‹ Manuel de l'histoire naturelle des mollusques et de leurs coquillesChapitre 34 sur 77 · TABLEAU ‘9° ORDRE · texte numérisé non relu

TABLEAU ‘9° ORDRE

| NUDIBR ANCHES, Cuv.

Thitanienss Lam.; Polybranches et Cyclobranches, Blainv.

Anim. muni d’un pied pour ramper; des branchies à nu sur quelques parties du dos, toujours symétriques, soit qu’elles se trouvent dans la ligne médiane , soit qu elles en occupent les côtés; une ou plusieurs paires de tentacules, les deux sexes sur le même individu.

Coq. nulle.

Les Nudibranches sont des animaux tous marins et hermaphrodites; quelques uns d’entre eux habitent les rivages et rampent au moyen d’un pied assez grand ; d’autres habitent la haute mer et s’attachent aux fucus par un pied. étroit et allongé, ou bien encore ils nagent dans un sens renversé, le pied à la surface de la mer, s’aidant des bords de leur manteau, de leurs tentacules et de leurs branchies comme de rames.

1Te FAMILLE.

LES PTÉROSOMES, Rang.

Anim. très aplati, pouvu tout autour du corps d’une membrane natatoire horizontale; point de tentacules; les branchies ?

Nous établissons provisoirement cette famille pour un mollusque très incomplétement connu, dont M. Lesson a fait le genre Ptérosome; il semble intermédiaire entre les Nucléobranches et les Nudibranches sans pouvoir convenablement entrer dans l’un ou l’autre de ces ordres. Cependant comme il est bien certain qu’il ne peut appartenir au premier, nous le comprendrons dans ce second en attendant que de nouveaux renseignémens viennent nous éclairer à son sujet. ;

MÉTHODIQUE, etc. 125 - G. LXXX VII. Prérosome, pterosoma , Lesson.

Anim. pélagien, gélatineux, transparent, allongé, cylindrique, renflé à son milieu, entouré de deux membranes natatoires, minces, horizontales , prenant naissance à la queue, se continuant en conservant une forme ovalaire au-delà de la tête, où elles s’unissent en avant de la bouche; bord antérieur plus épais, et comme tronqué , le postérieur rétréci1 et plus mince; bouche terminale, sans trompe ; yeux sessiles ,;oblongs, rapprochés; queue cylindrique, pointue ; les organes digestifs paraissant à travers la substance de l’animal; les branchies, l’anus et les organes de la génération inconnus.

M. Lesson a découvert ce mollusque dans les mers de l'équateur entre les Moluques et la Nouvelle-Guinée, où il se montrait en assez grande abondance; ce naturaliste en a donné une jolie figure dans les Mémoires de la Société d'histoire naturelle. D’après ses observations, il se sert avec avantage de la membrane dont il est entouré pour se mouvoir, et nage horizontalement avec une grande vivacité.

LES GLAUQUES, Fér.

Tritoniens, Lam.; Tétracères, Blainv.; Phyllobranches, Lat.

Anim. muni de deux paires de tentacules, et quelquefois de trois ; les branchies en forme de lanières ou de cirrhes.

G. LXXXVIIL Grauque, glaucus, Forster.

Anim. pélagien, gélatineux, allongé, un peu aplati et terminé en pointe, en arrière; le pied très étroit et presque rudimentaire, la tête distincte, munie de quatre tentacules très courts, aplatis et triangulaires; la bouche subterminale ; les branchies disposées par paires sur les côtés, et propres à la natation , étant formées par des palettes oblongues,

entourées d’appendices digités; la terminaison des organes de la génération dans un tube commun, à la partie antérieure du côté droit ; anus du même côté, plus en arrière.

Les Glauques sont de charmans petits mollusques ornés des plus riches couleurs; ils nagent lentement à la surface de la mer à l’aide de leurs branchies et toujours le dos en bas. On les rencontre souvent dans l'Océan et la Méditerranée par essaims nombreux, et quand ils éprouvent quelque souffrance on les voit se contracter et se rouler en cercle; exposés hors de l’eau, ils se décomposent promptement.

On ne connaissait encore que le G. hexapterygius : nous donnons le nom de tetrapteryoius à une nouvelle espèce de l'Océan qui ne porte que deux paires de branchies.

G. LXXXIX. LantoGÈRE, laniogerus, Blainv.

Anim. Corps à peu près de même forme que celui des Glauques, épais et plus large en avant, plus étroit et plus mince en arrière; gastéropode, pourvu de chaque côté d’une série de lames molles finement pectinées, divisée en deux parties ; bouche et tentacules comme dans les Glauques , ainsi que la ter-

minaison des appareils de la digestion et de la génération.

M. de Blainville a établi ce genre sur un individu, le L. elfortü, de la collection du Muséum britannique; la figure qu’il joint à sa description nous rappelle les Glauques que nous avons conservés dans l’esprit de vin, et qui, devenus plus gonflés, comme il leur arrive toujours à leur mort, ont en même temps perdu quelques unes de leurs lanières branchiales.

G. XC. BRraRÉE, briaræa, Quoy et Gaim.

Anim. pélagien, gélatineux , transparent, scolopendriforme, aplati, ayant deux yeux? sessiles et quatre tentacules courts , larges et triangulaires , les postérieurs portant à leur extrémité deux sortes

MÉTHODIQUE, etc. 127

d’antennes très longues, filiformes, élastiques et résistantes ; terminé en arrière par une queue; branchies disposées de chaque côté, et représentées par des lames aplaties, bifurquées à leur extrémité, et décroissantes dans leur longueur, de la tête à la queue, où elles disparaissent insensiblement ; terminaison du canal intestinal et des organes de la génération inconnue ?

Le genre Briarée est certainement une des découvertes les plus intéressantes de MM. Quoy et Gaimard. Ce mollusque , quoiqu’incomplétement connu, ne peut laisser d’incertitude sur la place qu’il doit occuper; car si ses caractères ne suffisaient pas pour le faire reconnaître, on pourrait y être conduit par l’observation de cette disposition circulaire qu’il prend dans l’état de souffrance, et qui rappelle si bien le genre Glauque à ceux qui l’ont observé vivant.

Le B. scolopendra est la seule espèce connue ; elle a été trouvée dans les eaux du détroit de Gibraltar.

G. XCI. Éou1DE, eolidia, Cuv.

Anim. pélagien, limaciforme, gélatineux ; tête distincte , munie de deux ou trois paires de tentacules ; pied entier et occupant presque toute la longueur de l’animal ; branchies formées par des cirrhes aplaties ou coniques, disposées par rangées sur la partie supérieure du corps; organes de la génération réunis dans un même tubercule, au côté droit et en avant; anus un peu plus en arrière.

Ce genre se compose d’une grande quantité de petits animaux pélagiens et littoraux dont les espèces sont généralement assez mal décrites ou figurées. Les masses de fucus natans que l’on rencontre si fréquemment entre les tropiques, en offrent toujours beaucoup, etilest facile de les reconnaître à leur forme allongée et rampante, ainsi qu'aux branchies tentaculiformes dont ils sont tout hérissés ; ils ne nagent point; cependant ils viennent se suspendre à la surface de l’eau, le pied en haut, et s’y meuvent assez bien par le moyen d'ondulations précipitées.

Nous pAHagtos ce joli genre en deux sous-genres bien distincts.

1% S.-G. Eolides proprement dites.

Les branchies disposées par anneaux transverses, distans les uns des autres.

2° S.-G. Cavolines, Brug.

Les branchies disposées par séries longitudinales, de chaque côté de la ligne médiane.

G. XCIT. TERGIPE, tergipes, Cuv.

Aeolis, Ock.; Tergipède, Blainv.

Anim. limaciforme, gélatineux; la tête assez distincte étmünie de deux paires de tentacules ; le pied entier et occupant presque toute la longueur; les branchies en forme de petites massues , peu nombreuses, disposées sur deux rangées, une de chaque côté du dos; terminaison du canal intestinal et des organes de É génération comme dans les éolides ?

