V. tenuis, etc
Nous avons suivi dans notre collection, pour les Vénus, la classification que nous venons de faire connaitre, et nous avons pu juger, par conséquent, de la valeur des caractères sur lesquels elle est fondée; mais nous engageons fortement les voyageurs qui se livrent à la recherche des mollusques , de ne point négliger l’étnde des animaux qui
MÉTHODIQUE, etc. 319
se rapportent aux différens groupes et aux deux sections de M. de Blainville, afin de pouvoir, par la suite. faire marcher avec les caractères de ces groupes, ceux des animaux qui leur appartiennent ; ce qui nous fait insister à ce sujet, c’est que ce savant naturaliste signale déjà des différences parmi quelques uns des animaux des Vénus; par exemple dans celui de la V. flexueuse, les tubes sont séparés, tandis qu'ils sont, en général, réunis. Dans quelques espèces , le pied se montre sémi-lunaire et sans sillon, tandis qu’ordinairement , il est triangulaire, Ha cHant et silloné inférieurement.
ce. Coquilles irrégulières ; toutes de mer.
G. CCLXX VI. VÉNÉRUPE, venerupis, Lam.
Anim. oblong , assez épais, ayant les bords du manteau simples, un peu ouverts en avant pour le passage d’un pied comprimé et allongé; deux tubes assez longs, en grande partie réunis, et ayant leurs orifices radiés; branchies petites et fibletient inégales ; appendices labiaux très petits.
Coq. solide, striée ou rayonnée, un peu allongée , bâillante en arrière, plus ou moins irrégulière, € équilatérale, très inéquivalve, le côté antérieur étant toujours plus court que le côté postérieur; celui-ci généralement comme tronqué, l’autre plus ou moins arrondi; sommets plus marqués, presque contigus ; charnière composée de dents cardinales, grêles, rapprochées, et presque parallèles, au nombre de deux sur la valve droite, et trois sur la valve gauche, ou de trois dents sur ‘chaque valve ; ligament postérieur un peu allongé, et en grande partie extérieur ; impressions Le ovales, la postérieure plus arrondie , toutes deux ! étant réunies par une impression palléale très excavée en arrière.
Les coquilles qui composent ce geure sont lithophages; elles creusent dans les pierres et les madrépores des cavités plus ou moins proportionnées à leur forme et à leur
3230 | TABLEAU volume où elles se logent, et d’où elles ne peuvent plus sortir lorsqu'elles sont adultes , l'ouverture se trouvant alors trop
. petite. Elles sont sans épiderme et généralement d’un blanc sale. Il y en a de fossiles.
G. CCLXX VII. PÉrRICOLE, petricola, Lam.
Et Rupellaire, Fleuriau de Bellevue.
Anim. ovale, épais, surtout à la partie supérieure ; manteau à bords simples, un peu dilatés en avant, où ils forment une ouverture assez petite pour le passage d’un pied linguiforme et faible; tubes petits, en cônes tronqués à leur sommet , séparés dans les deux tiers de leur longueur, et finement radiés à leur orifice; branchies petites.
Coq. assez mince, non épidermée, blanche, rayonnée, ovale, subtrigone, bäillante en arrière, plus ou moins irrégulière, équivalve, inéquilatérale , le côté antérieur étant beaucoup plus court que le côté postérieur; sommets peu saillans, contigus; charnière composée de petites dents cardinales, peu divergentes, dont une au moins est bifide, au nombre de deux sur une valve, et une sur l’autre, ou de deux sur chaque; ligament extérieur, postérieur, court et bombé; impressions musculaires ovales, réunies par une impression palléale souvent faiblement distincte, ayant une excavation très profonde et arrondie en arrière.
Les Pétricoles ont les mèmes habitudes que les Vénerupes, et on en trouve souvent dans le mème rocher, voisines les unes des autres, Nous en avons de fossiles.
G. CCLXX VIII. CoRALLIOPHAGE, coralliophaga , Blainv.
Crypricarde, Lam.
Anim. inconnu.
Coq. ovale , allongée , finement radiée du sommet à la base, cylindrique, équivalve , très Inéquilatérale ;
MÉTHODIQUE , ec. 327
sommets dorsaux très antérieurs et peu marqués ; charnière subsimilaire ; deux petites dents cardinales, dont une est subbifide, au-devant d’une sorte de dent lamelleuse, sous un ligament extérieur assez faible; deux impressions musculaires, petites, arrondies, distantes, réunies par une impresion palléale étroite, et assez excavée en arrière.
M. de Blainville a établi ce genre pour des coquilles placées par M. de Lamarck dans les Cypricardes, mais qui s’en distinguent bien, puisque, d’une part, l’excavation de l'impression musculaire annonce que l’animal a des tubes, et que de l’autre il est perforant. C’est particulièrement dans les masses de madrépores, si communes aux Antilles, qu'il faut les chercher. Le C. carditoïde est le type de ce genre.
G. CCLXXIX. CLormo, clotho, Faujas.
Anim. inconnu.
Coq. ovale, subrégulière, striée longitudinalement, équivalve, subéquilatérale ; charnière formée par une dent bifide, recourbée en crochet, un pen plus grande sur une valve que sur l’autre ; ligament externe.
