LES ANIMAUX MOLLUSQUES
CE
La définition adoptée par M. Cuvier pour caractériser les animaux dont nous allons nous occuper peut se-réduire ainsi :
Animaux non complétement symétriques , sans squelette articulé, sans canal vertébral, mais ayant un certain . nombre de masses médullaires disposées en différens points du corps, et dont la principale, que l’on peut appeler cerveau, est située en travers sur l'œsophage, qu’elle enveloppe d'un collier nerveux.
Presque toujours munis d'un développement de la peau qui recouvre leur corps, et ressemble quelquefois à un
manteau, produisant généralement une ou plusieurs lames de substance plus ou moins dure, qui restent cachées dans son épaisseur, ou, ce qui est le plus ordinaire, prennent une» grosseur et un développement tels, que l'animal peut se contracter sous leur abri.
La circulation double, c’est-a-dire que la circulation
pulmonaire fait toujours un circuit à part et complet; le sang blanc ou bleuätre.
Ils respirent, les uns l’air élastique, et les autres l'eau douce ou salée. | Cette définition caractérise parfaitement ces ani- "maux ; aussi est-elle, à peu de chose près, reproduite par M. de Lamarck, et sert-elle encore de base à celles de MM. Latreille et de Blainville. Ce dernier
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savant, en lui ajoutant quelques caractères nouveaux, l’a en même temps circonscrite de la manière suivante; et c’est ainsi qu'on peut l’adopter, parce qu’elle est à la fois concise et rigoureusement caractéristique.
Animaux pairs, le corps et ses appendices mous, non articulés, enveloppés d'une peau ou derme musculaire (manteau) de forme variable, dans ou sur laquelle se développe le plus souvent une partie calcaire ( coquille ) d’une ou plusieurs (1) pièces. |
Circulation complète à sang blanc, à cœur essentiellement aortique, et supérieur au canal intestinal , si ce n’est dans les Seiches. ;
Respiration aquatique ou aérienne; système nerveux composé d’un ganglion cérébriforme, susæsophagien, communiquant avec les ganglions des différentes fonctions, ceux de la locomotion étant latéraux.
Linné et Bruguière désignaient ces animaux sous le nom de vers; Adanson, sous celui de coquillages. M. Cuvier les a réunis sous celui de mollusques, emprunté d’Aristote, mais qui n’était affecté qu'à un certain nombre d’entre eux. Il dérive du mot latin mollis, qui signifie mou; et, en effet, ils sont tous remarquables par la mollesse de leur substance.
M. de Lamarck a adopté, après M. Cuvier, ceite même dénomination, mais sans l’étendre à tous les animaux que ce savant range dans sa deuxième grande division du règne animal. M. de Blainville a
roposé de la remplacer par celle de malacozoaires, et M. Latreille par celle de mantelés. On a encore imaginé quelques noms nouveaux, qu'il est inutile de rappeler ; et on en imaginera sans doute bien d’autres encore, qui probablement ne seront pas davantage adoptés. Le seul qui le soit généralement, et que M. de Férussac s'est empressé de répéter dans ses
(1) M. de Blainviile dit : « D'une ou deux pièces, »
SUR LES MOILLUSQUES. z tableaux systématiques , est celui de mollusque, déjà cité, et qui a été proposé par M. Cuvier. Il est sans contredit le plus caractéristique et le plus répandu, et s’il offre quelque inconvénient, ce ne peut être que celui qui résulte d’une certaine discordance entre les différentes acceptions qui lui ont été données par des auteurs justement célèbres.
On s'était toujours plutôt occupé de la pièce testacée des mollusques que des mollusques eux-mêmes, et l’on donnait à la science qui traite des coquilles le nom de Conchyliologie (1). Mais depuis les recherches de plusieurs naturalistes, et particulièrement depuis la publication des beaux Mémoires anatomiques de M. Cuvier, on a généralement senti que le seul moyen de classer et de caractériser les différens genres d’une
manière précise et immuable, était d'étudier et d’in- . diquer les caractères qui distinguent les animaux entre eux : dès-lors cette branche de l’histoire natu-
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relle s’est présentée sous un point de vue tout différent; et le nom de conchyliologie, quoique devenu
bien bon par le fait, se trouvant insuffisant, par suite
de sa première application, on a dû en chercher un plus approprié à l'importance que venait d’acquérir cette science. M. de Blainville, celui des zoologistes qui, après M. Cuvier, s’est le plus occupé de l’anato-
mie des mollusques, a proposé le nom de malacologie,
par abréviation de malacozoologie, qui vient des mots grecs pañaxoc, Cœwoy et Aoyos, et signifie discours sur les
animaux mous. I] parait avoir recu la sanction générale.