Les Tergipes paraissent être très voisins des Éolides avec lesquelles on les réunirait peut-être, si on les connaissait mieux. M. Cuvier indique bien, il est vrai, COMME Caractère particulier, que chaque organe branchiale est terminé par un petit sucoir, pouvant leur servir comme de pied pour marcher sur le dos, mais nous pensons que cette singulière organisation demande à être confirmée par de nouvelles observations faites sur l’animal vivant.

LES TRITONIES, Fér.

Tritoniens, Lam.; Dicères, Blainv.; Séribranches, Lat.

Anim. Deux tentacules supérieurs , rétractiles, dans une sorte de gaîne située à leur base ; un voile membraneux plus ou moins étendu au- RCE de la bouche ; organes de la génération et anus distans,

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au côté droit; organes de la respiration sous diverses formes ; mais disposés sur deux rangées longitudinales.

G. XCIII. Tuéruys, thethys, Linné.

Anim. pélagien, gélatineux et transparent ; la tête distincte et comprenant un large voile membraneux, frangé, formant l’entonnoir, se raccourcissant en dessous, et du milieu duquel s’élève une petite trompe terminée par la bouche; les tenticules au nombre de deux, situés à la base du voile, comprimés, ouverts à leur sommet pour donner issue à un petit tube conique et rétractile; pied très grand, branchies formées par deux séries longitudinales de houppes rameuses, alternativement inégales de droite à gauche, et de l’avant à l’arrière ; organes de la génération réunis au côté droit antérieur, orifice de l’anus plus en arrière.

Ce genre curieux sur lequel M. Cuvier a jeté de si grandes lumières , paraît ne renfermer encore qu’une seule espèce, le T. fimbria, qui est de la Méditerranée; il habite loin des rivages sur les bancs madréporiques ou les plantes errantes, et se sert de son voile pour la natation.

G. XCIV. MéziBée, melibe, Rang.

Anim. pélagien, gélatineux , transparent et limaciforme ; la tête distincte et comprenant un voile membraneux , contourné en forme d’entonnoir, garni intérieurement de cirrhes dirigés à l'extérieur, et du milieu duquel s’élève une petite trompe terminée par la bouche ; tentacules au nombre de deux, situés à la base du voile, très allongés, coniques, terminés par une petite capsule, de laquelle sort un organe conique ct rétractile; pied aussi long que l’animal, mais extrêmement étroit, en forme de sillon ; branchies formées de deux séries peu nombreuses de massues oblongues, arrondies à leur sommet, pédiculées à leur base, et recouvertes

de petits tubercules; organes de la génération réunis au côté droit antérieur, anus plus en arrière.

Ce mollusque est sans contredit très voisin des Théthys avec lesquelles nous l’avions d’abord confondu ; mais l’étude que nous avons faite depuis de ce dernier, sur un individu vivant, nous a engagé à leur affecter une différence générique fondée sur l’organisation toute différente des branchies. La Mélibée, qui nage très bien en agitant de côté et d’autre la partie postérieure de son corps, habite sur des plantes errantes dans les mers du cap de Bonne- Espérance , où nous avons pu l’observer vivante pendant assez long-temps. Nous avons remarqué que les branchies tombaient facilement pour peu qu’on les touchät. L’espèce qui sert de type au genre est la M. rosea. Peut-être faudrat-il y joindre quelques petits animaux découverts par M. Dorbigny sur les côtes de La Rochelle, et qui présentent pour organes de la respiration de petites massues disposées sur deux rangées longitudinales et dorsales.

G. XCV. SeyzLée, scyllæa, Lin.

Anim. pélagien, gélatineux, très comprimé latéralement ; à tête peu distincte, le voile rudimentaire et en forme de fer à cheval; deux tentacules, grands, en forme de cornets renversés, aplatis, fendus en avant, ouverts au sommet pour donner passage à un petit corps pointu et rétractile ; bouche à l’extrémité d’une très petite trompe, armée d’un appareil propre à la mastication ; pied long et très étroit, en forme de sillon; branchies en forme de petits pinceaux touffus , épars sur les faces internes de plusieurs appendices pairs de la peau, et sur une crête caudale et médiane; orifice de l’anus et des organes de la génération, au côté droit.

Les Scyllées sont des animaux extrêmement répandus dans toutes les mers chaudes, et que l’on trouve surtout parmi les feuilles des fucus natans; aussi leur pied, comme

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celui de presque tous les animaux de cette famille, n’est-il propre qu’à embrasser les tiges de ces plantes. On ne connaît encore que les S. pelapica et fulva.

G. XCVI, TRITONIE, tritonia, Cuv.

Anim. limaciforme, à tête peu distincte, surmontée de deux tentacules rétractiles , dans une sorte d’étui, portant un voile arqué, frontal, peu étendu; la bouche armée de deux michoires latérales, cornées, tranchantes et denticulées sur les bords; le pied long et canaliculé; branchies en forme de houppes rameuses, rangées en série longitudinale, de chaque côté du dos; organes de la génération réunis au côté droit antérieur; anus situé plus en arrière.

Les Tritonies, comme on en peut juger par la disposition de leur pied, sont des mollusques qui s’attachent particulièrement aux plantes marines qu’elles ne sauraient quitter pour nager ; elles sont très voisines des Scyllées dont elles ont entièrement les mœurs et en grande partie l’organisation; les espèces ne sont pas encore bien déterminées ; cependant il en existe plusieurs sur nos côtes, parmi lesquelles on doit distinguer la 7. hombergü qui a servi aux recherches anatomiques de M. Cuvier.

LES DORIS, Fér.

Tritoniens, Lam ; ordre des Cyclobranches , Blainv.; Urobranches, Lat.

Anim. muni de quatre tentacules, dont deux supérieurs et deux inférieurs, sous le rebord du manteau ; les organes de la respiration semblables à de petits arbuscules, et formant dans la ligne médiane un bouquet autour de l'anus.

G. XCVIT. PozycÈRE, polycera , Cuv.

Anim. limaciforme , charnu , à manteau à peine débordant ; tête peu distincte, couronnée d’un nombre

toujours pair d’appendices tentaculiformes; tenta-

cules supérieurs en forme de massue, contractiles

dans une cavité; pied long, assez étroit, et quel-

juefois canaliculé ; les branchies groupées autour

de l’anus, dans la ligne médiane, un peu en arrière, et composés d'organes simples ou rameux, souvent très étendus et divisés, quelques appendices membraneux les environnant; orifice des organes de la génération au côté droit.

Les Polycères sont certainement très voisins des Doris; mais c’est à tort, selon nous, qui avons pu fréquemment observer ces deux genres à l’état de vie, que quelques auteurs les ont réunis: elles vivent généralement sur les plantes marines, rampant peu, avec lenteur, et nageant avec quelque facilité. On n’en a encore fait connaître qu’un petit nombre d’espèces; il en existe beaucoup d’autres, si nous

en jugeons par celles que nous avons vues dans différentes collections.

G. XCVIII. Doris, doris, Cuv.

Anim. charnu, oblong, planulé ou prismatique; recouvert d’un large manteau dépassant très souvent le pied et la tête; quatre tentacules, dont deux supérieurs, en forme de massue, contractiles dans une cavité, et deux inférieurs, coniques, sous le rebord antérieur du manteau; bouche à l'extrémité d’une très petite trompe, armée d’une éminence linguale hérissée de denticules ; le pied oblong, allongé, généralement assez grand; les branchies en forme d’arbuscules réguliers et rayonnans autour de l’orifice de l’anus; celui-ci situé dans la ligne médiane , un peu en arrière; orifice des organes de la génération sous le rebord droit du manteau.

Le genre Doris paraît être le plus nombreux en espèces de tous les mollusques sans coquilles ; elles se rencontrent en effet sur tous les rivages, car ce sont des animaux essentiellement gastéropodes. Leur forme oblongue et toujours un peu aplatie, et la singulière disposition de leurs

branchies les rendent très reconnaissables. Généralement elles montrent de belles couleurs et des ornemens bien propres à établir des distinctions spécifiques, aussi en a-t-on fait à différentes fuis des monographies fort intéressantes ; M. Cuvier, à qui l’on doit une connaissance très approfondie de l’organisation des Doris, en a, le premier, donné une assez considérable, et dans laquelle il propose déja d'établir les deux groupes suivans, qui, reproduits tout récemment par M. Rapp de Tubingen, ont servi pour la distribution d’un nombre d’espèces double du sien. Outre cela nous pouvons annoncer que MM. de Férussac et Dorbigry préparent une monographie de ce genre qui sera encore beaucoup plus étendue.

per groupe.