Ce genre ne comprend qu’une espèce fossile, la C. fau- Jasi, trouvée dans des coquilles de Cypricardes.
G. CCLXXX. Oncuzine, ungulina, Daudin.
Anim. inconnu.
Coq. longitudinale ou transverse, irrégulière, non bäillante, équivalve, subéquilatérale ; sommets assez marqués et écorchés; charnière formée par une dent cardinale , courte et subbifide sur chaque valve, et d’une fossette oblongue, marginale, divisée en deux par un étranglement ; ligament subintérieur , s’insérant dans ces fossettes; impressions musculaires allongées; impression palléale non flexueuse. |
Ce genre , encore peu connu, ne renferme que deux espèces vivantes dont la patrie est inconnue.
LES PYLORIDÉS, Blainv.
Anim. comprimé, de plus en plus cylindrique ; le manteau de plus en plus fermé et prolongé en arrière par deux longs tubes ordinairement distincts, avec une ouverture antérieure et inférieure pour le passage d’un pied fort petit, et généralement conique; branchies étroites, libres et prolongées dans le tube.
Coq. régulière , rarement irrégulière, presque toujours équivalve , bäillante aux deux extrémités; charnière incomplète ; les dents s’effaçant peu à peu; ligament interne ou externe; deux impressions musculaires distinctes, réunies par une impression palléale très Hedbodee en arrière.
Tels sont les caractères de la famille des Pyloridés que uous empruntons à M. de Blainville. On voit que, par l’animal, elle diffère, en général, peu de la précédente, et qu’à la rigueur elle pourrait lui être réunie; cependant certains genres, les Solens, par exemple , présentent quel-. ques Caractères distinctifs, et nous pensons que lorsque l’on connaîtra mieux les animaux de la plupart d’entre eux, il conviendra peut-être de rétablir la famille des Solénacés, et peut-être aussi de porter quelques uns des genres de Pyloridés dans les Conchacés.
Nous avons provisoirement adopté cette famille et sa composition, à l'exception des Gastrochènes, des Arrosoirs et des Clavagelles qui ne sauraient y entrer, parce que, telle qu’elle est , elle indique assez bien la tendance à disparaitre du système d’engrenage qui, dans la famille suivante, disparaîtra totalement.
Les animaux de cette famille vivent tous dans le sable, la vase ou même dans les pierres; ils s’y enfoncent la partie antérieure la première, et s'élèvent ou s’abaïssent à volonté au moyen de leur pied. Leurs coquilles sont généralement
blanches, et rarement ornées de stries, autres que celles d’accroissement.
T Ligament interne,
a Coquille inéquivalve.
G. CCLXXXI. CoRBuLe, corbule, Brug.
Et Sphène, Turton.
Anim. inconnu.
Coq. assez solide, subtrigone , bombée, faiblement irrégulière , tres peu bäillante, inéquivalve, inéquilatérale, arrondie en avant, atténuée et prolongée en arrière ; sommets fort distincts; charnière composée sur chaque valve d’une dent Eudiiale ,
conique, recourbée, correspondant avec une fossette qui lui est opposée; ligament intérieur et fort petit; impressions musculaires peu distantes ; impression palléale faiblement excavée.
Ce genre renferme un petit nombre d’espèces vivantes et quelques unes fossiles. Les premières sont en partie des mers Australes et de celle de l’Inde; cependant il en existe une belle espèce dans l’Amérique du Sud, vivant dans l’eau saumâtre, et qui a été recueillie en grande abondance par M. Dorbigny, une petite espèce à la Martinique très connue sur les rivages, et une sur les côtes d'Angleterre, qui probablement habite aussi les nôtres, puisqu elle à été retrouvée en Corse par M. Peyraudeau, c’est la C. nucleus. Turton a établi pour la C. rostrata , le genre Sphène adopté par M. de Blainville, mais qui, d’après l’aveu de ce naturaliste, est à peine distinct des Corbules; nous ne croyons pas, d'après cela, devoir en surcharger encore cette famille. Attendons la connaissance de son animal pour Jui imposer une distinction générique si elle le mérite.
G. CCLXXXII. Pannore, pandora, Brug.
Anim. ovale, comprimé, assez allongé, ayant le manteau en cine de fourreau , se terminant en arrière par deux tubes réunis à leur base seulement, et assez courts, ouverts en avant pour le passage “du
pied, qui est grand, triangulaire, épais et renflé à son extrémité; branchies grandes, libres en arrière, où les deux paires sont réunies , et se terminant en pointe dans le siphon ; appendices labiaux assez grands, triangulaires et non striés.
Coq. mince, régulière, allongée, comprimée, inéquivalve, inéquilatérale, ayant la valve droite aplatie, et celle de gauche plus ou moins bombée ; sommets peu distincts; charnière composée d’une dent cardinale sur la valve droite, correspondant à une cavité de celle de gauche; ligament interne, oblique, triangulaire, inséré dans une fossette à bords un peu saiïllans ; impressions musculaires arrondies; celle du manteau peu apparente, et formant une petite excavation.
Deux espèces vivantes de nos côtes, ainsi que deux espèces fossiles, composent jusqu’à présent ce genre. Les Pandores vivent dans le sable, où elles s’enfoncent assez profondément pour que l’on ait beaucoup de peine à les en retirer.
