‹ Manuel de l'histoire naturelle des mollusques et de leurs coquillesChapitre 47 sur 77 · FAMILLE UNIQUE · texte numérisé non relu

FAMILLE UNIQUE

LES DENTALES.

G. CCIT. DENTALE, dentalium , Lin.

Anim. très allongé, conique, muni d’une tête distincte, petite, ovale; bouche terminale, enveloppée d’appendices labiaux digités, munie d’une paire de mâchoires latérales, ovales et hérissées de petites pointes; yeux? manteau cylindrique enveloppant à peu près la moitié antérieure , terminé en avant par un bourrelet ou collier, au milieu duquel se trouve l’ouverture circulaire du pied ; celui-ci toutà-fait antérieur, remplissant presque tout le manteau dans l’état de repos, terminé en avant par une sorte de cupule, du milieu de laquelle s'élève un appendice conique ; branchies en forme de longs filamens disposés en deux groupes situés un de chaque côté de la partie supérieure du cou; anus médian à l'extrémité postérieure; organes de la génération inconnus.

Coq. régulière, symétrique, en forme de cône très

allongé et tronqué au sommet; légèrement courbe, ouverte à chaque extrémité par un orifice arrondi.

Le genre Dentale, type de l’ordre des Cirrhobranches, renferme un assez bon nombre d’espèces; M. Deshayes a Joint à son Mémoire anatomique sur l'animal une monographie dans laquelle il en compte quarante-deux formant quatre sections ou groupes. Nous ne reproduisons que trois de ces groupes, l’un d’eux étant consacré au Dentalium coarctatum de Lamarck qui paraît appartenir à notre sousgenre Créséis du genre Cléodore.

1er groupe.

Coquille non fendue à son extrémité postérieure. a. Des stries longitudinales.

D. elephantinum , etc.

b. Point de stries longitudinales.

D. entalis, etc.

28 groupe.

Coquille fendue à son extrémité postérieure.

a, Des stries longitudinales, D. striatum, etc.

b. Point de stries longitudinales.

D. eburneum, etc.

3e groupe.

Coquille ayant un bourrelet marginal; non fendue à son extrémité postérieure.

D. strangulatum, etc.

Parmi les espèces de ces différens groupes, 1l yen a beaucoup de fossiles.

MÉTHODIQUE, elc. 261

CYCLOBRANCHES, Cuv.

Phyllidiens, Lam.; Chismobranches et Polyplariphores ’ Blainv.

Anim, muni d’un pied pour ramper ; des branchies pour respirer en forme de feuillets ou de pyramides attachés en cordon plus ou moins complet, sous les rebords du manteau; un seul sexe (le sexe femelle }, l'individu se suffisant à lui-même.

Coq. non spirale, recouvrante, d’une ou de plusieurs pièces.

Cet ordre ne renferme encore que deux familles qui comprennent un genre seulement chaque. Ce sont des animaux marins très répandus dans toutes les mers.

1'e FAMILLE.

LES PATELLES, Fér.

Rétiferes, Blainv.

Anim. muni de tentacules et d’yeux à leur base extérieure; des branchies formées par un cordon de feuillets.

Coq. univalve.

G. CCIII. Parezre, patella, Lin.

Et Helcion, Montf.

Anim. conique, à base circulaire, un peu oblongue, muni d’une tête très distincte terminée par une trompe grosse et courte; deux tentacules pointus portant les yeux à leur base extérieure; bouche charnue renfermant un long ruban lingual épineux qui se. porte en arrière, et se replie profondément dans la cavité viscérale; pied grand et arrondi, dépassé dans sa circonférence par les

2h2 TABLEAU

bords du manteau; branchies en forme de cordon de petits feuillets branchiaux faisant tout le tour entre le manteau et le pied; anus et orifice de la génération un peu à droite, au-dessus de la tête.

Coq. conique , à base plus ou moins ovale , à sommet droit ou recourbé, toujours dans la ligne médiane ; ouverture grande, à bords tranchans et horizontaux; cavité plus ou moins profonde, offrant une empreinte musculaire étroite et en fer à cheval, ouvert en avant.