(1) Ce mot vient du grec conchylion, qui vent dire l’animal d’une coquille ; ainsi il serait bien applicable à la science des mollusques telle qu’on la cultive aujourd’hui,
. ct l’on ferait peut-être bien de l’adopter tout-à-fait; cepen-
dant, l'habitude l'ayant consacré à la considération seule des coquilles, on ne peut se dissimuler qu’il n'y eût de linconvénient à une semblable innovation.
f, DISCOURS SOMMAIRE
Les mollusques sont d’une substance molle, quelquefois un peu dure et même coriace à l’extérieur , ce qui permet d’en conserver l’enveloppe; quelques uns sont comme gélatineux, et alors susceptibles d’une prompte décomposition après la mort. Leur couleur est généralement pâle, d’un jaune ou blanc sale, et le plus souvent ils sont opaques; cependant un grand nombre présente des couleurs aussi vives que variées, plusieurs sont subtranslucides, et quelques uns d’une transparence qui rivalise avec celle du cristal, mais qui, dans tous les cas, est interrompue dans certains points par l’opacité et la coloration des viscères.
La forme des mollusques varie à l'infini; cependant on peut en distinguer plusieurs principales, dont toutes les autres ne sont, en quelque sorte, que des modifications; et l’on reconnaît facilement, en général, que ces formes principales ou secendaires sont dépendantes du mode de locomotion, ou, en remontant plus haut, des mœurs et des lieux d’habitation : ainsi ceux qui s’écartent des rivages, nagent au milieu des eaux, et s’élèvent vers leur surface au moyen de nageoires, sont allongés, plus où moins cylindriques, et propres, par conséquent, à diviser l’élément qu'ils traversent; tels sont les Calmars, les Clios, les Firoles. Les moilusques pélagiens, dont la nature s’est plu à peupler la haute mer avec une prodigieuse profusion, vaguant sans cesse à sa surface, et ne se fixant que très rarement aux corps flottans, présentent une forme aplatie, très remarquable chez plusieurs d’entre eux par une dépression horizontale qui, augmentant leur surface, les rend plus propres à flotter sur les eaux sans le secours d’organes locomoteurs. els sont ces innombrables Glaucus dont les mers équatoriales sont remplies, les Briarés, les Ptérosomes, etc. Les mollusques littoraux, que l’on nomme ainsi parce qu’ils ne s’éloignent jamais des rivages où ils sunt nés, et
ce sont les plus nombreux, présentent d’autres combinaisons dans leur forme, selon qu’ils sont libres où fixés, et selon la nature des lieux qu’ils habitent; ils n’ont point de nageoires, ou seulement, ce qui est très rare, quelques faibles expansions latérales, propres à les soutenir quelque temps, mais incapables de les porter au loin des rivages. Les uns vivent libres sur les rochers, et s'y traînent lentement, à l’aide d’une surface plane qui leur sert à ramper. Ceux-ci sont plus ou moins allongés et symétriques, plats en dessous, plus larges et bombés vers le milieu, se rétrécissant aux extrémités; et le plus grand nombre d’entre eux, qui est muni d’une coquille, tient renfermé dans cette pièce accessoire un développement de la partie dorsale, contourné en spirale, et que l’on nomme tortillon, qui contient sous cet abri divers organes des plus propres à la vie. De ce nombre sont les Apiysies, les Limaçons, les Buccins, etc. Les autres, qui ne se meuvent qu'avec peine, et umiquement pour s’enfoncer dans le sable ou s’abriter sous une légère couche de vase, ou qui ne se meuvent jamais, sont, en général, assez allongés, plus ou-moins comprimés, et très variables dans la proportion de leur diamètre. Tels sont les Peignes, les Solens, les Huîtres, etc. Du reste, 1l n’est pas possible d’assigner des formes constantes pour chaque