G. CCLXXXIII. THractre, éhracia, Leach.
Coq. mince, bomhée, ovale, peu allongée, inéquivalve; valve droite plus bombée que la gauche, inéquilatérale, à sommets bien marqués, un peu recourbés en avant; charnière dissemblable; une échancrure anguleuse un peu profonde, et en avant une callosité nymphale étroite pour un ligament externe, sur la valve droite, correspondant à un cuilleron ou avance plus prononcé, et deux plis obliques de la valve gauche; deux impressions musculaïres, petites, distantes, l’antérieure très abaïssée et réunie à la postérieure par une ligule pailéale assez rentrée en arrière.
Nous avons emprunté la caractéristique à M. de Blaimville.
+ Lé MÉTHODIQUE, etc. 525
G.CCLXXXIV. Pérre1omr, periploma, Schumacher. Ostéodesme, Deshayes; Rupicole, FL. de Bellev.
Anim. ovale, ayant le manteau épais et bilabié inférieurement, fermé partout, si ce n’est dans son tiers antérieur et inférieur, et pourvu en arrière d’un tube unique assez court; masse abdominale, petite, terminée par un pied lamelleux, tranchant et subantérieur; bouche petite, subovale, transverse, avec deux paires d’appendices larges et fo- Lacés ; branchies ovales, assez grandes, à stries très obliques d’arrière en avant, épaisses , unilobées de chaque côté, et complétement libres entre elles.
Coq. fort mince, fragile, ovale-oblongue, saillante, équi ou inéquivalve (la valve gauche plus bomhée que la droite ), inéquilatérale; sommets peu marqués, comme fendus; charnière sans dents, ligament double, externe très mince, l’interne épais, porté sur des callosités nymphales assez saillantes, quelquefois en forme de cuilleron, et soutenu à son bord antérieur par un osselet transverse, bien symétrique; deux impressions distantes ; impression palléale échancrée en arrière.
Nous empruntons encore à M, de Blainville la caractéristique de ce genre, qui, après avoir été établi par Schumacher, sous le nom de Périplome, Va été par M. Deshayes sous celui d’Ostéodesme ; nous avons dû rappeler cette première dénomination. L'espèce qui forme le type de ce genre, d’après M. de Blainville, est l’4natina myalis, sur laquelle ce savant dit avoir pris les caractéres que nous venons de voir. Cependant nous avons étudié tout récemment ce même mollusque que nous devons à l’obligeance de notre ami M. Deschères, et nous l’avons trouvé semblable à celui des Anatines, à l'exception que les deux tubes , au lieu de n’être séparés que dans une partie de leur longueur , le sont dans presque toute, caractère qui établit une grande différence entre l'animal de l’Anatina myalis et la caractéristique du genre Périplome, selon
M. de Blainville. Nous pensons donc querce n’est point LA. myalis qui a servi aux observations de ce savant, mais peut-être quelque autre espèce.
b. Coquille équivalve.
G. CCLXXXV. ANATINE, anatina, Lam.
Anim. oblong, allongé, assez épais, ayant le manteau fermé par une lame membraneuse assez large, avec une petite ouverture arrondie à la partie antéro-inférieure pour le passage d’un pied linguiforme; deux tubes en grande partie séparés à leur extrémité , ailongés, l'inférieur l’étant un peu plus que le supérieur ; branchies étroites, libres et pointues en arrière. |
Coq. un peu mince, quelquefois translucide, ovale, allongée ou oblongue, bäâillante à une ou deux extrémités, équivalve, très inéquilatérale; sommets en arrière, le bord supérieur antérieur étant plus long que le postérieur ; charnière sans dents, mais ayant à la place une apophyse ou cuilleron horizontal, excavé, soutenu par une lame oblique et décurrente dans l’intérieur de la coquille, recevant le igament ; celui-ci interne; impressions musculaires d'stantes, avales, réunies par une impression palléale peu inarquée, ayant en arrière une excavation profonde et arrondie.
Ce genre ne contient qu'un petit nombre d’espèces toutes vivantes. L’une d’elles, qui est des mers de l’inde, est une jolie coquille assez rare.
G. CCLXXX VI. Mye, mya, Lam.
Anim. oblong, un peu comprimé, enveloppé d’un manteau assez mince, adhérent par ses bords, fermé par une lame membraneuse, et formant en arrière, autour des tubes, une enveloppe lâche dans laquelle ceux-ci viennent se retirer; tubes réunis, de lon-
MÉTHODIQUE, etc. 327
gueur moyenne , un peu séparés à leur sommet et radiés à leurs orifices; pied très petit, conique, sortant du manteau par une petite fente située à sa partie antéro-inférieure, dans la ligne médiane ; branchies moyennes, peu allongées, inégales du même côté; bouche petite, ayant des appendices triangulaires striés comme les branchies.
