SECTION LIV
il nous reste à parler des sophistes qui ont donné les préceptes de l'art , ou des Rhéteurs,
Le premier d'entre eux est De?iys d'Halicarnasse, dont nous avons parlé comme historien. Quoiqu'il ait vécu à une époque où les rhéteurs n'étaient pas encore nommés sophistes, nous le plaçons cependant parmi ceux-ci, pour ne pas trop multiplier les subdivisions. Nous avons de lui un traité de l'arrangement des mots; des Mémoires ou Commentaires sur les orateurs attiques , ouvrage remarquable parla finesse des critiques et dont une partie seulement existe encore.} une rhétorique , sur l'authenticité de laquelle on a des doutes; et deux ou trois autres traités. En général les écrits de Denys appartiennent proprement à l'esthétique '.
1 A. G. Beclcf. Sur l)e;i\s d'Haï, considéré comme auteur d'ouvrages d'esthétique et de critique (dissert, jointe à la traduc. allem. du traite de cet auteur, De vi orat. Dcmosthenis. Lips. 182!). S.) Éditions : de composifione verborum : Aldus, (rhetores graecù 1508-09. 2 vol. fol.) Itohrri Stephanus, Paris. 1547. f. J. Upton. fond. 1717. 8. G. II. Schœfer. Lips. IN()<S. H. /-'. Goeller, access. var. Ii-cl. in Tlicinist. a F. Jacobs. Jeu. 1815. 8.; ars rhetorica: outre la collection d'Aldus, II. yi. Schott.IÂpt. 1804.8.; Seleeti de précis si riptor. traetatds gr. et fat éd. G. Holwetl. Lond. 1766. <-t 1778. 8. : de antiquis oratorihus commentarii, rec. Ed. Rowe flores. thon.
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(iorgias , d'Athènes, que l'on ne confondra pas avec L'orateur de Lconiium , eut pour auditeur le fils de Gioéren- Il publia un ouvrage sur les figures de Rhétorique , dont P. Rulilius Lupus, rhéteur du temps d'Auguste , a fait une traduction ou plutôt un abrégé.
Sous Auguste, deux rhéteurs rivalisèrent entre eux, et devinrent des chefs de sectes : l'un tenait l'école de Pergame, l'autre celle de Rhodes. Le premier est Apollodorc, de Pergame, qui avait composé une rhétorique; l'autre Théodore , de Gadare, auteur d'un grand nombre d'ouvrages perdus. Leurs disciples s'appelaient Apollodoréens et Théodoréens.
Le plus célèbre rhéteur qui ait vécu après J.-C, le premier de l'antiquité, sans peut-être en excepter Aristote lui-même, est JJermogène, de Tarse en Cilicie, qui florissait sous Marc-Aurèle. Ce fut un génie précoce : à l'âge de 15 ans il professa en présence de l'empereur, dont il excita l'admiration. Exemple unique de la faiblesse de l'esprit humain, Hermogène, à l'âge de 25 ans, perdit tellement la mémoire , qu'il fut incapable de continuer ses leçons, et parvint dans ce triste état à un âge très-avancé. Il laissa un grand ouvrage de Rhétorique, composé départies détachées, et auquel il ne manque que l'introduction; \\ fut adopté dans toutes les écoles grecques; il existe des commentaires sur plusieurs parties de la Rhétorique d'Hcr-
1781. 2 vol. 8.; Examen critique des plus célèbres écrivains de la Grèce, par Dcnys dllalic, traduit en Français avec des notes et le tc\tc en regard, etc. par T. Gros. Paris. 1826*27. 3 \ol. 8.; liistoriojjraphiea : éd. C. G. Krueger. llahe. 1823. 8. — Edition; des œuvres de Den\s : F. Sylburg. Francof, 1586. 2 vol. toi. (J. Iludson.) t Kon. 1704. 2 vol. fol. ./. J. Reiske. Lips. 1774-77. 6 vol. 8. de vol. 6. publié par S. F. IV. Moms.)
mogène, et xin abrégé rédigé dans le 15mc siècle par un certain Matthœus Camariotes \
Sous Marc-Aurèle florissait aussi Démétrius , d'Alexandrie, auteur d'un art oratoire, cité par les anciens. C'est à lui qu'on doit probablement l'ouvrage communément attribué à Démétrius, de Phalère.
