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ENCRE

L'encre d'imprimerie est composée de vernis et de noir de'fumée.

Le vernis se fait avec de l'huile de nfcix qu'on laisse réduire sur le feu jusqu'à ce qu'elle ait acquis une certaine épaisseur. Voici la manière de k fabriquer. * .

Ayez une marmite de fer ou de cuivre dont les anses soient saillantes par le haut avec m* cou-

NOTIONS GENERALES. &j

vercle qui ferme bien hermétiquement. Remplisses à moitié ce vase de l'huile que<vous voulez faire cuire, et mettez -le découvert sur un feu clair. Pour dégraisser l'huile, mettez-y, pour cinquante livres, une demi -livre de croûtes de pain très sèches, et six ou sept ognons que tous n'en retirerez que lorsqu'ils seront réduits^en charbon. Laissez l'huile cuire ainsi pendant environ deux heures , jusqu'à ce qu'elle soit prête à prendre feu* Quand elle s'enflamme, on couvre le vase et onl'ôte de dessus le feu : alors on le découvre pour laisser brûler l'huile ; on ne fait plus cuire ensuite qu'à un feu doux , et pendant environ trois heures.

Pour faire le noir de fumée , on bâtit au milieu d'une cour une espèce de tente que l'on tapisse intérieurement avec du papier, et qu'on ferme hermétiquement de tous côtés, en s'y réservant seulement une entrée.

On dépose au milieu de cette tente ton vase contenant de la poix-résine concassée , à laquelle on met le feu, et qu'qn laisse brûler en empêchant que la fumée ne sorte par aucune issue. Cette fumée s'attache aux parois de la tente. Lorsque la poix est consumée, on retire le vase qui la contenait; puis la tente étant refroidie , on frappe tout à l 'entour pour faire tomber le noir ; on le rainasse avec un balai , et on le lave dans un baquet pour le purger du gravier qui pourrait s'y trouver.

BALLES ET ROULBAUX.

Les bois de balle sonff en noyer ou eu hêtre. On le$ garnit de laine mère bien cardée , que Ton recouvre de cuirs. Les cuirs proviennent de*peaux

q8 chapitre ik

de mouton ou de chien ; ces derniers , de petite i espèce , sont les plus estimés. U n bon cuir doit avoir le grain fin , et n'être pas poreux ni trop gras.

Sous certains rapports, les rouleaux sont plus avantageux que les balles ; sous celui de la bonté du travail , les avis sont encore partagés : cependant on peut déjà juger que la couleur du tirage est généralement plus égale par l'emploi , plus facile , des rouleaux ; mais la vivacité de la couleur et une plus grande netteté sont des avantages qui restent encore aux balles.

Première Préparation, pour faire quatre Rouleaux.

Ayez trois marmites de différentes grandeurs. Mettez 10 liv. de colle façon concassée dans la moyenne des trois marmites. La colle façon et celle de Givet sont les meilleures. On peut se servir, faute d'autre, de la belle colle de Paris; mais elle est susceptible de s'amollir beaucoup dans les temps humides ; et pour lui donner de la consistance , il faut y ajouter de la résine à proportion de la quantité de colle , et mettre moins d'eau dans la préparation.

Versez de l'eau propre jusqu'à fleur de cette colle; ajoutez-y, si vous voulez , une petite poignée de sel ammoniac en poudre. La colle devra rester dans l'eau pendant vingt -quatre heures; il faut avoir soin , au bout de six heures , de la retourner.*

Deuxième Préparàtion.

Quand la colle a absorbV toute l'eau , faites un feu de charbon de bois ; plaçez-y la grande marmite, dans laquelle vous aurez mis assez d'eau pour

-NOTIONS GÉNÉRALES

que celle qui contient la colle puisse y entrer facilement et ait du repos sur son rebord, sans toucher par le fond ; de cette manière faites fondre doucement la colle au bain-marie. Vers la fin de la cuisson, il se forme dessus une écume qu'on enlève avec une écumoire, lorsque la dissolution totale en est faite. On reconnaît que la colle est suffisamment cuite quand l'écume paraît. Alors on retire les deux marmites de dessus le feu , en les laissant toujours Tune dans l'autre.

Mettez sur le fourneau la troisième marmite, cuns laquelle vous avez versé de la mélasse (9. liv. ei été, et 10 en hiver) que vous faites tiédir $ décmtez-la doucement, d'une main, dans la colle, et de l'autre remuez le tout , afin que l'amalgame s'opère complètement.

Quand toute la mélasse est versée , on remet l'amalgame sur le feu , et on l'y laisse pendant environ une demi - heure , en le remuant toujours. Retirez ensuite la marmite et laissez reposer la matière ; versez-y , si vous voulez , un petit verre d'eau-de-vie ou d'esprit dé vin , et remuez bien.

Si Von s'aperçoit que la composition soit trop liquide, on y ajoute gros comme une noix de*résine réduite en poudre, et on' la remue de nouveau ; ensuite on coule lentement la matière dans les moules qui ont dû être prépàrés à ceteffct.

