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DE L'ORIGINE DE L'IMPRIMERIE

certificats de correction pour certains livres dont [ le texte ne peut être altéré sans danger.

La France fut un des pays où l'importation de

l'Imprimerie fit les progrès les plus rapides. Voici 1 la liste des imprimeurs qui s'y établirent à la fin

du quinzième siècle :

i473. Buyer, à Lyon.

1477. ' ean ^ e Barre et de Morèjli, à Angers.

1 478. Pierre Lerouge , à Chablis.

i479» Joannes Teutonicus, à Toulouse.

1481. Pierre Schenck, à Vienne.

i483. Guillaume Lerouge , à Troyçs.

i484* Josse, à Rennes.

1486. Dupré et. Gérard, à Abbeville.

1487. Jean Comtel, à Besançon.

Guillaume Letalleur, à Rouen.

1490. Matthieu Vivan, à Orléans.

1/J91. Pierre Metlinger, à Dijon.

i493. # Michel Wenssler, à Clugni.

Étienne Larcher, à Nantes.

i495. Jean Berton , à Limoges.

ï/196. Tavernier, à Provins.

Lateron, à "fours.

*497' Lepe, à Avignon.

i5oo. Rosembach de Heidelberg, à Perpignan.

Au commencement du seizième siècle', Simon de Colin es et les Estienne donnèrent déjà des éditions estimées par la beauté de l'impression et

l par la pureté du texte. Dans le dix^- septième siècle , Louis xhi fonda l'imprimerie Royale , et en

F confia la direction au célèbre imprimeur Cramoisi :

l'art typographique fut encore perfectionné dans

ï/j CHAPITKE I.

le dix - huitième par les essais et les travaux des Anisson , des Barbou , des Pierres et des Didot. De nos jours , l'Imprimerie doit à l'un des membres de celte famille célébra , M. Firmin Didot , plusieurs découvertes très heureuses , parmi lesquelles on peut citer la stéréotypie , procédé dont on avait fait il y a cent ans des essais infructueux, et dont la réussite est , pour cet artiste habile , un titre de gloire non moins remarquable que tous les chefs-d'œuvre qui sortent de sep presses. M. Firmin Didot est.aussi l'inventeur des caractères cursifs imitant la continuité des traits de la plume , et des cartes typo-géographiques.

C'est à Robert Étienne de Paris que nous devons les magnifiques éditions des Bibles hébraïque et latine. François i er , qui l'honorait de sa bienveillance , et qui lui avait confié la direction de son imprimerie, le trouvant un jour occupé^ corriger une épreuve, ne voulut point l'interrompre, et attendit qu'il l'eût terminée. L'infortuné Louis xvi accordait une bienveillance particulière $ux artistes qui se livraient à cet art ; il leur donnait de justes récompenses, et plusieurs éditions célèbres sortirent des presses de son imprimerie du Louvre. Ce prince aimait à exécuter lui-même les opérations les plus difficiles de cet art (i). La protection constante accordée par nos rois aux imprimeurs de Paris , n'a point été imitée par les Sociétés savantes.

(i) Voyez l'ouvrage intitulé Maximes tirées de Télémaque , imprimé en 1766 par Louis Auguste , dauphin , pour la cour seulement. M. Cbarles Nodier, bibliothécaire de l'Arsenal , ef l'un de nos écrivains les plus distingués, possède

DE l'oMGJBK D£ L'IMPRIMERIE. l5

On n'a pas encore vu sie'ger à l'Académie des Sciences un seul des artistes habiles qui ont concouru aux progrès de cet art.

Nous terminerons ici cet exposé de l'invention de l'Imprimerie, pour ne point sortir du cercle qui nous est tracé. Nous ne pouvons citer tous les artistes français qui, par d'utiles inventions ou par d'heureuses innovations , ont le plus illustré l'Imprimerie; nous nous bornerons à rappeler les travaux de MM. Didot, Crapelet, Herhan, Pinard, Rignobx, Fournier, etc., etc., qui ont reculé les bornes de l'art , et $ont les noms sont déjà proclamés par la reconnaissance publique.

l'exemplaire de cet ouvrage imprimé par Louis xvi , et conservé par M. ie La Vauguyon. Ce petit volume a été réimprimé en 1824, et dédié- à S. A. R. Madame la Daupliinc , par M. Royez.

l6 CHAPITRE II.

NOTIONS GÉNÉRALES

Une imprimerie est composée de caractères et de presses avec les ustensiles qui leur conviennent* Il faut d'abord connaître les différens caractères qui sont en usage pour l'impression.

