‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 96 sur 129 · CONI'ÉR. SECT. XL. P · texte numérisé non relu

CONI'ÉR. SECT. XL. P

Quoique la philosophie épicurienne fut fort en vogue dans cette période , elle ne produisit pas un grand nombre d'écrivains, et pas un seul d'un rang bien distingué. En général , les adherens d'Épicure ne

1 Éditions : de anima et tic fato : V. Trituarcllns. ap. P Matntfii.-in. 1534. fol. (avec Theinisfius) ; de fato : Gro/iits. oper. theolu^. Ainsi. 1079. fol. vol. III. p. 409. sqq. J. V. Oivlliits, Alexandiï apbrod. alionnn de fato qna? super su ot. Turici. 182i. 8.: c!e Miltione (corporum): F. Asulaïitis. Venet. 1527. fol. (cura comment. J. l'Iiiloponi ad lib. de gencratione) ; Qmestiones natnràles : / ici. Trinca rellus , Venet. 153G. fol. Getifianus Hervehis. Basil. 1548.8. — Commentai-, m anakfiea prior. : Aldus. \ encl. 1520. fol; in Topica: [M. Musunts) ap. Aldum. Venet. L5ï3 et 1526. fol.: in Eknchos : {lien. Gyrlandus) ap. Aldum. 1520. fol. ap. J tintant (cum comment, in analytic.) Florent. 1521. 4.: ad lib. de Sensn : Fr. Asulanus .u«( Simplicins ad Aristot. de anima) ^ end. 1527. fol. : in mcteOl'ôlogica :

!'. Asulanus (avec le traité de Jtiùrtioue).

s'écartèrent pas beaucoup de ses principes et de ceux de ses premiers disciples : ils préférèrent pratiquer sa doctrine commode , plutôt que de se livrer à des spéculations pour la perfectionner et l'étendre. Parmi les Epicuriens de cette période , il suffira de mentionner Apollodore , surnommé le Tyran des jardins, auteur d'une foule de livres et entre autres d'une Vie d* E picure , citée par Diogène Laërce; son disciple Zenon, de Sidon, dont Cicéron fréquenta les cours à Athènes ; deux Biogène . l'un de Tarse, l'autre de Seleucie ; et enfin Philodème, de Gadare, le plus célèbre épicurien du temps de Cicéron. Dans les rouleaux de papyrus d'Herculanum , on a trouvé l'ouvrage de Philodème Sur la musique , dans le sens le plus étendu du mol où il comprend aussi la poésie ; sa Rhétorique ; son Traité des vertus et des vices; un autre Sur les poèmes , etc. ' Les mêmes rouleaux de papyrus nous ont encore conservé, entre autres, deux ouvrages d'auteurs inconnus, l'un Sur la colère et l'autre Sur les Dieux. Ce dernier a quelquefois été reproduit mot pour mot par Cicéron dans son traité De la nature des Dieux 3.

1 Editions : Fragm. de Musicà : C. Rossini , Volutn. nerculanensia. vol.l. Ncapol. 1793. foi. C. T. Von jtlurr, avec une traduction allemande. Berlin. 180G. \. — Hitrr, de papyris s. de volnniinib. {yr! Hcrcul. Argent. 1804. H. C. G. Schiitz. Aniniadvv. in Philodem. de musieàP. 1. Jeu. 17'.)5. fol.: Hbeforica : 1 fragm. dans les Anfuj. Hrrcuîan. vol. V. p. 721.2 livres dans les Yolimi. licrculaii. Oxon. 1825. H. vol. 11.; de Y itiis : ibid. vol. I. un autre fragm. (liv. X.j dans C. Rossini, Voluni. Ilcrcul. vol. 111.; de Yitiis et virlutibus : en partie dans les Volum. Hcrcul. cd. Oxon. vol. I. en parlie.(liv. IX. dans Rossini, ouv. c. vol. 111. ; de poematibus : fragm. dans les Vo- Inm. Hercul. cd. Oxon. vol. II. — Voy. Chardon de la Rucielte, Mélangés de critique et de philologie . vol. 1. p. IDC. suiv.