Espèces à manteau ovale, débordant le pied.

D. verrucosa , etc.

2e groupe.

Espèces à corps prismatique , à manteau presque aussi étroit que le pied.

D. lacera, etc.

G. XCIX. OncuiporE, onchidoris, Blainv.

Anim. de forme ovalaire , bombé en dessus; quatre tentacules comme dans les Doris, outre deux appendices labiaux ; le pied ovale, épais, dépassé dans toute sa circonférence par les bords du manteau ; organes de la respiration formés par des arbuscules très petits, disposés circulairement, et contenus dans une cavité située à la partie postérieure et médiane du dos; anus également médian, mais placé à la partie inférieure et postérieure du rebord du manteau; les orifices des organes de la génération très distans, et réunis entre eux par un den extérieur occupant toute la longueur dù côté

roit.

M. de Blainville a établi ce genre sur un individu de la collection du Muséum britannique qui, selon l'usage de

cet établissement , ne portait point d’indication de patrie ; c’est l’O. leachti.

LES PLACOBRANCHES, Rang.

Anim. portant quatre tentacules, et muni de deux expansions membraneuses, latérales , propres à la natation , tapissées supérieurement, ainsi que toute la surface du dos , de lamelles branchiales.

G.C. PracoBRANCHE, plancobranchus , Van Hasselt.

Anim. oblong, cylindracé, charnu, à manteau dilaté de chaque côté en deux lobes ou nageoires membraneuses, demi-circulaire , embrassant toute la longueur, depuis le cou jusqu’à l'extrémité postérieure , et pouvant se croiser sur le dos, en formant un canal intérieur, ouvert aux deux extrémités ; tête peu distincte du corps, déprimée , et portant sur son sommet deux yeux petits et rapprochés ; deux paires de tentacules, coniques, peu allongés, la paire inférieure un peu aplatie et triangulaire ; bouche inférieure, fendue en long, et munie de chaque côté d’un appendice lamelleux ; pied long, réuni au manteau; branchies tapissant toute la face supérieure des lobes et du dos, en forme de lamelles minces, serrées, longitudinales, et partant d’un centre commun situé à la partie antérieure ; anus situé au côté droit antérieur, orifice des organes sexuels séparés, celui de l’ovaire un peu en avant de l’anus, et celui de la verge à la base du tentacule droit.

Le genre Placobranche est établi par feu Van-Hasselt pour un mollusque extrêmement curieux, que ce courageux naturaliste, si digne de nos regrets, a découvert à l’île de Java peu de temps avant sa mort. La description et les détails dans lesquels il est entré à son sujet, seraient certainement très suffisans pour beaucoup d’autres mollusques;

MÉTHODIQUE, etc. 135

mais ils laissent encore quelque chose à désirer pour celui-ci qui présente une organisation si différente de ce que nous connaissons jusqu’à présent. Nous devons à l’obligeance de M. de Férussac quelques individus du Placobranche, mais qui sont malheureusement mal conservés, et ne nous ont pas permis de pousser nos recherches beaucoup plus loin que ne l’a fait Van-Hasselt; ils nous mettent cependant à même de reconnaitre l’exactitude de ses observations. D’après le concours des détails obtenus par ce naturaliste, de la vérification que nous en avons faite et de quelques caractères de plus que nous avons pu saisir, nous croyons devoir, comme lui, placer ce mollusque dans l’ordre des nudibranches, et en faire une famille à part, conduisant aux Inférobranches et aux Tectibranches.

Le Placobranche, à l'exemple des Aplysies, redresse et croise ses lobes sur le dos, et forme ainsi un canal ouvert par les deux bouts, dans lequel l’élément ambiant circule pour frapper les branchies dont il est tapissé. L’espèce qui

a servi de type à ce genre, et qui a au plus deux pouces de long , est le P. ocellatus.

INFÉROBRANCHES, Cuv.

Gast. Phyllidiens et semi-Phyllidiens, Lam.; Inféro- Granches et fam. des Subaplysiens, Blainv.

Anim. muni d’un pied pour ramper, toujours très grand ; des branchies en forme de longue suite de feuillets, à la partie inférieure du corps, entre le rebord avancé du manteau et celui du pied, soit tout autour du corps, soit à droite seulement (1 ); les organes de la génération toujours sur le même individu, une ou deux paires de tentacules.

Quelquefois une coquille interne ou externe.

Les Inférobranches sont tous marins, à l’exception du

(1) Le genre Ancyle étant sénestre, les branchies, dans ce seul cas, sont situées à gauche.

genre Ancyle, que nous y introduisons provisoirement et qui est fluviatile et hermaphrodite. Ils habitent les rivages, et ne peuvent s’en écarter, car ils sont essentiellement gastéropodes, et ne nagent jamais.

LES PHYLLIDIENS, Lam.

Phyllidies, Fér.; ordre des Inférobranches, Blainv.; Bifaribranches , Lat.

Anim. portant les branchies également des deux côtés. Coq. nulle.

G. CI. Puyzzipie, phyllidia, Cuv.

Anim. ovale, oblong, convexe en dessus , à manteau coriace, épais, formant un rebord saillant autour du corps ; tête petite, cachée sous son rebord antérieur; bouche en forme de petite trompe, munie d’une masse linguale denticulée ; quatre tentacules, deux supérieurs, rétractiles dans de petites cavités, et deux inférieurs et labiaux ; pied ovale, allongé ; branchies en forme de lamelles obliques, formant, sous le rebord du manteau, un cordon tout autour du corps; anus à la partie postérieure et médiane du manteau ; orifices de la génération dans un tubercule commun, au côté droit antérieur.

G. CIT. Drrnyzzinie, diphyllidia, Cuv.

Linguelle, Blainv.; Arminia, Rafi.?

Anim. de forme ovale, très déprimé; le manteau débordant le pied de toutes parts, excepté en avant, où la tête reste à découvert; les tentacules au nombre de deux seulement ? le cordon branchial n’occupant que les deux tiers postérieurs du rebord inférieur du manteau; anus inférieur, au côté droit postérieur ; organes de la génération dans le même tubercule, au côté droit antérieur.

MÉTHODIQUE, elcC. 137

Le genre Diphyllidie a été établi par M. Cuvier pour un mollusque très voisin des Phyllidies, et qui, au rapport de M. de Blainville, serait le même que son genre Linguelle; il paraïtrait aussi que le genre Arminia de M. Rafinesque n’en diffère pas. D’après cela il convient donc de ne le comprendre que sous la dénomination qui lui a été affectée la première, celle que nous lui conservons.

LES SEMI-PHYLLIDIENS, Lam.

Ombrelles et Pleurobranches, Fér.; Patelloides et Subaplysiens, Blainv.; Unabranches, Lat.

Anim. portant les branchies au côté droit seulement (à l’exception du genre Ancyle, qui est sénestre ).

Quelquefois une coquille interne ou externe , et, dans ce dernier cas, recouvrante.

G. CIIT. Axcyze, ancylus, Geoffroy.

Anim, ovale, en cône légèrement recourbé en arrière, ayant le manteau peu ample, ne recouvrant point la tête, et mince sur les bords; tête très grosse, munie de deux tentacules, gros, cylindriques, contractiles, oculés à leur base interne, et avoisinés au côté externe par un appendice foliacé ; bouche

inférieure , avec quelques apparences d’appeudices Jabiaux de chaque côté; pied elliptique, grand ; branchies dans une sorte de cavité, au milieu du côté gauche, entre le pied et le manteau ; anus au côté gauche.

Coq. mince, recouvrante, presque symétrique, en cône oblique, en arrière ; à base ovale plus ou moins allongée , à sommet pointu , non marginal, un peu incliné à droite.