classe de mollusques; et il est facile de s'assurer que l’on peut passer de l’une de ces formes à une autre par des combinaisons intermédiaires aux deux : ainsi les Nucléobranches forment évidemment un exemple de ce passage, si on les considère entre les Ptéropodes et les Gastéropodes. On nomme manteau, chez les mollusques, une enveloppe musculaire très contractile, souvent rude et coriace , qui les entoure, et se montre parfois d’une ampleur remarquable. Lorsque ces animaux sont inuiétés, ils se contractent dans leur manteau, qui est le seul abri de quelques uns. Ce que l’on nomme généralement coquille ou test, et qui se rencontre dans
le plus grand nombre d’entre eux, en est le produit;
et c’est le véritable moyen que la nature a adopté pour les défendre, soit lorsque cette coquille est extérieure , et capable de donner refuge à l'animal tout entier, soit quand elle est interne et rudimentaire, propre seulement à préserver d’un choc étranger les principaux viscères, qu’elle recouvre toujours.
Le manteau n’est pas également dur et épais chez tous les mollusques; il l’est peu chez ceux qui sont pourvus d’une coquille; mais il l’est à un très haut degré chez ceux qui, habitant sur les rivages, parmi les rochers, en sont privés. Les mollusques pélagiens, qui ne sont point exposés comme Ceux-ci à être sans cesse heurtés par les corps qui les environnent, l’ont constamment très mince, soit qu'ils aient une coquille, soit qu’ils se montrent nus.
C’est du manteau que dépendent chez les mollusques les organes locomoteurs; c’est en effet à lui qu’appartient cette surface plane que l’on nomme pied chez les Gastéropodes, et au moyen de laquelle ils rampent sur les rochers ; ces lobes latéraux qui, dans quelques uns, viennent se croiser sur le dos de la coquille, et servent parfois à la natation; ces nageoires égales et symétriques, à l’aide desquelles d'innombrables Ptéropodes s’agitent saus cesse au milieu des mers, et ces bras armés de ventouses qui couronnent la tête des Céphalopodes.
Le manteau varie considérablement de forme; tantôt c’est un large bouclier recouvrant la surface dorsale du mollusque, tantôt ce sont deux lobes se réunissant en dessus pour laisser entre eux un vaste canal où circule l’élément ambiant; une autre fois, c’est simplement un sac régulier ou 1rrégulier, présentant quelques orifices pour les différentes fonctions. Enfin, chez quelques mollusques, ses bords sont simples et unis, tandis que chez d’autres, ils présentent des franges plus où moins agréablement composées, ou de longs filamens tentaculaires.
Le manteau offre encore un bel ornement dans la couleur dont il est revêtu pendant l’état de vie; et les mollusques pélagiens surtout sont richement partagés sous ce rapport. Enfin , 1l sécrète un mucus qui devient toujeurs très abondant quand on irrite l’animal, et qui répand quelquefois une odeur fort désagréable. |
La coquille est, comme nous l’avons déjà dit, produite par le manteau : elle se compose, dans des proportions différentes, d’une partie animale et d’une
artie calcaire, qui se durcissent bientôt au contact de l’air ou de l’eau, et acquièrent cette consistance que l’on remarque dans le plus grand nombre. Pour la former, le mollusque dépose successivement des couches les unes en dedans des autres, de manière que les plus nouvelles, qui sont en dedans, dépassent les plus anciennes, qui sont par conséquent les plus petites; et c’est par ce moyen que la coquille augmente insensiblement de volume. Différentes combinaisons dans l’application de ces couches la rendent feuilletée, compacte ou fibreuse, et déterminent souvent à sa surface des stries plus ou moins régulières.
