LE
hien-oimée.
füt de nouveau examinée, avec toute l’attention possible et dans le plus grand détail.
En conséquence, il établit, après son retour à Rome, une commission spéciale, formée de quelques-uns des mêmes théologiens, et à la tête de laquelle il plaça le Cardinal Raphaël Fornari de douce mémoire. Cette commission spéciale s’appliqua à remplir, avec soin et diligence, le devoir qui lui était imposé, en tenant plusieurs sessions, chez le dit Cardinal, pendant les années 1852 et 1853.
Car elle examina, avec l’attention la plus sérieuse, toutes les preuves déduites des témoignages de Ecriture, de la Tradition, des Pères, des Ecrivains Ecclésiastiques et de la Liturgie sacrée : lesquelles montrent que la Conception de ta Vierge Mère de Dieu a été /mmaculée, et donnent la solution de toutes les difficultés et objections que l’on pourrait y faire.
Toutes ces autorités ainsi recueillies avec tant de soin firent la matière d’un ouvrage, que l’on appela Somme : ouvrage qui fut, d’un consentement unanime, pleinement approuvé par le même Cardinal Président et par tous les théologiens de cette Commission Spéciale. I y est montré à l’évidence que l’Immaculée Conception de la Mère de Dieu pouvait se définir ; et qu’il élait opportun de le faire.
Le Souverain Pontife ordonna que cette Somme fût soumise à l’examen de tous les théologiens consulteurs, lesquels, dans une Assemblée, tenue chez le dit Cardinal, à cette fin, approuvèrent la
us ln.
même DOTIÈTILE »
On demanda aussi l’opinion de la Congrégation
particulière des Cardinaux qui, s’étant réunis en assemblée, au nombre de dix huit, et ayant examiné toutes choses, avec le plus grand soin, pensérent, auns leur sagesse, que l’Immaculée onception de la Mère de Dieu pouvait se définir ; et qu’il était opportun de Le faire.
Pendant ce temps-là, les réponses des Evêques arrivaient, les unes après les autres, suivant la distance des lieux. On les recueillit et imprima, par l’ordre du Souverain Pontife, Les premières arrivées étaient au nombre de (603) six centtrois, et formèrant neuf volumes in-do avec un appendice. Un second appendice fit imprimé, pour publier cinquante-cinq autres lettres, arrivées trop tard pour paraître avec les premières. Ce qui fit en tout une collection de six cent cinuante-huit lettres, écrites par des Cardinaux, rchevêques et Evêques, au Souverain Pontife, en réponse à son Encyclique du 2 février 1849. Dans cette même collection se trouvent des mandements d’Evêques, des Lettres de Chapitres, Abbés, Généraux d’Ordre, en forme de dissertation sur ce sujet. A ces neuf volumes et deux äppendices a été ajouté un dixième volume, qui renferme des discours et traités des Pères et an= ciens auteurs qui sont d’un grand intérêt pour la question. Le tître de cet ouvrage est: Parert sulla Definizione Dogmatica De l’Immaculati Concepimente Della B. Vergine Maria Rapignali Alla santita di Pio IX, P, M. In occasione Della sua Enciclica data da Gaita il2 Febbraio Dans le dépouillement et examen que l’on fit “es six cent trois jeitres, arrivées en premier lieu,
s’étant réunis en ix huit, et ayant e plus grand soin, que l’Immaculée à pouvail se dée le fuire.
nses des Evêques autres, suivant la eillit et imprima, . Les premières > (603) six cent- 8 in-40 avec un lice fit imprimé, tres lettres, arriec les premières.
de six cent cindes Cardinaux, uverain Pontife, 2 février 1849,
se trouvent des tres de Chapitres, rme de dissertaolumes et deux me volume, qui des Pères et anl'intérêt pour la ve est: Pareri le l’Immaculati Muria Rapig- M. In occasione ta 2 Febbraio
men que l’on fit en premier lieu,
On Constata que cinq cent quarante-six Evêques ne faisaient pas seulement profession, avec leur
clergé et leur peuple, d’une singulière dévotion envers l’Immaculée Conception de la B. Vierge, mais encore qu’ils adressaient de ferventes et instantes prières au Souverain Pontife, pour qu’il voulût bien definir au plus tôt l’Immaculée Cona de cette B. Vierge, par l’autorité du Saint- Siêge, et par son suprême jugement.