Ce genre n’a cessé d’être ballotté d’une famille dans une autre, et peut-être le sera-t-1l encore malgré ce que l’on

sait de son animal. Quoi qu’il en soit, il ne peut plus être classé avec les autres genres de mollusques avec lesquels il vit dans les eaux douces, puisqu'il est branchifere, et que ceux-ci sont au contraire pulmonés. Nous le placons en attendant dans la famille des Semi-Phyllidiens où la disposition de ses branchies semble l'appeler, en faisant remarquer toutefois qu’au lieu de les avoir à droite comme les Pleu— robranches, 1l les a à gauche ; mais ce caractère est de peu d'importance, l’animal paraissant sénestre, comme plusieurs mollusques d’eau douce, puisque l'anus s’ouvre également à gauche.

Les Ancyles vivent dans les eaux douces, des fontaines et des ruisseaux; ils rampent sur les pierres ou sur les

plantes aquatiques ; nous ne ies avons jamais vus respirer air en nature.

l'air en nat

G. CIV. PLEUROBRANCHÉE, pleurobranchæa, Meckel. Pleurobranchidie, Blainv.

Anim. ovale, allongé, plat en dessous, convexe en dessus, pointu en arrière; aucun indice de manteau, seulement une légère expansion de la peau, longue et étroite, au milieu du côté droit; tête très grosse, et portant la bouche à l’extrémité d’une trompe; deux paires de tentacules auriformes, les antérieurs à l’extrémité d’un bandeau musculaire transverse , frontal; les postérieurs un peu plus en arrière , et fort séparés l’un de l’autre; pied très grand, plus étendu en arrière qu’en avant; une seule branchie fixée au côté droit, et entièrement à découvert ; la terminaison des organes de la génération dans un tubercule commun, en avant des branchies ; l’anus en dessus de celles-ci et au milieu de leur longueur.

Le genre Pleurobranchée est extrémement voisin des Pleurobranches, car il n’en diffère que par l'absence du manteau, la disposition des tentacules et la place qu'occupe l'orifice de l’anus qui est plus en avant que dans les Pleurobranches; aussi nous pensons que l’on pourrait, sans incon-

MÉTHODIQUE, etc. 139

vénient, en faire une division de ceux-ci. M. de Blainville, à qui nous empruntons les caractères du genre Pleurobranchée qu’il a pu observer par lui-même, pense que c’est le Pleurobranche baléarique de Delaroche, et Le type du genre

Cyanogaster de M. Rudolphi. La seule espèce connue est la P. meckeli.

G. CV. PLEUROBRANCHE, péeurobranchus, Cux.

Et Lamellaire, Montagu , ou Berthelle, Blainv.

Anim. oblong, charnu, convexe en dessus, à manteau très grand et débordant; pied grand, débordant également, et laissant par cette disposition un large canal tout autour du corps; tête distincte, munie d’un voile s’unissant de chaque côté avec les bords du pied , et de deux tentacules tubuleux et fendus antérieurement ; bouche à l’extrémité d’une trompe; branchies composées d’une double série de lamelles formant un panache au côté droit postérieur, entre le manteau et le pied; anus porté par un petit tube en arrière des branchies, organes de la génération en avant.

Coq. Quelquefois un test rudimentaire , membraneux,

à sommet assez distinct, caché dans l’épaisseur du manteau.

Le genre Pleurobranche est très nombreux en espèces ; mais peu d’entre elles sont décrites. Nous lui réunissons le genre Berthelle de M. de Blainville, qui n’est autre que le

Lamellaire de Montagu, et qui ne diffère des Pleurobranches en rien d’essentiel.

Nota. Nous avons vu dans la belle série des dessins que MM. Quoy et Gaimard, qui viennent de terminer d’une manière si glorieuse leur second voyage autour du monde, ont envoyés a l’Institut pour y être gardés en dépôt , deux genres nouveaux proposés par ces naturalistes, sous les noms de W'esteruia et de Gervisia pour de jolis petits animaux tres voisins des Pleurobranches, et qui augmenteront, sans doute, la famille des Semi-Phyllidiens.

Ye) TABLEAU

G. CVIE. OmBrezre, umbrella, Lam.

Gastroplaxz, Blainv.; Acarde, Megerle.

Anim. de forme oblongue ; très déprimé , bombé en dessus, très plat en dessous, et charnu ; le manteau peu étendu, la tête non distincte, la bouche située dans le fond d’une échancrure étroite et profonde, en avant du pied, celui-ci à bords épais et relevés tout autour; quatre tentacules, deux supérieurs , tronqués , fendus , comme lamelleux à l’intérieur, deux plus petits, en forme de crètes pédiculées, de chaque côté de la bouche ; pied extrêmement grand, débordant de toutes parts, lisse et plat; branchies foliacées, disposées en cordon tout le long du côté droit, et se portant même un peu à gauche, en passant par-devant ; anus en forme de petit tube, en arrière des branchies; organes de la génération très rapprochés, situés à droite et en avant.

Coq. externe, calcaire, solide , très déprimée, presque toute plate, irrégulièrement circulaire, un peu convexe en dessus et concavye en dessous , à sommet excentrique, conique et légèrement infléchi, à bords tranchans , à stries concentriques et rayonnantes ; fixée à la partie dorsale qu’elle recouvre.

Nous décrivons l’animal de l’Ombreile d’après l'individu que M. Reynaud a déposé au Muséum d’histoire naturelle, et qui malheureusement se trouve privé de sa coquille. Quoi qu'il en soit, on ne peut douter qu’elle ne fût fixée à la partie supérieure du mollusque, au-dessus des branchies, car on y retrouve encore l’empreinte et des portions évidentes des muscles d’attache. M. de Blainville, qui, le premier, a observé ce mollusque curieux , l'avait désigné sous le nom de Gastroplax, pensant que la coquille était fixée sous le pied, comme cela était à ce qu’il parait, mais artificiellement, sur l'individu qu’il observait. Depuis lors, il a rectifié cette erreur que notre observation vient aussi détruire. À l'exception de la position de la coquille, les figures que ce savant donne dans le Dictionnaire des Sciences

Lt |

MÉTHODIQUE, etc. 147

naturelles sont très bonnes. On ne connaît encore que deux espèces de ce genre, l’une des mers de l'Inde, l’autre de la Méditerranée. M. Peyraudeau a trouvé celle-ci sur les côtes de la Corse.

G. CVIL. SPTRICELLE, spiricella, Rang.

Anim. inconnu.

Coq. très aplatie, allongée, arquée, à bords tranchans ; sommet spiral, sénestre, contourné horizontalement, situé en arrière et à gauche, ouvert à la face inférieure ; une impression peu distincte, mais paraissant cccuper la partie postérieure de la coquille, où elle se montre à peu près parallèle au

bord

Nous avons établi le genre Spiricelle dans le Bulletin du 23 décembre 1828 de la Société linéenne de Bordeaux pour une petite coquille fossile, qui a été trouvée dans les Faluns de Mérignac par M. Charles Des Moulins. Bien examinée , elle présente de grands rapports avec le genre Cabochon. Cependant nous l’en avons beaucoup écarté, parce que d’une part elle présente des caractères vraiment distincts, tels que d’avoir les bords de son ouverture extrêmement dilatés de manière à former une vaste surface oblongue qui lui sert de base, et d’avoir le sommet tourné horizontalement et non tout-à-fait postérieur, et que de l’autre elle nous paraît avoir appartenu à un mollusque plus grand qu’elle qui ne l’avait produite que pour abriter une seule partie de son corps, les branchies par exemple.

Nous n’en connaissons qu'une seule espèce, c’est la Spiricella unguicuius.

G. CVIIT. SIPHONAIRE , siphonaria , Sowerby.

Anim. ovale , subdéprimé; la tête subdivisée en deux lobes égaux, sans tentacules, ni ÿeux évidens; les bords du manteau crénelés , une branchie en Éoniie de membrane carrée, dans 4 sinus formé à droite, entre le pied et le manteau.

Coq. patelloïde , elliptique, à sommet bien marqué,

un peu gauche et postérieur ; une espèce de canal ou de gouttière sur le côté droit ; impression musculaire en forme de fer à cheval, le lobe droit partagé en deux par le canal.

