‹ Manuel de l'Immaculée Conception [microforme]Chapitre 19 sur 67 · TE · texte numérisé non relu

TE

Ce cout extrait est vraiment l'éloge le plus flatteur, le mieux mérité, que l’un puisse faire, à fa face du monde entier, de la dévotion du clergé catholique, pour la gloire de l’Immaculée Vierge. Le texte qui suit, fait également voir la dévotion du peuple catholique, pour cette Vierge pure et sans tache.

‘6 Omnes nos, Pastor, Clerus et Po ulus, Bea- “ tissime Pater, ingeminatis postulamus studits, ut Sedes Apostolica solemni sanciat “ judicio, hoc sancti Ephremi effatum : Imma- “€ culata et intemerata, incorrupta et prorsus “ pudica, atque ab omni sorde et labe peccati “ alienissima. *? (1)

Quatrième fait. Il est souverainement glorieux à la B. Vierge Immaculée. La piété toute seule a suffi pour propager et enraciner, dans le cœur de l’univers catholique, la doctrine de l’Immaculée Conception, car on la trouve également déposée et soigneusement gardée dans chaque Eglise.

‘ ta profitetur pietas catholica. *” (2).

lequel la gloire ci-dessus mentionnée de la Très-Sainte Vierge sera enfin reconnue parmi les articles de foi, mais il le demande avec un vif désir, et il l’attond avec une très grande ardeur de dévotion.

(3) Nous tous, Très-Saint Père, Pasteur, Clergé et Peuple, nous demandons avec les instances los plus pressantes que le Siége Apostolique sanctionne d’un jugement solennel cette sentence de St. Ephrem : Immaculée, intacte, pure et entièrement chaste, et complètement étrangère à toute tache et à toute souillure.

(2) La piété catholique a constamment profossé cette vérité jusqu’à ce jour.

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I n°y a qu’une voix pour répéter ce témoignage.

Cinquième fait. Chaque église particulière rend compte à l’Eglise-Mère de sa propre tradition, relativement à la pieuse croyance de l’Immaculée Conception de la B. Vierge Marie. C’est quelque chose d’ineffable que cette espèce de comparution de toutes les Eglises du monde, devant la Sainte Eglise Romaine, qui interroge et écoute, avec une bonté toute maternelle, ses filles bien-aimées, sur une question vitale qui les intéresse toutes au plus haut degré. Comme cette tendre Mère est heureuse de s’assurer, par elle-même, que toutesfses filles chéries, sans en excepter une seule, ont, malgré toutes les horribles secousses de l’enfer, et les affreuses tempêtes du siècle, conservé intact le dépôt sacré des traditions communes qui constatent le fait que Dreu 4 RÉVÉLÉ AU MONNEQUE SA MERE À ÉTÉ CONÇUE SANS PÉCH“ |

“ Testes sumus integerrimæ tradilionis, que ‘ obtinuit in Ecclesia nosira, quin ne tenui “€ quidem umbra obnubilata fuerit unquam?’?(1).

Que si à une certaine époque les esprits se sont divisés quelque peu là-dessus, ce n’a été que dans les écoles. Et là, comme ailleurs, la dévotion de l’Immaculée Conception était un honneur, et faisait les délices des fidèles.

Mais quelle a été la marche de cette divine Tradition ?

(1) Noussommes témoins de la tradition très-pure qui à été conservée dans notre église, qu’elle n’a jamais été

me F0)

& Primis sœculis pia fides hœc in Ecclesiis conclusa, sub alma pietatis catholicæ tutela € tuto latebat, et sacro tuta velamine silentiosa “< pervudebat cultum publicum. Cum scholæ € monasticæ jam florerent, velut in campum de- & ducta est. Inde magis ac magis pompa € magna sese explicant doctrinæ hujus caruc- & teres ; professio fit clarior, spes firmior, ar- & dentior devotio. Immaculalæ Conceplionis &. fides, sicut aurora, antequam suis splendo- & ribus impleretorbem, quosdam veluti radios ‘6 emisit queis fideles ad pleniorem lucem præ- & pararentur, donec revelata tandem facie, ‘ apostolicam se, evangelicam, et vere divinam € monstraverit. ?? (1).