Coq. enveloppée d’un épiderme se prolongeant sur les tubes et le manteau de l’aniinal ; assez solide, bäillante aux deux extrémités, équivalve; sommets peu saïllans ; charnière composée d’un ou deux plis obliques, divergens en arrière d’un cuilleron horizontal, comprimé, appartenant à la valve gauche, et correspondant à une fossette également horizontale de la valve droite ; ligament interne s’insérant entre la fossette et le cuilleron ; impressions musculaires distantes, l’antérieure allongée, la postérieure arrondie; impression palléale étroite et profandément excavée.
Nous avons caractérisé l’animal sur la M. arenaria très commune sur nos côtes, où elle s'enfonce dans le sable ; trois ou quatre autres espèces vivantes, et un plus grand nombre a l’état fossile, complètent ce genre.
G. CCLXXX VII. LUTRAIRE, lutraria | Lam.
Et Ligule, Leach.
Anim. ovale , allongé, comprimé, ayant le manteau assez largement ouvert en avant, et muni en arrière de deux tubes longs réunis ou séparés; pied assez petit. R
Coq. généralement assez allongée , quelquefois un peu arrondie, bäillante à chaque extrémité, régulière, équivalve, inéquilatérale, ayant les bords tranchans; sommets peu prononcés; charnière composée de deux petites dents cardinales divergentes, quelquefois peu sensibles, en avant d’une large fossette ; deux ligamens, l’un interne, épais, inséré
326 TABRLEAU
dans les fossettes, l’autre externe, postérieur et petit; impressions musculaires bien évidentes, l’antérieure ovale, allongée et courbée, la postéieure subarrondie; impression palléale étroite, ayant une excavation très profonde.
- Ce genre renferme plusieurs espèces vivantes, appartenaut plutôt à nos mers qu’à celles des climats chauds, et une ou deux à l’état fossile.
ne Ligament externe et bombé.
G. CCLXXX VIII. PsammocoLe, psammocola, Blainy.
Psammobie et Psammotée, Lam,
Anim. inconnu. ;
Coq. ovale, allongée, régulière, peu bâillante, équivalve, subinéquilatérale; sommets bien indiqués et un peu inclinés en avant; un angle souvent peu marqué sur le côté postérieur, ou le plus long ; charnière à engrenage assez incomplet; une ou deux petites dents cardinales sur chaque valve; ligament extérieur très bombé; deux impressions musculaires bien distinctes, réunies par une impression palléale étroite, profondément excavée en arrière , et prolongée assez fortement au-delà.
Nous empruntons cette caractéristique à M. de Blainville qui a, avec raison, établi le genre Psammocole pour y renfermer toutes les coquilles dont M. de Lamarck formait les genres Psammobie et Psammotée.
Voici la division que ce savant propose parmi les vingtsix espèces que l’on connaît.
[er proupe, Capsoides.
Coq. à peine bâäillante, striée du sommet à la base,
avec deux dents intrantes , obliques, divergentes sur chaque valve, mais plus grosses à gauche.
P, rugosa, ete.
MÉTHODIQUE , elc. 329
av 2e groupe. Psammobies.
Coq. plus bäillante, striée longitudinalement ; les dents de la charnière beaucoup plus effacées.
P. virgata, etc.
3° groupe. Psammotées.
Coq. de même forme; une seule dent cardinale sur chaque valve ou sur une seule.
P, violacea, etc.
Les Psammocoles sont de toutes les mers, et habitent les fonds sablonneux.
G. CCLXXXIX. SozéreLziNe, soletellina, Blainv.
Anim. inconnu.
Coq. ovale, allongée, comprimée, à bords minces et tranchans, équivalve, subéquilatérale, arrondie en avant, atténuée en arrière, où elle est subcarénée; sommets petits, mais assez prononcés; charnière composée d’une ou de deux petites dents cardinales ; ligament épais, bombé, et porté sur des callosités nymphales assez relevées ; deux impressions musculaires arrondies, surtout la postérieure ; impression palléale bien marquée, profondément et largement excavée en arrière.
Ce genre, qui ne renferme que quatre ou cinq espèces démembrées des Solens de M. de Lamarck, ne diffère que fort peu des Psammocoles au rapport de M. de Blainville.
G. CCXC. SANGUINOLAIRE , sanguinolaria, Lam.
Anim. inconnu.
Coq. allongée, subelliptique, très comprimée, faiblement bâillante à ses extrémités, à bord inférieur arqué, à bord postérieur non caréné; sommets petits et faiblement portés en avant; charnière composée sur chaque valve de deux dents cardi-
nales convergentes au sommet et rapprochées; ligament saillant et bombé; impressions musculaires arrondies, réunies par une impression palléale étroite, profondément et largement excavée en arrière.
Ce genre ne renferme qu'un très petit nombre d’espèces toutes exotiques.
G. CCXCI. SorécurTE, solecurtus , Blainv.
Anim. inconnu, mais probablement semblable à celui des Solens.
Coq. assez mince, demi-transparente, épidermée sur ses bords, so très allongée , comprimée , équivalve, subéquilatérale , à borde presque droits et parallèles; extrémités Écalementant mes et comme tronquées ; sommets extrêmement petits et non saillans ; charnière composée de deux dents cardinales comprimées sur la valve droite, et de trois sur la valve gauche; ligament peu allongé, sail- Jant, bombé , triangulaire ; $ quelquefois une callosité oblique, Hume à li intérieur de chaque valve, sous le sommet; impressions musculaires assez de. tantes , la postérieure subtriangulaire, l’antérieure oblongue , allongée ; impression palléale étroite, dépassant de beaucoup l’impression musculaire antérieure, et munie en arrière d’une excavation.
