‹ Manuel de l'histoire naturelle des mollusques et de leurs coquillesChapitre 46 sur 77 · C. plicaria, etc · texte numérisé non relu

C. plicaria, etc

4° groupe.

Une lame verticale sous le sommet, dépendante du cône et en forme de cornet complet.

C, sinense, etc.

C’est à M. de Blainville, qui, le premier, a observé l’a-

nimal, que nous avons emprunté la caractéristique de ce genre dont plusieurs espèces sont fossiles.

G. CXCV. CRÉPIDULE, crepidula, Lam.

Anim. souvent déprimé, ovale, faiblement spiral au sommet ; tête bombée, bordée antérieurement par une lèvre bifide, de chaque bifurcation de laquelle part une petite membrane décurrente allant se terminer au point de jonction du corps et du pied; deux tentacules presque cylindriques, gros, obtus, peu contractiles, portant les yeux à leur base extérieure; pied peu épais; manteau mince, sans ornemens latéraux; cavité branchiale très grande , oblique de gauche à droite, s’ouvrant largement, et contenant des branchies en forme de rangée transversale de longs filamens adhérens au plafond , et dont les extrémités peuvent flotter audehors; anus à droite, dans la même cavité.

Coq. irrégulière , ovale ou oblongue, convexe en dessus, et souvent très déprimée , ayant la spire peu formée et fortement inclinée sur le bord postérieur; cavité très grande, à bords irréguliers et tranchans, partagée en deux parties par une cloison horizontale qui prend sa naissance en arrière ; impression musculaire en fer à cheval.

Les Crépidules sont des mollusques qui habitent sur les rochers où ils se fixent définitivement; M. de Lamarck en cite six espèces vivantes; mais il en existe un bien plus grand nombre. Nous en possédons une sur les côtes de Toulon qui se retrouve en grande abondance au cap de Bonne-Espérance, où elle se fixe fréquemment sur d’autres coquilles vivantes, particulièrement une espèce de Pourpre qu'elle suit dans ses mouvemens.

G. CXCVI. NotrÊME, notrema, Raf.

Trémésie, Raf.

Anim. mutique, se fixant à la manière des Patelles ; tête allongée, tronquée; yeux sessiles.

Coq. composée de trois pièces distinctes et différentes, la première ou intermédiaire grande, ovale, conique, perforée au sommet ; la seconde petite, la-. térale, inférieure , servant de support; la troisième operculiforme et formant le sommet de la première.

M. Rafinesque, qui a établi en si peu de mots ce genre, - ne décrit qu’une seule espèce. Il nous paraît tellement extraordinaire que nous serions tenté de dire avec M. de Blainville : « Ne serait-ce pas plutôt une Balanide mal « observée? »

G. CXCVII. Hipponice, hipponix, Def.

Anim. ovale ou subcirculaire, conique ou déprimé; tête globuleuse, portée à l’extrémité d’une espèce de cou, de chaque côté duquel est un tentacule renflé à la base, et terminé par une petite pointe conique ; yeux sur le renflement tentaculaire; bouche avec deux petits tentacules labiaux ; pied fort mince, épaissi vers ses bords, qui s’amincissent et s’élargissent à fa manière de ceux du manteau auquel ils ressemblent complétement; branchies situées au-dessus de l’origine du dos; anus au côté droit de la cavité cervicale ; oviducte terminé dans un gros tubercule, à la racine du tentacule droit.

Coq. conoïde ou déprimée, à sommet non spiral; ouverture à bordsirréguliers ; cavité profonde offrant une impression musculaire en forme de fer à cheval; un support lamelleux, arrondi, ou une empreinte sur le corps servant d’appui, présentant également une impression musculaire en forme de fer à cheval.

Ce genre, établi par M. Defrance pour des coquilles fos-

MÉTHODIQUE, etc. 245 silés, n’avait été adopté par M. de Lamarck que comme division du genre Cabochon. M. de Blainvillé a rétabli le genre Hipponice après l’observation d’un animal rapporté par MM. Quoy et Gaimard qui semble lui appartenir, c’est l'A radiata. Ce savant nous fournit par conséquent la caractéristique. Il y a plusieurs espèces fossiles.

G. CXCVIII. Casocnon, capulus, Montf.

Anim. conique, légèrement spiral au sommet, muni d’une tête distincte avec une trompe qui termine la bouche; en avant du bord antérieur du pied est une double membrane formant de nombreux replis; les tentacules sont presque cylindriques , gros, obtus, et portent les yeux sur de petits renflemens un peu au-dessus de leur base extérieure; pied grand, très antérieur et mince; manteau simple et sans ornement ; cavité branchiale ouverte en avant ; branchies composées de beaucoup de lames étroites et longitudinales, qui adhèrent par une seule ligne transversale au plafond ; orifice de l’anus vers le côté droit de cette cavité.

Coq. irrégulière, conique, à sommet plus ou moins incliné ou spiral, en arrière; ouverture arrondie, à bords simples, irréguliers et continus; cavité profonde, offrant une impression musculaire en forme de fer à cheval, ouvert en avant.

Ce genre, dont nous possédons une belle espèce sur les côtes de Cette, ne renferme d’après M.de Lamarck que quatre espèces vivantes; mais nous pouvons affirmer qu’il en existe bien davantage. Plusieurs d’entre elles sont fossiles,

LES PATELLOIDES, Fr.

Calyptraciens, Lam.; Branchifères, Blainv.; Piléiformes, Lat.

Anim. muni de deux yeux placés sur de petits renflemens à la base extérieure des tentacules ; cavité

respiratrice ouverte sur le dos, en avant, et contenant deux peignes branchiaux égaux.

