SECTION XLV
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La géographie est une des sciences qui firent le plus de progrès dans cette période : les guerres , le commerce et les voyages augmentèrent la masse des connaissances géographiques. De toutes les relations des voyageurs d'alors, il n'a échappé aux ravages du temps qu'un seul fragment précieux , le Périple de Néarque , amiral de la flotte d'Alexandre que le monarque avait envoyée des bouches de l'Indus dans l'Euphrate, pour explorer les côtes de la Perse. Ce journal a été conservé par Arrien, qui l'a inséré dans sa description de
1 Ces deux ouvrages dllipp. ont été publiés par P. Victoria/; , ap. Junt. Flor. 1567. fol. Le comment, sur Aratus par D. Pctarius . Uranologion. Paris. 1630. f. p. 171. sqq. — J. B. P. Marcoz, Astronomie solaire d'IIipparque soumise h une critique rigoureuse et ensuite rendue h sa vérité primordiale. Paris. 1828. 8.
l'Inde '. Dicéarque y que nous connaissons déjà comme poète didactique el comme philosophe péripatéticien , appartient également à la classe des géographes. Il avait écrit sous le titre de /St'oç 'E^dtdbç, Vie de la Grèce, une espèce de statistique , dont il reste deux fragmens, l'un renfermant une description de la Béotie et del'Allique, l'autre indiquant la hauteur du mont Pélion. Parmi ses ouvrages perdus, on remarque sa Mesure des montagnes du Péloponèse et son traité sur la République des Spartiates. Il avait composé des ouvrages semhlables à ce dernier sur les villes de Pellène, de Corinthe, d'Athènes, si toutefois ces traités ne faisaient pas partie de sa fiioç, 'Ellxfoç,2. Mégasthène , que Séleucus Nicator avait envoyé comme ambassadeur à Palibothra, capitale desPrasii, peuple indien, a composé une description de l'Inde, dont Slrabon a conservé des passages. Après lui , Dahnachus et Denys visitèrent l'Inde en qualité d'ambassadeurs, et écrivirent des Indiques. Patroclès , amiral de Seleucus el de son fils Antiochus, navigua dans l'Océan indien, et écrivit une relation de son voyage. Démodamus , général des mêmes souverains, passa le premier l'Iaxartès (le Sir), et reconnut qu'il n'était pas identique avec le Tanaïs.
1 En dehors des éd. d'Arrien, le périple de Néarquc se trouve dans Jludson, Gcogr. minores. T. I. accessit//. DodweJ, Dissertatio de Arriani Ncarcho. — G. Vincent, Le voyage de Néarquede l'Inclus jusqu'à l'Euphrate, etc. Lond. 1797. 4. n. éd.Oxf. 1809. (en angl.\ Fragm. de Dicéarque: //. Stcphanus. Die. geographica qua-dain. Paris. 1589. H.danslcscollcctions d' Ilwschel ctd' Jludson. G. Manzi. (avec Hannon. etc.) Rom. 1819. 4. J. F. Gail. Geog. gr. minores. T. II. D. Celidonio Errante. Les fragm. de Die. recueillis et expliqués, Palcrmc. 1822. 2 vol. 8. (en ital.). Le fragm. sur le mont Pélion qu'Hudson avait fait connaître le premier, a été publié ii part par M. Marx dans : Greuzeri Melctemata. P. 111. p. 171-210. — /•'. Passoir. de Dicaearchi Tripolitico. Vratislav. 1829. 4.
GÉOGRAPIIIE. 195
Les écrits de ces géographes ainsi que l'ouvrage trèseslimé sur les distances , par Timasthène , amiral de la flotte de Ptolémée II , ne nous sont connus que parce qu'ils ont servi de guides à Eratosthène. Ce fut celui-ci qui, sans eurichir la géographie par des voyages et des découvertes , l'a le premier élevée au rang de science. Il fit un recueil systématique et critique de toutes les connaissances géographiques de son siècle , auquel il donna le titre de Tz<i>ypa.yiY.<k. Cet ouvrage comprenait une géographie mathémalhique fondée sur des observations et une géographie historique; Strabon en a conservé des fragmens '. C'est également Strabon qui a fait connaître l'ouvrage iïHipparque, contenant la détermination d'un grand nombre de latitudes. Ce grand astronome porta la géographie mathématique au point où elle est restée jusqu'au deuxième siècle après J.-C. Nous devons une partie considérable des connaissances géographiques à cette époque aux voyages de Polybe et aux notices qu'il avait réunies dans un des livres de sa grande Histoire , probablement dans le 34e. Ce livre est à la vérité perdu, à quelques fragmens près; mais il a été une des principales sources où Strabon a puisé. Les autres géographes de cette période sont, Polémon, Mnaséas et Agatharchide , de Cnide ; le Périple du dernier contient des renseignemens intéressons sur la mer rouge.