‹ Manuel de l'histoire des dogmes chrétiensChapitre 39 sur 55 · Les Pères enseignent la dvinité du Saint-Es · texte numérisé non relu

Les Pères enseignent la dvinité du Saint-Es

tatis, nolunt intelligere tertiam personam a Patre et Filio, In Luc. Hom. xxv. Honore ac dignitate Patri ac Filio sociatum Spiritum tradiderunt. Princ. Prol. ἢ. 4.

(1) Lactantius in libris suis, et maxime in epistolis ad Demetrianum, Spiritus Sancti omnino negat substantiam, et errore judaico dicit eum vel ad Patrem referri, vel ad Filium, et sanctificationem utriusque personæ sub ejus nomine demonstrari, Epl. xxx, n.7, ad Pammach. et Ocean. de err. Orig. Multi, per imperitiam Scripturarum (quod et Firmianus in octavo ad Demetrianum Epistolarum libro facit), asserunt Spiritum Sanctum sæpe Patrem, sæpe Filium nominari; et quum perspicue in Trinitate credamus, tertiam personam auferentes, non substantiam ejus esse volunt, sed nomen. 1, 11. in Gal. 1v, 6.

(2) Utinam tam nostra confirmare potuisset, quam facile aliena destruxit. Epl. x11. ad Paulin.

@ Greg. Naz. Or. xxxu1.— Greg. Nyss, adv. Eun. ]. 1. Τ' 1. p. 343. ed. Mor.

(4) Greg. Nyss. ᾿Αφίσταται πάλιν (l'Esprit se distingue du Fils) ἐν τῷ ἰδιάζοντι, ἐν τῷ μήτε movoyevüis ἐχ τοῦ Πατρὸς ὗποστῆναι, χαὶ ἐν τῷ δι’ αὐτοῦ τοῦ Υἱοῦ πεφηνέναι. Adv. Eun. I. 1. T. τι. p. 343. ed. Mor.

(5) Greg. Thaum. Symbol. — Greg. Nyss. adv. Eun. 1. τ. Ι. 19

prit, puisqu'ils le nomment divin(r), et qu’ils [πὶ attribuent des opérations divines, l’appelant par exemple l'esprit qui vivifie les créatures (2), qui donne la gràce (3), qui sanctifie (4), qui opère la connaissance (5) de Dieu, qui forme la prière dans les âmes (6), qui inspire les prophètes (7), ete. Ils lui donnent aussi des attributs divins, comme la connaissance de l'avenir (Barnab. Epist. cathol. n. 6), celle des mystères les plus cachés (Tatian. Orat. contra Græc. xm), et, en un seul mot, la toutescience (8), la toute-puissance (9), la sainteté (10) et

(τ) Θεῖον Πνεῦμα. Justin. Apol. 1. n. 32. — Tatian, Græc. XIIT.

(2) Athen. Leg, νι, — Ζαί, Gr. vir. — Hippolyt. adv. Noet. c. 1x. — Athan. ad Serap. Epl. 1. n. 19. — Epiph. Hær. zxx1v. n. 5.— Bas. de Fid. Hom. xv. n. 3. Epl. cv.

(3) Clem. x Cor. n, 46. — Bas. de Fide Hom. xv. n. 3. — Hier. in Eph. 11, 15,

(4) Zren. mi, τή. τι. 3, — Eus. Οὐδὲν γὰρ ἁγίαζεται μὴ τῇ παρουσίᾳ τοῦ Πνεύματος. In Ps. χΧχτΙ; 6. — Athan. c. Ar. Or. 11. n. 18. — Bus. Sp. S. xvint, 46. Epl, vrux. n. 2. Epl. xv. — Greg. Naz. Οὐ. χα. — Hier. Unus quippe largitor et sanctificator est ommium. In Eph. 1v, 3.

(5) Tat. c. Græc. ὁ. xit. — Bas. Sp. 5. 6. xvu1r. ἢ. 47. — Greg. Naz. Or. xxx.

(6) Bas. Spir. S. 6. χε. n. 27.

(7) Clem. 1 Cor. n. xEv.— Justin. Apol, 1.n. 31. 32. 63. — Athen. Veg. x. — Hippolyt. adv. Noet. c. 1x. ΚῚ

(8) Marc. Diadoch. "To Πνεῦμα πάνσοφον - ἐπειδὴ σοφώτατον Πνεῦμα. Serm. c. Ar. n. 9. ap. Galland. t, v. p. 240.

