‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 92 sur 129 · ÉTAT DE LA PHILOSOPHIE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

ÉTAT DE LA PHILOSOPHIE EN GÉNÉRAL

Depuis que la Grèce eut perdu son indépendance ,

Corpus scriptorum Erotic. vol. I. mit. Lips. 1824. — Lebeau . Sur les écrivains qui ont servi de sources a Parthénius. [Mena, de l'Acad. des Insc. ï. XXXIV. p. G3. suiv.) F. J. Bast, Lettre h Boissonade sur Antoninus Liber. Parthénius et Arist. Paris. 1H05. 8. h ad. en latin par C. A. Wiedébùrg. Lips. 1809. 8. J. E. G. Roulez , Notice contenant des variantes et notes critiques sur Partlienius et Antoninus Libcralis. (Bulletin de l' Académie royale des Sciences de Bruxelles, 1835. n. 11.)

' Ed. pr. Aldus , (avec Esope jet d'autres écriv.). Vcnet. 1505. fol. Th. Gale. Opuscula inylholoy. plivs. et etliic. cd. 2. Ainst. 1G88. 8. p. 137. sqq.

- Th. Gale, Uistor. poët. script, p. 303. sqq. L. H. Teucher* avec Gonon) J. /.G. Roulez. Ptolern. Ileph. novar. liistoriaruni Excerjpta éd. et comment, illustr. Lips. et Bruxellis. 1834. 8.

Editions : éd. pr. G. Xylander (avec d'autres écrils) Basil.

la philosophie commença à déchoir. Dans la période qui suivit In destruction de Corinthe, l'usage de professer la philosophie pour de l'argent devint à peu près général, et quoique personne n'en fût choque, néanmoins la considération dont jouissaient les philosophes en souffrit. D'un autre côté plusieurs professeurs à Athènes, à Rhodes et dans d'autres villes, contrihuaient par leurs mœurs à dégrader le caractère du philosophe. La philosophie elle-même éprouva à cette époque une révolution qui fut très funeste aux progrès des lumières : l'esprit spéculatif, qui avait distingué les premiers siècles de la philosophie grecque, lit place au scepticisme et celui-ci conduisit à l'incrédulité. De cet excès on tomba bientôt dans un autre : la crédulité prit la place de l'épicurisme qui avait rejeté jusqu'à l'existence de Dieu. Les âmes flétries par le despotisme et énervées par le luxe trouvèrent plus commode de se jeter dans la superstition que de raisonner. On vit paraître alors une foule d'imposteurs , de visionnaires et de charlatans. Il se forma de nouvelles sectes qui se donnèrent les noms d'écoles anciennes, avec lesquelles pourtant elles n'eurent de commun que les noms et les formes. Tels furent les Néo- Pythagoriciens et les Néo-Platoniciens. D'une autre part il s'opéra un rapprochement entre les doctrines philosophiques et les croyances du christianisme, et de cette espèce d'alliance naquit ce que l'on peut appeler la philosophie chrétienne. A côté de ces sectes, la philosophie de Zenon brilla d'un éclat véritable.

1568. 8. A. Sériel Lngd. Bat. 1071 12. Th. Gute, Mist. poet scriptt. p. 403. sqq. Th. Wuncher. Atnstel. 1676. 12. II. i >,h,;j!:. Lugd. Bat. 1774. 8. /, //. Tacher. Lips. 1791. 8. (vol. LScriptor. Qt.nàaor.)G.A. Kock.(cum VcrheykiiaHorunuj. not.) TJps. 1882. 8.

NÊO-rïTllAfiOIUClENS. 255

Celle d'Àristote sortit aiisside l'oubli où elle était tombée, et déjà alors se préparèrent les événemens qui l'appelèrent à une destinée si brillante. Enfin le Pyrrhonisme que nous avons vu naître dans la période précédente, fut perfectionné dans celle-ci par le plus profond penseur et le plus subtil dialecticien que rcite secte ait produit.

SECTION LVIL

CONFÉB. SECT. XXII. P. 108.

Le système de Pythagore fut renouvelé par^deux classes d'enthousiastes : les uns, gens de bien, frappés de la pureté de mœurs et de l'esprit religieux qui caractérisaient le philosophe de Samos, croyaient trouver dans sa philosophie une digue à opposer à la corruption et à l'indifférence religieuse devenues générales dans le siècle où ils vivaient. Les autres étaient des fourbes et des imposteurs qui exploitaient à leur profit la crédulité de leurs contemporains, et tiraient avantage de l'enthousiasme excité par les restaurateurs bien intentionnés de la doctrine de Pythagore. A cette seconde classe appartiennent Anaxilaûs et Apollonius de Tyane.

Anaxilaûs , de Larisse, vécut sous Auguste et exerça la médecine ; mais comme il s'appliqua aussi à la magie, on lui ordonna de quitter Rome. Il écrivit un ouvrage intitulé iza:yvicr. , umusemens } renfermant des tours d'adresse et de magie.

Le plus célèbre des Néo-Pythagoriciens fut Apollonius, de Tyane, qui vécut dans la seconde moitié du premier siècle de notre ère. Il fit de longs voyages

dans la plupart des pays connus, alla deux fois à Rome, et ouvrit enfin mie école pythagoricienne à Éphèse, où il mouruL 11 prit pour modèle Pythàgore, non tel que ce philosophe avait été, mais tel que son imagination déréglée le lui représentait. 11 exploita l'ignorance et la superstition de la multitude, par une grande sévérité de mœurs, et par les miracles qu'il prétendait opérer, et s'acquit par là une réputation immense. Toutefois il est douteux que ce thaumaturge ait passé aux yeux de ses contemporains pour un être aussi extraordinaire que nous le dépeignent les auteurs postérieurs et surtout Philostrate. Les ouvrages d'Apollonius ont péri; quatre-vingt-dix lettres qui restent de lui ne suffisent pas pour bien faire connaître son système. Porphyre et Iamblique ont conservé des fragmens de sa Vie de Pythàgore \

Les Néo-Pythagoriciens qui ont renouvelé la doctrine de l'école d'Italie dans des intentions pures et morales, sont : Q. Sextius, appelé aussi Sextus et Xystus , qui vivait sous Jules "César et Auguste. Il écrivit un Matiïtel dont l'original grec est perdu, mais dont nous possédons sous le titre (YAnmdus Xysti une traduction latine faite par Rufin 2 ; Sotion, le jeune , d'Alexandrie, précepteur de Sénèque; Didyme , qui écrivit un Abrégé des sectes philosophiques , dont il ne nous reste que deux fragmens insignifians; Modcratus de Gades, auteur d'un Système de philosophie de Pythàgore , en onze livres, qui sont perdus; Sccun-

» Les lettres d'Apollonius se troqvcnt dans los collections à' Aldus de Cujas ainsi que clans l'éd. (le l'biloslrate d'Olearius. p. 371-410.

2Ed. : Beatus Iienanus. Basil. ap.Froben. 1">H>. ï. Th. Gafe, Opuscuta Mythol. phys. et ethic. p. 643. sqq*. ./. ('. Orellius, Opuscula {jtercor. sentent, et moral, vol. I. p. 221. sqq.

dus, d'Athènes, dont nous avons des Sentences; Démophile et Démocrate , dont il reste des fragmens '.

Page 1