TROISIÈME CLASSE
GASTÉROPODES, Cuvien.
Gastéropodes, Trachélipodes et Hétéropodes, Lam.; Paracéphalophores et Polyplaxiphores, Blainv.
Anim. Corps libre, point de bras pour marcher, mais un pied abdominal, propre à la reptation et dans un petit nombre de cas à la natation; une tête distincte, portant ordinairement une ou plusieurs paires de tentacules ; presque toujours des ÿeux diversement situés sur ou près des tentacules ; des organes respiratoires branchiaux ou pulmonaires, très variables dans leur forme et leur position.
Coq. extérieure , intérieure ou nulle, presque toujours d’une seule pièce; conique ou spirale dans le premier cas, et plus ou moins rudimentaire dans le second.
Opercule existant ou non.
Marins, d’eau douce ou terrestres.
Les Gastéropodes forment la classe la plus nombreuse et la plus répandue à la surface du globe; elle comprend, en effet, une grande quantité de mollusques littoraux, plusieurs mollusques terrestres et un bon nombre de pélagiens.
M. Cuvier les a divisés en plusieurs ordres basés sur les différences qu’ils présentent dans la disposition des branchies; nous y ajoutons l’ordre des Nucléobranches pour les Hétéropodes de M. de Lamarck, et celui des Cirrhobranches établi par M. de Blainville pour le genre Dentale.
NUCLÉOBRANCHES, Blainv.
Hétéropodes , Lam.; fam. des Ptérotrachées, Fér.
Anim. muni d’un pied comprimé en forme de nageoire, avec une ventouse à son bord supérieur;
des branchies disposées en peigne, les deux sexes sur le même individu.
Coq. Souvent une coquille ; spirale , à ouverture très grande, vitrée et très fragile.
Operc. existant quelquefois.
Les mollusques que nous avons déja, dans un Mémoire anatomique sur le genre Atlante, proposé de rassembler sous le nom de Wucléobranches, emprunté à M. de Blainville, sont tous des animaux pélagiens que l’on rencontre souvent à la surface de l’eau dans les temps calmes , nageant dans une position renversée à l’aide de leur pied comprimé en nageoire. Ils ne rampent jamais; mais ils ont la faculté de se fixer aux corps flottans seuls, en épanouissant sur eux la ventouse de leur nageoire ventrale, et faisant au même instant le vide. Les coquilles qu’ils produisent sont toujours très recherchées dans les collections à cause de leur extrême rareté.
1'e FAMILLE.
LES FIROLIDES, Rang.
Ptérotrachées, Fèr.; Nectopoda, Blainv.; Urobranchia, Lat.
Anim. allongé, droit et horizontal ; une ou plusieurs nageoires, branchies formant , avec les autres viscères, un nucleus à la partie dorsale.
Coq., quelquefois ; ne pouvant jamais contenir qu'une très petite partie de l’animal.
G. LXXXIV. Frrore, frola, Pér. et Les.
Ptérotrachée, Forsk. ; Firoloide et Sagitelle, Les.
Anim. très allongé, gélatineux et transparent, terminé en arrière par une queue plus ou moins longue et pointue; la bouche située à l’extrémité d’une trompe, et renfermant un appareil propre à la mastication ? point de tentacules, ou seulement deux rudimens tentaculaires portant les yeux à leur base extérieure ; une ou plusieurs nageoires; le nucleus à découvert, protégé seulement par une membrane, et toujours situé au-delà et en arrière de la nageoire ventrale; la terminaison du canal intestinal
MÉTHODIQUE, etc. 121
et des organes de la génération dans un tubercule, au côté droit.
Coq. nulle.
Les Firoles sont des animaux très communs dans les mers chaudes et dans celles des zones tempérées; elles se font toujours remarquer par une extrême transparence, souvent interrompue par de nombreuses taches dorées. M. Lesueur, à qui l’on doit des renseignemens sur leur anatomie, en a fait connaître plusieurs espèces, peut-être trop peu distinctes. Il a en outre divisé les Firoles en trois genres, les Firoles, les Firoloïdes et les Sagitelles; les distinctions génériques sur lesquelles ils reposent, ne nous paraissant pas suffisamment justifiées, même pour l’établissement de sous-genres, nous ne les adoptons pas. Le genre Hiptère de M. Rafinesque doit peut-être aussi rentrer dans les Firoles; du reste, nous manquons de détails à son sujet.