La marche de la Tradition en faveur de l’Immaculée Conception, est, comme l’ou voit, admirablement bien tracée ici. Les moyens de conservation ne sont pas moins étonnants. La vigilance pastorale, l’enseignement religieux et des

(1) Dès les premiers siècles cette pieuse croyance était renfermée dans les églises ; elle se cacha sous la bienveillante sauve-garde de la piété catholiqe ; et abritée sous un voile sacré, elle cireulait en silence dans le culte public. Lorsque les écoles des monastères devinrent florissantes, elle fut pour ainsi dire produite en plein air. Ensuite de plus en plus se déployent avec grande pompe les caractères de cette doctrine, la profession devient plus claire ; la foi, plus ferme ; 1n dévotion, plus ardente. La foi de ‘l’Immaculée Conception, comme l’aurore, avunt d'étendre ses splendeurs sur le monde entier, laissa comme échapper quelques rayons pour préparer les fidèles à une lumière plus abondante, jusqu’à ce qu'ayant enfin révélé sa face, se soit montrée apostoiique, évangéliqueet vraiment divine

in Ecclesiis olicæ tutela ne silentiosa Cum scholæ campum deagis pompa ujus carucfirmior, ar- Conceptionis US splendoeluti radios lucem prændem jfacie, ere divinam

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miracles de toute espèce fr raie p prouvent que le doigt lo. La vigilance pastorale. “ Luminosa Tra- ‘ ditio Ecclesie nostre, Cujus nos testes, custo- “ des, e: defensores sumus ; et quam à Prœde- ‘€ cessoribus nostris acceptam ad successores nostros puram illibatanque transmittemus.?? (1) 20. L’enseignement religieux. “ Doctrinam + hanc in scholis tradunt doctores, in templis u celebrant oratores, pietate magna colunt fideles. Sub lutela Virgims sine la be conceplæ ‘ constilula sunt Seminaria ; in paræciis pas- ‘€ sim ereclæ associationesvirorum ac mulie- £ rum. Nemo unquam ad gradus academicos : hé ss dh nisi gloriosissimam Immacu- 4 os us SIN defenderet et à pe pers n se UAUS aefensorem fore promit- “Si vero contigil aliquando ut a sacro sug- “ geslu de eudem re dissererem, divino mihi ‘ visus sum spiritu afflari.? (2) (1) “ Nous transmettrons dans toute sa pureté ot sans altération à nos successeurs la tradition éclatante de notre église, que nous avons reçue de nos prédécesseurs ;

ä ; hé s + biens ee sommes les témoins ; les gardiens et les défen: (2) ‘ Cotte doctrine est enseignée par les docteurs dans : los éonles, célébrée dans les temples par les orateurs,

professée ovre grendo piété par le: fidèles. Sous in, sauve-garle do Marie conçue sansÿpéché, des Séminaires ont été placés et des associations d'hommes et de femmes érigées de toutes parts dans les paroisses. Pour admetire quelqu'un aux grades nendémignes l'on a s toujours exigé qu’il prît la défense de la tr s-gloricuse

Conception de Marie Immaculée, et qu’il fit la pro-

30. Des miracles de toute espèce. “ Attenden- * es precipue ad splendida prodigia et innumera miracula, queis hac nostra œtate, tum în ‘ ordine physico, tum in ordine morali porten-

lose magnificatum et glorificatum est Cor

Immaculatum Mariæ, confitemur ultro, quod

vel invilos nos virlute sua truhat victoriosa

verilas ; et in conspectu tanti fulgoris positi, lubenter in doctrina, quæ Reginam Caœli et terræ sine macula conceptam confitetur, condîitiones omnes agnoscimus ad solemnem defi-

nilionem requisitas.?? (2)

Sivième fait. Il est indiqué par les dernières paroles, que l’on vient de ‘citer, savoir, que la doctrine de l’Immaculée Conception a, dans l’humble opinion des Evêques, toutes les conditions 1equises pour recevoir la sanction d’une définition solennelle, et devenir ainsi un article de foi catholique. 3

La question se trouve posée en ces termes.

‘6 Incausa lanti momenti, que dilucidari ne-

nn ne

gr

Te

‘ messe solennelle de ne jamais manquer à ce devoir. ‘€ Chaque fois qu’il m'est arrivé de traiter ce sujet dans “la chaire, je ne suis senti animé de l'esprit divin.”

(2) ‘ En considérant surtout les magnifiques prodiges ‘ ekles miracles innombrables, qui de notre temps tant ‘dans l’ordre physique que dans l'ordre moral ont singu- ‘{ lièrement honoré et glorifié le cœur immnculé de ‘" Marie, nous avouons volontiers que nous sommes irré- ‘€ gistiblement convaincus par la force de cette vérité; et ‘encontemplant la brillante lumière jetée par la doc- ‘ trine do la Conception Immaculée de la Reine du Oiel ‘ot de la terre, nous reconnaissons qu'elle présente . D conditions requises pour une définition solen-

nelle.