Les caractères sont des pièces de métal fondu , ordinairement composé de plomb et de régule d'antimoine (seize parties de plomb et une d'antimoine ) , et quelquefois de cuivre , afin d'obtenir une matière plus dure et plus résistante à l'action de la presse. La superficie de Tune des extrémités présente le relief d'une lettre de l'alphabet ou tout autre signe gravé en sens contraire à celui qu'il offre sur la feuille imprimée. Ces parallélipèdes supposés debout , ont les trois dimensions géométriques , la longueur , la largeur et la profondeur, que l'on nomme en imprimerie, corps, épaisseur et hauteur.

Le corps est la distance qui se trouve 'dans l'intervalle pris entre deux lignes depuis le dessus des lettres de la première ligne, jusqu'au dessus des lettres de la seconde ; celles qtytont tète ou queue , comme le d et le p occupent les deux tiers du corps , les autres seulement un tiers : le blanc qui reste se partage également en dessus et en dessous.

L'épaisseur est la différence entre les lettres minces et celles qui le sont moins. La hauteur est

NOTIONS GENERALES. 1

la distance prise du pied de la lettre jusqu'à l'œil.

Les noms primitifs des caractères d'imprimerie étaient purement conventionnels. Ces dénominations sont encore en usage; toutefois un artiste habile a imaginé de les désigner par le nombre de points que comporte leur corps; et pour y parvenir, il s'est servi d'une mesure commune qu'il a appelée point typographique 9 et qui est la sixième partie d'une ligne.

lues fonderies ne s'étant point toutes assujetties . à cette nouvelle mesure, ni sous le rapport de l'œil ni sous celui de la force du corps elle-même, il en résulte une diversité marquée entre les caractères de même degré , qui ne sont pas semblables dans toutes les imprimeries. Nous croyons toutefois devoir donner ici des exemples des espèces de caractères les plus connues , avec l'ancienne nomenclature et le nombre de points qui constitue leurs nouvelles dénominations.

4 = Perle.

5 '= Parisienne ou Sédanoise.

6 = Tïompareille.

rj = Mignonne.

7Î= Petit-Texte.

8 = Gaillarde.

g == Petit-Romain.

10 s= Philosophie.

11 = Cicér<*

13 ou l3 = Saint- Augustin.

14 t= Giys-Texte.

l6 =• Gros-Romain.

l8 CHAPITRE II.

Petit-Parangon.

Gros-Parangon.

Palestine.

Petit-Canon.

Trismégiste.

Gros-Canon.

Double-Canon.

Triple-Canon.

Grosse-Nompareille.

. On appelle caractère romain celui dont la forme est le plus généralement usitée. Vers la fin du quinzième siècle, un imprimeur de Rome substitua les formes de ce caractère à celles du gothique. Le caractère italique est penché comme l'écriture ; il doit être fondu sur le même corps que le caractère romain auquel il correspond. On l'emploie pour les expressions ou les pensées sur lesquelles on veut fixer l'attention des lecteurs. .

Les caractères d'écriture tels que la coulée , la bâtarde , la gothique, la ronde et l'anglaise se rapprochent des formes de l'italique. La cursive était un caractère qui imitait l'écriture , niais qui n'admettait point la liaison des lettres entre elles. M. Firmin Didot , qui n'a pas rendu moin^ de services à la typographie comme graveur que comme fondeur, a le premier réussi à effectuer la réunion d'une lettre terminée nar un délié avec la suivante , lorsque celle-ci commençait de même. Cette liaison des lettres, qui avait été long-temps cherchée en vain par les fondeurs, «est en effet le

signe caractéristique de récriture expédie%.

NOTIONS GENERALES

Le cran est une marque que porte la lettre pour indiquer au compositeur le sens dans lequel il doit la tourner quand il la place dans le composteur. C'est une petite entaille pratiquée prés du pied de la lettre , et opérée par une partie saillante placée dans le moule où elle se fond. On peut placer deux et trois crans, sur chaque lettre pour différencier les fontes entre elles.

Il y a dans chaque caractère trois espèces de lettres : celles du bas de casse, les grandes capitales et les petites capitales.

Les lettres du bas de casse sont les lettres ordinaires, 'celles qui servent au texte d'un ouvrage quelconque, et celles, par conséquent, dont l'usage t est le plus fréquent. Il se trouve dans le bas de casse quelques lettres doubles, telles que \efi et \ef l que les fondeurs ont conservées ; les diphtongues œ y œ et le w.

Les grandes capitales ou majuscules excèdent de prés de moitié le corps de la lettre ; elles suivent son alignement par le bas , et par le haut celui du prolongement supérieur.

Les petites capitales ou minuscules ont la forme des grandes capitales et presque la grosseur des lettres du bas de casse. Les lettres supérieures ne servent que comme signes d'abréviation. Les plus usitées sont V; 1'°, Y r et l\

Les lettres de deux points ont la forme des. grandes capitales. Elles s'appellent ainsi parce qu'elles ont deux fois Ja force de corps des caractères ordinaires dont elles portent le nom. On en place une au commencement du volume , tome , chapitre , etc.

