente
• Jourdain, Recherches critiques sur làge et l'origine des traductions latines d'Aristote, et sur les Comment, grecs ou arabes employés par les docteurs scolastiques. Paris. 181 lJ. 8. (ouvrage couronné. )
chapitres. II s'est élevé de longues discussions parmi le* critiques modernes sur l'authenticité des Caractères de Théophraste , tels que nous les possédons. On a prétendu que ce ne sont que des extraits des ouvrages moraux publiés par ce philosophe. La découverte d'un manuscrit à Munich a donné naissance à une nouvelle hypothèse, suivant laquelle l'ouvrage actuel devrait être considéré comme une amplification de l'écrit primitif; mais, d'après une autre opinion, les caractères de Théophraste auraient été fortement raccourcis etmutilés pendant le moyen-âge , par suite de l'usage fréquent qu'on en fit dans les écoles, et ce serait un texte ainsi défiguré et rendu incomplet qu'offrent toutes nos éditions : de façon que le manuscrit de Munich s'éloignerait même plus que tous les autres de l'original. Nous avons sous le nom de Théophraste un livre ou fragment de métaphysique, et un traité du sens : un fragment intéressant du second livre de son traité de la musique se trouve dans le commentaire de Porphyre sur Ptolémée '.
i Editions. Theophrasti opéra éd. pr. : Aldus, (avec Aristote) Venct. 1495. fol. Cette édition ainsi que plusieurs autres publiées après, sont incomplètes; la première qui renferme toutes les œuvres de Théoph., h l'exception cependant de la métaphys., est celle de J. G. Schneider et //. F. Link. Lips. 1818-21. 5 vol. 8. — Séparément : Characteres : //. Stephanus. Aristot. et Theophrasti seripta qasedam. Paris. 1557.8. Ce texte fut suivi par beaucoup d'éditeurs jusqu'à Casaubonus. Lugd. éd. 2. 1599, dont l'édition servit également de base à plusieurs autres. J. C. Amadiitius. Parai, 1786. 4. (contient de plus les caract. 29 et 30.) J. A. Goelz. Norimb. 179S. 8. première éd. rendue complète a l'aide des additions de J. C. Si*henkecs, Anccdota gracca. ibid. 1798. p. 105-135. I). Coray. ;;t<vfranç. Paris. 1799. 8. ./. G. Schneider. Jen. 1799. Auctaria. ib. 1799-1800. S.S. !\.J. Bloch. P. l.lexhO Alton. 1811 8. D. M. Var
PERIPATET1CIENS. 179
Avant de parler des disciples de Théophraste, il convient de nommer quelques-uns des plus accrédités parmi ceux qui, conjointement avec lui , ont suivi les leçons d'Aristote; ce sont :
Etidème, de Rhodes, regardé comme le plus digne après Théophraste de succéder à leur maître commun. C lé arque , de Soles, auteur d'un écrit dont le litre ejBton/oc porterait à le faire regarder comme la première production de la littérature romantique \ Chaîné lé on , d'Héraclée, qui composa entre autres un traité en six livres sur la comédie ancienne. Aristoxène , de Tarente, le plus ancien écrivain sur la musique. Nous avons de lui, outre un traité sur l'Harmonie, des fragmens d'autres ouvrages parmi lesquels on distingue une Biographie des principaux philosophes, fiîoç à.vàçj&S.IÎéraclide, surnommé le Politique , parce qu'il était né à Héraclée sur le Pont-Euxin , fut en quelque sorte un éclectique : il entendit Platon, Speusippe, Avistote, et adopta en partie la philosophie pythagoricienne. Il nous est parvenu des fragmens ou extraits de son ouvrage historique-philosophique sur les Etats ou républiques , TtëpL tzoAitziùv. Il s'est conservé aussi quelques
bara. Vicnnœ. 1815. 8. F. Ast. Lips. 1816. 8. F. Thiersch, Theoph. charactcres quinque priores cum proocmio et sedecim sequentium partibus nunc primum genuinà forma publicati, dans : Acta Hiilolog. Monac.T. 111. Fasc. 111. Monach. 1822. 8. //. E. Foss, de ïhcnphrasti notationibus morum Comment. II. Hal. 1834-35. 8. — Metapbysicorum lib. : C. A. Brandis, (avec la métapb. d'Arist. ) Berol. 1823. 8. T. II. ibid. 1835. 8. — de sensu: V. Trincavellus, (avec Alex. d'Apbrodis.) Venet. 1536. fol. L. Philipson, Tbcopbr. Trtfi aiVônreoir xa.i jrtp) aiVfiijràr. fragment. Lbri II. 7T£pî 4°X"r dans son ouvrage intitulé : vu à^fnv'm. Bcrol. 1831. 8. p. 81. sqq. 339. sqq.