Nous possédons sous le titre de Progymnasmata y des ouvrages de rhétorique de deux auteurs qui sont probablement de cette époque, Aphthonius , d'Anlioche et Mlius Théon, d'Alexandrie 2.
( Dionysius ) Cassius Longinus, le plus savant des rhéteurs de cette période, après avoir enseigné l'art
1 Celle des parties de l'ouvrage dïlern.ogène, qui est intitulée Progymnasmata, (comme par la traduction latine de Priseien, sous le titre de Prœexercitamcnta rhetorices ex Hermogene) fut publiée en grec pour la première fois par A. 11. L. Heeren, dans la Bîbl. pour la littérature et l'art ancien, cah. VIII. IX. et donnée encore comme inédite dans le Journal classique, vol. V-VIII. 1812. G. Veesenmeijer. Norimb. 1812. 8. et dans le vol. II. p. 419-459. de ledit, de Priscicn par A. Krehl. Lips. 1820. 2 vol. 8. ; les quatre autres part, dans les Rbetores giseci d'Aldus . vol. I. p. 19. sqq. ap. Juutam (avec Àpbthonins) Florent. 1515. 8. J. Sturm. gra;c. et lat. Àrgentor. 1570-71. 4 vol. 8. C. Lavrentius, Colou. Allobr. 1614. 8. ('. If ah. Rhetores graecî, vol. I. Stutgard. 1832. 8. p. 9 54.
- Editions : Dans la collection d'Aide, ap. Ju/ttam (avec Hermogene) 1515. 8. J. Caméra ri us. Lips. 1567. 8. llarbart Lips 1591. 8. J. Scheffer (avec Tbéon) Upsal. 1670 et 1680. 8. Wah , ouvr. cit. p. 59-120. Une Introduction à l'ouvrage d'ApbUionius dans Jf. Mont faucon. Ribl. Coislîan. p. 590. sqq. — Tlieonis progymnasmata. éd. |,r. Rom. 1520. 4. J). Heimtus. Lugd. Rat. 1626. 8. H ah, T. I. p. 145-257. Tlieonis Sopbistaï Progymnasmata éd. .idiot, sclectas Camcrarii, etc. Lcderlini ineditas , sebolia gracea addidit C. E. Finckh. Stutgard. 1834. 8. Des formules de lettres altri buées tantôt à Tbéon. tantôt à d'autres auteurs, se trouves! dans les collections à' Aide et de Cufas, et ont été réimprimées séparément. Lugd. 1611. 12.
oratoire à Athènes, lut appelé par la reine 7,énobie à la cour de Palmyre. Devenu ministre de cette princesse, il encouragea son opposition à l'empereur Aurclien qui, après sa victoire, fil mettre Longin à mort. Parmi ses nombreux écrits, on cite un ouvrage en plus de 20 livres sur les auteurs classiques de l'antiquité ( tyù.okôyoi ofiikau ), des commentaires sur Homère, Platon, Démosl'aène, etc. Nous n'avons de lui que son Traité du sublime, ouvrage classique, qui jouit d'une grande célébrité, mais auquel on semble refuser avec raison cet esprit philosophique que d'autres critiques y préconisent ; le style en est animé et correct l .
