CHAPITRE IV. — DESCRIPTION DES TYPES DE PCÏNTS EN MAÇONNERIE
vées en bois avec des têtes d'arches en briqnes supportant un parapet plein. Le nouveau pont, exécuté en 1861-1862, comprend cinq arches en arc de cercle :
L'arche médiane m 45">,<I0 d'onvertare et fi*,90 de flôcbe.
Les arches intermédiaires. . . . 14",85 — 2",01 -^
Lbb arches dérive.. , 14"^ <— 1"«S2 —
Le profil en long se compose donc de deux lignes inclinées en sens contraire, le pont forme dos d*âne, ce qui complique un peu la construction, mais ce qui, ' comme nous Tavons fait rembarquer; ajoute à Télégance de l'èdiflce et permet en l même temps de donner à la navigation un passage de hauteur suffisante sans ^ être forcé de surélever les abords.
On s'est attaché à faire varier les ouvertures et les montées de manière à ramener dans la verticale la résultante des deux poussées transmises â chaque pile : en réalité, la différence était assez peu sensible pour que l'on pût sans crainte admettre une ouverture constante avec une montée variable.
Les piles et culéea sont établies sur des pilotis, descendus jusqu'au rocher, dont la profondeur atteint 20 mètres ; on s'est servi de pieux en sapin de O^jSS d'équariasage, entés avec des manchons eh tôle^ et battus avec une sonnette à vapeur ; nous avons décrit cette opération dans notre Traité de l'exécution des travaux. Les pieux, arasés à O^'jSO au-dessous de Fétiage, ont été recouverts d'un grillage qui a reçu Ja maçonnerie des piles. Les €ulées ont 6 mètres d*épaissevr.
Les têtes des voûtes sont appareillées par redans, et Fèpaisseur â la clef dans le corps de voûte est de 0",95.
La plinthe et le couronnement de la pile, dont les figures 9 et 10 donnent les prolils à grande échelle, sont suffisanmient accentués sans trop de luxe et produisent bon effet.
Le couronnement de la pile règne sur tout son pourtour^ même sous les arches ; peut-être aurait-on pu éviter cette dépense et limiter le couronnement aux avant et arrière-bacs.
Les maçonneries des voûtes ont ëlè hourdèes avec du mortier de ciment de Portiand et, au décintrement, il n'^ a eu aucun mouvement dans k culée ni dans larche.
Legaide*corp6 est en fonte, identique à cdui du pont de Saint-Sauveur; il pèse 180 kilogrammes par mètre courani, et est revenu à £r. 38 le Idlo» gramme, pose et peinture comprises.
A la même époque, M. Tingénieur Lechalas eut à reconstruire trois arches du pont de Pirmil à Nantes; ce sont des arches de 22, 20 et 18 mètres d'ouverture eu mï9<* de panier, et la figure 3 de la planche XIX montre comment on a allégé les voûtes au Booyen d'une voûte de décharge intérieure, dont les retombées s*appuieiit un peu au-dessus du joint de rupture des grandes voûtes. On remarquera la disposition des chapes qui recouvrant les grandes voûtes et la voûte de déeliarge ; les eaux d'infiltration, amenées à la naissance de la voûte de décharge, s'écoulent par des gargouilles dans le vide intérieur où elles rencontrent un en» tonnoir se prolongeant par un conduit qui débouche latéralement â la pile.
La chape, dit H. Lechalas, a 7 centimètres d'épaisseur totale. La premlérd couche de S centimètres est composée de 1 mètre cube de pierres cassées à 0,03 pdur 0,66 de42haux hydRanliqueavec additîonde 200 kliogranunes de ciment de Portiand par mètre cube de mortier. La couche supérieure de 0,02 d'épaisseur. '
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est composée de 600 kilogrammes de ciment de Portiandpour 1 mèlre cube de sable. Le ciment porlland de Boulogne-sur-Mer nous a été livré, abord du navire au quai de Nantes, à raison de 68 francs la tonne en sacs.
M. lie pont de Pont-d'Aln. — Le pont Construit à Pont-d'Ain, pour le passage du chemin de fer de Lyon à Genève, est représenté par les figures i, 2, 5, de la planche XXI.
Il se compose dp six arches en arc de cercle de 22 mètres d'ouverture et de 5",15 de flèche, ($ qui donne pour rayon de rintrados20"»,781.
L'épaisseur des piles à la base est de Z^ySZ ; elles présentent un fruit de 1/10, de sorte que leur épaisseur aux naissances de la voûte n'est que de 5'",06. Elles reposent sur un socle de O'^yôO de hauteur faisant saillie sur la base.
