‹ Manuel de l'imprimeurChapitre 42 sur 74 · DK LA PRESSE STANHOPE · texte numérisé non relu

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manche , il fait tourner par ce mouvement le faseau l , et par la liaison de celui-ci avec la verge h, la vis b tourne en même temps , et fait descendre la platine pour qu'elle puisse produire la pression. Mais ce n'est pas tout, car la puissance du levier A: «st communiquée* à la vis en raison proportionnée aux différens degrés de force que demande le tirage. Ainsi lorsque l'imprimeur saisit le barreau k , il se trouve dans un plan parallèle au châssis ou en travers de la presse , et le petit levier i , qui est placé par là dans un plan presque perpendiculaire , se trouve pour ainsi dire à angle droit avec- la verge de communication h ; mais le levier g de la vis fait un angle considérable avec la verge , qui agit ainsi sur un rayon plus court pour faire tourner la vis; parce que la puissance positive exercée par une action quelconque sur un levier ne peut être considérée comme agissant avec la longueur entière du levier entre ses centres, mais bien avec la distance, dans un tirage perpendiculaire à la ligne dans laquelle l'action est appliquée au centre du levier. Par conséquent, lorsque l'imprimeur saisit pour la première fois le manche k , le levier i agit dans toute sa longueur sur un levier ^ dont l'action est plus courte sur la vis / qui par suite , se trouve recevoir un mouvement beaucoup plus rapide que si le barreau y était immédiatement attaché. Mais, en continuant le tirage, la position des leviers change de telle sorte que la vis g acquiert un accroissement continuel dans sa longueur agissante , parce qu'elle prend une position plus perpendiculaire avec la verge de communication; et, au même instant, le levier i diminue de longueur

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agissante, en ce que, par l'obliquité du levier, la verge h s'approche du centre 7 et la distance perpendiculaire diminue. Le barreau ou manche prend alors une position plus favorable à l'action impulsive de l'ouvrier , parce qu'il tire presque a angle droit avec sa longueur, La combinaison de toutes ces causes produit l'effet le plus puissant pour • donner une immense pression sans perte de temps , parce que d'abord le levier agit avec une force croissante sur la vis, et fait descendre avec une . vitesse remarquable la platine sur le papier ; mais en même temps les leviers ont pris» une position susceptible de leur donner une action plus puissante l'un sur l'autre, et cette action continue à croître à mesure que le barreau est amené en avant jusqu'à ce que le levier i et la verge de communication forment presque une ligne droite , et alors la puissance eût immense et capable de produire toute la pression que les parties de la machine peuvent soutenir sans céder. Le manche est quelquefois amené jusqu'à une pièce d'arrêt qui l'empêche d'aller au-delà , et règle en conséquence le degré de pression nécessaire à l'ouvrage. Si l'on veut se procurer les moyens d'augmenter ou de diminuer cette pression pour les différentes espèces d'ouvrages à tirer, on peut changer de place la pièce d'arrêt , sans toutefois l'écarter trop. Quelques fabricans de presses à la Statihope ont conçu et adopté un. meilleur moyen. A l'extrémité de la verge de communication h , ils placent une vis qui sert de régulateur pour la raccourcir à volonté; ce qui s'opère en adaptant la cheville centrale qui la lie au levier g à une pièce saillante qui glisse

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dans une échancrure formée dans la verge. Ce raccourcissement de la Terge de communication permet à la platine de descendre plus on moins lorsque le manche est amené à son arrêt.

Les avantages des presses en fonte sont incontestables; elles épargnent à l'ouvrier beaucoup de fatigue et une grande perte de temps. Le premier de ces avantages naît de l'application des leviers , la puissance de la presse au moment de produire l'impression étant presque incalculable : cette puissance n'a pas pour résultat, comme dans toiles les autres puissances mécaniques , une perte de temps proportionnée , parce qu'elle ne se développe qu'au moment de la pression; elle n'a été jusque-là que ce qu'ellé devait être pour faire descendre la platine aussi promptement que possible. La grande puissance de la presse épargne un temps considérable, parce que la platine étant d'une largeur convenable, on peut d'un seul coup de barreau tirer la feuille entière. Dans les anciennes presses , la feuille ne se tirait qu'en deux coups , parce que la platine n'avait que la grandeur d'une demifeuille. Dans les presses à la Stanhopet toute la surface -reçoit à la fois l'impression , et l'ouvrier ne donne qu'un coup de barreau. Cet avantage est dû, non seulement aux leviers , mais au corps en fer de là presse qui ne la laisse jamais céder, comme cela arrive toujours dans les presses en bois ou d'ailleurs on se ménageait un jeu quelconque en remplissant le sommier d'en haut de substances élastiques , telles que le carton ou même le liège ; ce qui faisait perdre une grande partie de la force; car, dans une presse en bois , la pression est obtenue

en vissant ou en resserrant, les parties jusqu'à an certain point de tension , et c'est l'effort de la machine pour reprendre sa première position qui opère la pression : de cette manière le barreau fera un effort considérable pour retourner à sa place , effort qui , en retirant à l'ouvrier uue partie de la puissance qu'il a déployée sur la presse, n'est qu'une fatigue de plus, puisqu'il l'oblige à prolonger le tirage au-delà de la limite nécessaire. L'élasticité des presses en fonte étant presque nulle, on peut diminuer l'épaisseur des Manchets dans le tympan , et les réduire à une simple pièce de drap fin. JJe levier a pour ^ors très peu de tendance à revenir sur lui-même ; le tirage est d'une très grande facilité , et n'exige guère plus de force pour la dernière partie de sa manœuvre que pour la première. Enfin la presse a la Stanhope diflère tellement de celles dont on se servait ordinairement , que lprsqu'un imprimeur habitué à faire rouler les dernières y est employé pour la première fois , il n'éprouve aucunement cette réaction a laquelle il a été accoutumé, et jusqu'à ce qu'il ait vu la feuille imprimée 9 il peut à peine croire qu'il ait produit aucune impression sur le papier ; on le verra même pendant les premiers jours qui suivront son début sur une presse en fonte, ramener à lui, par habitude, le barreau de tout le poids de son corps, de manière à lui donner sur la pièce d'arrêt une secousse qui répondra vivement dans son bras : ce qui fait que la plupart des imprimeurs, après un travail de quelques jours sur une presse en fer, se décident à l'abandonner jamais une fois qu'ils ont contracte l'habitude de travailler plus droits et de n'employer

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que les forces indispensables , le travail du barreau devient moins fatigant même que celui de la manivelle , et les ouvriers accoutumes uniquement aux presses en fer , pourraient à peine manœuvrer les anciennes.

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