1 J. IL Jerraert. de Clearcbo solensi. Gandavi 1828. 8.
' ». !.. }fiJmr. diatribe de Aristoxcno. Amstel. 1793. H.
fragmens de ses autres ouvrages, qui embrassaient presque tout le cerele des seiences cultivées alors. Les tragédies attribuées à Thespis et dont il existe encore quelques vers, sont probablement de cet Héraclide '. Dicéarque , poète et géographe, écrivit aussi sur la philosophie , notamment un traité contre l'immortalité de l'âme. Phanias, d'Erèse dans l'île de Lesbos , composa des catégories ; des ouvrages sur les plantes , sur les poètes, sur les philosophes de l'école de Socrate; et des épiçjrammes , que Méléagre avait recueillies dans son anthologie et dont huit seulement nous sont parvenues \ Le disciple et successeur immédiat de Théophraste fut Straton , de Lampsaque, surnommé le physicien. Il avait écrit sur les Dieux ; de la nature humaine-, des causes ;et quelques autres traités. Il eut pour successeur Lycon, de Troie , que son éloquence fit surnommer Glycon (le doux), et qui fut pendant quarante ans le chef des Péripatéticiens d'Athènes. Après sa mort , la direction de l'école passa à Ariston, d'Iulis dans l'île deCéos,et ensuite à Critolaiis , de Phasèlis, qui fut envoyé à Rome avec l'académicien Carnéade et le stoïcien Diogène, le Babylonien. Un contemporain d'Ariston , Hermippe , de Smyrne , écrivit sur la géographie, l'astronomie, et s'occupa surtout de biographies des anciens philosophes et orateurs, etc. 3. Enfin,
1 Fragmenta de Reb. public : Rom. 1545. 4. (avec Elien.) Giohovius, Thesaur. ant. gr. vol. VI. G. D. Koeler. Hal. 1804. 8. D. Coray (Prodromiis Bibl. gr.). Paris. 1805. 8. ap. Tancbnit/.. Lins. 1820. 12. — Fragmens des autres ouvrages : J. li. G. Roulez, Comment, de vitâ et scriptis Hcraclid. Pont. Lovan. 1K2S. ». Eug. Deswert , Dissert, de Héraclide Pontico. ib. 1830. 8.
2 Auq. Voisin, diatribe de Pbanià Ercsio. Gandavi. 1824. S.
'■> Ad. Lozynsli. IIcrmi|i|>i Sniyrn. Pcripatetici fragm. coll. (Usp, et illust. Bonn. 1832.8. — Un fragm. du livr. 5. sur 1rs vicdcrii/s
les Péripatéticiens eurent un élève parmi les juifs : c'est Arislobule , auteur d'un ouvrage intitulé Explication du livre de M dise , dans lequel il soutenait que les anciens poètes et les anciens philosophes avaient connu les livres sacrés des Hébreux. On a élevé des doutes fondés sur l'existence de cet Aristobule, et sur l'authenticité du traité qu'on lui attribue \