Nous empruntons la caractéristique de ce genre à M. de Blainville, car nous ne connaissons pas l’animal des Siphomaires. Nous observerons en même temps que nous avons vu de jeunes Patelles avoir le caractère des Siphonaires, et en conserver encore des traces dans un âge plus avancé. Ce n’est donc que provisoirement que nous adoptons ce genre,

et que nous lui assignons une place parmi les Inférobranches.

TECTIBRANCHES, Cuv.

Gastéropodes laplysiens et bulléens, Lam.; Monopleurobranches, Blainvy.

Anim. muni d’un pied pour ramper; des branchies sur le dos, un peu à droite, généralement protégées par quelques expansions du manteau ; les organes de la génération sur le même individu, mais toujours distans au côté droit antérieur, et liés entre eux par un sillon extérieur.

Coq. Très souvent une coquille ; externe ou interne.

Les Tectibranches sont des mollusques généralement répandus sur les rivages, où on les voit ramper, mais qui, pour la plupart, jouissent en même temps de la faculté de nager, à l’aide de larges expansions latérales. [ls sont tous marins et hermaphrodites.

LES APLYSIENS, Blainv.

Laplysiens, Lam.; Dicères, Fér.; Tentaculés, Lat.

Anim. non divisé, muni de quatre tentacules oculés à leur base antérieure, et quelquefois d’expansions membraneuses latérales, propres à la natation , les branchies en forme de panache, dans une cavité.

MÉTHODIQUE, etc. 143

dorsale, protégée la plupart du temps par un opercule libre au côté droit, ou simplement par les bords rapprochés du manteau ; les organes de la génération très distans.

Coq. rudimentaire ou nulle.

A. Quatre tentacules.

G. CIX. Arzysie, aplysia, Rang.

Lepus marinus des anciens ; Laplysia, Lin.; Dolabella, Lam.; Notarche, Cuv.

Anim. rampant, oblong, convexe eu dessus, plat en dessous , allongé en avant, aigu en arrière ; portant deux expansions latérales du manteau, renversées sur le dos, quelquefois très amples, et alors propres à la natation ; tête distincte; bouche située au-dessous, fendue en long, et armée de pièces propres à la mastication ; tentacules antérieurs, élargis; tentacules postérieurs, coniques et fendus en long; pied grand et calleux ; le peigne des branchies renfermé dans une cavité dorsale protégée presque toujours par un opercule ; l’anus en arrière des branchies, à l’intérieur du siphon; orifice des œufs un peu en avant et à droite du peigne branchial; organe mâle tout-à-fait en avant, sous le tentacule droit antérieur.

Coq. Quelquefois une coquille, rudimentaire, toujours interne, servant à consolider l’opercule.

Les Aplysies sont des animaux rampans, dont une grande partie jouit en outre de la faculté de nager, au moyen des larges expansions de leur manteau. Elles habitent tons les climats, et on les trouve généralement sur les rivages, parmi les rochers et les plantes marines. Nous avons publié récemment une monographie de la famille des Aplysiens, dans laquelle ce beau genre est traité avec détail, et augmenté, par nos découvertes, du triple de ce qu’il était.

Voici les divisions que, d’après de nombreuses observations sur ces animaux à l’état de vie, nous avons dù leur affecter.

1% S.-G. Aplysies proprement dites’, Rang.

Laplysie, Lin.; Dolabelle, Lam.; Actéon, Ocken.

Anim. muni d’une fente dorsale, toujours médiane longitudinale ; le pied large, les branchies renfermées dans le fond d’une cavité, d’où leur longueur ne leur permet pas de se porter en dehors, et protégées en dessus par un opercule.

Coq. rudimentaire, calcaire, membraneuse, cachée dans l’épaisseur de l’opercule.

Rae groupe.

Corps renflé en arrière; un disque oblique postérieur ; les bords du manteau serrés sur le dos, et impropres à la natation.

Coquille triangulaire et très calcaire.

Ce groupe comprend le genre Dolabelle de Lamarck. A, rumphü, etc.

2° groupe.

Corps rétréci aux deux extrémités; point de disque ; les bords du manteau très petits, et impropres à la

natation.

Coquille subquadrangulaire et calcaire.

Ce groupe se compose d’espèces nouvelles, à l'exception d’une seule, qui était à tort parmi les Dolabelles. A. dolabrifera, etc.

3e groupe.

Corps rétréci aux deux extrémités; bords du manteau dilatés et propres à la natation.

Coquille subarrondie, membraneuse, et solidifiée par une couche calcaire.

Ce groupe à pour type le genre Laplysie de Linné. Nous le divisons en deux sections.

A. Un tube à la membrane de l’opercule.

A. fasciata, etc.

MÉTHODIQUE, etc. 145 B. Une ouverture à la membrane de l’opercule.

* À, depilans, etc.

2° S.-G. Notarche, rotarchus, Cu.

Anim. muni d’une fente dorsale très petite et quel: quefois oblique; le pied allongé et assez étroit; les branchies souvent fort longues, et pouvant se porter au-dehors de la cavité; l’opercule rudimentaire ou nul.

Coq. nulle.

Ce sous-genre se compose presque en entier d'espèces nouvelles , et a pour type l’animal dont M. Cuvier avait fait son genre Notarche.

G. CX. BursarTeLzze, bursatella, Blainv.

Anim. subglobuleux, offrant inférieurement un espace ovalaire, circonscrit par des lèvres épaisses indiquant le pied; supérieurement , une fente ovalaire, à bords épais, symétrique, formée par la réunion complète des appendices natatoires du manteau , et communiquant dans une cavité où se trouve une très grande branchie libre, et l’anus; quatre tentacules fendus, ramifiés, outre deux appendices buccaux.

Coq. nulle.

Le genre Bursatelle paraît devoir rentrer dans le genre Aplysie où il trouverait sa place dans le second sous-genre à côté des À. savignana et plei. Si nous le reproduisons ici c’est à cause de nos doutes, et, comme nous l’avons fait dans notre Monographie de la famille des Aplysiens, pour le mettre plus en évidence, et provoquer de cette manière l’attention des voyageurs.

Une seule espèce est décrite, c’est la B. leachu.

B. Deux tentacules.

G. CXI. Acréon, actæon, Ocken. Elysia ? Risso.

Anim. allongé, limaciforme, acuminé postérieurement; manteau muni de deux expansions membraneuses , latérales et propres à la natation; deux tentacules cylindriques , obtus et assez gros; les yeux situés à leur base et en arrière; branchies et organes de la génération inconnus.

Coq. nulle.

Le genre Actéon a été établi par Ocken pour un petit mollusque des côtes du Devonshire décrit par Montagu, mais qui laisse encore infiniment à désirer sous le rapport des caractères extérieurs. Le genre Flysie de M. Risso ne paraît pas en différer , si l’on met de côté quelques caractères trop extraordinaires peut-être pour qu'on puisse y ajouter une grande foi.

LES ACÈRES, Cuv.

Bulléens, Lam.; Acérés, Lat.

Anim. divisé en lobes ou parties distinctes, dont les latéraux se dilatent quelquefois en nageoires; point de tentacules, ou du moins les tentacules formant par leur réunion un disque tentaculaire antérieur; branchies sur le dos, un peu en arrière et à droite, protégées parle manteau etsouvent par une coquille.

Coq. nulle , interne ou externe.

G. CXII, AcÈrE, akera, Cuv.

Doridium , Meck.; Lobaria, Mul.

Anim. oblong, déprimé, divisé en quatre lobes, J’antérieur ou disque tentaculaire, le postérieur, qui contient les viscères, et les deux latéraux qui sont des expansions amincies du pied, pouvant servir à la natation, et s’abaisser à volonté ou se replier sur le dos; tête non distincte; pied

MÉTHODIQUE , efc. 147

très large se continuant avec la surface inférieure des expansions latérales; branchies en forme de panache triangulaire, feuilleté, situé en arrière ; anus au côté droit , en arrière et sous l’abri du manteau; organes de la génération très distans, du même côté, l’orifice de la vulve étant situé presqu’en arrière, et l’organe mâle en avant.

