‹ Manuel de l'histoire des dogmes chrétiensChapitre 38 sur 55 · C. LE SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

C. LE SAINT-ESPRIT

12. Développement de la doctrine relative au Saint-Esprit. — 13. Noms

et notion du Saint-Esprit. — 14. Personnalité da Saint-Esprit. — 15. Divinité du Saint-Esprit. — 16. Preuves alléguées par les Pères. — 17. Wausses conceptions relatives au Saint-Esprit. — 18. Ad-

versaires de la divinité et de la personnalité du Saint-Esprit. — 19. Rapport du Saint-Esprit avec le Père. — 20. Rapport du Saint- Esprit avec le Fils. — 21. Discussion sur la procession du Saint- Esprit. — 22. Rapport du Saint-Esprit avec la création. — 23. Adversaires de la doctrine du Saint-Esprit au moyen âge et dans les temps modernes.

1. Les Pères s’attachent partout à présenter Dieu le Père comme l'être primordial ; c’est pour cela que ce qui convient à Dieu d’une manière générale, οὐσιωd&e, comme dit l’école, 115 l’attribuent en particulier au Père comme personne, ὑποστατιχῶς. Ainsi, les anciens attribuent au Père l’agennésie, ἀγεννησία (1)

(1) Justin. Apol. 1. n. 49. 11. n. 6. — Clem. Str. vi, 7. — Orig. Joan. T. 1. n. 27. ΧΙΧ. n. 1. — Alex. (Alex.) Epl. ad Alex. CP. apud Theod. Hist. Eccl. 1, 4. — Eus. Dem. Evang.

1, ὅν. 1v, τ. — Const. apl. vin, 41. — Greg. Nyss. adv. Eun. Li. Tu. p. 342. ed. Mor. adv. Eunom. Or. x. ἀγένητος se

innativitas (1), ἀναρχία (2); et en même temps la qualité de principe, ἀρχὴ (3), pour exprimer son rapport absolu et immanent avec le Fils. On lui attribue aussi l’invisibilité (4), pour déterminer ce qu’il est

dit de toutes les personnes , ἀγέννητος du Père. — S. Basil. conseille de ne point employer ce mot ἀγέννητος, parce qu’ilne se trouve point dans l'Écriture , et qu’il sert de prétexte et de base à l'erreur des Eunomiens : ᾿Εγὼ δὲ καὶ τὴν τοῦ ἀγεννήτου προςηγορίαν, χἂν τὰ μάλιστα δοχῇ ταῖς ἐννοίαις ἡμῶν συμδαίνειν, ἀλλ’ οὖν ὡς οὐδαμοῦ τῆς Γραφῆς χειμένην, χαὶ πρῶτον στοιχεῖον οὖσαν τῆς βλασφημίας αὐτῶν, σιωπᾶσθαι ἂν δικαίως ἀξίαν εἶναι φήca. adv. Eunom. 1, 5. — Voy. aussi 4than. (?) Dial. de Trinit. τι. — Severian. Gab. Quare evellis scripta, et addueis non scripta ? Nonne fidelius est nomen Patris, et Filii, et Spiritus Sancti, quam ingeniti et geniti. Hom. 11. p. 41. ed. Auch.

(1) Germinius apud Hilar. Op. hist. fragm. xv. n. 3. — Phæbad, Ex Deo enim innascibili Deus nascibilis exivit. Cont. Arian, τὴς 11.

(2) Melet. (Antioch.) Ἄξιος 6 Υἱὸς τοῦ ἀνάρχου ap. Epiph. Hær. Lxxurr. T. 1, p. 878. ed. Petav. — Bas. Sp. S. vu. ἢ. 19. Epl. zir. ἢ. 2. — Greg. Naz. Or. xxxur. Carm. 11, 20 sq. — On emploie dans le même sens ἀναίτιος Greg. Naz. Arc. carm. 1, 25.— Joan, Dam, Orth. fid, 1, 13.— Miceph. CP. Epl. ad Leon. xx.

(3) Athan, de Syn. ἢ. 5o. c. Arian. Or. 1v. n. 1. — Greg. ας. Or. xx11. — Ammon. in Joan. 'T. τὶ — Aug. in Joan. 1. 1. — Joan. Dam. Orth. fid. 1, 9. c. Manich. — Dion. Hier. c. 1.(2.

(4) Justin, Tryph. vi. — (Pseudo-) Justin. Epl. ad Diogn. c. ΨΙΙ. — Îren. v, 16. ἢ, 2. 1v, 20. n. 6. 11.— Tert. Marc. ν, 19. Prax. x1v. xv. — Orig, Sel. in Gen. 1, 6. 1x, 8. Joan. T. xxxir. ἢ. 18. — ÆEus. Dem. Evang. 1, 5. — Bas. Sp. 5. c. XVI. ἢ. 47. — Ephr. adv. Scrut. Serm, vi. xxvI. — Prudent. Visibilis de fonte Deus, non ipse Deus fons visibilis : cerni

LA TRINITÉ. — LE PÈRE. 255 dans le temps à l'égard de la créature, avec laquelle il n’est point en rapport immédiatement, mais par la médiation du Fils, par lequel il crée, conserve et rachète le monde. Cette dignité da Père, source primitive de l’Ëtre, est exprimée, du reste, par une foule de dénominations, aussi bien que ses rapports avec les créatures, dont il est considéré partout comme le principe et la fin.

C’est à ce point de vue que se rapportent les expressions αὐτόθεος (Orég. in Joan. t. τι, n. 2. 3), ὁ ἐπὶ πάντων Θεὸς (1), πρῶτος θεὸς (2), Deus princeps ( /r70b. passim) χαθολὸς Θεὸς (3), ὑπὲρ ὅν ἄλλος οὐχ ἐστι (4), Θεὸς τῶν ὄλων (5), πατὴρ τῶν ὅλων (6), ποιητὴς τῶν ὅλων (Jusan. Tryph.xxxv. LvI.) παντοχράτωρ (7), δεσπότης (8),

potis est, qui nascitur, at non innatus cerni potis est, Apotheos. seu de divinitate contr. Noet. Hæres.

(1) Orig. Cels. vr, 47. — Const. apl, 111, 17. — Bas. Epl. XXXVIIT. ἢ. 4.

(2) Orig. Ὃ πρῶτος χαὶ ἐπὶ πᾶσι Θεός. Cels. vi, 47. 67.

(3) £us. Or. panegyr. (Hist. Eccl. x, 14.).

(4) Justin. Tryph. ἢ. Lvr. — Cfr. Ὃ ἐπέχεινα Θεός Eus. Dem, Evang. 1, ὅ.

(5) Clem. Str. 11, 9. — Orig. Joan. T. vi, ἢ. 7. — Dion. Rom. (ap. Ath. ΤΉΝ Nic. Syn. n. 26.) — ὅδ. Hist. Eccl. x, 4. Dem. Evang. 1, 5. 111, 6. — Athan. c. Arian. Or. 11. n, 75. — Bas. adv. Eun. 1, 45 sq. 11, 34.

(6) Justin. Apol. τ. n. 45. 61. 63. Tryph. Li. — Zren.1v, 20. ἢ. 1. — Orig. Joan. T. τ. ἢ. 11. 13. ἢ. 3, — Greg. Nyss. Serm. adv, Ari. et Sabell.

(7) Polyc. Smyrn. n. 14. — (Pseudo-) Justin. Epl. ad Diogn. 6. vu. — /ren. 1, 10. 111, 6. ἢ. ἃ. et passim. — Clem. Strom. vi, 3. — Bas. Eun. 1, 4 etc.

(8) Justin. Er’ ὀνόματος γὰρ τοῦ Πατρὸς τῶν ὅλων χαὶ δεσπότου Θεοῦ... Apol. n. 61. — Zat. Græc, n. 5. --- Clem. Οὐχι

παμθασιλεύς (1). Son caractère d'être-principe est aussi reconnu et consacré pratiquement dans la liturgie, dans laquelle les prières lui sont, non pas exclusivement, mais ordinairement adressées (2).

2. La doctrine du Fils, ou la théologie, comme l'appelle Origène (3), est quelque chose de tellement identique au Christianisme, que celui qui le premier voulut la représenter comme un dogme non pas origimal, mais emprunté à la philosophie païenne ou à la théologie juive, dut déclarer en même temps que le Christianisme n’est lui-même autre chose qu’une spéculation juive ou platonicienne; tendance qu’on clairement exprimée : Souverain, dans son Platonisme dévoilé, et Gfroerer, dans son Histoire du Christianisme primitif. Mais il faut remarquer avec soin que les Pères ont puisé leur doctrine du Logos (du Verbe) immédiatement dans l’Écriture Sainte, surtout dans les écrits de l’apôtre saint Jean; puis, et en second lieu, dans la tradition de l'Église; et, malgré leurs efforts pour trouver dans Platon et dans Philon quelques idées analogues à cette doctrine, fidèles à leur conviction intime de la parfaite originalité du Christianisme comme révélation divine, ils ne cherchent

πρὸς τὸν δεσπότην τῶν πάντων χαὶ Κύριον τῶν ὅλων ἀνάδλέψετε : Cohort., ad Gent. n. x.

(1) Clem. Strom. ναι, ὃ. — Eus. Dem. Evang. 1, 5.

(2) €. Carth. (390) ὁ. xxrrr. — Fulgent. ad Fabian. (Arian.) t. 1x. fragm. xxx1v.

(3) Orig. Joan. 1. n. 23. Matth. T. x11. n. 38. — Æus. Hist. Eccl. v, 28 etc. On se sert aussi du mot #héologie pour désiguer soit la doctrine relative à Dieu en général, soit la doctrine relative au Père. — Orig. in Matth. T. χα. ἢ. 2.

point à le constituer ou à le compléter à l’aide d’un système philosophique emprunté au paganisme; ils ne prennent au contraire dans la philosophie païenne les idées qui présentent quelque analogie avec le Christianisme, que pour les épurer, les spiritualiser, et fournir ainsi aux esprits habitués à penser un moyen de s'élever du paganisme au Christianisme ; et si dans quelques-uns le langage semble prendre çà et là quelque teinte de platonisme juif ou païen, la doctrine, comme on le voit par l’ensemble, est à cet égard entièrement irréprochable.

3. Les noms dont on se sert pour désigner la seconde personne de la Trinité divine, sont ceux que l’on trouve employés ordinairement dans l’Écriture, υἱὸς, tout seul, ou bien υἱὸς τοῦ θεοῦ; puis l'expression παῖς θεοῦ (1), appliquée une fois seulement à Jésus- Christ dans les livres saints (Actes 1V. 27), mais que saint Hippolyte (2) et saint Méthode (3) entendent aussi du Christ considéré comme tel; et enfin, le mot λόγος, qui appartient au langage élevé de la prophétie (Joan. τ, Apoc. xix), et qui offre un thème

(1) Polye. (Voy. Eccl. Smyrn. de Martyr. 5. Polyc. n. x1v.) — (Pseudo-) Justin. Epl. ad Diogn. vi. — Athen. leg. n. xx1. — ren. v, 6. n. 1. (puer Dei). — Clem, Quis div. salv. xuir. — Eus. Or. paneg. (in Hist. Eccl. x, 14.) — Dem. Evang. 1, 6. Hist. Ecel. 1, ἃ.