Coq. symétrique, munie d’un canal particulier de forme variable.

G. CXCIX. Parmornore, parmophorus, Blainv.

Anim. épais, oblong, déprimé, muni d’une tête peu distincte, avec des tentacules coniques portant les yeux à leur base externe, sur de petits renflemens; manteau dépassant tout le corps, ouvert en avant et offrant en dessus une expansion propre à retenir la coquille, en recouvrant ses bords tout à l’entour; pied très grand, oblong et très épais; cavité branchiale antéro-dorsale, s’ouvrant en arrière de la tête par une fente transversale; branchies formées par deux peignes égaux en forme de pyramide, se réunissant à leur base; anus s’ouvrant au fond de cette cavité, dans la ligne médiane.

L’on doit à M. de Blainville la connaissance de ce genre intéressant, dont nous avons eu occasion d’examiner aussi plusieurs individus envoyés au Jardin du Roi, par MM. Quoy et Gaimard. On en connaît en France deux autres espèces à l’état fossile.

G. CC. ÉMARGINULE, emarginula, Lam.

Et Rimule, Def.

Anim. "ovale, bombé, portant les yeux sur de gros tubercules, à la base extérieure des tentacules, ceux-ci courts et coniques; manteau très ample, repliant ses côtés sur la coquille, largement ouvert en avant, et muni en outre supérieurement d’une fente qui communique avec celle de la coquille; pied assez large et ovale, muni en dehors et dans sa circonférence d’appendices tentaculiformes ; branchies composées de deux peignes égaux; anus

MÉTHODIQUE, etc. 247

à l’extrémité d’un petit tube, s’ouvrant dans la cavité respiratrice. 0

Coq. ovale, conique, plus ou moins élevée, à sommet incliné en arrière; ouverture assez grande, munie d’une échancrure ou d’une scissure à son bord antérieur , ou même sur le dos; empreinte musculaire en fer à cheval.

Le genre Emarginule ne renferme que de petites coquilles bornées à un petit nombre d’espèces. Elles offrent quelques différences dans la disposition de leur entaille, aussi M. de Blainville propose-t-il de les distinguer ainsi :

1<° groupe.

L’entaille sur le dos, loin d'atteindre le bord. (Rinule, Def.) E. blainvilu, etc.

2e proupe.

Coq. comprimée, une scissure en avant. (Les Entailles.) E. fissura , etc.

3e groupe. Coq. plus comprimée, le bord antérieur plié en gouttière. (Subémarginules. ) E. emarginata , etc.

4° groupe.

Coq. très déprimée; le sommet peu marqué, prémédiant; une petite échancrure en avant.

E, depressa, etc.

Ce genre renferme des espèces dont quelques unes se trouvent sur nos côtes à l’état frais. Il y en a aussi à l’état fossile.

G. CCI. FissurELLE, fissurella, Lam.

Anim. oblong , allongé, bombé, muni d’une tête très distincte et assez large, terminée en avant par une

trompe courte et arrondie, à l’extrémité de laquelle est la bouche; deux tentacules coniques portant les yeux très saillans à leur base extérieure; manteau grand , mince , ouvert en avant pour la cavité branchiale, et fendu sur le milieu du dos, de manière à établir une nouvelle communication entrele fluide ambiant et cette cavité ; pied très grand et ovaleoblong , muni à l’entour de son bord extérieur de tubercules plus ou moins apparens et diversement conformés ; organes de la respiration composés de deux grands peignes branchiaux égaux, se portant très en avant, et naissant de chaque côté de la partie dorsale; anus s’ouvrant à l’extrémité d’un petit tube , en arrière de cette même fente, et toujours dans la cavité respiratrice.

Coq. recouvrante, patelliforme, conique, sans trace de spire, à base oblongue, largement ouverte, avec les bords continus; sommet tronqué et muni d’une ouverture un peu allongée; empreinte musculaire en forme de fer à cheval, ouvert en avant.

Le genre Fissurelle, que l’on a, avec grande raison, séparé des Patelles, puisque leurs animaux sont si différens, est un des plus faciles à caractériser. Ces mollusques ont les mèmes mœurs que les Patelles avec qui ils vivent sur les rochers, ne changent de place que rarement, et comme

nous le croyons, pendant la nuit seulement. IL y a plusieurs espèces fossiles.

CIRRHOBRANCHES, Blainv.

Anim. muni d’un pied antérieur et terminal , allongé en cône pour pénétrer dans le sable; des branchies en forme de longs filamens nombreux, portés par deux lobes radicaux, au-dessus du cou, et enveloppés , ainsi que la tête, par Le manteau qui s’ouvre en avant; quelques expansions tentaculaires; yeux ?

MÉTHODIQUE, etc. 249 un seul sexe (le sexe femelle }), l’individu se suffisant à lui-même.

Coq. simple, non enroulée, symétrique, tubuleuse , et en cône très allongé, ouverte aux deux extrémités. | R

Cet ordre, nouvellement établi par M. de Blainville, ne comprend encore qu’un seul genre qui avait été jusqu'ici rangé parmi les Annélides. M. Deshayes a fait connaître, par un Mémoire anatomique, que les Dentales étaient de véritables mollusques, et nous ne balancons pas un instant à les rapprocher des Fissurelles et des Patelles avec lesquelles nous leur reconnaissons beaucoup d’analogie; en cela nous ne partageons pas complétement l’opinion de M. de Blainville , qui pense devoir aussi les rapprocher des Nucléobranches.

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