Alexandre Numénius a écrit sur les figures de pensées et de mots a; Ménandre , de Laodicée, sur les éloges s; Minucianus , d'Athènes, sur les argumens 4. Il nous
1 P. J. Schardam , (Prœstde Rulmkcnio) Dissertait de vitâ et
script. Longini. Lugd. Bat. 1776. 4. se trouve aussi clans ledit, de Toup. — Editions :ed. pr.F. Robortellus. Basil, an. Oporin. 1554. 4. P. Mu mi lin. s: Ycnet. 1555. 4. F. Portas. G enev. lôO'J. 8. ./. 'folfins, Traj. ad Rhen. 1094. 4. (les fragm. de Lonjrin y sont ajoutés.] J. ltndson. Oxon. 1710. plusieurs édif. Z.Pmirc. Lond. 172L 4 réimprimé Amstel. (oum comment, inedito F, l'orti ) 1 733. 8. S. /•'. TV. Monts. Lips. 1700.8. et comme supplément j idrm. Libellas animadversionum ad Longimim. lliid. 1773. S. ./. Toupius. eum Uulmkcn. et Larclieri notis) Oxon. 1778. 4. nouv. édit. 178'.» et 1806. H. WèUHx, Lips. 180i). 8.
- De Bguris sentent, atque eloeulionis : .ildits. onvr. r. p. 574 sqq. I.iinr. jMorvimiH. Lpsal. 10(JO. 8.
' Sur les éloges : Aldus, onvr. e. p. 000. sqq. où cet écrit se trouve confondu avec mi autre d'Alexandre iNunieniiis sur le même sujet. — Séparément : ./. //. L. Ueeren. Groett 1 7 S ."> . ,•'. — l)t-s Scolies siir Hermogène itipi rô» rr«oû«r, dans iiulz. ouv. cil. 7ul. Ml. Stutg. 1833. p. m sqq.
1 )'/(//,'.',. mu. c p. 731. sqq. /-. Normunn. (avec Alex. Num
1U1 ET OUI QUE. 24ii
reste (ïJpsinès, de Gadarc en Phcnieie, deux petits ouvrages de rhétorique ' , et de Tibère, rhéteur d'une époque incertaine , un traité des figures dans Bémosthène 2; Rufus écrivit .une Rhétorique 3; Callincius , originaire de la Syrie, composa un éloge de Rome , dont il existe des fragmens 4.
Enfin un Sophiste de cette période s'est amusé à recueillir des proverbes, c'est Zénobius ou Zénodotus , contemporain de l'empereur Adrien. Il les tira de deux collections, qui existaient déjà de son temps, et dont les rédacteurs s'appelaient Lucilius Tarrhœus et Didyme , d'Alexandrie \ Diogénien avait fait usage de ces proverbes dans son lexique, d'où ils furent extraits par un anonyme et publiés sous le titre de Proverbes populaires de la collection de Diogénien. Il existe deux autres collections de proverbes, dont l'une est inédite ; le manuscrit l'attribue à Diogénien. L'autre est d'un anonyme, qui appartient peut-être à la même époque 6.
' Aldus, ouvr. c. p. G82. sqq.
2 Th. Gale. Rhetores Select. Oxon. 1676. 8. p. 165. sqq. J. F. Boissonade. Lond. 1818. 8.
3 Th. Gale. otiv. c. p. 187. sqq. Le nom de Rufus ne s'y trouve pas encore, et n'a été mis au jour que par Boissonade. qui a publié cet écrit h la suite de ïilicrius. C. If ah , Rhet. {jr. vol. 111. Stutg. 1834. p. 447-460.
* Léo. Allatius, Excerpta Graccor. Sopbistarum et Rhetorum. Rom. 1641. 8. p. 256. sqq. J. C. Orellius (av ec l'hilon de Byz.) Lips. 1816. 8. p. 35. sqq.
5 Ed. pr. ap. Juntam. Florent. 1497.4. Vinc. Opsopoius. Hajjcn. 1 575. 8. et dans la collect. de And. Schottus . Proverbia grœca, etc. Antv. 1612.4.
r' A. Schottus, ouv. c. Adajjia Diogcniani; Proverbia grseca e Vatieanâ Bibli.