Ce genre est établi aux dépens des Solens de M. de Lamarck ; il renferme une dizaine d’espèces répandues dans différentes mers. Il y en a de fossiles.
G. CCXCII. Soren, solen, Lam.
Anim. très allongé, plus ou moins cylindrique ou comprimé ; manteau fermé dans toute sa longueur, adhérent par ses bords, et lié au bord inférieur de la coquille par une dotible membrane qui se replie sur “ pour former l’épiderme; présentant en ar-
MÉTHODIQUE, elC. 331
nière un seul tube double à l’intérieur, conique, annelé, susceptible de beaucoup d’allongement, avec les deux orifices simples, celui du siphon plus grand que celui de l’anus; ouvert tout-à-fait en avant pour le passage d’un pied gros, conique, renflé dans son milieu, pointu à son extrémité, qui termine en ligne droite le corps de l’animal ; branchies longues, étroites, pointues en arrière, presque d’égale grandeur d’un même côté, adhérentes sur deux lignes, en avant, une de chaque côté du corps, se réunissant ensuite à une certaine distance en arrière, sur une seule, et alors libres et flottantes jusqu’à l’entrée du siphon; appendices labiaux non striés comme les branchies, allongés, triangulaires, recourbés, et dirigeant leur pointe en arrière ; bouche petite; anus à l’extrémité d’un très petit tube flottant dans la cavité, au-dessus de la partie libre des branchies.
Coq. assez mince généralement, translucide, équivalve, extrêmement inéquilatérale, allongée, bäillante, tronquée aux deux extrémités, et à bords presque parallèles ; sommets tout-à-fait antérieurs, à peine distincts; charnière composée d’une ou deux dents; ligament bombé, un peu allongé; impressions musculaires très distantes, l’antérieure oblongue, allongée, assez étroite, la postérieure subarrondie; impression palléale droite, fort longue, terminée en arrière par une courte bifurcation.
Ce genre, qui ne comprend plus que les deux premières sections du genre Solen de M. de Lamarck, renferme une dizaine d’espèces vivantes. On en compte aussi quelques unes à l’état fossile.
G. CCXCIILI. SozÉMYyE, solemya, Lam.
Anim. inconnu.
Coq. très mince, fragile, comprimée, allongée, axrondie à ses extrémités, à bords droits et parallèles,
un peu bällante en arrière, régulière, équivalve, très inéquilatérale, revêtue d’un épiderme luisant qui la ferme de toutes parts, excepté en avant et en arrière; côté antérieur beaucoup plus long que le postérieur; sommets peu distincts; charnière composée d’une dent cardinale, dilatée, comprimée, très oblique, un peu recourbée en dessus, servant à l’insertion du ligament sur chaque valve ; ligament presque tout-à-fait postérieur ; 1mpressions musculaires petites, arrondies, écartées ; quelques traces d’une impression palléale.
Les Solémyes, tres voisines, saus doute, des Solens, mais dont elles diffèrent cependant assez par la position de leur ligament, sont des coquilles peu communes, parmi lesquelles on ne distingue que deux espèces, l’une assez grande qui appartient à la Nouvelle-Hollande, et l’autre plus petite que nous avons trouvée quelquefois sur les rivages de Cette, c’est la S. mediterranea.
G. COXCIV. GLvcrmÈrE, glycimeris, Lam.
Cyrtodère, Daudin.
Anim. oblong, subcylindrique , ayant le manteau épais et ridé, fermé dans toute sa longueur, et ouvert tout en avant pour le passage d’un pied épais et tranchant; un seul tube en arrière, double à l’intérieur, court, très renflé et arrondi à son extrémité ; lames brianchiales inégales d’un même côté, et assez grandes ; appendices buccaux longs et en forme de demi-croissant, la pointe étant dirigée en arrière.
Coq. fortement épidermée, allongée, arrondie, bäillante aux deux extrémités, un peu irrégulière, équivalve, très inéquilatérale ; sommets peu saillans écorchés; charnière sans dent, présentant seulement une callosité épaisse et un peu allongée; ligament extérieur porté par des nymphes saillantes, au-dehors; impressions musculaires distinctes et très écartées ; impression palléale bien marquée, non
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excavée postérieurement ; valves épaissies par des
callosités à l’intérieur.
On ne connaît que deux espèces vivantes appartenant à ce genre , et aucune des deux n’est fluviatile, comme quelques naturalistes en ont eu l’idée; elles proviennent des mers de Terre-Neuve, où l’une d’elles, la G. siliqua, y est très commune; les pécheurs du grand banc la trouvent souvent dans le ventre des morues. M. Audouin , à qui nous devons es caractères de l’animal, a fait sur ce genre un travail anatomique accompagné de planches admirablement dessinées.
G. CCXCV. Panorée, panopæa, Ménard de la Groïie.
Anim. inconnu.
