CINQUIÈME CLASSE
CIRRIPÉDES.
Cirrhopodes, Cuv., Fér.; Cirrhipèdes, Lam.; WNématopodes, Blainv.; Cirripèdes, Lat.
Anim. plus ou moins conique, quelquefois un peu comprimé, enveloppé d’un manteau en forme de sac ouvert seulement en arrière, renflé à la partie antérieure qui, d’après la position naturelle du mollusque, est l’inférieure ; terminé supérieurement par un certain nombre de paires de cirrhes lougs, cornés , articulés, ciliés, et se courbant au sommet; la tête non distincte, sans yeux ni tentacules; la bouche munie de mâchoires latérales, cornées, dentées et articulées ; des branchies paires sitnées de chaque côté, à la base des premiers cirrhes ; orifice de la génération à l’extrémité d’un tube charnu s’élevant du milieu des derniers cirrhes; anus médian à la base de ce tube.
Coq. assez variable , mais toujours composée de plusieurs valves soudées ou non soudées ensemble ; dans un seul cas point de coquille, mais alors une enveloppe molle qui en tient lieu; adhérente immédiatement, ou au moyen d’un pédicule charnu qui provient du manteau.
Marins.
Cette classe, peu nombreuse en genres, renferme des animaux de toutes les mers,
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1'é FAMILLE,
LES LÉ PADIENS, Blainv.
one pédonculés, Lam; NE Fér.; Gymnodermes et Ostracodermes, Lat.
Anim. ovale, comprimé, suspendu dans son enveloppe testacée, à laquelle il adhère par un muscle transverse situé près de l’ouverture; manteau ouvert seulement en arrière, gt inférieurement, se liant au bord de la coquille, et se prolongeant à l’autre côté en un pédicule contractile et charnu, adhérent par son extrémité aux corps sous-marins ; branchies en forme de pyramides plus ou moins nombreuses, adhérentes en dehors de la base des cirrhes.
Coq. presque toujours composée de cinq valves principales, rarement sans aucun vestige de valves, mais alors celles-ci étant remplacées par une enveloppe subcartilagineuse et épaisse; valves principales triangulaires, minces, se ra ts ou s’lmibriquant par les bords quelquefnis rudimentaires, et alors très écartées; disposées de la manière ok vante, deux Énle supérieures assez grandes, et recevant le muscle transverse de l’animal , deux latérales supérieures plus petites, et une de servant à les lier ensemble ; souvent un nombre plus ou moins grand de pièces accessoires fixées à la base.
Cette famille comprend des genres fort remarquables, non seulement par l’organisation des animaux, mais encore par celle des coquilles et de leur pédoncule. Les Lépadiens se fixent aux corps sous-marins par le moyen de ce pédoncule, et forment ainsi des groupes très nombreux, s’élevant ou descendant selon la position de ces corps , et divergens dans différentes directions. Ils habitent particulièrement sur les rivages parmi les rochers; mais on en rencontre aussi en pleine mer fixés aux corps flottans, surtout aux fucus et
36/4 TABLEAU érrans avec éux à la surface des eaux; il y en a même une espèce, le Cineras parasita de M. Lesson , dont nous faisons le genre Alèpe, qui n’a encore été rencontrée que sous l’ombrelle d’une espèce de Méduse ; il en est aussi que nous avons trouvés sur la coquille des Janthines. Ces mollusques sont répandus dans toutes les mers, et il n’est pas extraordinaire de rencontrer la même espèce dans des lieux fort éloignés, car les navires en ont presque toujours leur carène plus ou moins chargée, et par conséquent doivent les dépayser souvent. Les noirs de l’île de Gorée mangent une grosse espèce d’Anatife qui est, en effet, assez délicate. On ne connaît point encore de coquilles fossiles appartenant à cette famille.
G. CCCXXI. Arëpe, alepas, Rang.
Triton, Lin.
Anim. ovale, comprimé, fabiforme, arrondi près du pédicule ; celui-ci médiccrement allongé; cirrhes un peu courts, serecourbant à peine à leur sommet, et composés d’environ dix à douze articles hispides à leur base.
Coq. remplacée par une enveloppe d’une seule pièce épaisse , subgélatineuse et un peü diaäphane, sans autre ouverture que celle qui sert au passage des cirrhes, se continuant avec le pédicule, et ne présentant aucune trace de pièces testacées.