L'épaisseur des voûtes à la clef est de 1"»,30 ; les têtes sont exlradossées parallèlement et construites en pierres de taille de grandes dimensions avec refends et bossages; il en est de même des avant et arrière-becs etdes angles des culées; les parements de tout le reste de l'ouvrage sont exécutés en moellons piqués avec ciselures sur les arêtes.
Dans la douelle on ménage trois chaînes horizontales en pierres de taille, une à la clef et les autres à égale distance entre la clef et les naissances.
Les reins des voûtes sont remplis sur une certaine hauteur avec de la maçonnerie ordinaire et le tout est recouvert par une chape qui amène les eaux d'infiltration dans l'axe des piles, comme le montre la coupe longitudinale.
La plinthe est en pierres de taille; à l'aplomb des piles et des culées le parapet est aussi en pierres de taille et dans les intervalles il est en fonte. La partie en pierre au-dessus des piles est soutenue en encorbellement par des consoles en pierre de taille, et on constitue ainsi de petits refuges de2°',40 de largeur et 0*^,70 de profondeur.
La largeur du pont entre les tympans est de 8'°,20.
Les maçonneries hourdées avec du mortier de chaux très-hydraulique provenant de risère.
La dépense totale s'est élevée à 800,000 francs, soit 4,589 francs par mètre courant, ou 555 francs par mètre carré de tablier.
Cet ouvrage est établi sur un radier général en béton, compris entre deux files de pieux et palplanches, battues l'une à Tamonl, Tautre à l'aval sur toute la largeur de la rivière; ces files de pieux sont en outre protégées par des énroche* ments, et le béton est surmonté d'une voûte renversée, comme on le voit surles coupes. Cette voûte renversée est formée avec des moellons smillés de 0™,50 de queue renforcés par des chaînes en pierres de taille : l'épaisseur de la couche de béton est de 0°>,90 dans l'axe des arches et 0°>,70 dans l'axe des piles.
Voici la raison qui a fait recourir b un système de fondations si dispendieux.
Le lit de la rivière est formé par une couche de gravier, incompressible, mais Irès-affouillabie, dont la profondeur moyenne est de 9 à 10 mètres; au-dessous de cette couche, on trouve du sable, puis des couches de sable et d'argile, mélangées de tourbe et de pyrites ; il ne fallait donc pas songer à traverser le gravier supérieur, et c'est sur lui qu'il fallait asseoir les fondations, en les protégeant d'une manière efficace contre les affouillements ; ces affouillements sont fort à craindre, puisque la vitesse des eaux de la rivière atteint 4 mètres pendant les crues.
Grâce aux précautions prises, le travail a bien réussi.
Ingénieur en chef : M. Aymard ; ingénieur ordinaire : M. Gaduel.
IS.Pont de Grenoble. — Les figures de la planche XXII, représentent un pont
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CilAPITRE IV. — DESCRIPTION DES TYPES DE POiNTS EN MAÇONNERIE. Ki'J
construit à Grenoble, sur l'Isère, par MU. Berlhier, ingénieur en chef, et Gentil, ingénieur ordinaire.
C'est un pont formé de trois arches en arcs de cercle :
L'arche médiane a. • 25"",10 d'ouverture e^ 3",30 de flèche» ! Les arches de rive ont. 23",10 — 3",03 —
les arcs de cercle correspondent à un angle au centre de GO^*, c'est-à-dire qu'ils ont pour corde le rayon même, c'est-à-dire le côté de l'hexagone régulier inscrit dans le cercle* Comme nous l'avons déjà dit, beaucoup d'ingénieurs considèrent cet arc comme le plus gracieux.
L'épaisseur à la clef de la voûte médiane est de l'^y^O et celle des voûtes de rive 1",10; les têtes en pierres de taille sont appareillées par redans.
Les avant et arrière becs sont construits aussi en pierres de taille ; la douelle en moellon piqué.
Les maçonneries des arcs sont hourdées en mortier de ciment de la Porte de France.
L'extrados s'écarte de l'intrados à partir de la clef, et l'épaisseur des voûtes aux naissances est de 1°',45 et l'>,40.
Le remplissage des reins est en maçonnerie ordinaire, que surmonte une chape recouverte par un remblai ordinaire.
Les eaux d'infiltration recueillies par la chape sont amenées dans l'axe des piles ; elles traversent une pierrée avant de pénétrer dans un conduit incliné ménagé dans la voûte.
Les profils de la plinthe et du couronnement des piles sont d'un bon effet.
Les piles ont un fruit de ^, tandis que celui des murs de quai est de -^.