-' Editions : de ira: \ olinn. Ilercul. vol. 1. éd. Oxon.: de diis

-> I PËRTOBE V. — SECTION LXH.

SECTION LXÏI.

r.oMicn. sect. xn. p. 182.

Aucune secte ne jouit à cette époque d'une considération égale à celle dont Furent environnés les Stoïciens. Leur philosophie fut portée à Rome par Pano?tius j de Rhodes, l'ami de La»lius et de Scipion. Son principal ouvragé des Devoirs est perdu; mais Cicéron l'a pris pour base de son traité de Officiis '.

Après Panœlius, les principaux Stoïciens de celle période sont : Apollonius , de Tyr, qui a écrit sur Xénon, et qui a tracé le tableau des philosophes qui l'ont suivi ainsi que celui de leurs écrits ; Posidonius, d'Apamée , disciple de Panœtius. Il enseigna à Rhodes , où Pompée et Cicéron furent du nombre de ses auditeurs. On cite ses traités philosophiques de la'Nalure : des Dieux ; de la Divination ; du Destin : du Monde : son ouvrage des Offices ; et d'autres a; Athcnodore , de Tarse, fils de Sandon, qu'il ne faut pas confondre avec un autre stoïcien, At hénodorc, de Tarse, surnommé Cordylion : il composa des Traités sur les Catégories contre Aristolc ; des Offices ; de la Divination, etc.;

// . Drummond, llercul;incnsia ou Dissertations archéologiques et philosophiques. Lond. 1810. 4. (en anjjl.).

1 Sévin, Recherches sur la vie et les écrits de l'ana-t. Méin. do l'\ead. «les Inscr. '1'. \. n. 75. sqq. (îtinu'ir. Oliss. sur quelques onvr. de l'an. Ment, de l'Inslit. de France. Mil. 11. p. 81. suiv. F. C. VanLynden, Dispnt. do Pauœtio Rhod. Logd. Bat. 1808. S Chardon de la ïlockefte, Mélanges, oie. vol. I p. 286.

- .fini. Haïr. Posidohii liluulii rehquia? dootriiHe. .ne Wvttenbaehii annotio, Lugd. Bat. ISI0. 8.

«t une Histoire de Tarse ' ; Phurnnlns ou Annœus Cornu/us , dont nous avons parlé à l'article des mythographes ; enfin Caius Musonius Ru fus , chevalier romain: ce dernier paraît avoir peu écrit lui-même, mais un de ses disciples, le grammairien Asinius Pollion, a recueilli ses discours, dont Stobée nous a conservé une partie. Il nous reste en outre des fragmens d'un autre traité philosophique a. Mais tous ces noms sont obscurcis par ceux de trois philosophes qui ont illustré la fin du premier siècle et le siècle suivant, et qui méritent une place honorable parmi les sectateurs les plus célèbres du Portique, Ce sont : Epictètc , Arrien et Marc-Aurèle.

Epictète , né environ 50 ans après J.-C, à Hiéropolis, eu Phrygie, fut à Rome l'esclave d'un certain Epaphrodite, qui le fit instruire par Musonius Rufus. Ayant obtenu sa liberté, il ouvrit dans cette ville une école de philosophie; mais victime du décret de Domilien qui bannit tous les philosophes, il la transféra à Nicopolis en Epire , où la jeunesse romaine se rendit en Foule. 11 a été, dans ses principes et dans sa conduite, le plus parfait modèle d'un stoïcien. Epictète n'a rien écrit : le Manuel ( "Eyyupl&ov ) qui porte sou nom, et qui est le véritable catéchisme de la doctrine du Portique, a clé rédigé par Arrien, son disciple.

Flavius Arrien, dont nous avons parlé à l'article des historiens, fut à Epictète ce que Xénophon avait

1 Si'iiu, Recherches sur la vie et. les ouvrages dAtlu'uodore , Hém. de l'Acad. dis Inscr. vol. Xlil. p. 50. J. F. ffoû'tnan, de Atlicnodoro. Lips. 1732.4.