Linné avait connu, sans doute, ce mollusque puisqu'il avait établi le genre Triton pour un Anatife sans coquille ; mais, n'ayant plus été retrouvé, on abandonna ce genre, et son nom fut donné à des mollusques qui font partie de la classe des Gastéropodes, Les voyages de MM. Lesson et Garnot, Quoy et Gaimard, viennent de faire connaître les Fritons de Linné, et déja ils se trouvent publiés par ces estimables naturalistes dans deux genres différens et sous deux dénominations spécifiques différentes. M. Lesson en fait son Cineras parasita, et MM. Quoy et Gaimard , l’Anatifa univalyis. Nous pensons qu'il diffère plus des Cinéras, que les Cinéras ne diffèrent des véritables Anatifes, et que, par conséquent, c'était avec raison que Linné en avait
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fait un genre distinct; nous proposons donc le genre Alèpe pour ce singulier mollusque, et nous couserverons à l’espèce, qui lui sert de type, le nom spécifique d’ A. parasite , celui d’univalois devenant un caractère générique.
: Ce mollusque a été trouvé sur l’ombrelle d’une Méduse ; et il n’y a pas de doute qu’il ne soit tout-à-fait Pélagien. Cette enveloppe presque gélatineuse et sa transparence en sont la preuve.
Ce genre et le suivant lient parfaitement la dernière famille des Acéphales avec la première des Cirripèdes.
G. CCCXXIT. Gymnorère, gymnolepas, Leach.
Ofion et Cinéras, Leach.; Aurifère, Blainv.
Anim. assez peu comprimé, avec les cirrhes plus recourbés à leur extrémité; manteau presque complétement nu, épais et subcartilagineux; pédicule long et épais.
Coq. rudimentaire, composée de petites valves très écartées. ÿ
Les Gymnolèpes paraïssent habiter [es mers du Sénégal et, dit-on aussi, celles du Nord. Nous ne les avons jamais rencontrées que sous la carène des bâtimens, et nous pensons qu’elles ne doivent point se fixer sur les rochers, comme font généralement les Lépadiens. Ce genre en comprend deux de M. Leach, que nous distinguerons comme groupés.
1éT groupe.
Deux tubes auriformes au sommet ; deux petites valves distinctes. (Otion, Leach; Aurifère, Blainv.) G. cuvieru, etc.
2e groupe.
Point de tubes auriformes ; la forme plus anguüleuse; cinq petites valves distinctes. (Cinéras , Leach.)
G. cranchit, ete.
G. CCCXXIII. Anarire, anatifa, Lam.
Pentalasmis, Leach.; Pentalèpe, Blainv.
Anim. assez comprimé, enveloppé d’un manteau très mince ; pédicule souvent très allongé; cirrhes contournés au sommet.
Coq. subtriangulaire, anguleuse, formée de cinq valves très distinctes , enveloppant complétement l'animal.
Les Anatifes sont très répandus, maïs particulièrement sur les côtes d'Afrique; il en est aussi qui n’habitent que les hautes mers. Ils se groupent par bouquets quelquefois très grands, et se suspendent souvent ainsi à la carène des bâtimens. Nous en avons plusieurs espèces sur nos côtes.
G. CCCXXIV. PorrrerpèDe ; pollidipes,, Lam.
Pentalèpe , Blainv.
Anim. semblable à celui des Anatifes, mais ayant généralement le pédicule plus court.
Coq. subtriangulaire, composée, outre les cinq valves principales, d’un nombre plus ou moins grand de petites pièces testacées fixées à leur base.
Ce genre, fort voisin, sans doute, des Anatifes, s’en distingue très bien par la présence d’un grand nombre de petites pièces qui accompagnent les cinq valves ordinaires. On en connaît seulement quelques espèces.
G. CCCXXV. Porvrèpe, polylepas , Blainv.
Scalpellum, Leach.
Anim. semblable à celui des Anatifes, ayant le pédicule plus ou moins allongé et squameux.
Coq. formée de treize valves recouvrant complétement l’animal ; six valves principales, une dorsale, une ventrale et deux paires de latérales.
Ce genre, que nous ne connaissons pas, renferme trois ou quatre espèces d’après M. de Blainville,
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G. CCCXX VI. Lirnorère, Üifholepas, Blainv.