La plupart des coquilles sont dures, épaisses, crétacées et opaques, se brisant avec facilité; c’est que chez elles la partie calcaire domine sur la partie animale : mais d’autres présentent une structure cornée et subtranslucide, plus ou moins mince, fragile, vitrée, quelquefois, mars c’est assez rare, flexible et membraneuse; c’est que, dans celle-ci, la partie animale domine, au contraire, sur la partie calcaire, qui, dans plusieurs cas même, disparaît entièrement. Le plus grand nombre de ces dernières sont pélagiennes; et l’on concoit alors qu’il n’était pas nécessaire qu’elles fussent bien solides, puisque les animaux qui les forment habitent les hautes mers, où ils peuvent impunément s'agiter sans craindre d’être heurtés. |
Les coquilles dont nous venons de parler sont ex-
ô DISCOURS SOMMAIRE
térieures et enveloppantes ; mais celles que l’on trouve quelquefois dans l’épaisseur du manteau sont plus ou moins cornées et flexibles, ou plutôt membraneuses ; elles sont souvent un peu transparentes, comme dans les Aplysies, Pleurobranches , etc., ou même vitrées, . comme dans les Sigarets, Calmars, etc., et plusieurs d’entre elles acquièrent avec l’âge une couche calcaire qui revêt leur face inférieure, et sert à les solidifier. Du reste, ces coquilles doivent être considérées comme étant, jusqu’à un certain point, rudimentaires.
C’est surtout par la forme que les coquilles varient ; aussi est-ce par là que l’on à presque toujours cherché à établir les caractères qui distinguent les familles et les genres. Nous ne ferons pas l’énumération des formes principales que l’on remarque; nous nous contenterons d'en signaler quelques unes. Les coquilles extérieures présentent une ou plusieurs pièces, que l’on désigne ordinairement sous le nom de valves ; ainsi celles qui n’ont qu’une seule pièce sont univalves ; celles qui en ont deux, hivales, et celles
ui en ont un plus grand nombre, plurivalves où multivalves. M. de Blainville donne encore le nom de subbivalves à celles dans lesquelles, outre une pièce analogue à celle qui constitue les coquilles univalves, il y en a encore une seconde, qui sert à fermer plus, ou moins complétement l’ouverture, et aue lon nomme opercule, et celui de tubivalyes à celles qui, munies comme les bivalves de deux pièces principales, en présentent une troisième en forme de tube, enveloppant les deux autres. Quant aux coquilles intérieures, elles ne sont jamais que d’une seule pièce.
Les coquilles extérieures univalves présentent généralement deux formes principales, tellement modifiées ensuite, que l’on peut passer de l’une à l’autre par une transition presque insensible. Dans l’une de ces formes, elles présentent un cône plus ou moins élevé ou aplati, droit ou oblique, réguler ou irré-
gulier, à sommet obtus, recourbé ou même spiral. Cette forme est certainement la plus simple. Dans l’autre, c’est un cône allongé, entièrement contourné en- spirale régulière, de manière à former par l’ensemble de ses'tours un disque arrondi, ou un cylindre, ou, ce qui est le plus ordinaire, un nouveau cône toujours droit, et plus ou moins court ou élévé.
L'animal de quelques unes de ces coquilles forme,
lorsqu'il se contracte pour v rester long-temps renfermé, une sorte de cloison mince, plus ou moins calcaire, qui en ferme complétement l’entrée, et que l’on désigne par le nom d’épiphragme. Cette pièce accessoire, et tout-à-fait temporaire, est détruite sitôt que l’animal la brise hour s’étendre hors de sa coquille. Pour la plupart des autres, c’est une pièce constamment dépendante de l’animal, auquel elle adhère par une partie de sa surface; l’opercule enfin. Il est complet, c’est-à-dire de même forme et de même grandeur que l'ouverture qu’il doit fermer ; ou. incomplet, c’est-à-dire plus petit, et plus ou moins dissembiable à la forme de l’ouverture. Dans ce dernier cas, 1l est quelquefois rudimentaire. Sa nature est calcaire ou cornée. Dans le premier cas, c’est une pièce épaisse et complète; dans le second, elle est mince, plus ou moins opaque, et complète ou non. Sa surface présente presque toujours des stries qui indiquent dans sa formation un mouvement spiral très prononcé. La considération de cette pièce, qui n’a encore bien été étudiée que par M. de Blainville, est d’une grande importance, et peut servir avantageusement pour caractériser les genres.