Coq. épaisse, solide, bombée, oblique, allongée, bâillante aux deux extrémités, équivalve, inéquilatérale, un peu irrégulière ; sommets bien marqués, contigus, un peu courbés en avant, et plus rapprochés de la partie antérieure que de la postérieure ; charnière présentant sur chaque valve une dent conique en avant d’une fossette, et d’une callosité épaisse , non saïllante au-dehors, peu allongée, sur laquelle s’insère le ligament ; ligament extérieur , postérieur et bombé ; impressions musculaires irrégulièrement ovales , l’antérieure étant la plus longue, toutes deux réunies par une impression palléale, large , parailèle au bord de la coquille, et assez profondément excavée en arrière.
Ce genre est formé pour une seule espèce vivante, la P. aldrovandi, grande et belle coquille très rare dans les collections avec les deux valves, et que M. de Lamarck prétend appartenir à la Méditerranée , mais que nous n’avons jamais pu y découvrir. Elle paraît habiter les fonds vaseux. On en connaît aussi des espèces fossiles,
G. CCXCVI. Saxicave, saxicava, F1. de Bell.
Anim. allongé, subcylindrique, ayant le manteau fermé de toutes parts, prolongé en arrière par un
tube long , double à l’intérieur, un peu divisé à son sommet, et percé inférieurement et en avant d’un orifice arrondi pour le passage d’un petit pied allongé, mince et pointu ; bouche moyenne ; appendices labiaux petits; lames branchiales en grande partie libres et très inégales d’un même côté.
Coq. épaisse, solide, épidermée , allongée, arrondie en avant, comme tronquée en arrière, bäillante, irrégulière , équivalve , très inéquilatérale, le côté postérieur étant beaucoup plus long que l’antérieur; sommets peu distincts; charnière sans dents ou avec deux tubérosités écartées plus ou moins prononcées ; ligament extérieur ; impressions musculaires arrondies et un peu rapprochées , réunies par une petite impression palléale droite , très étroite, occupant le milieu de la valve.
Nous avons caractérisé l'animal de ce genre sur la Saxicava rugosa qui est très commune à La Rochelle, et notre description ne diffère que très peu de celle donnée par M. de Blainville d’après la S. australis. Quatre ou cinq espèces toutes vivantes et lithophages composent ce genre.
G. CCXCVII. Byssomie, byssomia, Cuv.
Anim. plus ou moins long, subcylindrique, ayant le manteau fermé , mais percé d’une petite ouverture à la partie antérieure et inférieure pour le passage d’un pied petit, conique, canaliculé, muni d’un byssus à sa base postérieure ; un long tube double, bifurqué à son extrémité. |
Coq. épidermée, oblongue, irrégulière, souvent grossièrement striée en long, équivalve, très inéquilatérale, très haute en avant, et atténuée en arrière; sommets peu marqués, cependant distincts, faiblement courbés en avant; charnière sans dents, ou ne présentant qu’un rudiment de dents sous le corselet ; ligament extérieur allongé; impressions musculaires fortes, distantes et arrondies.
MÉTHODIQUE, etc. 335
Ce genre, très voisin des Saxicaves, en diffère cependant
suffisamment par la présence d’un byssus; les Byssomies
se logent dans les petites cavités des rochers, ou même des
plantes marines; on en trouve encore quelquefois dans le sable.
G. CCXCVIII. RuomBoïpe, rhomboides, Blainv.
Anim. rhomboïdal, allongé, assez comprimé; deux tubes distincts en arrière ; une fente assez large à la partie antérieure et inférieure du manteau, pour la sortie d’un pied conique et d’un byssus dont les filets sont élargis à l'extrémité.
Coq. rhomboïdale , un peu irrégulière, striée en longueur, équivalve, très inéquilatérale ; sommets très distincts et très antéro-dorsaux; charnière fermée par deux petites dents cardinales; ligament externe, postérieur , assez saillant ; deux impressions musculaires arrondies.
Ce genre, dont nous copions textuellement la caractéristique dans le Manuel de Malacologie, est établi par M. de Blainville pour le Mytilus rugosus de Gmelin. Il nous paraît extrêmement rapproché des Byssomies.
G. CCXCIX. Hrarezze, hiatella, Daudin.
Biapholius, Leach.
Anim. inconnu.
Coq. mince , allongée, rhomboïdale, équivalve, très inéquilatérale, bâäillante à son bord inférieur ainsi qu’en arrière ; sommets antérieurs , et recourbés en avant; charnière composée d’une dent sur une valve correspondant à une fossette de la valve opposée, ou bien d’une petite dent avec une fossette sur chaque valve; ligament extérieur.
Ce genre fort incomplétement connu, et dont Ja place n’est peut-être point ici, Contient trois espèces exotiques que nous ne connaissons Pas.
LES TUBICOLÉS, Lam.
Et Pholadaires, Lam.; Enfermés, Cuv.; Tubicolés et Pholades , Fér.: : Pyloridés et Adémacés, Blainv.; Solenides , Pholataas et Térédinites, Lat.
Anim. sphérique , allongé ou vermiforme , ayant le manteau fermé et plus ou moins tubuleux, avec une petite ouverture antérieure pour le passage d’un petit pied ; deux tubes généralement assez allongés, réunis en un seul, et servant, l’inférieur, ST respiration , et le supérieur, aux déjections ; les appendices labiaux petits ; les branchies Aa gées » Se prolongeant jusque ae le siphon.