Lithotria, Sow.
Anim. comprimé.
Coq. irrégulièrement subpyramidale > comprimée , portée à l’extrémité d’un pédicule tubuleux, tendineux, ayant à sa base un appendice ce ressépalilait à une patelle renversée, formée de huit valves contiguës, inégales ; siX latérales, dont les inférieures très petites; une dorsale, grande, ligulée, et une ventrale également très petite,
Ce genre, d’abord établi sous un nom par Sowerby, et ensuite adopté sous un autre par M. de Blainville, n'est, selon ce dernier savaut, qu’un véritable Anatife qui se serait fixé sur une valve de Vénérupe dans le fond d’une de ces cavités que creusent ordinairement ces coquilles, Il n’est encore question que d’une seule espèce.
LES BALANIDES, Blainv.
Cirripèdes sessiles, Lam.; Balanes, Fér.; Quadrifores et Bi- Jores, Lat.
Arim. conique, quelquefois très déprimé, et quelquefois aussi presque cylindrique, du reste semblable à celui de la famille précédente , mais sans
édicule, et ayant les branchies en forme de deux ailes frangées attachées à la face interne du manteau.
Coq. épaisse, solide, de forme assez variahle, mais cependant toujours conique ou subcylindrique : adhérente par sa base aux surfaces, ou pénétrante ; composée d’un cône formé dun ou de plusieurs pièces réunies latéralement ; ouvert à sa base, ou fermé par une pièce membraneuse ou calcaire , servant à l’adhérence ; toujours ouverte à son sommet, mails munie de cette partie d’un opercule pyramidal à deux ou quatre valves.
Marins.
Cette famille, fort intéressante par la singulière conformation des coquilles qu’elle comprend, est encore incoïnplétement connue, à cause de la difficulté qu’il y a à se procurer à la fois toutes les pièces d’un même individu. On y a créé bien plus de genres que nous en présentons, et cependant nous sommes très porté à croire qu’il sera encore nécessaire d’en réunir quelques uns; nous avons adopté des divisions qui faciliteront la détermination des genres; cependant il se pourrait qu’on dût supprimer celles qui ont pour base le nombre des pièces de l’opercule, parce qu'il est probable que ce nombre est toujours de quatre, mais que quelquefois les deux pièces d’un même côté sont comme soudées, et paraissent alors n’en faire qu’une.
Le cône des Balanides est remarquable par les cavités tubuleuses dont il est percé dans la longueur, et qui s’ouvrent à la base où elles sont très sensibles ; ce caractère est unique dans les mollusques, et contribue à distinguer cette famille. M. de Férussac a fait, dans le Dictionnaire classique d'Histoire naturelle, un article extrêmement intéressant sur la singulière organisation de ces coquilles, et qui a beaucoup éclairé la science à leur sujet.
T Cône univalve.
G. CCCXX VIT. Pyrcome, pyrgoma, Sow.
Et Boscie, Fér.
Anim. inconnu.
Coq. épaisse, en cône plus ou moins élevé ou surbaissé ; indivise, rayonnée du sommet à la base; support calcaire en forme de calice ou de tube, fermé, pénétrant dans les madrépores; ouverture
petite; opercule formé de deux pièces longues et allongées.
Ce genre, encore peu connu, renferme plusieurs espèces; nous en avons examiné une, et il nous a semblé que l’opercule était quadrivalves si cette observation se confirmait, il ne faudrait former qu’un seule groupe dans cette section. M. de Férussac, qui a établi le genre Boscie, pense luimême qu'il se rapporte à celui-ci.
TT Cône à quatre valves.
a. Opercule bivalve.
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G. CCCXXVIII. VerRuE, verruca, Schum.
Ochthosie, Ranzani.
Anim. inconnu.
Coq. subconique, verruqueuse , à quatre valves inégales, une dorsale (la plus petite), une ventrale (la plus grande), et deux latérales semblables ; une lame interne quadripartite, dont trois portions divisent la cavité en trois loges; support membraneux; ouverture trigone, ocblongue; opercule pyramidal, articulé, bivalve.
Adoptant les idées de M. de Blainville au sujet des Ochthosies, nous pensons que les cônes de ces coquilles sont munis de quatre valves et non de trois. On ne connaît qu’une seule espèce, la F. stroemü.