(2) Οὗτος δὲ νοῦς (Λόγος) ὃς προδὰς ἐν τῷ χόσμῳ ἐδείκνυτο παῖς Θεοῦ. cont. Noet. n. χε. C’est par l’incarnation qu’il est devenu tout ἃ fait παῖς Θεοῦ. Ibid. n. xv. Il dit aussi du Fils : Oùtes γὰρ ἄσαρχος χαὶ χαθ᾽ ἑαυτὸν ὃ Λόγος, τέλειος ἦν Υἱὸς, καίτοι τέλειος Λόγος ὧν, μονογενής. Adv. Noet. xv.

(3) Ὃ τοῦ Θεοῦ παῖς, 6 πάλαι μὲν Λόγος. De Christ. et Antichr, ἢ. ur.

fécond à la haute spéculation. On l'explique d’ailleurs de diverses manières. Les Alexandrins entendent λόγος tantôt dans le sens de λέγων, celui qui révèle τὰ τοῦ Θεοῦ (1), tantôt dans le sens de raison (2), tantôt dans le sens de mot, ou parole (3), significations que saint Jérôme déclare toutes justes et vraies (4). Les Pères ont soin, d’ailleurs, de prévenir, par une exposition précise de la nature spéciale du Logos divin, l'inconvénient de l’idée vague ou erronée que l’on pourrait s’en former. Dans ce but, ils font observer partout que le Logos n'est point un mot qui se prononce,

(προφορικὸς) (5), un son qui se produit pour s’'évanouir ;

(1) Clem. Strom. 11, 4. — Orig. Joan. T. x, n. 42. — C'est aussi l'explication qu’en donnent les Sémi-Ariens dans leur profession de foi rapportée par Æpiph. Hær. Lxxux, n. 12.

(2) Clem. Pæd. 1,12. 13.— Orig. in Joan. T. τ, n. 42. τι. fin. «αν. Cels. v, 30. vr, 71 etc.

(3) Justin. Tryph. zxr, — Athen. leg. x. — Greg. Naz. Or. xxx VI. — Jsid. Pelus. 1. x. Epl. exzur, — Tert. Ideoque jam in usu est nostrorum, per simplicitatem interpretationis, Sermonem dicere in primordio apud Deum fuisse ; eum magis rationem competat antiquiorem haberi; quia non sermonalis a principio, sed rationalis Deus etiam ante principium; et quia ipse quoque sermo ratione consistens, priorem eam ut substantiam suam ostendat. Prax. v. Dei spiritus , et Dei sermo, et Dei ratio, sermo rationis et ratio sermonis, et spiritus, utrumque Jesus Christus. De Orat. c. 1.

(4) Logos græce multa significat. Nam et verbum est, et ratio, et supputatio, et causa uniuscujusque rei, per quam sunt singula quæ subsistunt. Quæ universa recte intelligimus in Christo. Epl. ad Paulin, τς nm: 4. (Mart.)

(5) Justin. Tryph. zxr. — Tat. Græc. v. — ren. 1, 13, ἢ. 17.— Theophil. Autol. 11, 10. 22. — Clem. Strom. v, 1. — Tert. Prax. vin. — Melet. “Ὅτι Λόγος ἐστί τε καὶ λέγεται Υἱὸς,

LA TRINITÉ. — LE FILS. 259 ce west pas non plus une pensée intérieure, ἐνδιαθετὸς (1), une pensée pure, un mode sans réalité substantielle; il vient du Père sans diviser ni diminuer sa substance (2); on lui donne ce nom de Logos, pour exprimer que sa naissance est toute spirituelle, et qu’elle n’est entachée d'aucune sorte de corruptibilité ; pour faire voir aussi qu'il est l’expression de l'essence tout entière du Père; c’est la remarque de saint Basile (3) : « Pourquoi, dit-il, ce nom de Lo- «gos? pour montrer qu'il procède d’une nature spi- « rituelle. Pourquoi ce nom de Logos? parce qu'il ἃ «été engendré sans passivité. Pourquoi ce nom de « Logos? parce qu’il est une image du Père, laquelle « reproduit en elle le Père tout entier. »

La seconde personne est encore appelee : la volonté du Père (4), la puissance du Père, le représentant

où μὴν φωνὴ τοῦ Πατρὸς, οὐδὲ ῥῆμα νοεῖται" ὑφέρτονε Las χαθ᾽ ἑαυτὸν, χαὶ ἐνεργεῖ, χαὶ δι’ αὐτοῦ τὰ πάντα, χαὶ ἐν αὐτῷ τὰ πάντα. (Coloss. 1, 16.) Or. ad Antioch. (in Gall. v, 101.)

G) Theoph. Autol. 11, 10. 22. — Greg. Nyss. Ἵνα μὴ προ- ΤΩΝ Λόγον χαὶ ἐνδιάθετον ὑπολαμόάνωμεν" τὸν γὰρ τοῦτον Λόγον ἔν τινι εἶναι χρὴ ἐννοίᾳ À ἐν γράμματι χαθ᾽ ἑαυτὸν À ὑπόστασιν οὖχ ἔχοντα; διὰ ταῦτα εἴρηχε καὶ ὃ Ἰωάννης" καὶ ὃ Λόγος ἦν oùx ἐν τῷ Θεῷ, ἀλλὰ πρὸς τὸν Θεὸν, ἰδίαν ὑπόστασιν ἐπιγράφων τῷ Λόγῳ ἐχ πρατριχῆς οὐσίας ὑφεστῶσαν. Adv. Ari. et Sabell. in Mai, vin. τι. p. 7. — On trouve déjà dans Porphyre Λόγος προφοριχὸς et ἐνδιάθετος (ap. Theophil. in Joan. 1),

(2) Justin. Tryph. τιχτ. — Tat. Græc. c. v.

(3) How. in illud : In princip. erat verbum. ἢ, 3.

(4) Tert. de Orat, 1v. — Mar. Vict. Substantia Pater... Filius motio et voluntas... potentia Pater, actio Filius. c. Ar. τι. 3. Intelligamus igitur, ut sæpe diximus, Deum esse ipsam potentiam, magnitudinem, substantiam plenitudinis totius;

(Tert. Marc. πὶ, 16), et mème (lexpression est hardie) la mesure (1), la détermination du Père (2); la main (3), la main droite (4), le bras de Dieu (Tert. Prax. x); le mouvement (5), l'instrument (6), le nom (7) de Dieu; le rayon (7ert. Apol. xxt), la force (8), l'esprit (9), la voix (10), la sagesse (11) de Dieu; l’envoyé (12), l'interprète (13), le conseiller (14)

Christum vero, id est Λόγον eum, qui in Christo fuit, Dei voluntatem. In Eph.7, 1.

(1) Dixit (quidam πρεσθύτερος apud Irenæum) ipsum immensum Patrem in Filio mensuratum, mensura enim Patris Filius, quoniam et capit eum. Routh. Rel. S. 1, 56.

(2) Ὅρος τοῦ Πατρός. Greg. Naz. Or. xxxvuur.

(3) Zren. v,1.n.3.6.n. 1.15. n. 2.16. n. 1.111, 21. n. 10. 1v, 20. τι. 1.— Greg. Nyss. Vit. Mos. T. 1. p. 241. ed. Mor. cont. Eun. Or. 1v. Τ᾿ 11. p. 584. ed. Mor.

(4) Orig. in Ps. xv1, 8. — Eus. in Ps. zix, 7. — Cyr. Glaphyr. in Exod, 1. τι.

(5) Mar. Vict. in Eph. 1, 1.3. c. Arian. 11, 3.

(6) Ministerium Dei Mar. Pict. in Epbh.1u1, 14.— Cfr. ὕπουρy05 Theoph. Autol. 11, 10. ὄργανον ibid.

(7) Tert. Præscr. c. xr11. de Orat. ὁ. rxr. — Cfr. Mar. ΚΖ οἱ. in Eph. 1, 23.

(8) Tert. Prax. x1x. — Hippol. adv. Noet. c. 1V. x1.

(9) Tert. de Orat. c. 1.— Hippol. adv. Noet., c. τ. — Theoph. Autol. 11, 10.

(10) Zren. adv. Hær. v. 17. n. 1. 2.

(11) Theoph. Autol. 11, 10. — Tert. Prax. très-souvent.

(12) Justèn. Tryph. zxr. cxxviu. — Orig. Cels. v, 53. — Athan. cont. Gent. n. 45. — Marc. Diadoch. (363) Serm. c. Ar. n. 9. (cfr. in Zs. 1x, 5).

(13) Athan. Εἰκότως τοῦ ἑαυτοῦ Πατρὸς ἑρμηνεὺς χαὶ ἄγγελος λέγεται. Cont. Gent. n. 45. — Melet. Toù ἀδνηγήτου ἑρμηνεὺς ἀδιήγητος. Or. ad Antioch.

(14) Hippol. Tv δὲ γινομένων ἀρχηγὸν χαὶ cüubouhov χαὶ ἐρ- Ἱάτην ἐγέννα Λόγον. Cont. Noet. ο. x.

du Père; ἡ ἀρχὴ (1), ἡ δόξα (Just. Tryph. exxvin); le second principe (2), le Père de toute créature (War. Viet. Eph. m, 14. 15), Dieu supérieur à tout ce qui est (3). Puis on lui donne, pour exprimer sa réelle et divine personnalité, les noms de puissance par soi, de vie, de vérité, de justice absolue (4). Quant à l’expression πρωτότοχος, saint Cyrille remarque avec raison qu'elle est relative à l’économie, à l'incarnation ; qu'elle n’est point un nom du Logos, mais un nom du Christ (de Trin. cap. x).

4. La personnalité du Fils est reconnue par les Pères, implicitement d’abord toutes les fois qu'ils expriment la foi au dogme de la Trinité, puis d’une manière explicite, dans une foule de passages (5); c’est ainsi que Tertullien et saint Méthode se prononcent ex professo contre toute doctrine qui con-

(1). Theoph. Autol. 11, 10. — Greg. Nyss. c. Eun. 1. τ. T. τ. p. 395. ed. Mor. — Greg. Naz. Or. xz11. XXXVIN. — Bas. Hexaem. Hom. τ. — Aug. Gen. lit. 1, 1. Civ. Dei 11, τ. 33.

