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CHAPITRE IV. — DESCRIPTION DES TYPES DE PONTS EN MAÇONNERIE. i8i

proportions. On y était porté également par un autre motif; il est à remarquer, en effet, que les ouvertures moyennes habituellement données aux arches des viaducs font très-bien en élévation sur un dessin, mais qu'en exécution et surtout lorsqu'il s'agit d'un ouvrage d une grande longueur, pour lequel la plupart des arches sont nécessairement vues en perspective, les vides de ces dernières arches sont singulièrement réduits en apparence et finissent môme par disparaître tout à fait pour l'observateur. Pour atténuer autant que possible cet effet, il ne suffit pas d'augmenter le rapport du vide au plein en élévation, il faut de plus que le rapport de l'ouverture des arches à la dimension transversale des piles soit accru dans une forte proportion. On a donc été conduit pour le viaduc de Port-Launay, à donner aux arches une ouverture de 22 mètres; des voûtes de cette dimension, reposant sur des piles élevées, donnent beaucoup de jour et procurent à Touvrage un aspect d'ampleur et de légèreté rarement atteint dans les constructions de ce genre.

Mode de construction. — Les piles ont 4"*,80 d'épaisseur aux naissances des voûtes et sont appuyées par des contre-forts, ayant 2'",40 d'épaisseur au même niveau; ces contre-forts dont le fruit est beaucoup plus considérable que celui des piles elles-mêmes et qui présentent sur elles une saillie très-marquée, surtout à la partie basse, diminuent à Foeil leur épaisseur et donnent beaucoup d'élégance à l'élévation. Us sont d'ailleurs utiles, non-seulement pour s'opposer aux déversements, mais de plus pour augmenter les superficies horizontales et diminuer les pressions par unité de surface. Ces pressions, pour lesquelles on s'est attaché à ne pas dépasser sensiblement 9 kilogrammes par centimètre carré, sont :

Aux naissances 5*,84

A la base des piles sur les socles. • • S'^yôS

▲ la Lasc des socles • • • 9'*,12

Sur le sol de fondation 7»,29

L'emploi de la pierre de taille a été exclusivement limité au couronnement des soubassements, aux tailloirs des contre-forts, aux plinthes et aux parapets; tout le reste des parements vus, y compris les angles des piles et les bandeaux des voûtes, est entièrement formé de moellons parementés à bossages rustiques; seulement pour bien dessiner les lignes et pour assurer l'exactitude de la pose, on a, sur chaque angle, détaché les arêtes par des ciselures continues. La maçonnerie de ce genre en écartant toute recherche d'appareil et en ne faisant ressortir que les lignes principales de la construction, présente un caractère d'homogénité très-rassurant et qui convient d'une manière spéciale pour un grand ou^ vrage. On a même évité de placer un cordon aux naissances afm que la voûte continuant la pile sans interruption, augmentât encore en apparence la hauteur des arches vues d'en bas.

Sur un ouvrage aussi élevé et surtout avec d'aussi grandes arches, la trépidation des trains s' exerçant sur un remplissage, entre les murs des tympans, pourrait produire des poussées dangereuses, et, pour les éviter, on a construit, sur les reins de chacune des grandes voûtes, trois petites voûtes longitudinales de 1^,20 d'ouverture ; on n'a pas adopté des ouvertures plus grandes, parce que l'augmentation d'élégissement que l'on aurait pu réaliser se serait trouvée sans importance par rapport à la masse totale pesant sur chaque pile, et parce qu'il était beaucoup plus utile de donner aux murs séparant les petites voûtes une grande solidité; pour augmenter encore leur résistance et prévenir toute flexion dans la partie où ils ont le plus de hauteur, on les a reliés par deux lignes de voûtes

Digiti

pei p en Jicu laîres qui s'opposent au rapprochement, pendant que de forts tirants reposant au-dessus de ces dernières coûtes empêchent au contraire tout écartement. Des puits arec regards ménagés sur Taxe du viaduc permettront à toute ^çKHiue de descendre de la voie pour visiter les voûtes intérieures.

Pour Tensemble du viaduc, le rapport du videau plein en élévation est de 2,15 et le cube moyen de maçonnerie par mètre superficiel en élévation est de 3",43.

Matériaux employés, — La pierre de taille et le moellon de parement sont en granit gris foncé provenant des environs de Rostrencn (Côtes du-Noid); le moellon brut est une roche amphibolique très-dure extraite à DiiiéauU, sur les bords de l'Aulne; le sable a été pris sur les grèves de la mer, en dehors de la radede Brest; enfin la chaux hydraulique a été fournie par les usines de Doué (Maine^t- Loire) ctÉchoisy (Charente).

L'intérieur des maçonneries des piles, au lieu d'être enlibages ou en moellons smillés sur les Hts, comme on Ta fait pour d'autres grands viaducs, est simplement en maçonnerie de moellons bruts ; seulement celte m; çcnnerie a été faite avec soins, et en outre pour rendre le mortier plus énergique, on a ajouté à chaque mètre cube de mortier 100 kilogrammes de ciment de Porlland. La même précaution a été prise pour les maçonneries des voûtes aux abords de la clef. Enfin, pour soustraire les maçonneries de fondation àTactioii destructive de l'eau de mer, la couche inférieure et les parements des massifs de fondation des piles en rivière ont été maçonnés exclusivement avec du mortier déciment dePortland.

Cintres. — Les cintres étaient soutenus par des rails traversant les maçonneries des piles au niveau des naissances. Par arche, le cube de bois employé s'est élevé à 106 mètres et la dépense du cintre a été de 8,000 francs environ. Le tasgement au sommet pendant la construction a été en moyenne de O^jOO, mais le tassement des voûtes, par suite du décintrement,ne s'est élevé en moyenne qu'àO'^,015.

Dîiréed* exécution. — Les travaux ont été adjugés le 18 mars 1864. Pendant le reste de la campagne on a fait des approvisionnements et fondé sept piles, dont deux en rivière ; dans la campagne de 186S on a terminé les fondations et élevé toutes les piles et culées jusqu'au niveau des naissances; enfin dans la campagne de 1866 on a construit toutes les voûtes et terminé 1 ouvrage, sauf les parapets. La construction du viaduc a donc duré près de trois ans.

Dépenses. — Les dépenses faites pour la construction du viaduc de Poi t-Launay se résument ainsi qu'il suit :

hâture des travaux.

Fondatioas. »•••••<

Pnes et culées jusqu'aux naissances. •••••••.

Des naissances à la plinthe <

Plinthes et parapets >••••••••.

Cintres •••«••<

Abords et travaux accessoires

Totaux ao-«bsi» sis voiOAnoRS

Totaux, fohsatiors comprises.

DÉPENSES EFFECTLÉES

EN TOTALiri.

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