EE. mate En

€ Altendent'innumera le, lum in rali portenm est Cor ultro, quod | victoriosa roris posili, am Cœli et itetur, conmnem defi-

s dernières roir, que la )"n a, dans les condi- 1 d’une dén article de

ermes.

ucidarine-

à ce devoir.

ce sujet dans rit divin.’

ques prodiges e temps tant ‘al ont singummaculé de sommes irrétte vérité; et e par la doceine du Ciel elle présente inition solen-

PRE qe

‘6 quit, quin intima revelationis penetralia pe- “ nilus reserantur, quid agendum, quid deci- * dendum sit, magni consilix est ?°? [1]

La réponse ne se fait point attendre ; car on la trouve toute faite dans le Recueil qui renferme tant de pare témoignages de l’Eglise dispersée, référés au jugement supérieur du Saint- Siége.

“ Nihil obstare videtur quominus quod impli “ cita fide conditum fuerit semper, plenius jam “ per orbem diffusa luce verilatis explicita fide “ credendum proponatur. ” 4 Tanquam testes “ Traditionis decluramus in Ecclesia commissa “ mobis constanter piam hanc viguisse fidem, “ quæ lenet Beatissime Virginis Mariæ con- ‘ ceplum immaculatum omnino Juisse, atque “ab omni prorsus originalis culpæ labe immu- “€ nem. Tanquam Doctores arbitramur et evis- ‘€ timamus nihil quidquam impedire quominus “ doctrina, antiquitate veneranda, sæculis “ consolidata, dilatata tempore, sublimata pie- “late, cuttu publico firmata, signis et porten- ‘6 {is magniffcata, nec jam reclamante scientia “€ juæta strictiores orthodoviæ recgulas proce- ‘€ dente veluti catholicæ Ecclesiæ doctrina defi- “ miatur. Sententiam nostram supremo judi- “ cio Sanctilatis Vestræ humiliter subjicimus.”

(1) ‘ Faut-il bonucoup de délibération y agir ot «6 8

porter une décision dans une cause d’une grande im- ‘ portance, qui ne peut-être éclairée qu'en pénétrant “ profondément dans les secrets los plus intimes de la ‘© révélation."

ns DS

—4# Quod scripsimus luo infallibili judicio submiltimus.?? (1)

Seplième fait, C’est que l’univers cätholique est admirablement disposé à recevoir le dogme de l’Immaculée Conception, s’il est défini par le Saint-Siége. :

“ Gaudebit, exultabit, jubilabit ÆEcclesia 4 Universa, cum splendidissimum hoc Diadema Sanctilas Vestra imposuerit fronti purissimæ Virginis, quæ tanta majestate splendet ‘in cœlis et tanta potestate regnat in terris.” ‘ Beatissime Pater, vide ne concitata Catholi- ‘€ corum desideria diutius retardentur.”? (2)

(1) ‘ Rien ne paraît smpècher que l'on propose de “ croire d’une foi explicite ce qui a toujours été renfermé “ dans la foi implicite, lorsque la lumièro de la vérité “s’est répandue d’une manière plus parfaite dans le ‘* monde.” Comme témoins de la Tradition, que l’on ‘a constamment cru dans notre Eglise que la Conception ‘" de la Bicnheureuse Vierge Marie a été absolument ‘© immaculée, et entièrement exempte de toute tache de ‘ In faute originelle. Notre pensée et notre conviction ‘* comine Docteur est que rien n’empèêche aucunement “ qu'une doctrine, vénérable par son antiquité, affermie ‘ par los siècles, étendue par sa durée, célébrée par ln ‘! piété, confirmée par le culte public, illustrée par des ‘* merveilles et des prodiges, sans que la science appuyée ‘* sur los règles les plus strictes de l’orthodoxie dit jamais ‘* réclamée, ne soit définie comme doctrine de l'Eglise “ catholique. Nous assujétissons humblement notre sen- ‘{ tenco au jugement suprôme de Votre Sninteté.”?

‘: Nous soumettons co que nous ivons écrit votre jugement infailliblo.”