(9) Athan. de Incarn. c. Ar. c. 1x. — Cyr. Cat. xvr, 24.

(10) Orig. in Num. Hom. xx. n. 8.— Bas. de fid. Hom. xv. n. 3. How. x1x. ἢ. 48. Epl. zx. n. 4. cuix. ἢ. 2. — Greg. Ναξ. Ἀληθῶς ἅγιον τὸ Πνεῦμα τὸ Ἅγιον" où γὰρ χαὶ ἄλλο τοιοῦτον,

la bonté (1) absolues, l'éternité (2), Pimmutabilité (3),

limmensité (4), l'unité essentielle (5), ete. ; ils exi-

gent qu'on croie en lui comme au Père et au Fils (6), qu'on l'adore (7) comme le Père et le Fils.

Athénagore le nomme expressément Dieu (8);

οὐδὲ οὕτως, οὐδὲ Ex προςθήχης ὃ ἁγιασμὸς, ἀλλ᾽ αὐτοαγιότης, οὐδὲ μᾶλλον χαὶ ἧττον, οὐδὲ ἀρξάμενον χρονιχῶς, ἢ παυσόμενον, Or. XXV, 16. T. 1. p. 467.

(1) Greg. Naz. Αὐτοχγαθὸν, καὶ πηγὴ ἀγαθότητος. Or. xLr, 9. T. 1. p. 738. — Bas. Ἢ φυσικὴ ἀγαθότης, χαὶ ὃ χατὰ φύσιν ἁγιασμὸς, χαὶ τὸ βασιλιχὸν ἀξίωμα, ἐκ Πατρὸς, διὰ τοῦ Movoyeνοῦς, ἐπὶ τὸ Πνεῦμα διήχει. Οὕτω καὶ αἵ ὑποστάσεις ὁμολογοῦνται, nat τὸ εὐσεδὲς δόγμα τῆς μοναρχίας οὐ διαπίπτει. Spir. S. 6. XVII. Ἦν 47. x1x. ἢ. 48. Epl. αχχν. n. 3.

(2) Orig. Prince. 1, 3. n. 3. 4. In Gen. 1, 1.— Novat. de Trinit, xxix, — Eugen. (Diac.) legat. ad Athan. n. 3. — Epiph. Ancor.n, VII. var.

(3) Athan. ad Serap. Epl. 1. n. 26. — Greg. Naz. Or. xxv.

(4) Athen. Leg. vr. — Clem. Pæd. τ, 6. — Orig. (ap. Ath. ad Serap. 1v.n. 10.)— Ath. ad Serap. Epl. 1. ἢ. 26. x1r, n. 4. — Hilar. Trinit. xx, 32. — Bas. fid. Hom. xv. n. 3. Sp. 5. xxVI, ἢ. 61. — Hier. in Eph. 1v, 7.

(3) Clem. Pæd. 1, 6. 117, 12. — Athan. ad Serap. Epl. x11. ἢ. 3. — Greg. Nyss. adv. Eun. 1. 1. T. τ. p. 350. ed. Mor, — Bas. de fid. Hom. xv. n. 3.

(6) Germin. Et in Spiritum Sanctum, id est Paraclitum, qui nobis ἃ Deo Patre per Filium.datus est. Epl. ad Arian. (ap. Hil. Op. hist. fragm. xt.

(3) Greg. Naz.Av οὗ Πατὴρ γιγώσχεται, καὶ ΥἹὸς δοξάζεται, χαὶ παρ᾽ ὧν μόνον γινώσχεται, μία σύνταξις, λατρεία μία, προςχύ-γησις. Or. xL1. 9. Et μὲν γὰρ οὐ προςχυνητὸν τὸ Πνεῦμα, πῶς ἐμὲ θεοῖ διὰ τοῦ βαπτίσματος ; εἰ δὲ προςχυνητόν, πῶς οὐ σεπτόν : εἰ δὲ σεπτὸν, πῶς οὐ Θεός; ἕν συνήρτηται τοῦ ἑνὸς, ἥ χρυσῇ τις ὄντως σειρὰ καὶ σωτήριος. Or. χχχτ, 28. Τ΄ 1. p. 374.