Les quarante-six autres Evêques émirent des
Opinions différentes les unes 1 autres. Car
uatre Ou cinq étaient opposés à une définition æ foi ; mais en-même-temps 1ls témoignaient de leur piété et de ceile de leur peuple envers la Conception de la Mère de Dieu, et protestaient en termes très-clairs, qu’ils recevraient, avec vénération, et croiraient de cœur tout ce qui serait jugé par le Saint-Siége devoir être défini.
Les autres étaient bien pour une définition de foi, mais ils variaient sur le temps et la manière de la donner, Car quelques-uns, à raison de la circonstance des lieux qu’ils habitaient, craigonn que l’on donnât, par cette définition, aux
éritiques et aux incrédules, un prétexte de calomnier l’Eglise, en l’accusant de faire de nouveaux dogmes de foi, D’autres étaient d'opinion que cette définition devait se faire d’une manière indirecte, et sans aucunes censures, de crainte que les partisans d’une Opinion contraire ne fussent ualifiés de la note d’hérétiques.
Enfin d’autres s’abstenaient d'émettre aucune Opinion, Tous ces quarante-six Evêques témoignent aussi de leur singulière dévotion, et de celle de leur peuple, envers l’Immaculée Concep-
Es
tion de la Mère de Dieu, et déclarent qu’ils accueilleront avec la plus religieuse obéissance, tout ce que le Sant-Siége jugera à propos de décréter.
Pour ce qui est des cinquante-cinq lettres d’Evêques, imprimées dans le second appendice, elles n’ont pu servir, dans l’examen de cette grande question, parce qu’elles sont arrivées trop tard. Mais il est facile de se convaincre, en jetant un coup d’œil sur cet appendice, que c’est le même esprit qui les a dictées, Environ cinq de cès Evêques n’osent émettre une opinion sur Papportunité de faire un décret dogmatique de la doctrine de l’Immaculée Conception. Mais ils y croient fermement, et sont tout disposés à se soumettre au jugement du Saint-Siège.
Cependant le Souverain Pontife, qui prévoyait bien, dans sa sagesse ordinaire, qu’il lui faudrait en venir à une conclusion, fit faire un projet de Lettres Apostoliques, qu’il soumit à l’examen des théologiens consulteurs, et après avoir entendu leurs opinions, il établit une Congrégation particuhière, pour s’enquérir de ce projet, avec toute la maturité que réquérait une question sigrave. Le projet de Bulle ayant été soigncusement examiné par cette Congrégation et de nouveau soumis aux théologiens consulteurs, il fut par eux approuvé, Le même projet fut ensuite plusieurs fois soumis à l’examen de quelques Cardinaux, qui approuvérent.
Enfin ce même projet fut discuté, dans trois Congrégations, par les Evéques, invités par le Saint Père, à lu fête de l’Immaculée Conception, Tous furent invités, par le Cardinal P-ésident, à
nt qu’ils acobéissance, ropos de dé-
cinq lettres d appendice, T1 de cette arrivées trop ivaincre, et *e, que c’est riron cinq de opinion sur atique de la . Maisilsy sés à S@ sOU-
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os 4 vu
faire, de vive voix, leurs observations sur ce projet de Bulle, et à formuler leur opinion, par écrit, à la marge de l’exemplaire de ce projet de Bulle; communiqué à chacun d'eux avec la recommandation du secret Papal, et l’ordre de remettre au Secrétaire de la Congrégation, ce pro- Jet avec ses notes sur icelui: ce qui fut fait à la fin de la dernière Congrégation.
Les observations faites par les Evéques furent prises en considération, et après un sérieux examen de tous ces dires et faits, il y eut une Congrégation Générale des Cardinaux dans laquelle le Souverain Pontife exposu tout ce qui avait été fait, sur la question si grave de l’Immaculée Conception ; et suivant les régles ordinaires, il leur demanda leur avis :
Placet-ne igitur vobis ut dogmaticuin de Immaculala Beatissimæ Virginis Mariæ Conceptione proferamus Decretum ?
