PRESSES MECANIQUES
Avant l'introduction des machines dans les imprimeries de l'Angleterre , le travail de la presse offrait de très grandes difficultés, et était extrêmement fatigant; rarement une presse pouvait-elle fournir a l'heure cinq cent cinquante exemplaires (i) d'un journal, et encore ce petit nombre exigeait-il uu travail très pénible. Dans les imprimeries de journaux très répandus on était forcé de faire deux compositions , et même davantage , pour servir le public , et l'on mettait simultanément ces formes sous plusieurs presses , ce qui occasionnait un accroissement de dépenses pour la composition et pour le tirage. Cette dépense, pour un journal tiré à sept ou huit mille exemplaires , s'élevait souvent à deux mille livres sterling par an. Nos voisins d'outre-mer ont évité cette augmentation de frais par l'introduction des machines mues par la vapeur ou par la force des bras.
La première machine qui ait été employée à Londres, est due à deux Saxons nommés Kônig et Baur (a), en i8i4- Cette machine, ou une autre
(1) Ce nombre ne s'applique qu'aux journaux ; car, pour les labeurs , il se réduit à deux cent cinquante.
(2) Kônig (imprimeur) l'inventa ; et Baur fut chargé dfc son éxecution.
construite sur des principes analogues, et mue par la vapeur , sert actuellement à l'impression du Times. Les frais énormes occasionnés par rétablissement de machines a vapeur, en firent inventer d'autres qui marchent a bras ; elles ont donné lieu à beaucoup de reproches sous le rapport de la fatigue causée par le mouvement à imprimer à la roue , et de la destruction du caractère. Nous devons toutefois reconnaître que M. Miller, demeurant dans Flect sireet , à Londres , est parvenu , après une dépense de plusieurs milliers de livres sterling, et les recherches les plus persévérantes à créer une machine capable de tirer deux mille à l'heure > qui ne présente aucun danger , et ne cause qu'une fatigue comparativement très légère aux hommes employés à la manœuvre , tandis que par la simplicité de la construction de la machine et la régularité du mouvement, la lettre ne s'use pas même aussi vite que sur les presses ordinaires. La machine représentée sous le n° 4 {voyez page 1 19 de cet ouvrage) se nomme single-machine ou machine simple ; on l'appelle ainsi , parce qu'elle ne tire qu'un seul côté de journal à la fois. Les machines à double cylindre , actuellement en , usage , sont si compliquées , elles sont tellement exposées a des accidens , que M. Miller a judicieusement restreint ses vues au perfectionnement des machines simples. Celles-ci ont le double avantage d'être à l'abri des reproches faits avec raison aux machines doubles , et de servir également au tirage des journaux ; .car peu importe que le côté de première d'un journal soit mis sous presse quelques heures avant le côté de seconde, il n'en résulte aucun inconvénient. Il est