(8) Θεὸς Leg. n. x. Χχιν. Θεοῦ ἀποῤῥοῖα Leg. x. xx1v.—Cfr.

ce que fait aussi Zertullien (1); Clément d’Alexandrie lui attribue d’être présent partout (Pædag. 1, 6); Origène remarque que c'est par lui et en lui que la Trinité trouve sa perfection (2), qu'il est dans tous les temps avec le Père et avec le Fils, et qu’il est semblable à eux (3); il demande qu’on croie en lui (Joan. 1. 38, n. 9), et qu’on l'adore (In Jerem. Hom. vis, n. 1}. Mais on rencontre aussi dans ses écrits des passages empreints de Subordinatianisme(4), et on peut dire généralement qu'il est peu d'accord avec lui-même dans l'expression de sa doctrine du Saint-Esprit, comme saint Basile en fait déjà la remarque (de Sp. S. 29, ἢ. 73). Saint Méthode attribue au Saint-Esprit une même essence (οὐσία) avec le Père et avec le Fils, et il exige pour les trois personnes une seule et même adoration (in Ram. Palmar. n. v). Saint Æippolyte reconnait dans les trois personnes une seule divinité (adv. Noet. virr); 1] afkrme, d’ail-

leurs, qu’on adore le Saint-Esprit (5). Saint Cyprien

professe également la consubstantialité de l'Esprit Saint avec le Père et avec le Fils (6). Lucifer de Ca-

Tatian. Θεοῦ μοίρα Græc. vir. (Cfr. Tert. Prax. 1x, où il appelle le Fils derivatio totius et portio.)

(1) Ideo Spiritus Dei Deus, et Sermo Dei Deus, quia ex Deo. Prax. xxvi Cfr. C. 111. IV. XIII. XXI.

(2) Quia per ipsum et in ipso adimpletur perfectio Trinitatis. In Jos. Hom. 111, n. 2.

(3) Ipse semper cum Patre et Filio est, et semper est, et erat, et erit, sicut Pater et Filius. In Rom. 1. νι. ἢ. 7.

(4) Par ex. Prince. 1,3. n. b. Joan. T. xx. n. 25.

(5) Πνέυματι Ἁγίῳ προςκυνοῦμεν. Adv. Hæret. Noet. c. Χαι.

(6) Si templum Dei factus (qui ab Hæreticis baptizatus est)

RS ὅσ γολφας 3.Κ ξῦϑι, 5

Lorie |

LA TRINITÉ. — LE SAINT-ESPRIT. 293 gliari dit que les catholiques reconnaissent que « dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit se trouve la Trinité parfaite, el qu'ils ont une seule et même divinité ἐδ »

La consubstantialité du Saint-Esprit est défendue, d’ailleurs, dans des traités spéciaux, par saint Athanase (ad Serap. epll), Didyme (Sp. S.), saint Basile (Sp. S.) (2), saint Grégoire de Nysse (de Trin. et Sp. S.), saint Amphiloque (3), saint Grégoire de Nazianze (or. xxx1), saint Ambroise (Sp. S. d'après

quæro, cujus Dei? Si Patris.. si Christi... si Spiritus Sancti, cum tres unum sunt. Ad Jubaj. Epl. zxxur.

(1) Tract. moriend. esse pro Dei Filio. ἢ. xxvur. — Cfr. de non convers. cum Hæret. ἢ. x.

(2) Saint Basile ne demandait aux Macédoniens, pour les recevoir dans la communion de l’Église, que de confesser que le Saint-Esprit n’est point une créature (Epist. ax111. Gx1v). Pour condescendre à leur faiblesse , il évitait même, dans ses discours , de nommer le Saint-Esprit Dieu , d’une manière absolue; ce dont plusieurs, au témoignage de saint Grégoire de Nazianze (Epist. xxvr. Orat. funeb. in Bas.) et de saint Athanase (Epist. ad Pallad.), mais bien à tort, selon ce dernier Père, prirent occasion de se scandaliser. Au reste, il ne négligeait rien pour insinuer indirectement la consubstantialité de l'Esprit Saint avec le Père et avec le Fils; et, si l’on considère lintention tout entière de son livre sur le Saint-Esprit, et les développements qui s'y trouvent, sa foi à cet égard ne saurait être douteuse. Il est impossible, d’ailleurs, de s'exprimer sur ce point en termes plus forts et plns précis, qu'il ne le fait dans sa lettre CV : Συνημυένον Πατρὶ χαὶ Υἱῷ χατὰ πάντα ἐν δόξα, χαὶ ἀϊδιότητι, ἐν δυνάμει χαὶ βασιλεία, ἐν δεσπότητι χαὶ θεότητι.