Habitis omnibus sufragits Pontifex hac ad- Jjecit : Venerahiles F'ratres, sumina certe afi- ‘€ cimur jucunditate cum vestra suffragia Nos- “ tris volis respondere videamnus. Itaque jam ‘€ nunc diem octavuim hujus mensis decembris, “ quo de gloriosissimæ Virginis Conceptione “ festum ab universa Ecclesia concelebratur ‘€ indicimus pre emittendo ac vulgando hoc De- ‘“ creto, atque id solemni ritu el pompa in “ Patriarchali Nostra Vaticana Basilica pe- ‘ ragenus, ? (2).
(2). Vous plaît-il que nous prononcions un Décret Dogmatique sur ifminüeuiée Concepiion de ja Hienheureuse Viergo Mario ?
Tous los suffrages ayant été donnés, le Souverain Pon-
C'était le ler décembre 1854, que le Souverain Pontife, à la tête de tont le sacré collége, prenait une si grande résolution, et prononçait ces mémorables paroles. Aussi ce jour doit-fl être considéré, comme un jour de grand et doux souvenir pour l’Eglise, puisqu'il a été comme le jour avant-coureur de celui qui vit couronner l’Auguste Vierge de l’auréole la plus chère à son cœur.
Ce court Précis suffit, pour bien faire comprendre avec quelle sagesse et maturité le Souvens Pontife a procédé dans cette grande affaire.
n en conclut facilement et nécessairement que l'Esprit de Dieu, qui est là où il y a beaucoup de conseil, a sans aucun doute dirigé toutes les choses, dans cette question qui, considérée sous tous rapports, présente un si vif intérêt pour le Catholicisme. Rien n’a été épargné pour arriver enfin à un terme si heureux pour l’Église et si glorieux pour l’Auguste Vierge,
Il faut maintenant, pour achever de se former une juste idée de la grande cause de l’Immaculée Conception, qui a si vivement occupé l’univers pendant tant de siècles, et qui vient enfin de se décider, pour la plus grande gloire de Dieu et le plus grand bien de la religion, jeter un coup-
tife, ajouta :—Vénérables Frères, Nous ressentons une grande joie en voyant vos suffrages s’accorder avec nos vœux. Ainsi dès à présent nous désignons, le huitième jour de ce mois de décembre où toute l'Eglise célèbre la Conception de la Très-Glorieuse Vierge, pour prononcer et publier ce décret, ce que nous ferons avec des cérémonies soiennelies et avec pompe dans notre basilique patriarchale du Vatican.
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d’œil sur le recueil des Lettres des Evêques, dont on vient de parler des faits de la plus haute importance, relativement à cette grande question, y Sont constatés. L’on va en noter quelques-: uns par de courts extraits, tirés ça et là de ces diverses lettres.
Premier fait. Admirable intimité entre la tête et les membres de la Sainte Eglise, dars ja cause de l’Immaculée Conception de la B.
Vierge Marie.
Avant de prononcer un jugement définitif, qui doit avoir tant de résultats, le Souverain Pontife demande l’avis des Evêques et les prières des fidèles du monde entier, Car le but de Encyclique du 2 février 1849, est :
“ Ul quamprimum clare aperleque suis lit- “ teris Significarent (Episcopi) que esset suorum fidelium erga Immaculatum Dei Matris ‘€ Conceplum pietas, et quid ipsi potissimum ° Emscopi de eodem Conceptu sentirent, quidve ‘© evoplarent, publicis etiam adhibitis ad Deum “ precibus, ul sancti sui spiritüs lumen pro- “ pilius largiri vellet.>? (1)
oilà un appel bien solennel. Le cœur du père commun s’épanche dans le sein de sa grande lamille avec une douce aflection. C’est pour
avoir les lumières de lEpiscopat et les vœux de
(1) Qu'au plus tôtils (les Evêques) signifiassent quelle était In dévotion de leurs fidèles envers l’Immaculée Conception de la Mère de Diou, et surtout co qu'eux-mêmes (les Evêques) pensaient, ou ce qu'ils désiraient touchant cette même conception, ayant sofn aussi d'adresser à Dieu des prières publiques afin qu'il voulût bien dans sn misé. ricorde accorder les lumières de son Saint-Esprit.