Coq. nulle.

Une seule espèce, l’ 4. carnosa, de la Méditerranée a CS | Ci e | 0 Q

servi à l'établissement de ce genre dont M. Cuvier a fait connaître l’organisation; nous en avons observé plusieurs individus très bien conservés, et qui n’offraient aucune trace de coquille. On a pensé que la T. riptère de MM. Quoy et Gaimard pouvait se rapporter aux Acères; mais c’est une erreur, car elle appartient évidemment au genre Cléodore.

G. CXIITI. Buzze, bulla, Lin.

Bulle et Bullée, Lam.

Anim. oblong, bombé, obtus aux deux extrémités, divisé en quatre lobes, l’antérieur ou disque tentaculaire, le postérieur, qui renferme les viscères, et est recouvert par la coquille, et les deux latéraux en forme de bourrelets, quelquefois très étendus dans le plan du pied, pouvant servir alors à la natation; la tête non disuncte; le pied grand; les branchies en forme de panache triangulaire feuilleté, situées sur le dos, un peu à droite et en arrière, sous l’abri d’une coquille ; anus à l'extrémité d’un petit tube , au côté droit, et un peu en arrière ; organes de la génération assez distans, au même côté, l’orifice de la vulve étant à la moitié de la longueur, et l’organe mâle tout-à-fait en avant.

Coq. ovale, globuleuse, généralement mince et fragile, souvent épidermée, plus ou moins complétement enroulée, à spire ombiliquée ou peu saillante; l’ouverture très grande, de toute sa longueur; le bord droit tranchant,

Le genre Bulle renferme plusieurs espèces de mollusques dont les coquilles vivantes ou fossiles sont recherchées dans les collections, Lamarck en formait deux genres, ïes Bulles et les Bullées; les premières ayant une coquille externe et les secondes l’ayant interne; cette distinction n’étant point du tout générique , nous formons, comme M. Cuvier semble l’avoir indiqué, deux sous-genres caractérisés d’après cette même différence qui, du reste, est de bien peu d’importance.

1% S.-G. Bulles proprement dites.

Une coquille extérieure, quelquefois assez grande pour donner retraite à l’animal, (1)

2° S.-G. Pullées.

Une coquille interne, cachée dans l’épaisseur du manteau, ne protégeant qu’une partie de l’animal.

G. CXIV. GasTÉROPTÈRE, gasteropteron, Meck.

G. Parthenopia, Ock.; Clio amati, Delle Chiaje.

Anim. formé de trois parties : l’antérieure ou disque tentaculaire , la postérieure ou abdominale, qui est oblongue , bursiforme et indépendante du pied , et la troisième , qui est l’organe locomoteur ; celui-ci composé d’un pied adhérent au corps, seulement en avant, étroit, prolongé en arrière et dilaté latéralement en deux vastes nageoiresirrégulièrement arrondies ; tête non distincte ; bouche terminale, deux yeux sur le disque tentaculaire; branchies à nu , sur le côté droit du corps; anus en arrière et au-dessus des branchies ; organes de la génération assez rapprochés, l’orifice de la verge étant situé tout-à-fait en avant, et celui de la vulve, à la naissance du peigne branchial; le conduit des œufs en

(r) Nous venons d’en découvrir une nouvelle espèce à Bourbon, qui vit sur les rochers tout près du bord de la mer, mais à l’air libre.

# 4 vu 2

MÉTHODIQUE, etc. * 149

forme de tübe très allongé, pendant au-dessus de : Panus.

Coq. nulle.

Le Gastéroptere est un mollusque très intéressant, que quelques auteurs ont à tort classé parmi les Ptéropodes ; M. de Blainville, le premier, a fait connaître sa véritable place. On doit à M. Delle Chiaje, savant anatomiste de Naples, une connaissance approfondie de son organisation interne,

G. CXV. Sormer, sormetus, Adanson.

Anim. allongé, arrondi à chaque extrémité, bombé en dessus, plat en dessous, de largeur égale partout, muni dans toute sa longueur de deux sillons latéraux très profonds; tête non distincte, sans apparence de tentacules ; bouche arrondie ; branchies communiquant avec le fluide ambiant, par une petite ouverture située au côté droit, qui comprend aussi l’orifice du rectum.

Coq. ovale, déprimée, cornée? à sommet à peine distinct et à bords repliés en dedans.

Le genre Sormet, qu'Adanson seul a fait connaître, est trop imparfaitement caractérisé pour que nous ne conservions pas quelques doutes en le mettant dans les Acères; la difficulté de lui trouver une place plus convenable nous a décidé; à l’exemple de MM. Cuvier et de Blainville, à le laisser ici en attendant de meilleurs renseignemens.

Une seule espèce, le $, Adansonti, a servi à l’établissement de ce genre; elle est du Sénégal où Adanson l’a trouvée dans le mois de juin, sur les rives du fleuve, près de son embouchure, enfoncée d’un à deux pouces dans les sables. Ce mollusque établirait assez bien le passage aux Pulmonés.

PULMONÉS INOPERCULÉS , Fér.

Pulmobranches, Blainv.

Anim. muni d’un pied pour ramper, point de branchies, mais une cavité pulmonaire recevant le fluide

ambiant par une ouverture particulière pratiquée au bord droit du manteau ; les organes de la génération sur le même individu, réunis dans une seule cavité, ou distans.

Coq. nulle, rudimentaire ou complète, interne ou externe.

Les animaux qui ont été rassemblés sous la dénomination de Pulmonés inoperculés diffèrent particulièrement des autres mollusques par la disposition de leurs organes respiratoires ; ils ne respirent, en effet, que l’air élastique au moyen d’une cavité toute tapissée à sa paroi supérieure d’un réseau vasculaire. Les Pulmonés inoperculés qui comprennent un assez grand nombre de genres, sont extrêmement répandus; on en trouve sur la terre, dans les eaux douces, et même à l'embouchure des fleuves. C’est parmi eux que l’on remarque des espèces que l’on peut regarder comme domestiques, car elles recherchent sans cesse les lieux que l’homme habite. Ceux de ces animaux qui vivent dans les eaux, sont obligés de venir fréquemment à leur surface pour respirer l’air libre, aussi ne les trouve-t-on ordinairement que dans des eaux très peu profondes. Le travail que M. de Férussac a fait sur les trois premières familles de cet ordre, va nous servir de guide, comme étant ce qu’il y a de plus approfondi sur cette matière; nous n’y ferons que de légers changemens qui nous ont été suggérés par les travaux des naturalistes qui ont écrit depuis lui, et par nos propres observations.

17e FAMILLE

LES LIMACES, Fér.

Limaciens, Lam.; Limacinés, Blainv.; Vudilimaces, Lat.

Anim. allongé, oblong, demi-cylindrique, droit, sans tortillon ; manteau presque toujours muni d’une cuirasse charnue, partielle ou générale, débordant quelquefois; tentacules au nombre de quatre, ou de deux seulement, mais alors accompagnés d’une paire d’appendices labiaux; les yeux placés à l’ex-

MÉTHODIQU , etc. 151 trémité des supérieurs (1); cavité pulmonaire di-

versement située, mais toujours sous la cuirasse ou sous un test protecteur; orifice de l’anus variable dans sa position; organes de la génération réunis dans une même cavité ouverte derrière le tentacule droit, ou sous l’orifice pulmonaire, quelquefois séparés et distans.

Coq. plus ou moins rudimentaire, ou nulle ; interne ou externe; quelquefois remplacée par de petites concrétions ue

Terrestres ou marines.

T Une cuirasse générale.

G. CXVI. Oxcuipe, onchis, Fér.

Onchidie, Cuv.; Péronie, Blainv.

