‹ Manuel de l'histoire des dogmes chrétiensChapitre 19 sur 55 · La nécessité de l'histoire du dogme n'est pas · texte numérisé non relu

La nécessité de l'histoire du dogme n'est pas

moins évidente que sa possibilité. La science, pour se tenir au niveau du développement des dogmes chrétiens, a besoin de les envisager en eux-mêmes et dans leur histoire. C’est à cette condition seulement que la conception scientifique du dogmie est vraie et conforme à son objet; ajoutons que l’histoire du dogme est nécessaire pour réaliser complétement en nous aussi bien l’idée du dogme que celle de l’histoire; qu’elle est en nous la condition du développement parfait de la vie et de la foi chrétiennes; qu’elle nous apprend à distinguer avec plus de précision la vérité des erreurs qui lui sont contraires; qu’elle nous fait voir plus clairement la force et la puissance de la doctrine divine, l'impuissance et la faiblesse des opinions humaines, et la nature mauvaise de l’erreur, toujours pernicieuse, qu’on l’envisage dans ses principes ou dans ses suites.

8. Considérée dans ses rapports avec les autres branches de la théologie, l’histoire du dogme constitue l’élément le plus élevé de l’histoire de l'Église, en même temps qu’elle est une véritable dogmatique conçue et composée dans l’ordre le plus naturel, l'ordre indiqué par la génération des idées; elle est donc en un sens une seule science avec ces deux sciences ; elle n’en est donc ni indépendante ni ennemie. Elle présente, en outre, sous leur forme historique, les résultats les plus importants de la Patristique et de la Synodique, de l’'Apologétique, de la Polémique et de la Symbolique. Elle se distingue d’ailleurs assez nettement de l’histoire de la dogmatique , autre branche de la théologie que l’on pourrait définir : l’histoire du travail qui se propose de réunir les dogmes en un ensemble systématique, ou plutôt de saisir l’unité

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intime, et le lien nécessaire des doctrines diverses du christianisme, et d’en former un tout organique.

9. La méthode à suivre dans l’histoire du dogme peut être extérieure et chronologique, ou bien logique et intérieure. Münscher, Augusti et Baumgarten- Crusius ont cherché à fondre ensemble ces deux méthodes. Plusieurs distinguent dans l’histoire du dogme une histoire générale et une histoire spéciale. L’une doit offrir le tableau des époques où les dogmes se sont formés; l’autre, exposer les dogmes eux-mêmes et les façons diverses de les entendre. Mais cette distinction n’exprime ni n’atteint bien le but qu’on se propose; il ne convient pas, en éffet, d'exposer séparément les époques de formation du dogme et les différentes manières dont il a été envisagé. Baumgarten-Crusius, qui divise l’histoire générale du dogme en intérieure et extérieure, rapporte à l’histoire intérieure les causes et les conditions du développement dogmatique ; à l’histoire extérieure les temps et les hommes qui ont influé sur ce développement ; à l’histoire spéciale les dogmes eux-mêmes avec la variété des formes qu'ils ont successivement revétués. Je ne puis m'empêcher de désapprouver ce morcellement de l’histoire du dogme en histoire générale et histoire spéciale; le spécial et le général, le dogme et les conditions du dogme se pénétrant d’une façon si intime que l’on ne saurait comprendre l’un de ces points de vue sans l’autre; et il est évident, d’ailleurs, que partager ainsi l’histoire du dogme, c’est s'imposer la nécessité de répéter souvent dans la seconde partie ce qu’on a dit dans la première, inconvénient dans lequel tombent, en effet, tous ceux qui adoptent cette division. Il en ré-

sulte aussi qué l’histoire générale ne diffère plus en rien d’une histoire de l’Église ; or ce n’est point là cé que doit être une histoire des dogmes.

10. La détermination et le “om des époques et des périodes dans lesquelles on ἃ partagé l’histoire des dogunes présente une grande variété,

Münscher adopte, dans son Manuel, trois périodes générales; la période ancienne (de 1 à 600); celle da moyen âge (de 600 à 1517); et celle des temps mo= dernes (de 1517 jusqu’à nos jours).

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1. Depuis les Pères apostoliques jusqu'au commencement de la lutte entre le Platonisme et le Gnosticisme;

2. Jusqu'à la lutte entre le Sabellianisme et le Subordinatianisme ;

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