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lPEglise. Il y a là quelque chose de divin, qui se sent et ne se peut dire.
Second fait. L’Encyclique du Souverain Pontife est reçue partout avec respect ; et conformément à ses désirs, toute l’Eglise se met en
rières :
« Latteras Tuas summa veneratione, amore «4 et reverantia accepimus.”? (1)
Telest letriple sentiment de l’unanimité de l’E-
iscopat Catholique, en accusant la reception de Encroiique Apostolique. On Île retrouve sans ine, quoique exprimé en différents termes, ns les six cent cinquante-huit lettres, qui forment la précieuse collection, mentionnée cidessus. Cette profonde venération de l’Episcopat ur le chef suprême de lEglise n’a pu avoir que heureux résultats sur l’esprit et le cœur des fidèles. Il en est résulté un élan de prières difficile à décrire.
Deus Pater luminum dignetur illuminare & Sanclitatem Vestram in re tanti momenti, ip- « sumque deprecamur humillime atque fer- « venter ut eum custodiat ab inimicis suis, : jidem catholicam augeat, et ut incolumem et : salvam restituat quantocius Vestram Per- &: sonam in Civitatem et plenum usum Imperi & Sedis Apostolicæ, tandemque fausta omnia & desideramus.”’—"Pyreces vero illas (Jubilei) “ut frequentiorr concursu fidelium, pompa “& splendidiori, necnon majori pielate ferverent, cumin Mensem Marianum transtulerimus,
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(1) Nous avons reçu votre lettre Jincyclique avoc ia An profonde vénération, avec amour eb respoct pour le aint-Biége.
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r tlluminare momenti, 1pe atque fernimicis suis, incolumem et estram Perusum Imperii ausla omnia las (Jubilei) um, pompa ate ferverent, insltulerimus,
velique nvoc ia , respoct pour le
En He pa.
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“ delusi non fuit spes nostra ; quotidianis “ enim oralionibus, votis, hymnis, floribus, € luminaribusque altaria Beatæ Mariæ cer- ‘6 tatim ambiuntur.”? (1)
Troisième fait. L’univers catholique se trouvait tout pee aré à recevoir avec une foi toute joyeuse, le dogme de l’Immaculée Conception.
Ce fait est une preuve éclatante, en faveur du zèle de toutes les Eglises du monde à nourrir la piété des fidèles par ce beau privilége accordé à Marie :
‘“ Jam clerus intimopietatis et religionts ‘ sensu nedum paratus est excipere, sed ardenti ‘6 eliam desiderio efflagitat, immo vero maximo ‘ devotionts æstu erpectat ultimum et irrefra- “ gabile Sedis Apostolice judicium, quo prælaw- “datum sanctissimæ Virginis Decus inter fidei ‘6 articulos, tandem aliquando recenseatur (2).
(1) Que le Dieu Père des lumières daigne éclairer Votre Sainteté dans une occasion si importante, et Nous le supplions très-humblement et avec ferveur, de protéger Votre Sainteté contro ses ennemis, d'augmenter la foi catholique, et qu’au plus tôt il ramène votre personne saine et sauve, dans la ville, (de Rome) et rétablisse le libre exercice du gouvernement du Saint-Siége, et enfin Nous souhaitons tout ce qu’il y a de plushoureux. Notre espérance n’a pas été trompée, lorsque nous avons placé ces pen (du Jubilé) dans le mois de Marie, afin qu’elles üussent accompagnées d’un plus nombreux concours deg fidèles, d’une pompe plus brillante, et d’une plus grande piété ; car les autelsde la Bienheureuse Mario sont tous les jours et de toutes parts entourés de prières, de vœux, d'hymmes, de fleurs et de lumières.
(2) Déjà le clergé est non-seulement nrât À recevoir avec un sentiment profond de piété et de religion le jugement suprême et irréfragable du Siége Apostolique par