(2) ‘ L'Eglise Universelle trossnillern, se réjouira, sera ‘ dans l’allégresse, lorsque Votre Sainteté aura déposé, sur le front de la Vierge très-püre ce splendide diadè- ‘me, qui complètera la gloire dont elle brille dans le ciel

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écrit à votre

ve réjouira, sera lé aura déposé, lendide dindèille dans le ciel

Huiluime fait. Le sentimeut intime du bien qui va résulter de la définition dogmatique de l’Immacnlée Conception de la glorieuse Mère de Dieu.

“ Declaratione ista lætabitur Ecctesia Sane- ‘€ torum, et [la que mites facit et custos, Sanclitatè Vestræ iter parabittutum, fundans nos in pace.—* (iaudium magnum erit in Cælo el interra.”—<* Multa gratiorum charismata ‘€ de Excelso :jjundentur.”? “ Prestantissi- “ mum D » auvilium, pax super populo “ christian... 4 Virgo Immaculata consilium ‘in dubiis, scutum in angustiis.”—« Exal- “ telur Ecclesin, cesset procella.”? (1).

Après avoir constaté tous ces faits si glorieux à Plmmaculée Vierge Marie, l’Episcopat entier se rosterne humblement devant le Vicaire de J. C., aise avec respect ses pieds sacrés, et implore ses bénédictions, pour lui, le clergé et tout le peuple.

‘ Anle Apostolicum thronum genuflexi, Pe- “ dum calceamenta huniliter de osculantes,

‘et la puissance incomparable dont elle jouit sur la ‘* terre./”"—"* Très-Saint Père, no tardez pas davantage à combler les vœux impatients des catholiques.”

(1) ‘ L'Eglise dos Saints so rejouirn de cetto déclnration et celle qui ost le trésor de la douceur et de 1n chasteté, assurora les voies de Votre Sainteté, et nous afformira dans ln paix" 11 y aura une grande joie dans le Ciel et sur la terro/” ‘ Los grâces les plus abondantes découleront d'en Haut" Mario le secours insigne des chrétiens ost pour one la gouves dela “paix,” # Lun Vierge Immneulée est lour conseil dans leur doute, et leur bouclier dans les dangers." Que l'Eglise soit exaltéo, ot que la tempête soit apaieée."

& Apostolicam Benedictionem imploramus super 6 nos et Clerum nostrum el universum gregem ‘6 commissum nobis.”?

Müaintenant en présence de tout ces faits si s0lennels, si publics, on est à se demander si, dans aucun des siècles passés, le Siége Apostolique s’est vu entouré d’un Episcopat si dévoué, si respectueux, si soumis. Cet état moral du corps Épiscopal ne ferait-il pas espérer en un meilleur avenir ?

Car l’Episcopat est évidemment le tronc de l’arbre de la religion, qui communique sa sève sacrée à toutes les branches qui lui sont unies. Mais ce trouc se remplit d’une sève d’autant plus vigoureuse qu’il est mieux enraciné en une bonne terre. Or Rome est le «ol natal de la Religion ; et tout arbre qui y a toutes ses racines produira de bons fruits, et en abondance.

Mais comment s’est terminée cette cause si rande et pendante depuis tant de siècles ? Par e jugement qui suit :

“ Definimus Doctrinam quæ tenet Beatissi-

mam Virginem Mariam in primo instanti

suæ Conceptionis fuisse.….. ab omni originalis culpæ labe præservatam immunem, esse à Deo revelatam, atque idcirco ab omnibus fidelibus firmiter constanterque creden-

dum.”” (1)

Ainsi: Roma locuta est, causa finita est.

Et que s’en suivra-t-il ? Toute intelligence se courbera pour recevoir ce dogme sacré, ut fiat unum ovile et unus Pastor, sous la protection de

(1) Voir la conclusion de la lettre Encyclique oi-après.

oramus super rsum gregem

ces faits si s0demander si, Siége Apostopat si dévoué, stat moral du espérer en un

it le tronc de nique sa sève ui sont unies.

> d’autant plus iciné en une atal de la Res ses racines ndance.

cette cause 81 siècles ? Par

enet Beatissirimo instanti » omni origin immunem, “irco ab omnierque creden-

nita est.

intelligence se sacré, ut fiat

“ntasst

a | à proieciign ue

syclique ci-après.

celle qui cunctos semper interemit hæreses.

Nam evaltata, quod quærit invenit, ac frustrari non potest.

L'univers catholique accepte et c’oit, de tout son Cœur, ce décret dogmatique, défini par le

. e seul. Donc il croit que le Pape est infaillible.

+ 16. Ev. DE MonrnéaL.

Rome, le 3 mars 1855.

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