Coq. généralement non épidermée, toujours blanche, plus ou moins allongée, rarement sphérique, quelquefois comme tronquée, équivalve, inéquilatérale, bâtillante à ses deux extrémités, surtout en avant ; charnière sans engrenage bien caractérise ; ligament rarement évident, et quelquefois remplacé par des appendices du manteau de l'animal ; les impressions musculaires plus ou moins disc tinctes, la postérieure l’étant toujours davantage à toutes deux réunies parune impression palléale plus ou moins sensible, et toujours fortement excavée en arrière.
Un tube calcaire, soit libre ou soudé, enveloppant ou non, et se prolongeant en arrière, ou au moins des pièces accessoires pour clore la coquille d’une manière plus complète.
Marins, se logeant dans les pierres, où ils creusent des cavités dont ils ne peuvent plus sortir, ou s’enfoncant dans la vase et le sable.
T Point de cuilieron à l’intérieur; encore quelques vestiges de charnière; les impressions musculaires visibles.
a) Un tube soude avec les deux valves.
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MÉTHODIQUE, ete. 337
G. CCC. Arrosoir, aspergillum, Lara.
Anim. inconnu.
Coq. subnacrée , équivalve , subéquilatérale , ouverte et fixée par ses contours dans la paroï d’un tube; sommets très distincts et un peu recourbés en avants charnière et impressions musculaires in-
connues ; ligament effacé.
Tube calcaire, épais, solide, très allongé, plus ou moins régulièrement droit, conique ou subcylindrique, quelquefois un peu comprimé et faiblement cannelé latéralement ; ouverture terminale, postérieure, oblongue ou arrondie, simple ou bordée d’une ou plusieurs rangées de plis semblables à des manchettes ; extrémité antérieure, fermée par un disque convexe percé d’un nombre considérable de trous arrondis, plus ou moins tubuleux, avec
une fissure au milieu.
On ne connaît point encore l'animal de l’Arrosoir; cependant on ne peut plus douter aujourd’hui que ce ne soit un mollusque; la connaissance assez complète que nous avons de la Clavagelle nous apprend que ces deux genres sont tellement voisins, se lient à un si haut degré par leurs plus importans caractères, qu’il conviendrait peutêtre de les réunir; la seule différence que l’on puisse maintenant établir entre eux, c’est que l’une de ces coquilles a ses deux valves soudées dans la paroi du tube, tandis que l’autre n’en a qu'une seule de soudée, l’autre étant entièrement libre; ce caractère est-il bien propre à former une distinction générique? Nous concevons l'animal de l’Arrosoir, absolument comme celui de la Clavagelle, et nous pensons, avec M. de Blainville, que ces deux mollusques sont munis d’un byssus, qu'ils font sortir par toutes les ouvertures antérieures du tube pour se fixer sur les corps ; il convient sans doute aussi de leur attribuer les mêmes habitudes, celle, par exemple, de se loger dans les corps; mais comme il n’est pas probable que l’animal de l’Arrosoir puisse, comme celui de la Clavagelle, se servir
dans le jeune âge de ses petites valves pour se creuser une cavité, 1l y a lieu de croire que c’est uniquement dans le sable ou la vase qu’il s'enfonce, le disque le premier, et la partie tubuleuse en haut. Deux motifs se joignent encore à celui-ci pour appuyer cette idée; d’abord cette quantité de sable ou de débris de coquille, quelquefois très grande, surtout dans une espèce, qui vient se fixer à la surface extérieure du tube; ensuite la forme allongée, et toujours assez droite, de celui-ci, qui indique que l’animal en le formant, et l’élevant à la surface du sol, ne rencontrait aucun obstacle: dans certaines Clavagelles, au contraire, la flexuosité plus ou moins grande du tube annonce, comme dans ceux des Tarets et des Cloisonnaires, que l’animal vivait dans des corps durs.
Nous pensons que l’animal de l’Arrosoir s'enfonce dans le sable pendant qu’il est jeune, qu'il s’y fixe par le moyen de son byssus aux corps qu’il rencontre, comme on le voit fréquemment dans certaines moules, et que ce n’est qu’ensuite qu’il forme son disque, et qu’il élève son tube vers la mer.
On ne connaît que quatre espèces de ce genre, toutes fort rares, et de l’hémisphère austral, et on peut les distinguer de la manière suivante :
17 groupe.
Tube sans couronne antérieure.
A. agglutinans, etc.
2€ groupe.
Tube muni en avant d’une couronne, formée de petits tubes serrés les uns contre les autres.
A, jJavanus, etc.
M. Defrance signale aussi deux espèces fossiles &) Un tube soudé avec une seule valve.
G. CCCI. CLravacEeLre, clavagella, Lam.
Anim. inconnu.
Coq. ovale, plus longue que haute, peu épaisse, assez
; MÉTHODIQUE, etc. 339 solide, quelquefois transparente, régulière, équivalve, inéquilatérale, bäillante; sommets très distincts, peu proéminens, plus ou moins antérieurs,
rapprochés; charnière offrant toujours une peüte dent plus ou moins fermée sur chaque valve; ligament mince, en partie interne, inséré dans une très petite fossette; impressions musculaires très distinctes , écartées, l’antérieure moins rapprochée du bord supérieur que la postérieure, toutes deux ovales et réunies par une ligule palléale bien marquée, et profondément excavée en arrière.