M. de Blainville croit reconnaître les branchies des Patelles dans un réseau vasculaire qui serait attaché au plafond d’une cavité branchiale; n’ayant point pu distinguer ce réseau, nous pensons avec M. Cuvier que l’organe de la respiration se montre chez ces animaux dans le cordon de féuillets qui entoure tout le corps entre le pied et le manteau, comme on le voit dans les Phyllidies. Les Patelles forment un genre extrêmement nombreux, mais dont les espèces sont souvent très difficiles à distinguer, à cause des variétés singulières que présentent les différens âges; aussi pensons-nous que, pour en former une monographie, il convient de les étudier avec l’animal vivant et en place. M. de Lamarck n’en cite que quarante-cinq comme exemple ; mais le nombre en est bien plus grand. Elles sont de toutes les mers, et habitent sur les rochers, où elles se fixent fortement à l’aide de leur pied; ce n’est que rarement qu’elles changent de place, et la nuit seulement, comme nous avons eu lieu de nous en convaincre; elles se trouvent toujours par quantités considérables dans les lieux où la mer brise avec le plus de force. Le cap de Bonne- Espérance semble être le pays le plus riche en ce genre de coquilles ; on y remarque, en effet, un grand nombre d’espèces, toutes fort belles, souvent très grandes , et dont les débris recouvrent les plages en immense quantité. C’est de là que provient la Patelle cuillère qui tire son nom de ce que les Hottentots et les soldats anglais s’en servent quel- :

uefvis pour manger la soupe. à ,

M. de Blainville a établi quelques divisions parmi les Patelles, que nous avions déjà en partie faites dans notre collection, et que nous reproduisons à peu près ici.

MÉTHODIQUE, etc. -253 Ier groupe.

Coq. conique, ovale, à sommet obtus et subcentral. P. vulgata, etc.

2° groupe.

Coq. déprimée, aplatie, à base très anguleuse et comme digitée.

P. cærulea, etc.

3° groupe.

Coq. allongée, comprimée latéralement et souvent obtuse.

P. compressa, etc.

4° groupe.

Coq. ovale, à sommet très distinct et recourbé vers le bord antérieur. ( G. Helcion, Montf.) P. pectinata , etc. | 5° groupe.

Coq. ovale , mince , quelquefois translucide , à sommet marginal et placé sur le disque même.

P. cymbularia , etc.

6e groupe, Coq. aplatie, à sommet peu marqué, plus étroite en avant qu’en arrière.

P. cochlear, etc.

Ce beau genre, sur lequel nous rassemblons depuis longtemps les matériaux propres à une monographie, renferme aussi des espèces fossiles. |

LES OSCABRIONS, KFér.

Polyplaxiphores, Blainv.; Lamellés , Lat.

Anim. sans tentacules et sans yeux, mais muni d’un petit voile; les branchies formées par un cordon de petites pyramides.

Coq. multivalve.

G. CCIV. Oscasriow, Lin.

Et Oscabrelle, Lam.

Anim. allongé, demi-cylindrique, obtus aux deux extrémités, et sans tête bien distincte; tentacules remplacés par un petit voile membraneux qui s’étend sur la bouche ; celle-ci antérieure et en dessous , au milieu d’une masse considérable, sans mâchoire , et contenant une petite langue hérissée de denticules; point d’yeux ; pied allongé et oblong ; manteau le dépassant plus ou moins complétement dans sa circonférence; branchies formées par un cordon de petites pyramides, sous le bord du manteau, particulièrement en arrière; anus sous l’extrémité postérieure; organe de la génération ayant une terminaison double de chaque côté, entre les peignes branchiaux.

Coq. recouvrante, oblongue allongée , arrondie à chaque extrémité, convexe en dessus, concave en dessous, formée de six, sept, et plus souvent huit pièces ou écailles transverses, généralement grandes et imbriquées, et quelquefois petites et simplement rapprochées, ou même distantes, et d’un bourrelet pour les lier ensemble, formé par les bords du manteau ; le bourrelet, qui est coriace, se montre lisse ou ridé, chagriné ou écailleux, velu, et même quelquefois épineux.

Ce genre intéressant, et trop peu connu encore, renferme un bon nombre d’espèces, la plupart des pays chauds. M. de Lamarck en a détaché deux pour former son genre Oscabrelle, dont on peut tout au plus faire un sous-genre.

1% S.-G. Oscabrions proprement dits.

Anim. muni d’un pied oblong , grand, large , quelquefois presque circulaire, le dosen grande partie recouvert.

MÉTHODIQUE, etc. 255

Coq. formée de plusieurs pièces imbriquées,

randes, larges, surtout celles du milieu, recouvrant tout le dos de l’animal.

Ce sous-genre renferme le plus grand nombre des espèces. Une ou deux petites seulement sont de nos côtes; mais il en existe de très grandes dans les mers équatoriales.

2° 9.-G. Oscabrelles, Lam.

Anim. moins déprimé, muni d’un pied très étroit ; dos en grande partie nu.

Coq. formée de plusieurs pièces rapprochées par leurs extrémités, ou distantes, dans la ligne médiane, petites, surtout celles du milieu ; ne recouvrant qu’une très petite partie du dos.

On en connaît au moins trois, qui appartiennent aux mers australes.

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