Anim. elliptique, convexe en dessus, plat en dessous, muni d’une cuirasse recouvrant tout le corps et dépassant le pied de toutes parts; la bouche située en dessous, entourée d’un bourrelet charnu, et privée de mâchoire; la tête un peu aplatie, munie en avant de deux appendices charnus plus ou moins dilatés; deux tentacules rétractiles, les yeux ? la cavité pulmonaire occupant la partie postérieure de l’animal , sous la cuirasse, et s’ouvrant par un Or1fice nl et médian tout-à-fait en arrière, sous le rebord du manteau ; l’anus médian situé en avant de l’orifice pulmonaire, les orifices de [a génération très distans, celui des œufs s’ouvrant à l’extrémité postérieure du côté droit, et se prolongeant par un sillon latéral jusqu’auprès de l'appendice labial , du même côté; l’orifce de l’organe excitateur Lo grand, auprès a la base du tentacule droit.

Ce genre comprend les Onchidies marines de M. Cuvier, que M. de Blainville a aussi séparées sous le nom de Péro-

— Re

(1) Nous ignorons leur position dans l'Onchide,

ee

nies. Avant cela M. de Férassac les avait comprises dans ses tableaux systématiques sous celui d’Onchides.

G. CXVIE. Oxncuibre, onchidium , Buchanan Véronicelle , Bliine paginle, Vér. M

Anim. oblong , allongé, souvent effilé dans l’état d’extension, convexe en dessus; une cuirasse recouvrant tout le corps, le débordant, formant en avant une sorte de capuchon où la tête peut se reürer; bouche armée d’une mâchoire supérieure ; quatre tentacules contractiles, les deux supérieurs longs et oculifères, les antérieurs courts et comme palmés ou bifurqués à leur extrémité ; le pied oblong, allongé; la cavité pulmonaire le milieu du corps, ayant son orifice en arrière, à l’extrérmuité d’un long canal, et séparé de l’anus par une seule membrane ; organes de la génération très distans, à droite, organe mâle étant près du petit oui, et l sure des œufs vers le milieu ; point de pore muqueux terminal.

Coq. , ni test rudimentaire interne, ni concrétion calcaire,

M. de Férussac a établi le genre Vaginule pour des mollusques qui ne paraissent différer en rien d'essentiel des Onchidies; M. de Blainville a le premier signalé le rapprochement nécessaire de ces deux genres, et nous l” adoptons d'autant plus volontiers que nous avons pu nous convaincre sur les Ÿ. punctulatus et krausii que nous avons vues vivantes, et que nous avons communiquées à M. de Férussac, que les animaux de ce dernier genre se rapportent parfaitement ,

a la caractéristique des Onclhidies. À ces dernières se trouve f encore réuni le genre Véronicelie proposé par M. de Blain-

ville, et adopté par M. de Férussac, mais que le premier, de ces savans, d’après de nouvelles considérations , a jugé” plus conv ble de faire disparait es Les Onchidies se composent maintenant de plusieurs espèces; mais quelques unes d'elles sont très mal connues. On les dit terrestres et d’eaux

MÉTHODIQUE, etc. 153

douces ; nous ne les avons jamais rencontrées à Bourbon et à läi Martinique que dans les bois et les jardins, sous les vieux

troncs renversés.

Après le genre que nous venons de décrire, M. de Férussac en signale deux autres dus à M. Rafinesque, les Phylomiques et les Eumèles; maïs leurs caractères sont présentés d’une manière si insuffisante , et quelques uns d’eux paraissent si singuliers que nous n’en tiendrons pas compte, aimant mieux attendre de nouveaux documens à leur sujet.

JT Une cuirasse partielle,

G. CXVIITI. Limacerre, limacella, Blainv.

Anim. allongé, subcylindrique , pourvu d’un pied aussi long et aussi large que lui, dont il n’est séparé que par un sillon ; enveloppé dans une peau épaisse, formant à la partie antérieure du dos une sorte de bouclier protecteur de la cavité pulmonaire, dont l’onifice est à son bord droit; les orifices de l’appareil générateur distans , celui de l’oviducte à la partie postérieure, du côté droit, et communiquant par un sillon avec la terminaison de l’organe mâle, située à la racine du tentacule droit.

L'auteur de ce genre, après l’avoir décrit comme on vient de le voir, ajoute : « Cette combinaison de caractères nous paraît si anomale , que nous doutons réellement que nous ayons bien observé le mollusque sur lequel nous avons établi ce genre. »

G. CXIX. Limace, limax, Lam.

Et Arion, Fér.

Anim. oblong plus ou moins allongé, demi-cylindrique , muni d’une cuirasse à la partie antérieure; tête assez distincte , rétractile sous la cuirasse, portant deux paires de tentacules également rétractiles, terminés en bouton, les supérieurs longs et oculifères , les inférieurs courts ; pied grand et oblong, cavité pulmonaire située sous la cuirasse ,

et s’ouvrant sous son bord droit; orifice de l’anus au bord postérieur de celui de la cavité respiratrice; organes de la génération réunis et montrant le leur au côté droit antérieur, près du grand tentacule ; quelquefois un pore muqueux terminal. Coq. Un test rudimentaire interne , ou des concrétions calcaires dans l’épaisseur de la cuirasse.

Les Limaces sont des mollusques terrestres très communs et connus de tout le monde ; on les rencontre partout, mais particulièrement sur les bords des fossés et dans les jardins potagers où elles causent parfois de grands dommages. Les contrées septentrionales paraissent en avoir un plus grand nombre que celles de la zone torride. Il en existe en Afrique, à la Nouvelle-Hollande, et nous en avons vu dans l'Inde et à l'Ile-de-France.

M. de Férussac a saisi quelques anomalies dans les caracières de ces mollusques qui lui ont donné lieu d’en séparer un certain nombre dont il a fait le genre Arion. Cette distinction n’a été adoptée par M. de Blainville que pour l'établissement de deux sections; nous pensons qu'il convient mieux d’en faire deux sous-genres dont la caractéristique serait ainsi.

| Mo S.-G. Arion , Fér.

Orifice pulmonaire plus en avant; cuirasse chagrinée, contenant de petites concrétions calcaires ; un pore muqueux terminal.

2° S.-G. ZLimaces proprement dites.

Orifice pulmonaire plus en arrière ; cuirasse marquée de stries fines et concentriques , contenant un rudiment testacé, solide, sans aucune empreinte volutatoire; point de pore muqueux.

G. CXX. ParMacELLr, parmacellus, Cuv.

Anim. allongé, oblong, demi-cylindrique , recouvert sur le milieu du des d'une cuirasse arrondie,

MÉTHODIQUE, elc. 155

oblongue, charnue, et en grande partie libre en

avant; tête assez distincte, portant deux paires de tentacules rétractiles, l’une supérieure, longue et oculifère , l’autre antérieure et courte; pied grand et oblong; cavité pulmonaire sous la partie postérieure de la cuirasse, s’ouvrant, ainsi que l’anus, par une solution de continuité commune , sous son bord droit, un peu en arrière ; orifice de la génération, unique, près du tentacule droit.

Coq. aplatie, calcaire, avec un épiderme membraneux, ovale , légèrement courbe dans le sens de la largeur , à sommet marqué par un sinus profond au côté droit postérieur ; placée dans l’épaisseur de la cuirasse, au-dessus de la cavité pulmonaire.

Les Parmacelles forment un genre bien naturel et très voisin des limaces; elles habitent dans les bois au Brésil; mais à Bourbon et à Madagascar nous ne les avons trouvées que sur des rochers, au bord des torrens d’eau douce. Olivier en a le premier rapporté une de la Mésopotamie. C’est celle qui a servi aux recherches anatomiques de M. Cuvier sous le nom de P. olivieri; depuis M. de Férussac en a décrit une autre sous le nom de P. pailiolum. Enfin nous en avons rapporté de notre voyage dans les mers de l’Inde, deux autres, dont l’une, P. Rangianus, a été décrite par M. de Férussac comme étant un Arion (Bull. des Sciences, février 1827); elle est des iles de Bourbon et de Madagascar.

PTT Point de cuirasse.

G. CXXI. TesTacELLE, festacellus, Cuv.

Et Plectrophore, Fér.