(2) Δεύτερον αἴτιον Clem. Strom. vir, 5. — Cfr. δεύτερος Θεὸς Orig. Cels. v, 59.

(3) Æippol. cont. Noet. c. vr. De theol, et incarn. adv. Beron. et Helic. ἢ. τι. — Cyr. Glaphyr. in Exod. 1. τι. etc,

(4) Αὐτόλογος Orig. Cels. 111, 41. — Athan. Gent, ἢ. 46. — Αὐτοσοφία Orig. Cels. τιτ, 41. Joan. T. xxx11. n. 18. — Athan. Gent. n. 46. (Bas. Sp. S. var. ἢ. 19. αὐτοτέλης σοφία). Αὐτοαλήθεια Cels. ax, 4x. — Athan. Gent. ἢ. 46. (cfr. Orig. Cels. vit, 12. ἀληθείας οὐσία). ---- Αὐτοδύναμις Orig. Joan. T. 1, ἢ, 38. — Athan. Gent. n. 46.— Αὐτοδιχαιοσύνη Orig. Joan. T. 1. ἢ. 11. Cels. v, 39. — Athan. Gent. n. 46. — Αὐτοζωὴ Athan. Gent. n.46.— Bas. Sp. 5. c. vurr. ἢ. 19.

(5) Par exemple, Or'g. Cels. 1, 2. ἢ. 2. vitr, 12. Joan. T. 11. D. 2. VI, ἢ, 22.— ÆEus. Dem, Evang. 1v, 3.

ceyrait le Fils dans le sens du Modalisme (1). Saint Méthode se fonde particulièrement sur les paroles de saint Jean : « Ego et Pater unum sumus » (x. 30), comme, plus tard, saint Grégoire de Nysse sur celles du même évangéliste : « l’erbum erat apud Deum, et Deus erat Ferbum »(1. x). D’autres s’appuient sur cette raison, que, sans la personnalité réelle du Fils, il est impossible de concevoir qu'il ait opéré la rédemption du genre humain (Eus. Dem. Ἐν. 1v. 3). L

5. Quant à la divinité du Fils, la foi de l'Église à cet égard est clairement établie par les témoignages mêmes de ses ennemis, de Pline le jeune, par exemple, qui, dans sa lettre à l’empereur Trajan (lb. x, ep. xcvr1), assure que les chrétiens chantent des hymnes en l'honneur du Christ, comme d’un Dieu; de Lucien, qui reproche aux chrétiens d’adorer comme Dieu un homme crucifié (2), pour lequel ils abandonnent les dieux de la Grèce (Mort. Peregr. n. 13); de Tryphon, qui soutient l’impossibilité que Dieu devienne homme (Just. Tryph. rxvrir); de Celse, qui reproche aux chrétiens d’adorer un homme (Orig. Cels. vrrr. 12. 15), et de mettre Dieu au-dessous de lui (Orig. Gels. vrrr. 14. 15).

Cette foi en la divinité du Fils ne ressort pas moins clairement des témoignages que lui rendent partout les Pères de l'Église, soit en attribuant au Fils les noms, les opérations, et la nature de Dieu,

(a) Tert. Prax. 11. x1x, — Method. adv. Noet. c. vux. (2) Τὸν μέγαν (μάγον Cleric. Gessner, Wieland.) ἐχεῖνον ἔτι σέῤουσιν ἄνθρωπον etc. de Morte peregr. 1), 11.

LA TRINITÉ, — LE FILS, 263 soit en lui rendant les honneurs divins, soit en attestant sa présence continuelle au sein de l'Église.

Dans l’épitre de saint Barnabé, le Christ est désigné comme le Fils de Dieu manifesfé dans la chair, par lequel nous avons été rachetés (n. v. vir), par lequel tous les hommes sont guidés vers leur fin (νι). Saint Clément pape l'appelle « le sceptre de la majesté de Dieu (1 Cor. n. 16); » il rappelle aux Corinthiens comment la passion de Dieu a toujours été présente à leurs regards, et les exhorte à penser au Christ comme étant Dieu, et comme devant être le juge des vivants et des morts (1 Cor. n. 2).

Saint Ignace l'appelle notre Dieu (Trall, n. vir. Rom, ἢ. πὶ. Polyc. n. vin), le Dieu incarné (Eph. n. vu); il appelle son sang le sang de Dieu (Smyrn. n. 1); il veut être imitateur des souffrances de son Dieu (Rom. n. x1v); il désigne expressément le Logos comme éternel (Magn. n. vu). L'auteur de lépitre à Diognète, attribuée à saint Justin, mais qui est d’un temps plus ancien, dit que Dieu n’a pas envoyé sur la terre un serviteur, ou un ange, mais le démiurge; « il a envoyé Dieu; il l’a envoyé aux hommes; il l’a «envoyé pour racheter les hommes (n. vin). » Saint Polycarpe l'appelle le Fils éternel de Dieu (Smyrn. Eccl. de Morte. 5. Polycarp. n. 14), à qui tout est soumis dans le ciel et sur la terre, à qui tous les esprits obéissent {1), qui est notre espérance et le gage de notre justification (Phil. n. vin).

(x) Ὧ ὑπετάγη τὰ πάντα ἐπουράνια καὶ ἐπίγεια" λατρεύει, Phil. n, τι,

-En

Saint Justin l'appelle expressément Dieu (1); il affirme que c’est lui qui apparaît dans l’Ancien Testament sous le nom de Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob (2), et il conclut sa divinité de la réalité de sa filiation divine (3). Relativement au mystère de la génération divine, il en appelle au témoignage que le Verbe lui-même en a rendu : « C’est le Verbe, dit- «il, le Verbe de la divine sagesse qui rend ce témoi- « gnage, et il est lui-même le Dieu, qui est engendré «du Père de toutes choses (4) »; et 1] dit aux juifs: « Si vous aviez considéré avec attention ce que les « prophètes ont écrit, vous n’auriez pas nié qu'il est « Dieu, et Fils unique de Dieu (Tryph. cxxi). » Tatien soutient contre les païens la réalité de la venue de Dieu au milieu des hommes sous la forme humaine (Græc. xx1), et il donne au Saint-Esprit le nom de διακόνος de Dieu, qui ἃ souffert (ἐδώ. n. xin). Saint Irénée l’appelle le seul vrai Dieu (solus Deus, tr, 8. n. 3); il remarque qu'aucun autre n’est appelé Dieu, que le Seigneur et le Dieu de toutes choses, et son Fils Jésus-Christ (111, 6. n. 21); que le nom de Dieu n’est jamais appliqué aux anges d’une manière absolue, mais qu’on y joint toujours quelque autre mot qui indique leur nature finie (ur, 6. n. 3. 5); que les Mages offrirent de l’encens à Jésus-Christ, «parce qu'il est Dieu (111, 9. n. 2); que le Saint-Es-

(1) Ὃς καὶ Λόγος πρωτότοχος ὧν τοῦ Θεοῦ, χαὶ Θεὸς ὑπάρχει. Apol. 1. n. zx. Tryph. €. xxxvr. LVL. sq.

(2) Apol. 1. n. 1Χ111. Tryph: c. Lvr.

(3) Apol. 1. n. zxur. Tryph. cxxv. GxxvI.

(4) Μαρτυρήσει δέ μοι ὃ Λόγος τῆς σοφίας, αὐτὸς ὧν οὗτος ὃ Θεὸς ἀπὸ τοῦ Πατρὸς τῶν ὅλων γεννηθείς. Tryph. n, Lxr.

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LA TRINITÉ. — LE FILS. 265 prit le proclame Dieu dans l'Ancien et dans le Nouveau Testament (1). » Pour prouver sa divinité, il allègue qu'il a remis les péchés (v. 17. n. 3), et qu'il est établi médiateur entre Dieu et nous (11, 18. n.7). Méliton de Sardes dit du Christ qu'il est Dieu et homme (Ap. Zus. Hist. Ecel., v, 28); et des chrétiens, qu'ils adorent non pas une pierre, mais Dieu le Verbe (2).

Rien n’est plus explicite que ces paroles de Clément d'Alexandrie : « Le Logos, qui est Dieu et « homme, qui est la source de tous les biens (Coh. 1 ).» « Homme, dit-il plus loin, crois à celui qui est Dieu « et homme, au Dieu vivant qui a souffert et qui est « adoré (ibid. x). » Et ailleurs : « le Logos divin «(str. v, 14); Dieu le Rédempteur (ébëd. 11, 9); il « savait comme Dieu ce qu’on voulait lui demander » (Quis div. salv.; cfr. str. IV, 17, vr, 7).» —Origène parle de l'ineffable « divinité de Jésus » (Cels. v,48); il appelle Jésus « Dieu » (3); il désigne le Logos comme l’image de Dieu, et comme Dieu (In Gen. x, 6. In Joan. t. 1. ἢ. 11), comme αὐτόλογος, αὐτοσοφία, αὐτοαήθεια (Cels. 111, 41), αὐτοδικαιοσύνη (Cels. v, 39); il attribue au Rédempteur lPhumanité et la divinité

(1) Quoniam autem ipse proprie præter omnes, qui fuerunt tunc homines, Deus, et Dominus, et rex æternus, et unigenitus, et Verbum incarnatum prædicatur et ἃ prophetis omnibus, et apostolis, et ab ipso spiritu, adest videre omnibus qui vel modicum de veritate attigerint, 111, 19. n. 2,

(2) Apol. fragm. in Chronic. Pasch. (ap. Gall, T. 1. p. 678).

(3) Ὃ Θεὸς Ἰησοῦς Cels. v, 66. Θεὸς Ἰησοῦς Cels. v, ὅτ. Θεὸς

ἄρα καὶ χατὰ τὴν γραφὴν ὃ σωτήρ. (Select. in Gen. 1x, 6.)

