CHAPITRE nr. — DESCMPTION DES TYPES DE PONTS EN MAÇONNERIE
leurs auraient pu être supprimés et leur suppression aurait en apparence allongé les piles dans le sens vertical.
Remarque. — Pour obtenir un effet satisfaisant avec un viaduc à deux étages, il faut donner un rapport convenable aux hauteurs des deux étages.
Fétage supérieur est plus élevé.
(Test une bonne proportion que d^adopter pour les hauteurs des étages le rapport de 3 à 5.
Soit une hauteur de 66 mètres à franchir; si Ton réserve 2 métrés au-dessus de la clef pour le voussoir et la plinthe, il reste 64 mètres, qui se subdivisent en un étage supérieur de 40 mètres et un étage inférieur de 24 mètres.
L'ouverture des arches supérieures sera prise ('gale à la moitié de la hauteur sous clef, soit 20 mètres, et le fruit des piles déterminera l'ouverture des arches inférieures.
7. Tiadacs* plusieurs étafi;es. — Pourles grandes hauteurs on a prèfôré souvent adopter plusieurs étages de voûte, ce quia permis de réduire les dimensions des parties, a rendu la construction beaucoup plus facile et a permis d'opérer avec une grande rapidité.
Le plus connu en France est le viaduc de Chaumont sur la Suize, et en Allemagne celui qui a été construit sur la vallée du Gollzch.
Tiadue de Chaumont. — Le viaduc de Chaumont est représenté en élévation piartielle et en coupe par la figure 1 (fe la planche XXIX.
Le rapport du vide au plein y est de 2",78, et le cube de maçonnerie est par mètre carré d'élévation, fondations non comprises^ de 2™,39.
Voici la description qui en est donnée dans la notice de l'exposition universelle de 1862 :
« Le viaduc de Chaumont sert aux lignes de Paris à Mulhouse et de Saint- Didier à Gray, réunies sur cepoint, àfrauchirla vallée de la Suize que la ligne de Paris à Mulhouse devait traverser en toutes circonstances. Il se trouve situé à un kilomètre au delà de Torigine du tronc commun et à 500 mètres en deçà de la gare du même nom.
Si l'on fait abstraction du garde-corps en fonte qui lui sert de couronnement, le TÎaduc de Chaumont est entièrement construit en maçonnerie.
Des piles-culées le divisent en dix travées de cinq arcades chacune. Les piles intermédiaires sont de simples supports, dont l'épaisseur moyenne ne dépasse pas 1/25 de la hauteur maxima du monument. Chaque arcade d'une travée se compose, dans la partie la plus élevée de l'édifice, d'une arche en plein cintre de iO mètres d'ouverture, qui supporte la voie de fer sur une largeur de 8 mètres entre garde-corps, puis de deux étages intermédiaires formés d^archesde contreventement, ayant à la fois pour but de rompre les trépidations puissantes qui résultent toujours du passage du traiii «t de donner appui aux piles-supports qui eussent été beaucoup trop minces sans cette précaution. Eu conséquence, ces arcs-boutants n*ont reçu que 5 mètres de largeur entre leurs tympans, au lieu de 8 mètres donnés aux grandes arches supérieures, disposition qui n'avaitpeutêtre jamais été admise jusque-là d'une manière aussi fortement accusée.
D'ailleurs ces arcs-boutans dérivent simplement du plein cintre supérieur, en recoupant ses reins de part et d'autre sur 0'",125 de largeur pour l'étage moyen et sur 0"*,25 pour l'étage inférieur. De sorte que les mêmes cintres ont pu servir du haut en bas de l'ouvrage.
Le viaduc entier a été établi suivant une rampe de 0",006 par mètre que suivent les cordons, la plinthe, le garde-<5orps et les lignes des centres des trois
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étages de voiltes. Les lignes des naissances de ces mêmes voûtes sont placées par tout au même niveau que le centre de Tarche correspondante.
Dans ie but de rendre la surveillance et la réparation du viaduc plus faciles, on aménagé, à travers toutes les piles et au niveau des deux- étages d'arcs-boutants, des portes en plein-cintre de 2^,50 de largeur et de 5 mètres de hauteur sous clef i les arcs-boutants de Télage inférieur, combinés avec les portes qui leur correspondent, ont permis de constituer un passage de piétons extrêmement utile d'un côté à Tautre de la vallée de la Suize. Un garde-corps trés-lèger, composé d une lisse, de trois sous-lisses et de potelets en fer laminé a suffi pour atteindre ce but.
Enfin, le viaduc de Chaumont est à culées perdues, c'est-à-dire qu'il est tel qu'il résultait du type à hauteur maxima que nous venons de décrire, arasé à la partie supérieure suivant la rampe de 0",006 du chemin de fer, mais en même temps recoupé à la base, suivant le relief naturel du sol. Ni murs en ailes, ni murs en retour ne le terminent à ses extrémités. Les remblais aux abords le contre-butent simplement en Tenveloppant par les talus de leur terre coulante.
Les autres particularités que présente le viaduc de Chaumont résultent des conditions dans lesquelles il a été exécuté.
L'emploi de la pierre de taille a été restreint à la formation des cordons généraux qui dessinent la partie supérieure de chaque étage des piles, à la formation des archivoltes des voûtes, ainsi que des consoles et de la plinthe du couronnement, c*est-à- dire à 1/19 seulement du cube total des maçonneries, ou bien à 5,000 métrés cubes en nombre rond.
Dans les assises inférieures, qui supportent un poids de plus de 7 kilogrammes par centimètre carré, le massif de remplissage se compose de maçonnerie de moellons smillés sur leurs lits, de même hauteur dans chacune des assises et qui paraîtraient en plan, comme assemblés sous forme de mosaïque grossière, mais à joints serrés et sans tolérance de cales dans les lits.
Au fur et à mesure que cette pression s'abaissait entre 7 et 5 kilogrammes, on a toléré des joints plus larges, deux assises régulières de remplissage pour une de parement, mais on a continué à proscrire toute cale dans les lits. Enfin, lorsque la pression décroissait au-dessous de 5 kilogrammes, les maçonneries s'exécutaient suivant les régies ordinaires d'une bonne et solide construction.
Ce travail considérable a été achevé en 14; mois par 350 maçons, aidés d'autant de manœuvres à peu près et par 1,800 carriers, tailleurs de pierre ou piqueurs de moellons, disséminés dans les carrières.
La dépense s'est élevée à la somme de 5,774,136 fr. 01 qui se décompose de , la manière suivante : .
Maçonnerie 4,948,927' 38 ^
Echafaudages, cintres, etc. . , . 494,000 »
Fonte pour garde-corps, etc. . • • 82,850 50
Dépenses diverses 248,358 33
Tiadac du Goitzchthal. — Ce viaduc, représenté par la figure 2 de la planche XXIX, est établi sur la ligne allemande qui va de Leipzig à la frontière bavaroise.
Cette ligne rencontre deux vallées profondes, celles delà Gôltzch et de l'Elster, qu'on était forcé de franchir la première à 80 mètres et la seconde à 70 mèlre» de hauteur.
On essaya bien de modifier le tracé pour éviter ces travaux gigantesques ; mais
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