‹ Manuel de l'histoire naturelle des mollusques et de leurs coquillesChapitre 67 sur 77 · Salpiens simples · texte numérisé non relu

Salpiens simples

G. CCCXVI. Brpuore, salpa, Cuv.

Anim. libre, très mou, transparent, allongé, plus ou moins cylindrique ou en forme de prisme, souvent muni en avant , et rarement en arrière, d’appendices tentaculiformes allongés et coniques ; manteau ample, gélatineux, musculaire enveloppant, muni quelquefois de tubercules; deux ouvertures terminales ou subterminales, l’une plus grande que l’autre , transverse, souvent munie d’une sorte de

lèvre mobile; viscères formant un nucléus presque toujours coloré à la partie antérieure et intérieure ; branchies en forme d’écharpe finement striée en travers, se portant obliquement du nucléus à la partie postérieure; bouche au côté inférieur du nucléus; anus plus en arrière, toujours dans l’intérieur du manteau.

Chaque espèce présentant un mode de réunion particulier pour un plus ou moins grand nombre d'individus pendant le jeune âge.

Ce genre renferme un très grand nombre d’espèces qui s’augmente tous les jours par les découvertes des voyageurs ; mais il en est plusieurs qui sont très incomplétement connues, et d’autres qui sont certainement des doubles emplois, la même espèce ayant souvent été observée à des âges différens. Nous ne faisons point connaître ici la manière dont nous distribuons les espèces de ce beau genre pour lequel nous avons réuni un grand nombre de dessins, ne voulant le faire que lorsque nous aurons terminé un travail spécial que nous poursuivons depuis quelque temps, et pour lequel il nous manque encore quelques vérifications de détail sur les animaux vivans.

Les Biphores sont phosphoriques ; ils habitent les climats chauds et les climats tempérés, mais particulièrement les premiers. On les aperçoit toujours près de la surface de la mer dans les temps calines, et, comme l’ont très bien observé plusieurs naturalistes, quelques espèces affectent une manière particulière de s’agglomérer ; mais ce n’est que pendant leur jeunesse, car plus tard on les retrouve isolés. Les uns se réunissent au nombre de cinq à seize pour former une sorte de rosace; d’autres se réunissant par toute leur longueur, forment ainsi des rubans quelquefois très allongés, et dans lesquels chaque individu présente une direction transverse. Il en est encore qui forment aussi deux rangées accolces par le dos, de manière que chaque individu d’une rangée correspond entre deux individus de l’autre; eafin il en est qui forment des chainons dans lesquels chaque individu est étendu dans le sens de la longueur et attaché à celui qui le précède et à celui qui le suit par un côté différent et une partie de sa longueur ; ces animaux varient

MÉTHODIQUE, etc. 359 ainsi leur manière de s'agréger, mais toujours de facon que les deux ouvertures soient libres. Un fait sur lequel il est, sans doute, important d’insister pour prévenir les voyageurs contre des erreurs qu’il serait très facile de faire, c’est que les individus jeunes diffèrent beaucoup quelquefois de ceux qui sont adultes, et nous en connaissons une espèce qui, lorsque nous l’avons observée agrégée, ne présentait que de faibles indices des appendices tentaculaires, tandis que, libre, elle montrait ces organes très allongés.

Cette singulière agrégation des Biphores mérite certainement de fixer d’une manière particulière l'attention des maîtres de la science; elle rappelle celle de ces zoophytes qui habitent avec les Biphores au milieu de l’Océan, qui naissent et vivent quelque temps ainsi réunis en groupes déterminés pour chaque genre, mais qui se détachent et deviennent indépendans sitôt qu’ils ont atteint toute leur croissance. Ce rapprochement doit inviter les naturalistes qui rencontrent ces derniers animaux à en observer l’organisation avec une scrupuleuse attention, car nous ne serions pas étonné que quelques uns d’eux dussent s'élever un peu plus haut dans l'échelle des êtres.

G. CCCX VIT. TIMORïENNE, timoriensis, Quoy et

Gaim.