Les espaces sont de petites Urnes de même force

de corps que les caractères , de deux lignes moins hautes que la lettre , et de plusieurs degrés d'épaisseur ; elles servent, ainsi que leur nom l'indique , à séparer les mots , et à justifier les lignes. On a des espaces de toutes les proportions, suivant la k progression d'un demi-point , depuis celle d'un point jusqu'au demi-cadratin. Le compositeur ne doit pas affecter un cassetin à chaque sorte , mais il peut disposer pour cet usage , suivant la nature de la> composition , de tous ceux du bas de casse qui restent libres , en réservant à la sorte la plus courante le cassetin des espaces proprement dit.

Les cadrais sont aussi des espaces , mais plus larges. Ils servent à achever les lignes où la lettre ne remplit pas la justification ; à faire des lignes de pied et de blanc etc.

Le cadratin est un cadrât dont l'épaisseur est égale à sa force de corps. Le demi-cadratin a pour épaisseur la moitié de sa force de corps.

En fonderie on nomme le blanc la réunion du poids des cadrats , cadratins , demi - cadcatins et espaces que l'on veut avoir sur une fonte.

La casse est une boîte à compartimens servant a contenir les lettres employées dans la composition • elle est formée de deux parties , l'une supérieure et l'autre inférieure : c'est june espèce de long tiroir de bois divisé par des, lattes mises de champ r en plusieurs compartimens nommés cassetins , et destinés à recevoir la lettre. On pose les casses deux ou trois à côté l'une de l'autre sur des tréteaux en forme de pupitre.

La capacité des casselins est en raison de Tenvploi . des lettres auxquelles r ils sont destinés^, et

NOTIONS GENERALES

J échelle de proportion établie pour la fonte des caractères , peut servir de guide pour la disposition de la casse.

La proportion est déterminée , non par la dimension des cassetins , mais par l'épaisseur des lettres qu'ils contiennent ; et des cassetins égaux quant à l'espace peuvent différer quant au contenu. Voici le relevé des quantités de lettres que peut recevoir chacun d'eux, en prenant pour exemple dans cette opération le caractère cicéro , dont la force de corps tient le milieu entre celle dés autres, caractères. Ce relevé n'est fait que j>our le bas de casse, dont les lettres sont d'un usage plus commun , et qu'il importe par conséquent de mieux connaître.

a5o 55o 11 10 a5o a5o i5o 5oo 35o

65o 3oo 25o i5o i5o

Les signes employés dans les ouvrages de mathématiques sont trop nombreux pour trouver place dans une casse ordinaire. On les disp dans un casseau particulier que l'on garde dans les réserves de l'imprimerie. Lorsque l'ouvrage en composition l'exige , on les place dans les cassetins les moins usuels.

Le haut de casse se compose de quatre-vingtdix-huit casse tins égaux , savoir : quatorze sur la base , et sept sur la hauteur. Les grandes capitales commencent au premier cassetin à gauche de la rangée supérieure , et continuent par ordre alphabétique jusqu'au septième , après lequel elles reprennent à la seconde rangée , et ainsi de suite jusqu'à la fin de l'alphabet. Le haut de casse est dmsé perpendiculairement en deux parties égales et Béunies. Celle qui est à la droite de l'ouvrier renferme les petites capitales. Le complément de 1 une et de l'autre partie contient les lettres accentuées et autres signes d'un usage peu fréquent.

Dans le bas de casse la distribution des cassetins a été combinée de telle sorte que la proximité ou l'éloignement de chacune fussent proportionnés à la nécessité d'y recourir plus ou moins fréquemment. La première connaissance typographique à acquérir par l'apprenti, est celle des casses, rayez , planche I , à la fin de cet ouvrage , les modèles les plus généralement adoptés dans les imprimeries de Paris.

La police d'un caractère est la liste de toutes es lettres qui composent la casse, avec l'indication de la quantité respective de chaque sorte de le très pour un poids général déterminé. La police

modifiée J nl° f ? nde ° r ' maî8 e,le *«* *** moditiee par 1 imprimeur suivant la destination

qu il veut donner au caractère qu'il commande.

Le nombre de sortes n'est pas le même si l'on

veut-composer du latin , de l'anglais ou de l'ita-

*«n , etc. Il varie même si l'on compose des vers

ou de la prose, des auteurs anciens ou modernes

NOTIONS GENERALES. 'ï.\

Toutefois, en prenant le discours français pour base , nous donnerons pour exemple une police de 1 17,900 lettres.

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