La largeur entre les bandeaux des têtes est de 12 mètres; les tympans sont un peu en retraite sur ces bandeaux.
Comme profil en travers, on trouve :
!• Une chaussée de 7»,10.
î» Deux trottoirs de 2",10.
3* Deux parapets en pierre de taille de O'^iiO.
4* Deux saillies des plinthes de 0",27.
La chaussée empierrée est encadrée par deux caniveaux pavés de 1 mètre de large.
L'axe longitudinal du pont est en forme de dos d'âne, disposition favorable à l'écoulement des eaux et à l'effet architectural.
Les têtes du pont et les murs de quai ne se coupent pas à angle droit; on les a raccordés par des trompes ou voussures, nettement indiquées sur le plan et sur l'élévation. La base supérieure est un quart de cercle tangent d'un côté au tympan et de l'autre côté au mur de quai ; les sections horizontales sont toutes des quarts de cercle déterminés par les mêmes conditions, et le sommet de la voussure est placé à la rencontre de l'extrados des voûtes et de la ligne de plus grande pente du quai.
Le parapet, les bordures et caniveaux se retournent aussi suivant des quart? de cercle ; grâce à cette disposition, la circulation se dégage avec la plus grande facilité, aussi bien pour les véhicules que pour les piétons.
On trouvera sur la môme planche le dessin des organeaux ou arganeaux ; ce sont les anneaux scellés dans les piles et destinés à recevoir les amarres.
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Tous les ponts étafblis sar des mières flottables ou navigables doivent ètra munis de ces appareils, que Ton place à diverses hauteurs.
Les piles sont établies sur un massrf de béton, immergé dans une enceinte de pieux et de palplanches, laquelle est protégée par des enrochements. Le béton repose sur un gravier incompressible.
16. Pont naxiiiiiiieii, A nunich. — Les figures 6, 7, 8 de la planche XXI, représentent le pont construit, dans ces dernières années^ à Munich, sur Tlsar, en face du palais Maximilien.
Il comprend cinq arches en arcs de cercle de 18"»,50 d'ouverture, et de S"*,!© de flèche.
Le pont a une pente longitudinale de 0,015 par mètre, et cette pente est obser\ée pour la plinthe, pour Les sommets des voûtes et pour les couronnements des piles.
La largeur entre les bandeaux des têtes est de 14^,30 qui se subdivise en :
Une chaussée de. •••••• . 8<>,00
Deux trottoirs de 2", 75
Deux parapcîts de 0",40
Les piles ont ^^,bO de largeur à Tétiage et 2^,^^ au niveau des naissances des voûtes; leur longueur e&t de 17 mètres. Les culées oat un élargissement carrède près de cinq mètres; nous avons déjà critiqué «cette disposition, qui coûte cher tout en donnant des abords peu commodes.
Les piles et les bandeaux des têtes, la plinthe, la balustrade, tous les attributs décoratifs sont en pierre de taille. Le corps de la voûte, dont Tèpaîsseur uniforme est de 1 mètre, est formé par trois rouleaux de grosses briques très-cuites.
Les têtes sont extradossées parallèlement, et les archivoltes ainsi que la plinthe sont moulurées avec un grand luxe.
On voit sur la coupe longitudinale que les tympans sont creux à rinlérieur et couverts de petites voûtes longitudiaales; on voit aussi comment s'écoulent les eaux d'infiltration.
Les parements des tympans sont en briques avec médaillons en pierre.
Dans Taxe des piles s'élèvent des pilastres que surmontent des becs de gaz monumentaux.
L£s maçonneries sont protégées par une chape formée d'un mélange de chaux et d'asphalte.
Les piles sont établies sur un grillage surmontant des pflotis, et le tout est protégé contre les affouillements par des encemrtes de pieux et palplancheB et par des enrochements.
Le prix de revient par mètre courant a été supérieur ià 8,000 francs.
Il nous semble qu*â ce prix, on pouvait faire une œuvre beaucoup plus monumentale, et même réaliser de sérieuses économies, en renonçant à la profusion d'ornements dont le pont est recouvert. Dans un ouvrage de ce genre, les détails disparaissent; c'est de l'effet général qu'il faut s'inquiéter.
17. Ëlarf^issement de ponts anciens. Pont de J nrnny on, sur le ^Garve de Pan. — La circulation des voitures s'est tellement développée dans le siède actuel, que la largeur de beaucoup d'anciens ponts est devenue insuffisante, et qu'il a fallu trouver un mo^en de l'augmenter.
Beaucoup de ces anciens ponts n'avaient point de trottoirs, et se compe-
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