Anim. allongé, cylindriforme, acuminé à chaque extrémité ; cuirasse nulle; tête assez distincte, munie de quatre tentacules rétractiles, dont les postérieurs, qui sont les plus longs, portent les yeux; pied long et peu distinct ; cavité pulmonaire située au quart postérieur de la longueur, son orifice tout-à-fait

en arrière, sous le côté droit du sommet de la coquille, celui de l’anus en est très voisin; les organes de la génération réunis, et montrant leur orifice près et en arrière du grand tentacule droit.

Coq. extérieure, solide, auriforme, déprimée, à spire plus ou moins saillante, ayant une ouverture très grande et ovale ; le bord droit simple et tranchant, le gauche renflé et réfléchi; elle recouvre la partie postérieure de la cavité pulmonaire.

M. de Férussac à remarqué que ce mollusque était muni d’un manteau « simple, gélatineux, contractile, caché habituellement sous le test, divisé en plusieurs lobes susceptibles d’envelopper tout le corps par un développement extraordinaire , lorsque l’animal éprouve le besoin de se garantir de la sécheresse. » Une espèce de Ténériffe, T, maugei, très distincte de celle d'Europe, a été acclimatée dans le jardin botanique de Bristol, où elle a singulièrement multiplié depuis quelques années.

On rapportait au genre Testacelle quelques mollusques mal connus, que M. de Férussac a séparés pour en former le genre Plectrophore. Nous ne croyons pas devoir tenir compte de cette distinction générique à cause du peu de solidité des caractères sur laquelle elle est établie.

LES LIMACONS, Fér.

Trachélipodes colimacés, Lam.; Limacinés, Blainv.; Géoco-

chlides, Lat.

Anim. allongé, ayant le corps disünct du pied, et formant un tortillon contourné en spirale, rarement muni d’une cuirasse, mais montrant toujours un collier charnu qui ferme la coquille ; tentacules au nombre de quatre, rarement de deux, les supérieurs oculés; cavité pulmonaire en avant, s’ouvrant dans l'épaisseur du collier; organes de la génération réunis en avant ; anus près de l’orifice respiratoire.

MÉTHODIQUE, €lc. 157

. Coq. Toujours une coquille spirale, de forme très variable , recevant plus ou moins complétement l’ae € nimal.

T'errestres.

T Tétracères.

À. Une cuirasse et un collier.

G. CXXII. VITRINE, vitrina, Draparnaud.

Hélicolimace et Hélicarion , Fér.

Anim. allongé, demi-cylindrique, ayant un petit tortillon , un collier charnu cernant le cou et fournissant en avant une sorte d’appendice qui s'étend sur lui en forme de cuirasse , et quelques autres. appendices linguiformes rétractiles, capables de recouvrir presque toute la coquille ; tentacules au nombre de quatre, cylindriques et rétractiles, les deux supérieurs oculés au sommet; pied séparé du corps par un petit sillon; orifice de la cavité pulmonaire à droite, sur le collier, à la naissance de la cuirasse ; organes de la génération réunis et présentant leur orifice près du tentacule droit; quelquefois un pore muqueux à la partie postérieure.

Coq. très petite, spirale, mince, transparente et fragile, croissant rapidement dans le sens horizontal ; spire courte, le dernier tour très grand ; ouverture vaste, avec une columelle solide, spirale, se confondant presque toujours avec le tour de l’ou xerture.

M. de Férussac , à qui la science doit la connaissance de plusieurs espèces de ce genre, le décrit sous le nom d’hélicolimace ; il en distingue quelques espèces exotiques qui lui ont paru se rapprocher un peu plus des Parmacelles, et dont il fait son genre Hélicarion. Les différences génériques sur lesquelles sont établis les Hélicolimaces et les Hélicarions ne nous paraissant pas justifiées par des caractères suffisans, nous nous en tenons jusqu’à nouvel ordre au genre Vitrine, tel qu’il a été établi par Draparnaud.

Ces animaux habitent sur les plantes, sous les feuilles mortes et dans les creux des rochers.

B. Un collier sans cuirasse.

G. CXXIITI. Hérice, helx, Muller.

Hélice, Succinée, Amphibulime, Acave, Polydonte, To- - mogère, Anostome, Caracole, Bulime, Achatine, Poly- | phème, Mdflots, Clausilie, etc., etc., Fér.

Anim. de forme peu variable, demi-cylindrique, muni d’un tortillon très grand; collier charnu, fermant exactement la coquille, et portant quelques appendices courts; tête assez distincte; bouche fendue en long , pourvue de chaque côté d’un lobe charnu, et en dedans d’une masse linguale et d’une pièce supérieure, dentée et propre à la mastication; quatre tentacules rétractiles, renflés en bouton à leur sommet, les supérieurs étant les plus longs et oculés ; pied grand et oblong, allongé ; orifice de la cavité pulmonaire à droite, sur le collier; anus tout à côté et un peu plus à droite; organes de la génération réunis, et ayant leur orifice près du tentacule droit postérieur.

Coq. très variable dans sa forme, planorbique, globuleuse, ovoide, conoïde, fusiforme ou turriculée; à volute croissant plus ou moins rapidement; variant dans la forme de son ouverture et dans son plan, par rapport à l’axe; à ouverture simple, dentée ou garnie de lames ; un ombilic visible ou couvert; trois à quatorze tours de spire; elles sont généralement dextres et quelquefois sénestres.

Le genre Hélice , le plus généralement répandu dans les cinq parties du monde, est celui qui fournit jusqu'ici le plus grand nombre d’espèces; on en rencontre partout, excepté dans les eaux. La science doit à M. le baron de Férussac un beau travail à leur sujet, ainsi que la connaissance d’un nombre très considérable d'espèces nouvelles, et que plusieurs amateurs zélés de l’histoire naturelle se sont em-

MÉTHODIQUE, etc. 159

pressés de recueillir dans les diverses contrées du globe, afin de le seconder dans une si belle entreprise, Une exposition succincte de ce travail, que le prix élevé des magnifiques planches dont il est accompagné ne met qu’a la portée d’un petit nombre de personnes, va faire connaître la richesse du genre et la classification méthodique que ce

savant a dü adopter parmi les espèces, afin d’en rendre la détermination plus facile.

Les animaux des Hélices ne diffèrent que faiblement entre eux, ce n’est donc que d’après la considération des caractéres de la coquille que cette classification a pu être établie.

Ces coquilles sont fort recherchées dans les cabinets,

surtout depuis que M. de Férussac y a fixé l’attention des conchyliologistes.

(D Redundantes.

T Volutatæ. Héricoïpes, helicoides.

1% S.-G. Hélicophante, helicophanta, Fér.

Coq. très petite pour l’animal, croissant rapidement dans le sens horizontal, à spire peu saillante, à ouverture très ample, oblique, perforée ou ombiliquée.

Péristome simple.

1er groupe. Les Vitrinoïdes, witrinoides , F.

H, brevipes, etc.

Péristome épaissi et subréflechx.

pe groupe. Les Vessies, vesiculæ, F.

H. cafra , etc.

TI £volutaiæe. Cocaroïnes, cochloides.

2° S,-G. Coclohydre, coclohydra, Fér.

Succinea, Drap.; Amphibulima, Lam.

Coq. trop petite pour l’animal, allongée ou ovale ; volute rapidement développée dans le .

vertical; spire courte, le dernier tour formant presque toute la coquille ; ouverture grande.

1060 TABLEAU | Elles recherchent souvent le bord des eaux douces.

(TT) Jnclusæ.

Ÿ Volutatæ. Hézicoïpes, helicoides.

3° S.-G. Hélicogène, helicogena, Fér.

Helix, Lan.

Coq. globuleuse ou surbaissée; spire courte, dernier tour beaucoup plus renflé que les précédens réunis , et composant presque toute la coquille ; s généralement un vide ombilical un peu spiral ou cylindrique , ombilic masqué ou couvert ; bouche régulière , semi-lunaire, sans dents ; péristome épaissi ou réfléchi, mais non bordé.

Columelle solide et torse.

1er groupe. Les Columellées, columellatæ , F.

a) Péristome simple.

H. naticoides , ete.

€) Péristome réfléchi ou épaissi.

H. jamaicensis, etc.

Coquille perforée.

2e groupe. Les Perforées , perforatæ, F.

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