‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 94 sur 129 · PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE CHRÉTIENNE

Dans la seconde moitié de cette période, la position du christianisme vis-à-vis du paganisme et des sectes chrétiennes, obligea ses défenseurs à demander à la philosophie non seulement des armes pour repousser les attaques dirigées contre lui, mais encore des raisons pour démontrer ses vérités , et même pour prouver la divinité de son origine. Les pères de l'Eglise étudièrent alors les ouvrages des Grecs et des Romains , et s'approprièrent les doctrines qu'ils renfermaient. Mais comme , tout en raisonnant d'après les lumières naturelles, ils étaient obligés de subordonner les résultats de leurs méditations aux oracles de la révélation, la philosophie prit dans leur bouche et dans leurs écrits un caractère nouveau; de science indépendante et placée au premier rang des connaissances humaines, telle qu'elle était considérée par le paganisme, elle devint, pour ainsi dire, la suivante de laThéologie. Parmi les systèmes de philosophie alors en vogue, celui de Platon l devait plaire d'autant plus aux écrivains ecclésiastiques, que le syncrétisme leur fournissait le moyen de mettre en rapport la doctrine du fondateur de l'Académie, ou ce que l'on prenait pour cela, avec la croyance du christianisme. Mais, quand plus tard on eut besoin des armes de la dialectique pour combattre les hérésies, la philosophie d'Aristole trouva aussi faveur. Cependant ce ne fut que parmi les pères grecs que la philosophie du paganisme fut

//. \. Clause n, Apologetœ ccdcsiac A.titc-Tlit'o<losianac Plaloiiis «jusque j)Iii!osu[)hia" ai'btti'L Ilatui. 1817. H.

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surtout cultivée; les pères latins qui appartiennent à cette époque, ne s'en occupèrent pas encore. Parmi les ocres de l'église grecque, St- Justin, Origène, 81 -Clément d'Alexandrie, firent les études philosophiques les plus approfondies.

St-Justin, né en Palestine, souffrit le martyre l'an 103 de J.-C Mécontent des systèmes du Portique , du Lycée et de l'Académie qu'il avait étudiés tour-àlour, il embrassa le christianisme. Le premier des pères de l'Eglise, il voulut établir une union intime, une harmonie , entre la philosophie et la religion révélée qu'il regardait comme sorties d'une même source. Une partie de ses ouvrages est perdue ; parmi ceux qui nous restent, tous ne sont pas d'une authenticité reconnue ' .

Talion, originaire d'Assyrie, vint à Rome après de longs voyages, et y embrassa le christianisme. Il fut l'ami et le disciple de St-Justin. Après la mort de celui-ci, de retour dans sa patrie, il devint auteur d'une hérésie dont les sectateurs furent nommés Encratites , à cause de la continence qu'ils affectaient. Le seul ouvrage qui nous soit parvenu de lui est son Discours contre les Gentils a .

On place communément à la même époque , un philosophe chrétien nommé Hermias } auteur d'une Satire contre les philosophes païens , dans laquelle il se moque du peu d'unité, et des contradictions qui se trouvent dans la philosophie grecque 3.

1 Editions : éd. pr. ap. Rob. Sttepkan. Paris. 1551. tôt. F. Sylbur* tjius. Heidelh. 1503. Colon. 1686. loi. Pruékntius Warémus. Taris, ilajj. Coin. 1742. fol. /•'. OherUiiir, 0pp. Patron) jyr. T. 1-H1 Wirceb. 1777. N. ('. G. Thalemann, àpologiœ. Lïps. 1755.8.

a Éditpr. : Cou,: Gesnef. Ti;j. 1546. If. H orlh. (K«.n. 1500. S.

-1 Éditions: II . M orlli. (avecTaticn). J.C Da-nmerich. il d. 170i. 8.

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St-Clément, d'Alexandrie, ou Titus Flavius démens, né païen, se convertit à la religion chrétienne. Le principal lieu de sa résidence fut Alexandrie , où il s'occupa de l'instruction de la jeunesse. Sl-Clement a surpassé tous les pères de l'Eglise qui ont vécu avant lui, par la variété de son érudition, par la connaissance des écrivains profanes, et par le talent d'en tirer parts pour le bien de la religion. Eclectique dans le vrai sens du mot, il forma son système en empruntant à toutes les écoles ce qui était conforme à la doctrine de l'Evangile, laquelle formait la base de sa croyance. 11 pensait avoir trouvé ainsi mi moyen de rendre le christianisme recommandahleaux païens, en leur faisant voir que les principes fondamentaux de cette religion, étaient répandus dans les dogmes desphilosophes grecs les plus estimés. Nous indiquerons les principaux de ses ouvrages; ce sont : son Exhortation; son Pédagogue et ses Mélanges (oïpûipaxëtq Tapis de différentes couleurs). Ce dernier écrit se composait de huit livres ; mais le commencement du premier nous manque et ce qui, dans les manuscrits et les éditions, est intitulé huitième livre, n'appartient pas à l'ouvrage. Ces mélanges , dans lesquels Si-Clément a répandu les trésors de son érudition classique , sont précieux pour l'histoire de la littérature grecque, à cause du grand nombre de citations d'auteurs de toute espèce, poètes aussi bien que prosateurs, qu'ils renferment \

1 Editions : cd. pr. P. Vietorius. ap. L. Torrentimim. Florent. 1550. foL F. Sy Iburgiu*. Hcidelb. 1502. foL/. Potier. 0«m. 1715. 2 vol. fol. nouv. édit. Yenet. 1757.2 vol. fol. (F. Ôberthur.) Wirceb. 1780. 3 -vol. 8. P.. Mot-.. IJps. 1831. sqq. 3 vol. 8. G Segarius, Glcni. Al. liber qnis dïves sabitcm consequi possit. Traj. ad Ivlicn. 1817. 8. //. OUhausen. Ketfom. 1831. 8.

Oriyèno, né en Egypte, reçut le surnom iVAdttvianlius ( homme dur comme le diamant), à cause de son assiduité au travail. Il enseigna en plusieurs endroits, notamment à Alexandrie et à Césavce. Origène s'efforça de combiner et de mettre en liarmonie les vérités de l'Evangile avec la philosophie, et interpréta les éerilures sacrées d'une manière allégorique et mystique. Son principal ouvrage est celui intitulé Ttepl 'Apyûy, de V Origine des choses (de Principiis), en quatre livres. Nous n'en possédons en grec que l'extrait partial que Photius en a fait, et quelques autres fragmens qu'on trouve dans la Philocalie ou extrait des ouvrages d'Origène. Rufin en avait fait une traduction latine qui nous est parvenue. On attribue aussi à Origène., quoique probablement à tort, un petit ouvrage : Doctrine des ])hilosophes (oào'jcyovuîya). €'est proprement le premier livre d'un écrit en deux livres ayant pour titre : Réfutation de toutes les sectes \

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