(3) Epl. Syn. cont. Pneumat. in Cot. Mon. 11, 99 sq. Lib. de Spir. S. (Hier. Cat. 133.) Ce livre n'a pas été conservé.

saint Basile οἱ Didyme), Diodore de Tarse (1), Paschasius (Diac. rom. de Sp. S. contre Maced.). La consubstantialité du Saint-Esprit avec le Père et avee le Fils est reconnue par les évêques catholiques réunis à Alexandrie, en 362, avec saint Athanase et saint Eusèbe de Verceil (2). Le pape saint Damase dit anathème à ceux qui ne reconnaissent pas dans le Saint- Esprit la même essence que dans le Père et le Fils (3). Enfin, cette doctrine est établie dans le concile général de Constantinople, tenu en 381, par l'adoption de la formule χύριον καὶ ζωοποιοῦν, dominum et vivificantem (d’après saint Paul, 11 Cor. nr, 17. Rom. vin, u, et saint Jean, vi, 63), qui complète en ce point le symbole de Nicée, selon les nécessités du temps (4). 16. Pour établir la divinité du Saint-Esprit, on invoquait la forme du baptême (5), et l’idée même

(1) Ἐμπεριείχετο δὲ τῇ δέλτῳ καὶ Διοδώρου Tapood περὶ τοῦ Ἁγίου Πνεύματος" διάφορα ἐπιχειρήματα. Phot. Cod. er.

(2) Συνῆλθόν τε ἐκ διαφόρων πολέων ἐπίσχοποι, xat περὶ πλείστων χαὶ ἀναγχαιοτάτων λόγους ἐγύμνασαν" ἔνθα χαὶ τὸ Πνεῦμα τὸ Ἅγιον θεολογήσαντες, τῇ ὁμοουσίῳ Τριάδι συνανελαμδάνοντο. Soc. Hist. Eccl. 11|, 7.

(3) Ἀναθεματίζομεν τοὺς μὴ μετὰ πάσης ἐλευθερίας χηρύττοντας σὺν τῷ Πατρὶ, nat τῷ Υἱῷ, τῆς μιᾶς καὶ τῆς αὐτῆς οὐσίας τε χαὶ ἐξουσίας ὑπάρχειν τὸ Ἅγιον Πνεῦμα. Conf. fid, (ap. Theod. Hist, Eccl. v, τα. al. 1τοἹ). Εἴ τις μὴ εἴπῃ, πάντα δύνασθαι τὸ Πνεῦμα τὸ Ἅγιον, καὶ πάντα εἰδέναι, χαὶ πανταχοῦ παρεῖναι, ὡς χαὶ τὸν Y'idv χαὶ τὸν Πατέρα, ἀναθέμα ἔστω. Ibid.

(4) Gerh. Joan. Voss. de trib. Symb. Ὁ 155. rx. $ 9. — Mat. Alex. Sæc. 1v. Diss. xxxvir. Art, 11.

(5) Athan. ad Serap. Epl. 1. n. 11. 30. 11. n. 6. 7. 1v. n. 12. — Bas, Sp. 8. x.n. 24, x1, ἢ, 27.— Greg. Nyss, de Sp. 8. — Hier, in Eph, 1v, 5.

LA TRINITÉ. — ΤῊ SAINT-ESPRIT. 295 de la Trinité, laquelle ne pouvant être complète qu'avec le Saint-Esprit (1), se trouve détruite si le Saint-Esprit n’est point consubstantiel au Père et au Fils (2). Saint Athanase remarque, d’ailleurs, que nulle part le Saint-Esprit n’est appelé ange (Serap. 1, n. 11); il ajoute que si c’est comme créature spirituelle qu'il appartient à la Trinité, tous les anges devraient également être regardés comme lui appartenant (#bid. n. 29). Ce Père et saint Grégoire de Nazianze font observer aussi que si le Saint-Esprit n'est pas Dieu, il ne peut être le médiateur qui nous établit en communication avec Dieu (3), ni le principe de notre sanctification (4). Paschasius dit dans le même sens (Diac. rom.), que si le Saint-Esprit n’était pas notre principe, notre Seigneur et notre Dieu, il ne pourrait se communiquer à nous (5).

