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CHAPITRE PREMIER. — QUESTIONS PBÊLIMÏNAIRES. H

de tous les changeurs de Paris. 11 fut incendié en 1621 , et un èdit de 1659 autorisa les changeurs à le reconstruire à leurs frais avec permission d'y élaUlir Jeô maisons. Le travail ne fut achevé qu'en 1647, pendant la minorité de Louis XIV. Le pont au Change comprenait fiept arches en plein cintre, d'une ouverture variant de 10'°,64 à 15"',62 ; les maisons en furent détruites en 1786^ et le pont lui-même disparut en 1857 pour livrerpassage au boulevacd de SébastopoL

Le pont de la Tournelle, entre Tîle Saint-Louis et le quartier.de la Montagne- Sainte-Geneviève, fut construit en 1654. par le tprévôt des marchanda et les échefins, qui reçurent le droit d'y percevoir un péage de 2 deniars ipar ^personne, 6 deniers par homme à cheval et *12 deniers par chariot ou carjrosse. Û sul»si&te encore aujourd'hui, élargi par des arcs métalliques et réparé; il comprend âk arches en plein cintre, d'une ouverture comprise entre 17'°^48 et 15",55, ivec des piles d'une largeur démesurée. U est appelé à disparaître, car il gône beaucoup 'la navigation»

Le pont Royal reniplaçaun ancien .pont dci bais canstruit jBU face de la rue de Beaune, lequel avait lui-même remplacé le bac au moyen duquel on .traveFsaH jadis la Seine en cet endroit. En 1685, le roi Louis XiV résolut la construction du pont Royal, qui fut exécuté par Jacques Gabriel, sur les plans de Jules Hardouin Mansard et sous la direction du frère François Romain, religieux convers-profès de l'ordre de Saint-Dominique, qui venait d'achever la première arche du pont de Maestricht. Le poirt'Royal comprend cinq arches en plein cintre : celle du milieu a 23 mètres d'ouverture, les deux suivantes 22",60 et les extrêmes 20^,50 ; le pont est raccordé avec les quais au moyen de (trompes ou pans coupés, qui furent fréquemment imites depuis, car ils permettent d'évaser les abords»' 11 est construit entièrement en pierre de taille et a coûté 742,171 livres 11 sols,' ce qui représente 1 ,573,000 francs de nolrfi monnaie en nombiterond ; il coûterait moins cher aujourd'hui.

Un siècle plus tard, Louis XVI ordonne la construction du pont qui porta d'abord son nom et qui s'fijppelle aujourd'hui pont de .la Concorde, et une ordonnance du prévôt des marchands, du 23 septembre 1786, chargea Perronet, alors premier ingénieur des ponts et chaussées, de dresser le projet. L'adjudication eut lieu en 1787,.sur la mise âprix^de 3,600,000 livres; François Pi^vosft soumissionna pour 2,993^000 livres.

Le pont est composé de cinq^rches :. celle du milieu a 31 "^,(19., les deux suivantes 28°',26, et .les deux extrêmes 25°^,54. Ce travail «est d'un griuid eCfel architectural ; nous aurons lieu de l'examiner ultérieurement dans .tous ses détails.

Dans le courant ilu dix-iiuitième siècle, .sous .la dinection de Gabriel, de Pitiiou et surtout de Perronet, s'étaient élevés .les .ponts de Blois, d'Orléans, deToxirs; de Saumur, de Moulinsi, de Nqgent, de Mantes, de Neuilly, et enfin celui de la Concorde. Xes études sur la résistance des voûtes avaient été entreprises, dt lis résultats jpratiques soigneusement examinés.

Au commencement du siècle, actuel, l'art de la C0nfiU*uDtion des ponts »vaH donc fait dUmmenses progrès.; il ne larda pas«à se développer, et Ton sait à quel point il est arrivé de nos jjours. Nous navonfi,pas à>oiter ici les (principauK «a^ vragesi, car nous les étudierons plus loin. U nous suffira de diire que rinweiiâon des xhauxliydcauliques en 182/) et l'invention, plus irécenie des ciments aigodnv d'iiui si rtqpandius, ont .modifié compléteinenties méthodes de«0(U[ifitrucfti(iii':<on a pu {établir .sous l'eau des .maçonn£ries Tésistaoïtes A compactes, là où j>ad(b on ne mettait que des enrochements, on a pu de la sorte réduire de beaucoup

Digiti

les proportions des supports. L'emploi de la pierre de taille et des gros matériaux est devenu inutile ; avec de petits moellons, avec des cailloux, et du mortier de ciment, on constitue des monolithes de forme quelconque, et les ponts de maçonnerie sont, pour ainsi dire, coulés dune seule pièce, au lieu de se composer d'une série de blocs juxtaposés ou réunis par un mortier d une résistance bien inférieure à celle de la pierre.

Malheureusement, ainsi que nous le montrerons plus loin, la théorie n'a pas fait les mêmes progrès que la pratique ; on en est toujours à considérer les voûtes comme formées d'une série de pièces articulées et mobiles les unes par rapport aux autres, et, parmi les nombreuses formules dont on se sert pour fixer les dimensions des ponts, il n'en est point dont on puisse dire qu'elle donne des résultats certains.

A côté des ponts en pierre, et dans une proportion bien plus considérable, se sont développées toutes les variétés des ponts en charpente et des ponts métalliques. L'historique en sera mieux placé en tète des (Jiapitres qui traitent de ces divers ouvrages.

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