SI
L’origine de la fête.ne remonte pas bien haut. Le premier monument que nousen ayons ne va guère au delà de la fin du onzième siècle ; mais on ne pourrait rien conclare de ce peu d’antiquité contre le glorieux privilége de Marie ; car, bien an PEglise ne i’ait pas toujours célébré par une ête particulière et sulennelle, cette croyance n’en existe pas moins de la manière la plus éclatante dans toute la tradition, depuis les temps apostoliques jusqu'aux âges où commence l’histoire moderne.
Qu’importe d’tilleurs qu’elle soit nouvelle ou ancienne, dironstoas avec un pieux prélat, parlant d’une autre précieuse dévotion qui s’est instituée dans ces ‘derniers temps, ‘ qu’importe qu’elle soit nouvelle, si c’est le Saint-Siège, si c’est l’Eglise qu' l’approuve !.. Et poussera-t-on la témérité jusqu’à: dire que toute pratique qui n’est pas littéralement énoncée et textuellement connue dans l’antiquité est par là même une innovation condamnable ? Sans doute qu’on ne peut rien ôter ni rien ajouter à la foi, et que ce qui est faux dans un temps ne peut être vrai dans un autre ; mais qui ne sait aussi que, si les principes de l'Église ne peuvent changer, ses besoins peuvent varier, et que ce qui n’est pas nécessaire dans un siècle peut devenir très-bon et très-utile dans un autre 7... C’est ainsi que saint Bernard et saint Bonaventure se sont servis de termes inu-
2 re So roro et
AVant eux sur la dévotion à Marie, sans qu’ils aient été pour cela taxés d’ignorants et de novateurs... 2?
Oui, si le glorieux Mystère de PImmaculée Conception ne fut pas, dans les temps plus anciens, onoré dans des temples matériels, il l’était du
Moins, et de nombreux témaignages nous lattestent, dans les temples spirituels bien autrement excellents, c’est-à-dire dans les cœurs des idèles. L'introduction de 1a iéfe, quelle que soit Pépoque de son origine, n’est-e]le Pas elle-même une Erers de cette vérité ? On ne consacre as ête, et on n’introduit dans, le Culte public a ce qui a été récédemment cru et Pratiqué.
est la pensée de Bellarmin, lorsqu’il remarque que ce ne Peut-être que parce qe la plus grande Partie de l'Eglise cro ait pieusernent que la Con- Ception de la saint iorge a‘été €xempte de la tache du péché originel, qu’elle x établi! une fête Our Consacrer cette créance, Êt saint Bernard, ans sa fameuse lettre aux charoines de Lyon, qu’on a si souvent voulu invoquér contre cette vérité de foi, ne déclare-t-i] Pas “ qu’il ne doute point que la naissance de Marie ne soit Sainte, Puisque [a g )
en quelque manière, au moins à raison de Ja qualité si sainte à laquelle Dieu destinait Marie.