Anim. libre, allongé, gélatineux, cylindrique antérieurement, triangulaire et pointu postérieurement ; : muni d’un ‘appendice labial et d’un tube digestif à deux ouvertures; point de nageoires ni de branchies; peut-être des yeux ?

Ce genre, très irccomplétement connu, peut fort bien appartenir à la famille des Salpiens. MALRÇUAS il rappelle singulièrement les Firoles de l’ordre des Nucléobranches. On serait tenté de.le prendre pour un de ces animaux mutilés, comme :l arrive si souvent d’en rencontrer; nous le conserverons cependant jusqu’à nouvel ordre; car les savans voyageurs à qui nous le devons nous rapporteront peut- -être de leur second voyage de nouveaux renseignemens à son sujet,

La T. triangularis est de Timor, et c’est la seule espèce connue.

G. CCCXVIII. Monopnort, monophorus, Cuers et

Gaim.

Anim. Corps libre, gélatineux, transparent, allongé, pyramidal , un peu aplati ; Arroidi à une de ses extrémités, pointu à l’autre; ayant un tube digestif, à une séble ouverture be de deux lèvres ou valvules; des yeux ?

Telle est la caractéristique de ce genre établi par MM. Quoy et Gaimard pour un mollusque qu’ils ont rencontré dans la mer des Indes. Ce n’est qu'avec doute que nous le rapportons à cette famille; cependant l'embarras où nous sommes pour le placer convenablement, nous a fait prendre ce parti qui a déjà été indiqué par M. de Blainville, surtout en considérant certains caractères d'ensemble, et en supposant que la seconde ouverture aura échappé à l’investigation des deux observations. Peut-être ce mollusque devra-tl être rapproché des Ptérosomes de M. Lesson.

G, CCCXIX. PayzziroË, phylliroe, Péron et Lesu.

Ann. pélagien, très comprimé latéralement; terminé en arrière par une sorte de nageoire verticale; tête assez distincte et pourvue d’une paire d’appendices tentaculiformes, servant peut-être à la natation; une ouverture bre AE en fer à cheval, et située à l’extrémité d’une trompe courte et rétractile ; anus au côté droit antérieur du corps; orifice des organes de la génération uniques, du même côté et en avant de l’anus; branchies ?

Le genre Phylliroé a été découvert et établi par Péron et Lesueur sur un individu dont ils n’ont pas eu une connaissance suffisante; depuis lors il n’a été retrouvé, à ce que nous sachions, que par M. de Lapilaye qui en à fait lithographier une figure assez bonne, mais encore incom-

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plète, puisque les branchies n’y sont point indiquées. Ce que nous savons de plus important sur ce mollusque est donc dû à M. de Blainville qui a pu, jusqu’à un certain point, l’étudier, puisqu'il en possède un dans sa collection. On ne connaît encore que le P. bucephalum ; cependant il parait que MM. Quoy et Gaimard viennent d’en découvrir une seconde espèce.

L'incertitude qui règne encore sur Ce mollusque, nous <ngage, ainsi que la considération de quelques uns de ses caractères, à le placer provisoirement dans les Salpiens. Peut-être devra-t-il, quand il sera mieux connu, être reporté plus haut; mais certainement ce ne sera ni avec les Ptéropodes, ni avec les Nucléobranches.

ff Salpiens agrégés.

G. CCCXX. PyrosoMe, pyrosoma, Péron.

Animaux allongés, fusiformes, terminés en pointe d’un côté, et obtus de l’autre, munis de deux ouvertures, l’une externe non terminale , l’autre interne et terminale, réunis entre eux vers leur base par le moyen de leur enveloppe extérieure, de manière à composer des anneaux assez nombreux et réguliers qui concourent à former un long cylindre, libre, hérissé à l’extérieur, creux et mamelonné à l’intérieur, ouvert seulement à une extrémité.

Ce genre renferme trois espèces de la Méditerranée et des mers chaudes, mais que l’on ne rencontre qu’à une assez grande distance des rivages, Ils sont phosphoriques, et répandent la nuit, pendant les temps calmes, une très vive lumière.

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