2 P. ftieuwland, de Musonio Ilulb. Amsteh 1783. 4. cf. />. If ;//tenbach, Philomatb. vol. \. P. I. Peerl^ant-p. Muson. Rufi relia. Harlem. 1822. 8.

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clé à Socrate. Outre qu'il rédig«6 le manuel dont il vient d'être question, il mit aussi par éerit les entretiens de son maître, dont il conserva non seulement les pensées, mais encore la manière de s'exprimer. Cet ouvrage, intitulé Dissertations philosophiques d'Epictète, comprenait huit livres, dont nous n'avons plus que les quatre premiers. C'est un des plus précieux restes de l'anliquilé. Deux autres ouvrages d'Arricn ont péri : l'un en douze livres était intitulé Discours familiers d'Epictète ; l'autre De la vie et de la mort d'Epictète ' .

Marc-Aurèle , dit aussi Antonin le Philosophe , né

1 Editions : Encbiridion : éd. pr. \ enct. ap. fratres dp Sabio. 1528. 4. G. JIaloa/if/c)-,a\t.3. Pctrejnm. Norimbeny. 1529. 8. Wtcf, Triiictucllus ( ciim dissert. Epiet.) Venet. ap. B. Zanetti. 1535. 8. Th. l\aoyeoryiit.s. Arjjent. 1554. 8. S. S. a. Schliis&elberq. Basil# an. Oporinuni (coin diss. Epiet.) 1554. 4. Ces cinq éditions, mais principalement les trois premières, faites d'après dcsmsls. servirent de base à tontes les suivantes. Hier. Jf olfws (enrn Ccbete, disserf f. Epiet. et Simplieii comment.) «d. 2. Bas. 1563. 111 Partt. I vol. 8. (D. lleitisius) texte complété au moyen d'un mst. Lugd. Bat. ap. Maire. 1640. 4. Nouvelle recens : M. Meibomius (edente llnd. llelando) avec les dissertt. Epictet. Traj. ad Bben. 1711.4. Les 4 édit. qui suivent offrent également une nouv. recens, laite à l'aide de msts. J . Upïon (cum dissertt. Epiet.) 2 vol. 4. (\ G. Ileyne. éd. 2. \arsav. 1776. 8. Lefebvrede f illebritne. Vnr'is. 1782. \8.J.Sclttrciylmuser (cum Cebete). Lips. 1798. 8. Idem. Epietete» pbilosopli. inoiium. vol. III. (vovez plus bas). Adam ('ont y . l'arerjja Bibl. gr, Paris. 1826. 8. Disserfationes Epicteteœ : se trouvent dans les édit précitées de /. Trincavellus , Schliisslberg , If <>!/', Meibom, ( jalon. Nouv. recens, critiq. : J .Svlaoeighœuser : Philosophie- Epie téteSB inonumeiita. Lips. 1799-1800.5 vol. 8. (vol. 1-111. renferment les dissertations d'Epictète. le Manuel, et une collection de fra<fiu.,c(c. vol. IV et V, le Commentaire de SimjaUcius et les paraphrases

ehrét. de S'-Mlits et d'un inconnu.) Ad. Contij. vol. \ III el 1\ des

ParergaBibl.gr. Paris. 1827.8.

Fan 121 , fit asseoir la philosophie sur le trône des Césars et offrit le modèle d'un prince sage et vertueux. 11 est auteur d'un excellent ouvrage de morale intitulé xx et- èoajzôvjAcl se ipsum, en douze livres. Ce sont des maximes de philosophie et de morale,, des pensées détachées que les circonstances faisaient naître, et qu'il a mises par écrit , sans choix et sans plan. C'est un beau monument de la. droiture de ses intentions et de la pureté de son cœur. Nous possédons aussi de lui dix-sept lettres adressées à Fronto ' .

Après ce grand homme l'école des Stoïciens n'a plus produit de philosophe marquant.

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