(Matth. t, xvn, n. 20), et reconnaît qu'il ἃ tout ge que le Père à lui-même (Jerem. Hom. vi, mn, 2), que l'honneur dû à Dieu lui appartient et lui est rendu par l'Église (1); aussi termine-t-il lui-même presque toutes ses homélies par la doxologie du Christ; il déclare enfin que c'est la marque d’un homme pervers de ne pas croire que Jésus est Dieu (Cels. ur, 30). Il est vrai, après cela, qu'on trouve dans ses écrits des passages évidemment empreints de Subordinatianisme (2); mais on peut, sans soupçonner avec Rufin les Ariens d’avoir altéré les écrits d’Origène, admettre comme explication qu'il a mal conçu la nature du Père considéré comme source primitive de l'être, et aussi qu'il a entendu parler de la nature humaine de Jésus-Christ; d'autant plus que nous voyons saint Grégoire Thaumaturge, saint Pamphile, saint Athanase, saint Grégoire de Nazianze, se porter comme témoins et comme garants de son ortho-

(1) Ἕνα οὖν Θεὸν, ὡς ἀποδεδώχαμεν, τὸν Πατέρα καὶ τὸν ΥἹὸν θεραπεύομεν " καὶ μένει ἡμῖν ὃ πρὸς τοὺς ἄλλους ἀτενὴς λόγος" χαὶ. où τὸν ἐναγχὸς ἐκφανέντα, ὡς πρότερον οὐχ ὄντα, ὑπερθρησχεύομεν. Cels. ναι, 12. Μόνῳ γὰρ προςευχτέον τῷ ἐπὶ πᾶσι Θεῷ, καὶ προςευχτέον γε τῷ Μονογενεῖ, καὶ πρωτοτόκῳ πάσης χτίσεως, Λόγῳ Θεοῦ. var, 46, Ὑμνοὺς γὰρ εἰς μόνον τὸν ἐπὶ πᾶσι λέγομεν Θεὸν, καὶ τὸν μονογενῇ αὐτοῦ Λόγον καὶ Θεὸν, χαὶ ὑμνοῦμεν γε Θεὸν, καὶ τὸν μογογενῇ αὐτοῦ. vins, 67. Cfr, v, 4, van, 13. 26, In ἔχοι, Hom, τι. fin.

(2) Ὁ μετὰ Πατέρα δεύτερος. In Joan. T, vr, ἢ, 23, Θεὸς τῶν ὅλων μετὰ Πατέρα. In Joan, Τὶ 1. n, 11, Θεὸς κατὰ τὸν τῶν ὅλων Θεὸν καὶ Πατέρα. Cels. 11, 9. δεύτερος Θεός, Cels, v, 39. Θεοποιούμενος. Joan, T, 11, n. 2. Le Père est plus grand que le Fils, In Joan, T, xur, ἢν 25, — Cels, για) 14, 19, — Orat. ἢ,

doxie; Socrate, d’ailleurs, affirme qu'aucun de ses ennemis ne la jamais attaqué pour sa doctrine sur la Trinité (Hist. Eccl., vi, 13); et l’on peut se rappeler que les évêques d'Arabie eurent recours à lui pour combattre Bérylle de Bostra,

Tertullien, dans son Apologétique, professe devant les païens en termes courts, mais très-clairs (1), la doctrine de la divinité du Fils : ilest, dit-il, sorti du Père, et il est de la même substance que lui; il est « Dieu de Dieu, comme la lumière est de la lumière.»

Tertullien exprime encore la même doctrine dans son livre contre les juifs (2). 1] montre ailleurs la possibilité d’une incarnation de Dieu (3); il parle d’un Dieu crucifié, qui est mort, et qui toutefois vit éternellement (4). Dans le livre contre Praxéas, il développe la réalité de l'existence du Fils, et sa naissance éternelle du sein du Père, aussi bien que la parfaite consubstantialité de lun et de l’autre (5). Après une profession de foi aussi expresse, on peut et on doit expliquer favorablement quelques expressions

(1) Pauca de Christo ut Deo. Apol. xx1. Discipuli... præcepto magistri Dei paruerunt, Ibid. Quod de Deo profectum est, Deus est , et Dei Filius, et unus ambo, Ibid. De Deo Deus, ut lumen de lumine accensum. Ibid.

(2) Christus omnibus Deus et Dominus est. c. vu. Cfr, x11.

(3) Carn. Christ. ce. 1. 1v. adv. Marc. 11, 16. 11, 12.

(4) Christianorum est, etiam Deum mortuum credere , et tamen viventem in ævo ævorum. Marc. 11, 16, Deus crucifixus. Marc. τι, 27. Non sumus nostri, sed pretio empti , et quali pretio ? sanguine Dei. Ux. 11, 3.

(5) Solus ex Deo genitus. Prax, vir. Filium non aliunde deduco , sed de substantia Patris. Prax. 1v, Consortes (F. et Sp. S.) substantiæ Patris. Ibid. ur.

inexactes qui lui sont échappées dans l'exposition de la relation du Père, considéré comme premier principe, avec le Fils, comme engendré du premier principe (1).

D'après saint Hippolyte, le Fils est véritablement Dieu (2); il est l’infiniment bon (3). Celui qui descend avec la foi dans le bain de la régénération, combat le principe du mal, et se déclare pour le Christ; il renonce à l’ennemi de Dieu, et reconnait que le Christ est Dieu (Serm. in S. Theoph. n. x). Saint Denys d'Alexandrie, suspecté dans sa foi relativement à la consubstantialité du Fils, repousse solennellement cette accusation dans une lettre justificative adressée au pape saint Denys (4). Nous trouvons la même foi professée par Théonas d'Alexandrie (+ 282), lequel

(1) Pater enim tota substantia est : Filius vero derivatio totius et portio. Prax. c. 1x. Cfr. vir. x1v. Quia et Pater Deus est, et judex Deus est; non tamen ideo Pater et judex semper, quia Deus semper. Nam nec Pater potuit esse ante Filium, nec judex ante delictum. Fuit autem tempus , cum et delictum et Filius non fuit, quod judicem, et qui Patrem Dominum faceret. c. Hermog. c. ΠῚ.

(2) Θεὸς dv ἀληθινῶς, adv. Judd. 6. τν. οὗτος 6 ὧν ἐπὶ πάντῶν Θεὸς ἐστιν. contra Noet. c. vr. γέγονεν οὖν ἀληθῶς, κατὰ τὰς Γραφὰς, μὴ τραπεὶς ὃ τῶν ὅλων Θεὸς, ἄνθρωπος ἀναμάρτητος. adv. Beron. et Helic. n. τι. Meuévnxev οὖν χαὶ σαρχωθεὶς χατὰ τὴν φύσιν Θεὸς ὑπεράπειρος. Ibid,

μόνον ἀπειροσθενὲς ἀγαθόν. adv. Beron. et Helicon. n. 1.

(4) Ἅπερ καί σοι δι᾿ ἄλλης ἐπιστολῆς ἔγραψα“ ἐν οἷς ἤλεγξα καὶ «Ὁ À La va 4 Ἐ " ΣΆ τ ὌΝ EL € » λέ N A ὃ προφέρουσιν ἔγχλημοα κατ᾽ ἐμοῦ, ψεῦδος ὄν, ὡς οὐ λέγοντος, τὸν “Χριστὸν ὁμοούσιον εἰναι τῷ Θεῷ, Epl. ad Dion, Rom. ap. 4than, Ar, -p: 265;

LA TRINITÉ. — LE FILS. 269 donne à un chrétien, qu'il croit pouvoir parvenir à être chargé de la bibliothèque de l'empereur, des instructions sur la manière de le gagner à la foi en passant, dans la conversation, de la littérature païenne à la littérature chrétienne, et en lui exposant la divinité de Jésus-Christ (1). Saint Cyprien nomme le Christ « Dieu »; « Notre-Seigneur et Dieu » (2). « Quel aveuglement d'esprit et quelle malice n’est-ce « pas, dit-1l dans une de ses Lettres, de ne point vou- « loir reconnaître l'unité de la foi qui nous vient de « Dieu le Père, et de Jésus-Christ Notre-Seigneur et « Dieu (Ep. Lxxt1v)? » Et ailleurs : « C’est lui qui est « notre Dieu, c’est lui qui est notre Christ » (ἐμοί. « vanit.). « Quelle gloire et quel bonheur ce sera « pour toi, dit-il à un chrétien qu'il exhorte au mar- «tyre, d’être admis à voir Dieu, d’être appelé à goù- «ter la joie du salut et de la lumière éternelle avec « Jésus-Christ le Seigneur ton Dieu (Epl. τινι de coh. «ad martyr.)!»

Le pape saint Félix (3), saint Pierre d’Alexan-

(1) Interdum et divinas Scripturas laudare conabitur... laudabitur et interim Evangelium Apostolusque pro divinis oraculis ; insurgere poterit Christi mentio , explicabitur paulatim ejus sola divinitas. Epl. ad Lucian. Cubicular. præpos. c. vus. (in Routh. Rel. S. 1117. p. 311.)

(2) Habemns advocatum et deprecatorem pro peccatis nostris Jesum Christum et Dominum Deum nostrum. Epl. 111. Cfr. Epl. zvr. LXXIT, LXX1V.

(3) Credimus in Dominum nostrum Jesum Christum, ex virgine Maria natum, quod ipse et sempiternus Dei Filius et Verbum... sed cum perfectus Deus esset, factus est simul homo perfectus, Epl. ad Maxim. Epp. et Cler. Alex.

drie (1), Arnobe (2), ne s'expriment pas avec moins de précision. La foi de Lactance à cet égard ne saurait non plus être regardée comme douteuse, malgré quelques façons de parler qui lui sont propres (3), d’autres endroits de ses écrits offrant un langage bien " plus précis et bien plus formel (4). Eusèbe, dont plusieurs ont voulu suspecter la foi à la divinité du Fils, la cependant reconnue dans ses écrits de la manière la plus explicite. Il dit des juifs qu'ils n’ad-

δίδως, ταῦτα, τά τε τούτοις ὅμοια, τά τε σημεῖα πάντα ἃ ἐποίησε, καὶ ai δυνάμεις δεικνῦσιν αὐτὸν Θεὸν εἶναι ἐνανθρωπήσαντα᾽ τὰ συναμφότερὰ τοίνυν δείκνυται - ὅτι Θεὸς ἦν φύσει, χαὶ γέγονεν ἄνθρωπος φύσει. De advent. Domini fragm. in Routh. Reliq. S. 111, 346.

(2) Deus ille sublimis fuit, Deus radice ab intima, Deus ab incognitis regnis , et ab omnium principe Deus sospitator est missus. adv. Gent. 1, 53, Ideo Christus, licet vobis invitis Deus , Deus inquam Christus, hoc enim sæpe dicendum est, ut infidelium dissiliat et disrumpatur auditus, Dei principis jussione loquens sub hominis forma. 11, 60.

(3) ΠῚ appelle le Fils zuntius et minister de Dieu. Ira Dei. c. τι. Ailleurs il l'appelle primus et maximus Filius, et 1] donne aux anges le nom de flü. Instit. div. 11, 8.

(4) Cum dicimus Deum Patrem, et Deum Filium, non diversum dicimus, nec utrumque secernimus; quia nec Pater sine Filio esse potest, nec Filius à Patre secerni.. una utrique mens, unus spiritus, una substantia est. Inst, div. 1v. 29. Fortasse quærat aliquis, quomodo, cum Deum nos unum colere dicamus, duos tamen esse asseveremus, Deum Patrem et Deum Filium. Ibid. Negant Deo dignum , ut homo fieri vellet seque infirmitate caruis oneraret.…. Cur, aiunt, ad homines docendos non ut Deus venit? Cur vim ab imbecillis et mortalibus passus est? Cur non manus hominum, aut virtute repulit, aut divinitate vitavit? Cur non majestatem suam sub ipsa saltem morte patefecit. Instit. div. 1v, 22.