(1) Theod, “Ἔν Πνεῦμα Ἅγιον ὃ παραχλητὸς, ὃς πληροῖ τῆς Τριάδος τὸν ἀριθμόν. Epl. exzvr. Τὶ 1v. p. 1267. ed. Schulze. — Hier. Quidquid autem de Patre et Filio dicimus, hoc sciamus dictum esse de Spiritu Sancto. In Eph. x, 15.

(2) Ath. ad Serap. 1. n. 29.

(3) Ath. Τίς ὑμᾶς συνάψει τῷ Θεῷ, μὴ ἔχοντας Πνεῦμα αὐτοῦ τοῦ Θεοῦ, ἀλλὰ τῆς χτίσεως ; ad Serap. Epl. 1. n. 29.

(4) Greg. Naz. Ki τέτακται μετ᾽ ἐμοῦ, πῶς ἐμὲ ποιεῖ Θεόν; ἢ πὼς συνάπτει θεότητι: Or. xxx1, 4. T. 1. p. δ58. ed. Bened. Εἰ μὴ Θεὸς τὸ Πνεῦμα τὸ Ἅγιον, θεωτήτω πρῶτον, χαὶ οὕτω θεούτω με τὸν ὁμότιμον. Or. χχχιν, 12. Τὶ 1. p. 628. — Cfr. Sever, Gabal. Hom. 111. p. 95. ed. Aucher.

(5) Authori tantum debetur hoc privilegium, ut conscientiam possit intrare secretam. Anima vero animæ, et angelus angelo conjungi potest, infundi non potest, quia hujusmodi naturarum genera tantum Spiritus Sancti, id est solius Dei capacia sunt. De Sp. S. 11, 1.

17. Mentionnons ici, pour mémoire, l’opinion simgulière des Ébionites, qui font du Saint-Esprit un principe femelle, qu'ils regardent comme la mère du Christ (1). C’est à cette idée que se rattache celle des Elkesaïtes, qui regardaient également le Saint-Esprit comme un principe femelle à peu près semblable au Christ, et lui en donnaient la figure (2). Ce ne sont là, du reste, que des curiosités théologiques; mais le plus haut intérêt s'attache aux idées qui conçurent le Saint-Esprit dans le sens du modalisme et du subordinatianisme; elles sont également importantes en elles-mêmes et dans leur rapport avec la formation du dogme.

18. L'existence personnelle du Saint-Esprit est niée nécessairement par tous ceux qui réduisent les personnes de la Trinité à n'être que des modes de la substance divine. Elle l’a été, dans les premiers siècles, par Sinon le magicien (3), qui se proclamait lui-même le Saint-Esprit et toute la Trinité (2),

(1) Voy. les passages de l'Évangile des Hébreux ap. Orig. Jerem. Hom. xv. Joan. T. τι. ἢ. 6. — Cfr. Fabric. Cod. Apocryph. N.T. τ. 361. Les Kabbalistes regardent aussi le Saint- Esprit comme l'épouse de Dieu et la compagne du Messie. — Voy. Xleuker Apocryphes du Nouv.-Test, p. 139. C’est peutêtre le genre féminin du mot ΠῚ (Spiritus) qui a donné lieu à cette bizarre imagination, Au reste, la σοφία dans Philon n'est nulle part représentée comme une femme.

(2) ÆEpiph. Hær. χχιχ. ἢ. 4.

(3) Tert. anim, c. xxxiv. — Epiph. Hær. τιν n.2. — Greg. Naz. Or. xxxr.

(4) Ego sum sermo Dei, ego sum speciosus, ego paracletus, ego omnipotens, ego omnia Dei. ἂρ, Æier, Comm. in Matth. xxrv. — Cfr. Act: vu.

par Praxéas, Noëtus et Sabellius, etc. L'idée de Paul de Samosate sur le Saint-Esprit ne saurait être sûrement déterminée ; mais il est évident que, d’après son système, il ne pouvait admettre ni la consubstantialité du Saint-Esprit avec le Père, ni l'existence propre et réelle du Saint-Esprit; et l’on sait par Leontius (de Sectis, art. im) qu'il n'entendait par le Saint- Esprit rien autre chose que la grâce de Dieu. Quant à Pierius, si sa doctrine sur le Fils est tout à fait orthodoxe, on n’en saurait dire autant de ses opinions sur le Saint-Esprit, puisque, selon le témoignage de Photius, il le subordonnait formellement au Père et au Fils (1). D'après Photin, le Saint-Esprit n'est point une personne, mais seulement la vertu de Dieu (2).