Les coquilles bivalves sont soumises à un mode de construction tout différent, quoiqu’un grand nombre d’elles présentent encore d’une manière quelquefois assez distincte une disposition spirale dans quelques unes de leurs parties. Elles varient beaucoup dans la forme de leurs deux valves : cépendant celles-ci sont
toujours concaves en dedans, et s’appliquent l’une contre l’autre de manière à laisser entre elles un: espe plus ou moins considérable pour loger l'animal.
l y a quelques cas, peu nombreux, où ces deux valves sont accompagnées d’une ou plusieurs pièces accessoires, ou bien d’un tube destiné à rendre plus complète encore l’enveloppe testacée qui protége le mollusque.
Dans les coquilles multivalves, les différentes pièces sont soudées ou comme articulées entre elles, ou bien elles sont simplement rapprochées, et maintenues dans une position constante par le manteau de l’animal. Le nombre de ces pièces varie selon les genres, et quelquefois devient indéterminé ; mais il y en a toujours de principales, qui sont in variables dans leur nombre.
Les coquilles extérieures sont, en général, ornées de côtes, ou de stries, ou de différentes sortes d’armures en épines, en crêtes ou en productions rameuses. Plusieurs d’entre elles sont tapissées d’une belle nacre à l’intérieur; d’autres sont revêtues à l’extérieur d’un émail qui les rend extrêmement polies et luisantes, et le plus grand nombre est surtout remarquable par la diversité et l’éclat des couleurs, ou par leurs combinaisons, qui présentent à l’œil Les dessins les plus variés et les plus bizarres. On retrouve toutes les couleurs parmi les coquilles; cependant celles qui se manifestent le plus rarement sont le bleu et le vert, encore n'est-ce généralement qu’à l’intérieur des valves. On ne connaît pas bien encore le phénomène de la coloration des coquilles; cependant on a déjà réuni plusieurs observations qui apprennent que la lumière ne lui est point étrangère.
La beauté d’un grand nombre de ces productions testacées les a toujours fait rechercher avec avidité
ar les nombreux amateurs de Conchyliologie; aussi ont-elles donné lieu entre eux à une rivalité qui, stiimulant la cupidité de quelques voyageurs, à rendu
ae
à la science le service de multiplier sous ses yeux les sujets d'observation. Malheureusement , ce goût ne s’est -d’abord manifesté que pour celles qui sont remarquables par leur éclat ou par les particularités de leurs formes; et on a long-temps négligé celles que la nature n’a pas si généreusement dotées; aussi sontelies beaucoup moins connues encore aujourd’hui, que les voyageurs les recherchent avec non moins d’avidité, persuadés que c’est parmi elles seulement que l’on peut trouver avec abondance des objets nouveaux et des observations intéressantes. Les coquilles intérieures sont dans le même cas; elles ont toujours été négligées, soit que l’on n’ait point soupçonné l’existence d’un grand nombre d’entre elles, soit qu’elles ne présentassent aucun attrait à ceux qui forment des collections de luxe. Ces coquiiles sont généralement aplaties, faiblement concaves, ou seulement courbes; et quelques unes, moins imparfaites, présentent un sommet qui indique déjà le mouvement spiral, qui se développera plus tard dans d’autres coquilles. Elles sont blanches dans leurs parties calcaires, et toujours plus ou moins rembrunies dans leurs parties membraneuses.
IL est encore à propos de parler, au sujet des coquilles univalves et bivalves, de l’épiderme qui fort souvent recouvre leur surface. Cette production est animale, plus ou moins épaisse, se desséchant sur le test qu’elle enveloppe, quelquefois lisse, et, dans des cas fort rares, pilifère. C’est le dernier vestige de cette partie de la peau qui, chez quelques mollusques nus, recouvre la coquille.
Les coquilles enveloppantes ne sont jamais indépendantes des mollusques qui les produisent, ou du moins on n’en connaît qu’un seul exemple (1). Elles adhèrent au corps de l’animal par le moyen de mus-