LA TRINITÉ. — LE FILS. 271 mettent pas, comme les chrétiens, la divinité du Christ (Dem. Ev. 1v, 1); il appelle le Verbe de Dieu vrai Fils, et vrai Dieu ; et lui donne les noms d’adroνοῦς, d'abrodyabos (1), ἀ᾽ αὐτόθεος (2); 11 le regarde comme la vraie et unique image de la divinité (3), et comme consubstantiel au Père (4). Théodote prétendant que le dogme de la divinité de Jésus-Christ était une invention postérieure, qui ne s'était produite que sous le pape saint Victor, il fait observer qu'on le trouve exprimé dans les livres saints, et

(x) Καιρὸς À ἤδη χαλεῖ, μυστιπωτέρβς περὶ αὐτοῦ ϑερλογίας ἃ pd Joie, καὶ τὸν Θεὸν λόγον, ὅςτις ποτ᾽ ἣν 6 διὰ τοῦ φαινομένου ἀνδρὸς τὰς θαυματουργίας ἐχτελῶν, ἐποπτεῦσαι. Dem. Evang. 11, 6, Καὶ δὴ τῶν ὄντων ἁπάντων πρῶτον ὑφέστησεν (6 Θεὸς) αὐτοῦ γέννημα, τὴν πρωτότοχον σοφίαν, ὅλην δι᾿ ὅλου νοερὰν καὶ λογικὴν, καὶ πάνσοgov, μᾶλλον δὲ αὐτονοῦν, χαὶ αὐτόλογον, χαὶ αὐτοσοφίαν, καὶ εἴ τι χαὶ αὐτοχαλὸν, χαὶ αὐτοαγαθὸν ἐπινοεῖν ἐν γεννητοῖς θέμις, τοῦτο πρῶτον αὐτὸς ἐξ αὐτοῦ θεμέλιον τῶν μετὰ ταῦτα γενησομένων προδάλλεται. To τέλειον τοῦ τελείου δημιούργημα, καὶ σόφου σόφον ἀρχιυτεχτόνημα,, ἀγαθοῦ Πατρὸς ἀγαθὸν γέννημα. Dem. Evang. 1v, 2.

(2) Or. panegyr. in Hist. Eccl. x, 14.

(3) Ὅθεν εἰκότως οἵ χρησμοὶ θεολογοῦντες Θεὸν γεννητὸν αὐτὸν ἀποφαίνουσιν, ὡς ἂν τῆς ἀνεχφράστου χαὶ ἀπερινοήτου θεότητος μό-νον ἐν αὐτῷ φέροντα τὴν εἰχόνα, δι’ ἣν καὶ Θεὸν εἶναί τε αὐτὸν καὶ λέγεσθαι τῆς πρὸς τὸ πρῶτον ἐξομοιώσεως χάριν. Dem. Evang. 1v, τ

(4) Μιᾶς οὔσης φωτὸς οὐσίας, υἱαν καὶ τὴν ἐξ αὐτοῦ γεννωμένην τελείαν αὐτὴν πᾶσα ἀνάγχη τίθεσθαι. Dem. Evang. 1v, 3. Il explique ainsi l’épithète δμοούσιος du symbole de Nicée : Παρα-στατιχὸν δὲ εἶναι τὸ ὁμοούσιον τῷ Πατρὶ, τοῦ μηδεμίαν ἐμφερείαν πρὸς τὰ γεννητὰ χτίσματα τὸν ΥἹὸν τοῦ Θεοῦ φέρειν, μόνῳ δὲ τῷ Πατρὶ τῷ γεγεννηχότι κατὰ πάντα τρόπον ἀφωμοιῶσθαι" καὶ μὴ Etναι ἐξ ἑτέρας τινος ὑποστάσεώς τε χαὶ οὐσίας, ἀλλ᾽ ἐκ τῆς τοῦ Παπρός, Epl. ad Cæsar. ap. Soc, τ, 8. τὰ Theod, Hist, Eccl. 1, 12, al. 11.

dans les docteurs de l'Église qui ont écrit avant le pape saint Victor; que Jésus-Christ est appelé Dieu dans les écrits de saint Justin, de Miltiade, de Tatien et de Clément ; que sa divinité est reconnue en même temps que son humanité par saint Irénée, Méliton et tous les autres ; et qu’on trouve la même doctrine dans les psaumes et les cantiques composés par les fidèles dès les temps les plus anciens, et qui célèbrent le Verbe comme Dieu (Hist. Eccl., v, 28).

La foi de l’Église à la divinité du Fils ressort clairement aussi de la profession de foi des martyrs ; de celle, par exemple, de sainte Félicité et de ses fils (Pass. S. Felicit. n. 4), de celle de saint Justin (Act. S. Justin. n. 1), de saint Epipodius (Pass. 85. Epip. n. 6), de saint Pierre de Lampsaque (Act. SS. Petri, Andreæ, etc., ἢ. 1), de saint Achatius (Act. disput.S. Achat. n. 3), de sainte Crispine (Act. S. Crisp.), de saint Lucien (Or. coram præside ap. Aufin. Hist. Ecel. ix. 6), de saint Mammarius (Act. S. Mamm.). C'est pour cette foi que les Novatiens furent persécutés par Valens (Soc. hist. Eccl. 1v, 9).

6. À l’appui de la filiation et de la réelle divinité du Fils, les Pères invoquent l’idée même de la paternité divine, et sa réalité (1); ils ajoutent que, puisque Dieu a tout créé par le Fils, le Fils doit être in-

(1) Justin. Apol, 1. ἢ. 63. Tryph. ἢ. cxxv. cxxvi. — Orig, in Matth. T. xvix, n. 20. — Athan. passim. — Aug. Tale est, quod dicis, quale si homo generaret equum. Alterius enim substantiæ est homo, alterius equus. Si ergo Filius alterius substantiæ est quam Pater, monstrum generavit Pater. Quando enim creatura , id est, mulier parit quod non est homo , monstrum dicitur. Serm. cxxxIx. n. 3.

LA TRINITÉ. — LE FILS. 273 créé (1); que s'il n'était pas Dieu, il ne serait ni médiateur, ni Rédempteur (2), et ne pourrait communiquer l'esprit divin (3); c’est-à-dire que le christianisme n'aurait plus de sens (4), et que l'Église ne serait plus l'Église (5). Relativement à l'usage de l'Écriture, qui nomme ordinairement le fils Κύριος, Seigneur, et le Père, Θεὸς, Dieu, ils font observer que l’idée de Seigneur χυριότης n'exclut pas plus l'idée de Dieu, θεότης, que l'idée de Dieu n'exclut celle de Seigneur (6).

Les Pères entendent d’ailleurs du Fils de Dieu une foule de passages de l'Ancien Testament (cfr., par exemple, Genèse, 1, 26 (7), x1, 7 (8), xviu, 2 (9), xix, 24 (10); Isaïe, xxv, 9 (11); Prov. va,

(1) γον. Athan. passim. — Aug. e. Serm. Ar. n. 3.

(2) Zren. 111, 18. n.7. — Athan. adv. Ar. Or. 11. ἢ. 70.

(3) Athan. adv. Ar. Or. 11. ἢ. 18.

(4) Greg. Naz. Εἰ κτίσματι ἐλάτρευον. οὐχ ἂν χριστιανὸς ὦνο-μαζόμην. Eic τί γὰρ χριστιανὸς τίμιον ; οὐχ ὅτι Θεὸς 6 Χριστός ; Orat. XXXVII, 17.

(b) Aug. Roma conditorem suum, jam constructa et dedicata, Deum coluit in templo : hæc autem Jerusalem conditorem suum Deum Christum, ut construi posset et dedicari, posuit in fidei fundamento. Civ. Dei xx, 6.

(6) Hilar. Trin. παι, 35-37. — Theod. in 1 Cor. vu, 6. — Orig. Qui Deus est, idem Dominus est, et qui Dominus, idem et Deus. In Luc. Hom. vixr.

(7) Zren. 14. Præf. — Theoph. Aut.11, 18. — Εἰς, Præp. Evang. vx, 5. Hist. Eccl. 1, 2.

(8) Aug. Civ. Dei xvt, 6.

(9) Justin. Tryph. ΤΥ. — ren. 11, 6.n. 1. — Tert. Marc. 11, 27. IUT, 9. — Épiph. Anc. XXIX. XXXIX.

(xo) Tert. adv. Prax. c. xrir.

(11) ren. avd. Hær.1v, 9. n. 2.

24, 33(1); Psal.u, 7) (2), et ils signalent des traces de l’idée du Logos jusque dans les auteurs profanes, dans les poésies Orphiques (3), dans les écrits attribués à Hermès (4), dans Platon (5), dans Zénon (6), dans Philon (7). [ De nombreux passages du Nouveau Testament sont, en outre, invoqués par eux à l’appui de cette doctrine. |

7. Quant à la génération du Fils, ils ne manquent pas de remarquer qu’elle est tout à fait spirituelle (κατὰ πνεῦμα γέννησις, Hippol. adv. Noet. xvi), ineffable (/ren. n, 28, n. 6), incompréhensible (Didym. Trin. 1, 9), et pour en déterminer le mode avec plus de précision, ils emploient les expressions processio (8), prolatio, προβοχή (9), qui, bien qu’elles sentent fortement l’idée d'émanation et qu’elles aient été prises en ce sens par les Valentiniens (10) et par

(1) Justin. Tryph. zx. — Aihen. leg. x. — Tert. Prax. vi. — Orig. Prince. ï, 2.

(2) Orig. de Orat. ἢ. vi. — Greg. Nyss. Or. adv. Ar. et Sabell. in Mai. T. vint. P. 11. p. 3.

(3) Just. Coh. ad Gent.

(4) Lact. Instit. div. 1v, 6. 7.

(5) ως. Præp. Evang. x1, 10, — Theod. de principio. Serm. 11.

(6) Lact. Instit. div. τν, 9.

(7) Eus. Præp. Evang. vu, 13. — Greg. Nyss. adv. Eun. 1. var. T. τι. p. 665. ed. Mor.

(8) Tert. adv. Prax. var. prodire. ibid,

(9) Zren. Quia prolationem istam, sive generationem, sive nuncupationem, sive adapertionem, aut quolibet quis nomine vocaverit generationem ejus inenarrabilem existentem, nemo novit. 11,28. n. 6. Prolatio. Zert. Apol. xxr.

(10) Zren. τι, 28. n. 5.— Tert. adv. Prax, vin.