Tube calcaire, épais, solide, irrégulier, droit ou sinueux , subcylindrique , plus ou moins allongé, quelquefois comprimé et faiblement cannelé latéralément , avec une ouverture irrégulièrement circulaire ou oblongue en arrière, formant une massue en avant pour envelopper la coquille, dont une des valves, la valve gauche, est enchâässée, soudée dans la paroi, et visible à l’extérieur , tandis que l’autre est libre et cachée dans l’intérieur; massue terminée en avant par des ouvertures tubuleuses, irrégulières, et diversement disposées.
Nous caractérisons ce genre sur deux espèces très distinctes que nous avons en ce moment sous les yeux : l’une est la C. couronnée , mcomplétement connue jusqu’à ce jour, et dont nous possédons un grand nombre d'individus plus ou moins parfaits ; et l’autre, la C. râpe, seule espèce connue à l’état vivant, et que nous venons de découvrir à l’ile de Bourbon; nous avons aussi un très bon dessin , sur plusieurs faces , de la C. à crête de M. de Lamarck (nous ne connaissons aucune des autres espèces). La comparaison que nous faisons de ces trois coquilles, ne nous permet plus de penser que le genre Clavagelle soit artificiel, comme M. de Blainville paraît disposé à le croire. Sans doute, sa coquille étant incomplétement connue, on pouvait lui trouver quelque analogie avec celles de certains autres genres; on pouvait même, frappé de la variété de forme qu’elle présente réellement dans les différentes es-
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pèces, les partager entre plusieurs genres des familles pré- . cédentes; mais maintenant nous nous croyons suffisamment fondé à repousser cette idée. En effet, la charnière des deux espèces, que nous examinons en ce moment, est la même ; c'est toujours une petite dent sur chaque valve. Dans la disposition de leur ensemble, et dans celle de leur tube, nous trouvons les mêmes caractères; le mode d’accroissement de ce tube et son développement sont semblables, et enfin elles paraissent avoir toutes l'habitude de se iÎoger dans les corps sous-marins pour y chercher un second abri.
Nous sommes donc fort loin de penser qu’elles puissent appartenir aux Vénus irrégulières, comme M. de Blainville paraît en avoir l’idée, tant parce que les Clavagelles ne sont point irrégulières, que parce qu’elles n’offrent dans leur charnière aucun des caractères d'engrenage des Vénus.
Nous croyons le genre très naturel, et nous y rapportons, sans aucun doute, les trois espèces que nous venons de citer ; ne connaissant point les autres, nous ne pouvons rien affirmer à leur sujet. Nous ne comprenons même pas bien la C. tibiale; les deux valves y sont à découvert, dit-on , à la partie antérieure ; sont-elles toutes deux soudées au tube , ou toutes deux libres ? Dans les deux cas, nous la croyons hors du genre.
Voici l'observation que la €. râpe nous a donné lieu de faire; nous l'avons trouvée fort jeune dans un madrépore roulé; elle occupait une petite cavité dont l'ouverture trop étroite ne pouvait lui permettre de sortir. Un autre trou voisin de celui où était cette coquille, mais privé de son habitant, nous ayant paru semblable au premier , mais ouvert à l'extérieur par un col allongé, nous avons pensé qu’à un certain âge, la Clavagelle s’enveloppe d’un tube auquel elle n’adhère que par une de ses valves, et que ce tube, se prolongeant jusqu’en dehors de la cavité du madrépore, lui conserve un orifice assuré autour duquel les polypes peuvent s’élever et s'étendre sans lui faire courir le danger de voir sa demeure se fermer, car elle peut, par de nouveaux accroissemens, étendre ce tube à une grande distance. C’est précisément ce que l’on remarque chez quelques autres mollusques, et notamment chez la Magile qui, pour tenir sans cesse son orifice au niveau
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des masses madréporiques , que tant de petits polypes travaillent saus cesse à augmenter , est obligée d’allonger pro- gressivement son tube.
Il y a lieu de penser aussi que certaines espèces de Clavagelles peuvent s’introduire dans les coquilles mêmes, car on en a trouvé dans l’intérieur des Crassatelles.
Quant à l’animal, nous ne le connaissons pas ; mais l’analogie de ce tuhe avec celui des autres genres de cette famille, nous donne tout lieu de croire qu'il est muni en arriére de deux canaux tubuleux réunis ; les petites ouvertures spiniformes, qui se montrent en avant de la massue,, paraissent destinées au passage d’un byssus qui aurait pour but de fixer l’animal et sa coquille au fond de sa demeure; nous croyons même pouvoir affirmer que c’est uniquement là l'usage de ces petits tubes, non que nous ayons trouvé des débris de ce byssus au fond de la cavité, mais parce que nous avous cru y reconnaître quelques empreintes correspondantes aux tubes.
Nous divisons ce genre en trois groupes; mais le dernier est douteux pour nous.
Coq. terminée antérieurement par un disque aplati, portant une fissure sur son centre.