‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 77 sur 129 · SECTION XLV1I · texte numérisé non relu

SECTION XLV1I

CONFÉU. SECT. XXVI. 1>. 131.

Zenon , fondateur de la secle des Stoïciens, introduisit dans la médecine de nouveaux principes de physiologie et de pathologie , qui modifièrent la doctrine de l'ancienne école dogmatique. Les découvertes d'Aristote eurent une plus grande influence encore sur cette science. Parmi les écrits deThéophraste, son disciple , plusieurs avaient pour objet la médecine.

Ce fut sous les premiers Ptolémées, que vivaient à Alexandrie Hérophile et Erasistrate, les deux plus grands anatomistes qui eussent existé jusqu'alors. Ils devinrent les fondateurs de deux écoles nouvelles, auxquelles ils donnèrent leur nom. Lorsque PtoléméePhyscon expulsa les sa vans , ces médecins se répandirent en Asie mineure, où ils fondèrent divers établissemens. Slrabon parle d'une école d'Hérophiliens qui , de son temps , existait dans un temple situé entre Laodicée et Carura en Phrygie; et d'une autre d'Érasistratiens à Smyrne, mais qui avait cessé à l'époque où il écrivait.

Hérophile , de Chalcédoine , disséqua le premier un grand nombre de corps humains, et fit de grandes découvertes enanatomie, principalament par rapport au système nerveux. Gabriel Fallop l'appelait l'évangéliste des anatomistes. Hérophile est le premier, à ce que l'on croit , qui ait commenté les aphorismes d'Hip-

lcqucl il a publié des additions dans son éd. de Marbodi lib. lapi- (lnm. Goctting. 1799. 8. — Mclampi fragmenta : Cam. Peruscus (avec Elien.) Rom. 1545. 4. J. G. F. Franzim : Scriptores Physiognomia; veteres. Altenb. 1780. 8.

1 C, F. II. Beck.du sebolà medicorum Alcxandrinà. Lips. 1810. 4.

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pocrate: son commentaire se trouve manuscrit dans la bibliothèque Ambrosienne de Milan. Tous ses autres ouvrages sont perdus '. Ses premiers disciples conservèrent la doctrine de leur maître : on nomme parmi eux Manlias , auteur du premier recueil de receltes , Bacchius , de Tanagre, Callimaque , Callianax et Andrée , de Caryste.

Le contemporain d'Hérophiîe et le chef de la seconde classe ou famille des médecins d'Alexandrie , Erasistrate , était natif d'Iulis , ville de l'île de Céos. Il passa quelque temps à la cour de Seleucus Nicalor, où la guérison d'Antiochus, fils du roi, lui fit une grande réputation; mais ce fut principalement à Alexandrie qu'il pratiqua la médecine. Par la suite , il refusa de voir des malades , et se voua uniquement à l'étude de l'anatomie, qui lui dut de nouvelles découvertes. Il s'est immortalisé surtout par celle des voies lactées, et il s'en est fallu de bien peu qu'il n'arrivât à découvrir la circulation du sang. Il ne nous est rien parvenu de ses ouvrages. Parmi les adhérens d'Erasistrate , les plus célèbres furent Straton, de Beryte, ennemi, comme son maître, de la saignée, et Apollophore , deSéleucie, médecin d'Antiochus Soter \

Deux philosophes péripatéticiens doivent être cités ici, savoir Straton, de Lampsaque, auteur d'une opinion remarquable , qui place le siège de l'àme dans le cerveau antérieur, et Lycon , de Troie, qui s'occupa beaucoup de physiologie et écrivit sur la génération.

A cette époque , la chirurgie et la médecine , qui

i Sur Hérophile , voir C. G.Kiihn. Opusctila Àcademica. vu!. II. p. 298. sqq.

2 J. F. II. Hieronymuî . Krasistrati et Erasistrateorum lustorta. Jlmï. 1790. 8.

jusqu'alors n'avaient formé qu'un seul art, se divisèrent en trois branches distinctes, la Diététique, la Pharmaceutique (Rhizotomie) et la Chirurgie: division qui ne répond pas exactement à celle qui est admise dans la médecine actuelle.

Un des disciples d'Hérophile, Philinus, de Cos, et son élève, Sérapion, d'Alexandrie, fondèrent un nouveau système, celui de Y école empirique. On nomma aiusi cette école parce que, bien différente en cela des dogmatistes , elle préférait les connaissances qu'on acquiert par l'expérience (ifxneipix) à toutes celles que donne la spéculation. Les Empiriques négligèrent l'anatomie et les études physiologiques. La plupart des médecins de ce temps se rangèrent sous les bannières de l'empirisme. Un des plus célèbres d'entre eux, Héraclide , de Tarenle, écrivit sur la matière médicale, sur les poisons et sur les vertus des plantes , des ouvrages que le temps nous a ravis.

C'est dans cette période que la médecine grecque pénétra jusqu'à Rome : les premiers médecins grecs qu'on y connut, furent des esclaves. Vers l'an 219 avant J.-C. Archagatus alla se fixer dans eette ville , et y exerça son art. Nous nous occuperons de ses successeurs dans la période suivante.

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