Origène , n’en ont pas moins été admises par beaucoup de Pères, d’après le témoignage de saint Pamphile; Origène, du reste, s'efforce d’en écarter toute fâcheuse interprétation (Princip. 1, 2). L'expression προδολὴ ἃ trouvé un ardent défenseur dans Tertullien, qui fait remarquer, d’ailleurs, que l'usage ou l'abus qu'en ont fait les Valentiniens ne saurait la rendre mauvaise. Les autres expressions employées par les Pères, sont derivatio (1), ἀποῤῥοία (2), sionatura (3), προπηδᾷν (4), ἐκλάμπειν, ἀναλάμπειν (5. Cyr. passim), condere (Tert. Prax. vi. Cfr. Prov. vin, 22). Ils prennent pour objet de comparaison la manière dont l’eau jaillit de la source, dont le rayon sort du soleil (Hippolyt. c. Noet. x1), dont la lumière émane de la lumière (5); cette dernière image a été plus tard consacrée par le concile de Nicée. Toute idée de séparation entre le Père et le Fils est rejetée, du reste, sans hésitation (6).

(1) Tert. adv. Prax. 111. 1X, 14.

(2) Athen. eg. x. — Orig. in Joan. T.x1ur. n, 25, — Æus. Dem. Evang. 1v, 3. --- Cfr. Sap. vrr, 26.

(5) Hilar, Trin. va, 46 (d’après Joan. νι, 27).

(4) Tat. adv. Græc. v. — Theoph. Autol, 11, 14.

(5) Φῶς ἐκ φωτὸς Justin. Tryph. exxvur. — Tat, v. adv. Græc. — Clem. Coh. v. —— Ori. in Joan. T. τι. — Hippolrt. adv. Noet. x1. — Tert. Apol. Les Ariens rejetaient cette image comme rappelant les idées des Hiéracites.

(6) Tert. Pater et Filius duo, et hoc non ex separatione substantiæ. Prax. x1x. — ἔπ. Οὐ κατὰ προῤολὴν, ἢ κατὰ διαίρεσιν; À τομὴν, À μείωσιν, ἢ χατά τι τῶν ἐν σώμασιν ὑπονοουμένων " ἀσεδὴ γὰρ ταῦτα, καὶ πάμπαν ἀπῳχισμένα τῆς ἀῤῥήτου γενεσιουρ-γίας. Dem. Evang. 1v, 19. Cfr. v, 1. — Melet. Vévvnux τέλειόν τε χαὶ μένον, x τελείου χαὶ μένοντος ἐν ταυτότητι, οὐχ ἀποῤῥεῦσαν

Quant au principe même de la génération du Fils (principiur quo), nous le trouvons rapporté tantôt à la volonté (1), tantôt à l'intelligence (2) : c’est ainsi que l’entendent constamment saint Augustin et les ἡ théologiens des temps plus récents.

8. Relativement au rapport du Logos avec la création, c’est lui, d’après la doctrine des anciens Pères, qui en est l’auteur (3), le conservateur (4), le régisseur souverain (5); il y est continuellement présent (6);

x Πατρὸς, οὔτε ἀποτμηθέν te χαὶ διαιρεθὲν, ἀλλ᾽ ἀπαθῶς καὶ δλοχλήρως προελθόν. Or. ad Antioch. — Galland. T. v. p. 107.

(1) Justin. Tryph. Dial. 1x1. — Tur. adv. Græc. v. — Clem. Coh. x. Pædag. 11. c. ult. — Tert. Or. 1v.—(Pseudo-) Clem. Recogn. 1, 24. (Cfr. Cotel. h. 1.)

(2) Zren. τ, 28. n. 5. — Mar. Vict. (Deus est) in eo quod est ipsum principale esse; esse autem ipsum, est principale habere, vivere et intelligere. Sed intelligere atque vivere, forma quædam est et imago ipsius existentiæ, Cum igitur existentia Deus sit... atque id magis quod supra existentiam est ; forma autem existentiæ moveri, intelligere, vivere : circumformatur enim et definitur quodammodo, id est, in considerationem et cognoscentiam devocatur, quod sit illud esse, quod invisibile est et incomprehensibile , vivere intelligitur et intelligere. Ita esse, Pater est : vivere autem et intelligere, quæ ista ipsa in eo sunt, quod est esse, quasi forma. Christus ergo Dei forma est : vita enim est Christus, et cognoscentia et intellectus. Hæc igitur forma et imago Dei. In Phil. τι, 7.

(3) Justin. Coh. n. 15. — Tat. Gr. v. x1x. — Zren. 1W, 20. τς T.elc. ἢ

(4) Zren. ν, 18. n. 3. — Eus. Dem. Evang. 1v, 2. — Athan. Gent. ἢ. 4x etc.

(5) Zren. v, 18. n. 2. — Clem. Str. vx, 2. — Greg. Thaumat. Or. panegyr. in Orig. n. vi. — Εἰ, Dem, Evang, 1v, 2. — Athan. Gent. ἢ. 42 etc.

(6) ren, 111, 16. ἢ. 6. -- Orig, adv. Gels. v, 24.

LA TRINITÉ. — LE FILS. 277 il est le principe de la vie dans les êtres vivants (1), le principe de l'intelligence dans la créature intelligente (2). Quand saint Athanase dit : « Il est en de- « hors de tout comme substance, et en tout comme « force et comme principe d'action » (Inc. v. ἄς n. 17), son intention n'est pas de nier la présence substantielle du Verbe dans la création, mais seulement de déclarer que les choses créées ne doivent point être considérées comme le lieu où comme le siége du Logos , et qu'il est dans le Père seulement; c’est le sens que le contexte exprime et qu’on trouve dans plusieurs autres passages (par ex. id. n. 41). C’est le Verbe, disent les Pères, qui fit à Adam la défense de manger du fruit de l'arbre interdit (3), qui fut le guide des patriarches (4), qui inspira les prophètes(5),qui instruisit Israël (6), et même qui éclaira l'intelligence des philosophes (7). Cependant les Pères font observer que les communications du Verbe avec les patriarches, ainsi que les apparitions dont il les favorisa, n'étaient point immédiates , mais qu'elles avaient lieu par lintermé-

(1) Mar. Vict. c. Ar. int, D. In Eph. 1, 1. — Orig. in Joan. T. vi. n. 23 etc. Il faut citer comme remarquablement beau le fragment tiré des « Éléments de théologie » d’Hiérothée, qui se trouve dans Dionys. div. Nomin. c. 11. 6 10.

(2) ας. Dem. Evang. 1v,6.— Maxim. qu. in Script. xx,

(3) ren. adv. Hær. v, 17. ἢ. 1.

(4) Justin. Apol. τ. ἢ. 62. 63. Tryph. n. zxxv. — Theoplil. Aut, 11, 10. 22. — Jren. 111, 46. — Tert, Prax, VI. XVI. — Clem. Pæd. 1, 7 ete.

(5) Justin. Apol. ar. n, x. — Tert. Marc. τι, 6. Carn, Christ, xx. — Sever. Gab. Hom. 1x. (ed. 4ucher).

(6) Æus. in Ps. Lxxx, 17.

(7) Justin. Apol. τι. n. x. C'est aussi le sentiment des Alexandrins.

diaire des Anges, représentants et ministres du Fils(1); ils disent aussi que ce fut par le ministère des Anges que la loi fut donnée au peuple d'Israël (2).

On trouve dans saint Augustin cette opinion remarquable, que le monde était de toute éternité dans le Verbe à l’état d'idée, ensorte qu'il.n’y ἃ que la réalisation grossière de cet idéal qui tombe dans le temps (3). |

9. Cérinthe (4), Ebion (5) et Carpocrates (6), sont les premiers qui aient nié la divinité du Fils; ils eurent plus tard pour imitateurs T/éodote le corroyeur (7)

(1) Ath. ©. Ar. ui, ἢ. 13. — Amphil. Or. in Christi Nativ. n. 1. — Chrys. in Heb. Hom. xxxu11. n, 1. — Hier. in Gal. ταὶ, 19. — Aug. In quibus (angelis) tamen et ipse erat, neque enim sic mittit suos, ut recedat ab eis. In eis ergo descendit in Sodoma, quod se facturum esse prædixerat, quando cum Abraham loquebatur.. agnovit ergo Loth unum Dominum in angelis duobus, sicut Abraham unum agnovit in tribus. Cont. Maxim. Arian. 11, 26. 0. 6.

(2) Orig. Joan. T. xur. n, 49. Comm. in Coloss. (ap. Pamphil. Apol. Orig.) — Athan, Sent. Dionys. Alex, ἢ, 11. — Eus. Dem. Evang. v, 11 sq. — Chrys. in Heb. Hom. xx. n. 3. 4. — Aug. In Ps.1v. ἢ. 8.

(3) In ipso Verbo omnia opera Dei. Quidquid enim facturus erat Deus in creatura, jam in Verbo erat; nec esset in rebus, nisi esset in Verho ; quomodo et in te non esset in fabrica, nisi esset in consilio. Sicut in Evangelio dicitur : quod factum est, in ipso vita erat. Erat ergo, quod factum est, sed in Verbo erat: et omnia opera Deiibierant, et opera nondum erant. In Ps. xL1v, Enarr. ἢ, 5.

(4) Zren.x, 26.11, 11.0. 1. — Eus. Hist. Eccl. 111, 38.

(5) Æus. Hist. Eccl. 111, 27. — Jren. V,1. n.3.— Theod. Hæret. Fab. 11, 1.

(6) Zren.x, 25. — Eus. Hist. Eccl. 1v, 7.

(7) Hippolrt. adv. Noet. c. 111, — Epiph. Hæret. τὰν. — Theod. Hæret. Fab. 11, 7. — Aug. Hæret. xxx,

LA TRINITÉ. — LE FILS. 279 et ses adhérents, qui rejetaient, en conséquence, les écrits de saint Jean l'Évangéliste (Epiph. Hæres, τιν), altéraient les manuscrits de la Bible, pour donner à leur doctrine l'appui de l'antiquité ( Æus. Hist. Ecel. v, 28), détournaient le sens de l'Écriture par des interprétations forcées, et tentaient de ramener les dogmes de la foi à des conceptions rationnelles (Æus. ibid.). Théodote eut pour disciple 4rtémon, à qui (Æpiph. Hær, τὸν. Theod. Hist. Eccel. n, 4) il semble avoir légué dans toute leur plénitude son esprit et sa manière insidieuse ; Artémon, en effet, ne fut pas moins habile que son maître dans l’art déplorable d’altérer les Écritures (Zus. Hist. Ecel. v, 28), et ne fit pas moins d'efforts soit pour donner à son erreur l’apparence d’une doctrine d'origine apostolique, soit pour construire la théologie sur une base purement rationnelle (Æus. tbëd.). On rapporte aussi de Bérylle de Bostra qu'il niait la préexistence, la personnalité et la divinité du Fils (1), et qu'il fut ramené à l’orthodoxie par Origène. Les idées d’Artémon furent renouvelées par Paul de Samosate (2), qui nia la personnalité du Verbe (Epiph. Hæres. Lxv) et la divinité du Christ (3), et qui tenta de rétablir le judaïsme, et de substituer les psaumes aux hymnes de l'Église.