Les Firoles sont quelquefois d’une détermination très difficile, à cause des mutilations auxquelles elles sont sujettes ; c’est pourquoi on doit mettre la plus grande circonspection dans l’établissement de nouvelles espèces.
G. LXXXV. CaRinaiRE, carinaria, Lamarck.
Patella, Lin.; Argonauta, Gmel.
Anim. gélatineux, transparent, à manteau épais, et toujours couvert d’aspérités (1); terminé en pointe
(1) Nous croyons pouvoir présenter comme caractère constant la présence des aspérités sur le manteau de ces mollusques, parce que nous les avons remarquées sur quatre espèces très distinctes (les C. mediterranea et depressa, et deux autres espèces que nous n’avons pu faire connaitre à cause de leur état de mutilation), tandis que nous ne les avons jamais rencontrées dans les Firoles où elles paraissent remplacées par de nombreuses taches. La difficulté où l’on est presque toujours à la mer, de distinguer les Firoles d'avec les Carinaires mutilées, nous oblige à ne négliger aucun des caractères qui peuvent conduire à de plus faciles déterminations; c’est pourquoi nous signalerons encore
TI
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en arrière, et arrondi en avant à la base de ja trompe ; celle-ci verticale , terminée par la bouche, qui est triangulaire et contient un appareil propre à la mastication, composé de trois lames garnies chacune de rangées de crochets ; deux tentacules coniques, allongés et recourbés en avant, portant les yeux à leur base, en dehors, et sur de petits tubercules arrondis; une ou plusieurs nageoires ; le nucleus placé dans une cavité, au côté dorsal , sous le bord postérieur de la nageoire ventrale, et protégé par une coquille; la terminaison du canal intestinal et des organes de la génération dans un tubercule, au côté droit.
Coq. extrêmement mince, fragile et transparente ; enroulée obliquement sur la droite; à spire très petite, et uniquement au sommet ; à ouverture extrémement grande et oblongue, divisée en deux parties presque égales par une carène longitudinale.
Les mollusques qui forment ce genre sont de jolis animaux, transparens comme le cristal, et ornés des plus vives couleurs; on ne les rencontre à la surface de la mer que dans les momens de calme, et la plupart du temps mutilés dans quelques unes de leurs parties, surtout au nucleus, ce qui fait que leurs coquilles sont encore si rares dans.les collections. On en connaît quatre espèces bien caractérisées; une seule d’entre elles, la C. vitrée, la plus recherchée, n’a point encore donné lieu de connaître l’animal qui la forme; les autres sont les C. fragilis, mediterranea et depressa; cette dernière est nouvelle; nous venons de 1a découvrir dans les mers de Madagascar.
comme caractère probable la position du peigne branchiale qui nous a toujours semblé placé en avant du nucleus dans les Carinaires, et en arrière dans les Firoles. La position du. nucleus par rapport à la nageoire ventrale peut fournir aussi un bon caractère générique.
LES ATLANTIDES, Rang.
Pteropoda, Blainv.; Limacines, Fér.; Procephala, Lat.
Anim. allongé et spiral, une seule nageoiïre ; branchies séparées des autres viscères , et protégées par le manteau.
Coq. pouvant contenir l’animal tout entier.
Un opercule.
G.LXXX VI. ArranTe, aflanta, Les.
Corne d’Ammon vivante , Lamanon.
Anim. Corps comprimé latéralement, spiral, portant une nageoire assez grande, foliacée et munie d’une ventouse à son bord postérieur ; tête en forme de longue trompe; deux tentacules cylindriques, en avant d’yeux fort gros, comme pédiculés à leur base; bouche à l’extrémité de la trompe ; les organes générateurs mâles, au côté droit, implantés à la base d’un tube très grand qui se termine en avant par l’orifice de l’anus ; les branchies en forme de peigne , au plafond de la cavité pulmonaire.
Coq. enroulée longitudinalement, très mince, dia-. phane, fortement carénée , à ouverture échancrée ou fendue antérieurement, à bord tranchant; spire terminée par un bouton, au fond de l’ombilic, du côté droit.
Operc. vitré, mince, fragile, portant l’impression musculaire dans son centre.
Ce genre extrêmement curieux, sur lequel nous avons publié un Mémoire anatomique dans le Recueil des Mémoires de la Société d’histoire naturelle de Paris, ne contient en-
core que deux éspèces, appartenant à toutes les mers chaudes,