Les Ariens, conséquents avec leurs principes, regardaient le Saint-Esprit comme une simple créature (3); et £Zunomius le disait inférieur au Fils (4). Et ce ne sont pas seulement les Ariens proprement

δογματίζει" ὑποδεδηχκέναι γὰρ αὐτὸ τῆς τοῦ Πατρὸς καὶ Υἱοῦ ἀπο- 4 SE φάσχει δόξης. Cod. οχιχ.

(2) Æpiph. Hæres. 1xx1. — Vinc. Lir. Comm. c. xvir.

(3) Æpiph. Hær.zxix. LxxvI. — Athan. ad Serap. passim. Hier. Epl. ad Pammach. xxxvur.

(4) Καὶ μετὰ τοῦτον πιστεύομεν εἰς τὸν Παράχλητον τὸ Πνεῦ-μα τῆς ἀληθείας, τὸν χαθηγητὴν τῆς εὐσεφείας " γενόμενον ὑπὸ τοῦ Μονογενοῦς χαὶ αὐτοῦ χάθαπαξ ὑποτεταγμένον" οὔτε χατὰ τὸν Πατέρα, οὔτε τῷ Πατρὶ συναριθμούμενον᾽ εἷς γάρ ἐστι χαὶ μόνος Πατὴρ ὃ ἐπὶ πάντων Θεός: οὔτε τῷ Υἱῷ συνεξισούμενον - μονογενὴς γὰρ ἐστὶν, οὐδένα ἔχων ἀδελφὸν δμογενῆῇ. Eur. Conf. fid, in Basn. Thes. Mon. τ, 180.— Cfr. son Apol. n. 25, — Bas. adv. Eun. 1, τι. — Theod. Hæret. Fab. 1v, 3.

dits, mais encore les Semi-Ariens, qui nient la divinité du Saint-Esprit, témoin Basile d’'Ancyre (1). Mais Macedonius (2) doit être considéré comme le chef principal de cette tendance qui va toujours se prononçant plus explicitement contre le Saint-Esprit (3); et c’est de lui que tout le parti prit son nom dans la suite (4). Du reste, comme les Ariens s'étaient divisés d'opinion sur le Fils, ces ennemis du Saint-Esprit n'avaient non plus aucune unité de doctrine. Les uns mettaient la divinité du Saint-Esprit

simplement en doute; d’autres la niaient positive- .

ment (Socr. n, 45); quelques-uns disaient, sans autre discussion, que le Saint-Esprit est une simple créature (5); les autres lui refusaient une existence propre, et le considéraient comme la vertu de Dieu(Greg. Naz. or. xxx1 et xLi).

Les adversaires du Saint-Esprit invoquaient à l’appui de leurs opinions ces paroles, « tout a été fait par lui » (Joan. 1, 3); et celles du. verset suivant « ce qui a été fait par lui avait la vie en soi » (δια. 4) (Theophyt in Joan. 1, 3); puis les passages de la prémière épitre aux Corinthiens (vi, 6) (Bas. Spir. 8. c. n, im), et de la première à Timothée (v, 2 r), où, les anges étant

(1) Epiph. Hæret. 1xxrr.

(2) Soc. Hist. Eccl. τι, 45. — Theod. Hæret. Fab. ἵν, 5.

(3) Macedonius regardait le Saint-Esprit comme un simple ministre (ὑπηρέτης) de Dieu (Soz. 1v, 27. — Phot. Epist. 1); et comme une créature, aurapport de Joan. Ozn. lib. canon. cap. x. (ap. Tschamischean, Hist. arm. Tom. 111, p. 234.),

(4) Soc. Hist. Eccl. 11, 45. — 802. 1v, 27.

(5) C. Alex. 362. — Epiph. Hær. zxxIV. — Aug. Hær. Li, — Cassian, Coll, 1, 2. — Philast, Hær, Lxvix,

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LA TRINITÉ, — LE SAINT-ESPRIT, 299 nommés immédiatement après le Christ, le Saint-Esprit semble compris parmi eux; enfin, les paroles d'Amos (1v, 13): « c'est moi qui crée l'Esprit. » Puis ils se permettaient, pour combattre ce point de la doctrine catholique qui enseigne que le Saint-Esprit procède du Fils, cette fade plaisanterie : que le Saint-Esprit est ainsi le petit-fils du Père (4than. ad Serap. 1, ἢ. 13; 1V, n. 2).

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