(x) Eus. Hist. Eccl. νι, 33. — Hier. Cat. c. 1x. — Soc, Hist. Eccl. 117, 7,

(2) Eus. Hist. Eccl. v,28. — Alex. ( Alex.) ap. Theod. Hist. Ecel. 1, 4. — Ath. Epl. ad Epp. Ægypt. — £piph. Hær. ταν. — Aug. Hær. xziv. — Theod. Hist. Eccl. τι, 8.

(3) Æus. Hist. Eccel. vir, 27 sq. — Ath. c. Apoll. 1, 3, — Ephip. Her. πχν, 3. — Philast. Hær. Lxiv.

10. D'après {rius, la seconde personne, le Fils ou le Logos, a été créé dans le sens propre du mot, c’est-à-dire tiré du néant (1); en effet, il n’a pu venir ni de Dieu, qui est indivisible, ni d'aucune autre substance (2), toutes les substances ayant été faites par lui (3). Comme créature, il est sujet au changement, capable de vice et de vertu (4); mais Dieu a prévu sa fidélité au bien, et c’est pour cela qu'il l’a choisi pour son organe dans la création et dans la rédemption (5).

Les Ariens confondaient le Christ avec le Logos, et appliquaient au Verbe éternel tout ce qui est dit du Christ dans son humanité; ils pressaient le sens du mot ἔκτισε, employé au livre des Proverbes (vu, 22), donnaient une fausse interprétation à l’expression ἐποίησεν de l’épiître aux Hébreux (in, 2), et alleguaient, pour justifier leur doctrine du reproche de nouveauté, la lettre écrite par saint Denys d’Alexandrie à Euphranor et à Ammonius, dans le but d'établir et de démontrer (6) contre Sabellius la personnalité distincte du Père et du Fils; c'était, du reste, dans l’usage habile de la dialectique qu'ils cherchaient surtout le triomphe de leur cause (7). Ils

(1) Ἔξ οὐχ ὄντων. Ari. Epl. ad Eus. Nicom. — Soc. 1, 5. 6. — Soz. τ, 15. — Theod. Hist. Eccl. 1, 4. — Epiph. Hæres. ÉXER, Ἢ. τος :

(2) Οὐδὲ ἐξ ὑποχειμένου τινος. Ari. Epl. ad Eus. Nicom.

(3) Hil. Trin. 1v, 11.

(4) Theod. Hist. Eccl. 1, 4. — Soz. 1, 15.

(5) Theod. Hist. Eccl. 1, ἡ. — 802. 1, 1.

(6) Athan. de Sent. Dion. Alex.

7) Greg. Maz, Or. xxvur. — Lucif. (Calar.) Tu ac ταὶ ad-

LA TRINITÉ, — LE FILS. Ὁ 281 demandaient si le Fils était engendré ou non engendré (ἀγέννητος ou γεννητός); si Dieu, en le produisant, lui avait ou non donné l'être; et ils proposaient aux femmes du peuple des questions insidieuses, leur demandant si elles avaient un fils avant d’avoir enfanté (τ).

L'Église maintint contre eux la réalité de la divinité du Fils, et employa pour l’exprimer et pour couper court à toutes leurs tergiversations la formule ὁμοούσιος, contre laquelle les Ariens dirigèrent dès lors toute la violence de leurs attaques. Ils reprochèrent à cette expression de ne se trouver ni dans l'Écriture ni dans la tradition (d'être ἄγραφον et ἀπαραδοτον) (2); on répondit que les termes ἀγέννητος et ἀνόμοιος employés par eux étaient également des expressions nouvelles, empruntées au langage profane (3); que, d’ailleurs, un terme qui ne se trouvait pas dans la Bible, pouvait être très-convenable et trèsexact (4); et qu'il suffisait que l’idée fût certainement

jutores litterarum , et hinc aliam plenam auxistis artem; nos sumus tantum sacras scientes literas. Noster sermo est communis, contra vester politus, ornatus, qui etiam dici mereatur disertus, et tamen suadere dulcis per artem quæsitus sermo vester nulli potest christianorum , nisi ei, qui non sit, sed tantum dicatur, ut tu. Moriend. esse pro Dei Filio. n.xvur. (ἀρ. Migne, Patrolog. T. xxrr. col, 1028.)

(1) Athan. cont. Ar. Or. 1. ἢ. 22.

(2) Marc. Vict. c. Ar. 11,9. — Phæbad, Orthod. fid. c. 11. — Aug. Epl. eexxxvur. — Sever, Gab. Hom. τι. Venet. 1827. ed. Aucher.

(3) Athan. Decret. Syn. Nic. n. 28.

(4) Cyr. Trin. Dial. T. V. p. 391. ed. Aubert.

contenue dans l'Écriture et dans la tradition (1). Du reste, ce mot avait été employé non-seulement par les Marcionites, par les Valentiniens, et en général par les partisans de la théorie de Pémanation, pour exprimer une division de la substance divine en plusieurs portions, comme aussi par les Sabelliens, pour désigner l'identité du Fils et de l'Esprit avec le Père; mais on s’en était déjà servi pour exprimer l’unité de nature dans la Trinité. Ainsi, sans parler de Tertullien, qui emploie la forme latine wnius substantiæ (2), le mot ὁμοούσιος avait été employé par saint Grégoire Thaumaturge (de Fide, c. 1), par Théognoste (3), par saint Denys d'Alexandrie ( Epl. ad Dionys. rom.), et d’autres anciens Pères, d’après le témoignage de saint Athanase (Epl. ad Epp. Africanos) et d'Eusèbe (4), et même d’après l’aveu de Philostorge (1. 7). Saint Hilaire remarque que les Pères antérieurs au concile de Nicée n’avaient pas employé volontiers cette expression, parce qu’on pouvait l’interpréter faussement, en ce sens que le Père et le Fils sont une seule et même personne; parce qu’elle semble présenter l'essence divine comme un

(1) Phæœbad. Quod si ita credendum est, cur non ita profitendum ἢ c. x, v.

(2) Pater, Filius, Spiritus Sanctus unius substantiæ. adv. Prax. 11.

(3) Ath. Epl. ad African.

(4) κχαὶ αὐτῷ τοῦτον ἑρμηνευθέντι τὸν τρόπον, χαλῶς ἔχειν ἐφάνη συγκατατίθεσθαι’ ἐπεὶ καὶ τῶν παλαιῶν λογίους τινὰς καὶ ἐπιφανεῖς ἐπισχόπους χαὶ συγγραφέας ἔγνωμεν ἐπὶ τῆς τοῦ Πατρὸς χαὶ Υἱοῦ θεολογίας τῷ τοῦ ὅμοου σίου συγχρησαμένους ὀνόματι Eus. Epist. de fide Nicææ exposita, ap. Theod. Hist. Eccl. 1, 12 (al. 11). — Socr. 1, 8.

LA TRINITÉ, — LE FILS. 283 tout qui se partage et se complète en deux termes, le Père et le Fils, et la divinité, comme une matière dont les personnes seraient la forme, ou bien comme quelque chose d’antérieur en quoi les personnes se produiraient postérieurement ; parce qu'enfin l’expression elle-même semble impliquer que le Fils n'existe que par une division de la substance du Père (Trin. 1v, 4).

Cependant il y eut bientôt parmi les Ariens la plus grande divergence d'opinion, quand 1] fallut déterminer la nature du Fils, et ses rapports avec le Père (1). D'après £unomius, le Fils est tout à fait semblable au Père (2); d'après Æcacius, il est égal au Père en ce qui regarde la volonté (Socr. 11, 40); d’après Aétius, surnommé lathée (3), le Fils n’est en rien semblable au Père (4); Basile d’Ancyre (5), au contraire , et les Serni-Ariens admettent une ressemblance parfaite du Fils avec le Père. Photin con-

(x) Mar, Vict. Isti Ariani, isti Lucianistæ, isti Eusebiani, isti Illyriciani, sed abjicientes aliqua, auferentes aliqua et mutantes, omnes diversæ opinionis hæretici. Cont. Ar. 1, 43.

(2) 11 déclare le Fils : Ὅμοιον τῷ γεννήσαντι μόνον χατ᾽ ἐξαί-ρετον ὁμοιότητα xal τὴν ἰδιάζουσαν évvolav... ὡς εἰκόνα χαὶ ὡς σφραγίδα πάσης τῆς τοῦ παντοκράτορος ἐνεργείας χαὶ δυνάμεως" σφραγίδα τῶν τοῦ Πατρὸς ἔργων καὶ λόγων χαὶ βουλημάτων. Eunom. Conf, fid. in Basn. Thes. Monum. T. 1. p. 179.

(3) Athan. Syn. n. vi. — Soc. 11, 35,

(4) Bas. Eun. 1, 1. — Soc. τι, 35. — Soz. τι1, 15. — Son axiome était : Τὰ ἀνόμοια χατὰ τὴν φύσιν, ἀνομοίως προφέρεσθαι: χαὶ ἀνάπαλιν" τὰ ἀνομοίως προφερόμενα, ἀνόμοια εἶναι κατὰ τὴν φύσιν. Bas. Sp.S. c. τι.

(58) Soc. 11, 30.— Soz. 11, 33. — T'heod. Hist. Eccl. 11, 25. — Epiph. Hær.1xxur. ἢ. 1. — Hil, de Syn.

coit le Logos dans le sens du modalisme, comme étant l'intelligence de Dieu; et c’est parce qu'il est le principe de toutes les actions de Dieu, qu’on l’appelle Dieu; il ne saurait être question, d’ailleurs, d’un Fils de Dieu proprement dit (1). Quant à Jésus-Christ, c’est un pur homme, dont l'existence ne remonte pas au delà du temps où il est né de Marie (2). Comme il a fait des miracles par le secours de la puissance divine, on dit que le Verbe de Dieu est venu habiter en lui (3). C'est à cause de ses prérogatives extraordinaires que Dieu l’a adopté pour son Fils (4). Les erreurs de Photin furent renouvelées par Bonose de Sardique (Conc. Arelat. 443).

11. Au moyen âge, nous voyons une partie des Cathares, les 4/banaïs, comme on les appelait, renouveler l’Arianisme, et prétendre que le Christ est une pure créature (5).

La même erreur est adoptée plus tard par Jean Valdez, Bernardin Ochin, Matthieu Gribaldus (6), Valentin Gentilis (7). Un grand nombre d’Anabap-

(1) C. Sirm. 351. — Hilar. Trin. wir. ἢ. 3. 7. Opp. hist. fragm. 11. — Soz. 1v, 16.

(2) C. Sirm.— Hil. Opp. hist. fragm. 11. = 5 IL, 18. — Nestor. Serm. x11. — Hier. in Gal. 1. Eph. 1v, 9.

