CHAPITRE IV. — DESCRÏPTIOW DfSS TYPES DE PONTS EN MAÇONNERIE
ssâent d'une chaussée comprise 'entre deux caniveaux, avec des parapets en pierres de taille protégés par des bornes ; on a pu quelquefois améliorer suffisamment Tétat des choses en démolissant les bornes et le parapet, posant une pflinthe en encorbellement, ne conservant qu'un demi caniveau avec bordure de trottoir et adaptant un garde-corps métallique. Ce garde-corps lui-même peut être posé en saillie, au moyen de montants en fer recourbés horizontalement de manière à venir se sceller dans la plinthe.
L'exemple d'élargissement de pont qui nous a paru le plus curieux est celui du pont de Jurançon sur le Gave de Pau. En 1845, on l'avait élargi unt première fois au mojen de consoles en fonte supportant des trottoirs, l'élargissement a été rendu définitif dans ces dernières années au moyen de voussares en pierres.
1^ Élargissement de 1843. — L'ancien pont placé entre Pau et Jurançon, était compofië de sept arches surbaissées présentant entre les têtes une largeur de 7",92. D'énormes parapets en pierres, de chacun 0">,40, les bornes et les rigoles occupaient environ 2 mètres, de sorte qu'il restait à peine 6 mètres de largeur dévoie; cela suffisait pour les Toitures, mais il fallai>t ajouter des trottoirs pour les piétons.
M. l'ingénieur Ménard de la Groye eut Vidée de recourir à des consoles en forile posées en encorbellement comme on le voit sur les figures 4 et 5 de la plancSie IXI.
L'écartement de ces consoles, dont la forme eSl celle d'un solide d'égale résistance, varie de 1"»,80 à 2",07; leur côté vertical est scellé dans une rainure ménagée à fleur des tètes du pont; mais ces consoles sont surtout retenues par le tirant (cbad) scellé dans la maçonnerie, et par un autre tirant horizontal, noyé sous la chaussée et réunissant les deux côtés verticaux de deux consoles opposées. Ce long tirant horizontal qui traverse le pont est formé de deux morceaux, réunis par un assemblage à coin, de manière à obtenir un serrage énergique.
Les consoles n'exercent ainsi sur les maçonneries qu'im faible effort d'arraâiement, puisque la traction exercée par les consoles se transmet surtout au tirant horizontal en fer.
Ce système pourrait même, pensons-nous, être appliqué à des ponts que l'on vofudraît construire économiquement; il permettrait de réduire notablement la largeur des maçonneries et des piles , c'est-à-dire ce qui coûte le plus cher.
le trottoir est formé avec des dalles, s^appuyant d'un côtêdeO"*,iO sur la tête du pont et de Tautre sur la console dont elles débordent le "parement extérieur de O^jSO. Cette saillie est indispensable à fa stabilité du garde- fou, ajusté sur des montants verticaux qui traversent l'épaisseur du dallage et descendent jusqu'à la console sur laquelle Ils sont fixés.
Chaque montant est fortifié par une sorte de contre -fiche, susceptible d'augmenter Tempalement de sa base. Le prix de revient total a été de 151 francs le mètre courant.
On dispose dans le pays de dalles minces et résistantes de grandes dimensions ; mais on n'en rencontre pas partout de pareilles; on sera donc forcé, soit de rapprocher davantage les consoles, soit de les réunir par de petites voûtes en briques» soit de leur faire supporter un plancher en tôle ondulée recouvert -d'un trottoir en béton On verra quel sera dans chaque cas le procédé le plus économique.
2* Élargissement terminé en 1872.. — C'est à M. Conte-Grandchamps, ingénieur en chef des ponts et chaussées, que Ton doit cet élargissement définitif, dont l'effet est fort élégant.
L'aspect actuel est représenté par les figures de la planche XXIII. C'est sur la demi-coupe transversale que l'on comprend Je mieux ce qui a été fait; on y a indiqué en lignes pointillées le profil des anciennes grandes piles triangulaires, et les traits pleins montrent nettement le profil de la voussure neuve.
L'ancien pont était formé de sept arches en anses de panier, d'ouverlures inégales, reposant sur des piles massives.
Les avant-becs de ces piles avaient une section horizontale triangulaire et faisaient saillie de 2",52 sur le nu du mur de la tôle amont du pont ; les arriérebecs, dont la section horizontale était trapézoïdale, formaient une saillie de 1",60 sur le nu du mur delà tête aval.
Par suite delà pose des consoles en fonte, la largeur du pont avait été portée de 8 métrés à 10'",10. (Cette dernière quantité mesurée entre les arêtes extérieures des dalles d'encorbellement.)
Mais cela ne suffisait pas pour satisfaire aux besoins de la circulation, et on obtint un nouvel élargissement en accolant, à l'amont et à l'aval de l'ancien pont, deux nouveaux ponts de 102°>,18 de longueur et de 1"»,5S de largeur; ces arches supplémentaires vinrent s'appuyer sur les fondations évasées des avant et des arrière-becs des anciennes piles, qu'on avait démolies jusqu'aux naissances. Après le travail il ne resta plus que de petits avant-becs, peu saillants et peu élevés.
L'ancienne largeur de 8 mètres se trouva portée à H"»,16 entre les bandeaux des nouvelles têtes.
Les tympans nouveaux sont en retraite chacun de 0°*,04 sur le bandeau correspondant, de sorte qu'il ne reste plus que 11°>,08 de largeur entre tympans.
Mais, des consoles en pierre de taille dure, noyées dans la maçonnerie de galet des tympans, supportent des mâchicoulis en pierre de taille d'Angoulême,de manière à former un encorbellement de 0"',49 de saillie, ce qui fait pour la largeur totale du pont entre les têtes des mâchicoulis, 12",06.
Une plinthe en pierre de taille dure supporte le garde-corps établi dans le même plan que les têtes des mâchicoulis ; ce garde-corps est formé par une dalle verticale en pierre dure de 0°>,1 6 d'épaisseur, surmontée d'une main courante ornée de moulures.
La largeur totale delà voie libre est donc portée à H",74, qui se divise en deux trottoirs de 2",50 et une chaussée de 7",14. L'élargissement total de la voie livrée à la circulation est, par rapport à l'ancien pont de 4'",54.
Les anciennes voûtes étaient formées d'anses de panier à trois centres qu'il a fallu d'abord relever exactement pour en déterminer les rayons ; l'intrados des nouvelles têtes est un arc de cercle, tangent au sommet des anses de panier, et de plus grande ouverture que celles-ci à cause de Tévasement des avant-becs ; les naissances de cet arc de cercle sont à 2°',35 au-dessus de l'étiage du Gave, c'est-à-dire au-dessus des naissances de l'anse de panier.
L'intrados des têtes actuelles a été raccordé à l'intrados des anciennes têtes au moyen de surfaces coniques tangentes entre elles et aux pieds-droits de manière à former ébrasement comme l'arrière-voussure de Marseille (voir notre Traité de coupe des pierres), et les joints sont normaux à la surface de raccordement.
Les bandeaux des têtes sont extradossés parallèlement; ils sont construits en
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