Préparation du Moule.

Prenez Je pied du moule traversé par la tringle enduisez d'huile d'olive ou mieux de pied de bœuf /la rondelle en^plomb, avec un pinceau; mettez' un peu de .mastic à la cojlc autour de la

3o Chapitre h.

tringle , sur la rondelle en plomb ; placez le rouleau ; mettez du même mastic autour de la tringle , sur le rouleau placez la croix et le faux-rôuleau par -dessus; emboîtez dans son pied le moule, après Tavoir enduit d'huile à l'intérieur, avec l'éçouvillon ; mettez sur le faux-rouleau des rondelles en carton ou en chapeau ; le moule étant bien rempli , placez le recouvrement , et serrez le tout ensemble , afin que la matière ne puisse s'in-

Sa

empêcher la matière de sortir du moule , garnissez-en le pied avec de la terre glaise.

' Le mastic ôe fait avec du blanc d'Espagne écrasé et de la colle de farine. -Il sert à empêcher que la matière ne s'introduise entre la tringle et le rouleau.

La croix indique l'endroit où il faut couper le rouleau : le faux-rouleau sert à donner au rouleau la longueur qu'il doit avoir.

Quand on veut couler deux rouleaux à la fois dans le même moule, un moyen et un petit, il faut, en suivant l'opération ci-dessus , mettre deux croix : une entre les deux rouleaux , et l'autre pardessus, ensuite le faux-rouleau.

Laissez la matière au moins douze heures dans le moule ; et pour l'en retirer, ôtez la terre glaise qui entoure le pied du moule, le recouvrement et la tringle qui traverse le rouleau ; passez ensuite dans le noyau du rouleau une corde , au bout de laquelle est un gros nœud coulant $ accrochez ce nœud à un fort clou , et tirez perpendiculairement.

faites toujours sortir le rouleau par le bas du moule» »

NOTIONS GJB2fBBAZ.ES. 3l

Quand le rouleau est sorti du moule , et qu'où Ta coupé à sa longueur, on passe les deux bouts sur la flamme d'une bougie ; et la matière étant chaude, on l'unit avec le doigt légèrement imbibé d'huile ou de salive. Par cejnoyen , on empêche la matière de se détacher par les bouts. Quand il y a de petits défauts au rouleau, on use du même expédient.

Refonte des Rouleaux.

Avant de refondre les vieux rouleaux, il faut avoir grand soin de les laver à la lessive , afin d'ôter l'encre dont ils sont couverts. Tout corps gras quelconque détériorerait la matière , et lui ferait perdre son caustique. On fend avec un couteau la composition du haut en bas ; elle se détache aisément du bois; on là coupe ensuite par petits morceaux, pour qu'elle 'fonde plus facilement et avec moins de perte. Si la composition est trop dure , ajoutez-y un peu d'eau. Quand tout est fondu, il se forme dessus une écume jaune et épaisse qui annonce que la cuisson est bonne ; vous l'écumez et y ajoutez a livres de mélasse pour quatre rouleaux.

Quand on rèfond les vieux rouleaux , il convient d'ajouter de la nouvelle matière à l'ancienne, c'est-à-dire de la matière qui a subi la première opération. — Par exemple :

Avec 3 liv. de colle qui a subi la première opération , c'est-à-dire qui a resté vingt-quatre heures dans l'eau , et avec la matière de trois vieux rouleaux , en y ajoutant 5 liv. de mélasse , on fera quatre rouleaux. 4

f^es rouleaux refondus manquent quelquefois par les bouts \ pour prévenir cet accident , il sera

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à propos , avant de fondre , d'enduire le bois d'eaude- vie ou d'esprit de vin, à un pouœ et demi âr chaque bout, après avoir bien ratissé.

Quand on coule trop chaud , et qu'on a laissé trop d'écume, i} se forme de petites cavités sur les rouleaux , ce qu'il faut éviter.

Un bon rouleau doit avoir la pâte unie, ferme et élastique , d'un brun doré , et non 'trouée et noirâtre comme il s'en fait quelquefois.

En général , il est plus avantageux dé fondre les rouleaux un'peu fermes ; ils seront d'un meilleur usage , seront moins altérés par les variations de la température, et pourront être employés avec de l'encre forte.

Conservation des Rouleaux.

Pour conserver les rouleaux , il faut les enduire de vernis faible, et non d'huile, parce qu'elle s'introduit dans les petites cavités de la matière y et gâte l'encre. Quand ils sont mous , on les enduit d'essence de térébenthine , et on les ratisse quand on veut s'en servir ; quand ils sont secs , on passe ' autour une éponge légèrement humide', et on distribue sur la table , dans une maculât ure propre , jusqu'à ce que l'eau ait entièrement disparu. Il faut suspendre les rouleaux dans un lieu qui ne soit ni chaud ni humide.

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