(3) Epiph. Hær. 1x1. — Mar. Merc. Diss. de x1r. Anathem. Nestor.

(4) Hilar. cit. Vigil. (Taps.) Dial. — Cassiar., de Incarn. ra

(5) Moneta adv. Cathar. et Wald. 1. #1, ο. 1x. p. 1. 6 1. — Cfr. Ricchini h. 1. et Diss. 1, C. 1v. ἢ. 3.

(6) Voy. sur Matth. Gribaldus Sand. Bibl, Antitrinit, — Bock. Hist. Antitrinit.

(7) Justus Menius Doctrine des Anabaptistes , dans les œu-

LA TRINITÉ. — LE SAINT-ESPRIT. 285 tistes (1) rejettent aussi la divinité du Christ, et les Sociniens en viennent à nier non-seulement sa divinité (2), mais encore sa préexistence (3). Mais ils admettent que, ses grandes actions lui ayant mérité un culte divin, il convient de l’adorer (4); Franz Davidis cependant et la plupart des Sociniens de Transylvanie, plus conséquents avec leurs principes, rejettent tout à la fois la divinité de Jésus-Christ et toute convenance de l’adorer. Beaucoup de théologiens protestants se sont déclarés pour l’unitarisme des Sociniens, dans l'église anglicane particulièrement; on peut citer entre autres le célèbre Milton (Doctr. christ.).

La divinité de Jésus-Christ a été défendue contre les Sociniens, dans les églises protestantes, en Angleterre par les Épiscopaux , et en Allemagne par Spener et les Piétistes; beaucoup de ces derniers, cependant, ont fini par fixer leur sentiment religieux plutôt sur l'extérieur du Christ, sur son humanité, que sur sa divinité.

12. La doctrine relative à la troisième personne de la sainte Trinité, que nous appelons le Saint- Esprit (1), commence à se développer et à se formu-

vres de Luther. éd. de Wittenberg. P. 11. p. 342. — Zwingli Elench. adv. Catabapt. et dans Catabaptistarum strophas. Opp: 117, 360.

(1) Bock. Histor. Antitrinit, Τὶ, 1. P. 1. p. 369. — Sand. Bibl. Antitrin. p. 26.

(2) F. Socin. Disput. de Christi nat. in B. FF. Pol. T. 1. P. 1. p. 781. Catech. Racov. qu. 53. 71. 73.

(3) Faust. Socin. de Christ. Nat. ibid. p. 781 sq. De unig. fil. exist. Disput. adv. Erasm. Joan. ibid. T. 11. P. 1. p. 489. (4) Faust. Socin. de Justif. Catechism. Racov. qu. 236 sq.

(5) Les Anciens donnent quelquefois le nom de Saint-Esprit

ler en même temps que la doctrine qui se rapporte au Fils; et c'est peu de temps après qu’elle s’achève et se complète, en ce qui concerne la consubstan-: tialité du Saint-Esprit avec le Père et le Fils. Le concile de Nicée se propose principalement d'établir la divinité du Fils contre l’hérésie arienne (1); bientôt après, les doctrines unitaires ou plutôt les tendances du Subordinatianisme en étant venues, par leur développement logique, à attaquer directement le Saint-Esprit, qu'elles n'avaient d'abord combattu qu'indirectement dans la personne du Fils, la doctrine de la divinité du Saint-Esprit reçoit elle-même son expression et sa formule dogmatiques. C’est beaucoup plus tard, relativement, que l'Église détermine par une décision dogmatique le rapport du Saint- Esprit avec le Fils.

18. Les noms donnés au Saint-Esprit sont principalement ceux d'esprit prophétique (2), d'esprit directeur (προηγούμενον, ἡγεμονικὸν ) (3), d'esprit de

soit à la nature divine en général, soit à chacune des personnes divines, et plus spécialement au principe divin considéré dans le Christ, que saint Paul appelle la vertu et la sagesse de Dieu. Cfr. Herm. Sim. v. 6. 11, v. Sim. 1x. €. 1. — Clem. 11 Cor. n. 8. — Lact. Inst. div. 1v, 13.— Justin. Apol. 1. ἢ. 33.— Tat. var. — Iren. v, τ. 2. — Tert. Apol. xxx. Prax. xxvI. Præscr. xiv. Orat. c. 1. — Epiph. Hær. 1. — Lact. Inst. div. 1v, 6. — Cfr. Perrone de Trinit. n. 303 et sq.

(1) Ὃ δὲ περὶ τοῦ Πνεύματος λόγος ἐν παραδρομῇ χεῖται, οὐὖ-δεμιᾶς ἐξεργασίας ἀξιωθεὶς, διὰ τὸ μηδέπω τότε τοῦτο χεχίνησθαι τὸ ζήτημα. Bas. Epl. αχχν. n. 3. Cfr. Epl. οχτι,. n. 2. cxix. n. 2. — Amphiloch. Epl. Synod.— Greg. Naz. Epist. 11. ad Cledon,

(2) Justin. Apol. 1. n. 6. 13.— Cfr. Athen. leg. x.

(3) ren. 1x, 19. n. 2, — Bas. Sp. 8. c. xx1x. n. 48.

LA TRINITÉ. — LE SAINT-ESPRIT. 287 grâce (Clem. 1 Cor. n. 46), de Paraclet (1); d’ambassadeur (2), de don (3), de doigt de Dieu (4); d'image du Père (5); d'image, et de sceau du Fils (6); de sagesse (7), etc.

On trouve généralement dans les anciens Pères beaucoup de divergences relativement à l’idée qu'ils se font du Saint-Esprit (8); et même l’aveu explicite qu'il est difficile de le définir convenablement (9). Il est à remarquer d’ailleurs qu'il se rencontre cà et là dans les noms et les titres que l’on donne au Saint-Esprit certains traits qui semblent favorables aux théo-

(1) Macar. Ἄκουε δὲ Παραχλητὸν xa τὸ παραχαλεῖν καὶ χαριποῖειν. Hom. xx1. n. 1.

(2) Πρεσόεύων Tat. Græc. n. xv.

(3) Justin. Coh. xxxir, — ren. 111, τῇ. ἢ. 3. — Hippolyt. cont. Hær. Noet. n. xiv. — Basil. Epl, cv.— Cyr. in Joan. X1V, 14. Auct. de Baptism. in Cyp. Opp. p. 633. (ed, Baluz.) Hilar, passim. — Aug. Vera Rel. v. n. 8, Trin. v,9.n.10;15. n. 12. XV, n. 33-35; (d'après Joan. 1v, 18. vir, 38).

(4) Aug. Faust. xxxI1, 12.

(5) Figuratio Patris. Zren. 1v, 7.

(6) Zren.1v, 4. 7.— Athan. ad Serap. 1. — Basil. adv. Eun. 1,

(7) Theophil. Autolye. x, 15.— ren. passim.

(8) Greg. Naz. Τῶν καθ᾽ ἡμᾶς σοφῶν of μὲν ἐνεργείαν τὸ Ἅγιον Πνεῦμα ὑπέλαδον, of δὲ χτίσμα, οἵ δὲ Θεὸν, οἱ δὲ οὐχ ἔγνωσαν ὅπότερον τούτων, αἰδοῖ τῆς γραφῆς, ὥς φασιν, ὡς οὐδὲν ἕτερον σα-φῶς δηλωσάσης. Or. χχχι, 5. T. 1. p. 559. Saint Grégoire, dans ce passage, oppose aux sages du paganisme, dont il vient d’énumérer les opinions diverses sur l’âme du monde, non pas les théologiens orthodoxes, mais des penseurs imbus, pour la plupart, d'erreurs sur la Trinité, bien qu'ils fissent d’ailleurs profession de Christianisme.

(9). Hël. de Spiritu Sancto nec tacere oportet, nec loqui necesse est, Trin, 11, 55.

ries modalistes, dont on pouvait abuser, et dont on a en effet abusé en ce sens; et aussi que la divinité du Saint-Esprit n’y parait pas bien clairement exprimée.

14. L'existence réelle du Saint-Esprit est impliquée dans la croyance à la Trinité en général. On peut citer comme parfaitement claires à cet égard les expressions de saint Clément pape (1), de saint Ignace (2), de saint Justin (3), d’Athénagore, qui dans sa manière d'établir la distinction des trois personnes, pourrait presque être accusé de trithéisme (leg. n. X. XII. XX1V), de Tertullien (4), de Clément d’Alexandrie (Pæd. 1, 6. m. 12), d'Origène (5), dans lequel la distinction du Saint-Esprit d’avec le Fils et le Père va quelquefois jusqu’à prendre une forte temte de Subordinatianisme., Mais tous les Pères, dans les temps anciens comme dans les temps postérieurs, attribuent au Saint-Esprit des propriétés et des opérations spéciales, ce qui ne peut convenir qu'à une substance et à une personne réelles, d’après l’ancien axiome : actiones sunt suppositorum; et il ne se trouve de dissidence à cet égard dans aucun des écrivains ec-

(1) Ζῇ, φησὶν, ὃ Θεὸς, καὶ ὁ Κύριος Ἰησοῦς “Χριστὸς, χαὶ τὸ Πνεῦμα τὸ Ἅγιον. Ap. Bas. Sp. 8. c. ΧΧΙΧ. n. 72.

(2) Ὑποτάγητε τῷ ἐπισκόπῳ χαὶ ἀλλήλοις, ὡς Ἰησοῦς Χριστὸς τῷ Πατρὶ χατὰ σἄρχα, χαὶ οἱ ἀπόστολοι τῷ Χρστῷ χαὶ τῷ Πατρὶ χαὶ τῷ Βνεύματι. Magn. n. xrir.

(3) Πνεῦμα τε προφητιχὸν ἐν τρίτη τάξει. Apol. τ. n. 13.

(4) L'Esprit et le Fils ont le second et le troisième rang : Secundum et tertium sortiti locum. Prax. 117. Hoc mihi et in tertium gradum dictum sit, quia Spiritum non DATE puto, quam a Patre per Filium. Ibid. 1v.

(5) Ali legentes : mittam vobis advocatum Spiritum veri-

ζΖ΄οεε- LA TRINITÉ. -— LE SAINT-ESPRIT. 289

clésiastiques, à l’exception peut-être du seul Lactance, à qui saint Jérôme reproche d’avoir gravement erré sur ce point (1); et dont il dit ailleurs d’une manière générale qu'il est plus fort dans la critique des doctrines étrangères (2), que dans l’exposition des dogmes de l'Eglise.

Le caractère propre qui distingue le Père du Saintis de ; MUR np Le pe Esprit, c'est l'agennésie (3); celui qui distingue le Fils relativement à l'Esprit, c’est d’être engendré (4), et en mème temps d'être le principe par lequel P'Esprit se manifeste (5) et procède du Père.

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