‹ Manuel de l'ingénieur des Ponts et chaussées rédChapitre 89 sur 128 · PONTS BUIS · texte numérisé non relu

PONTS BUIS

L'usage des ponts biais s'est beaucoup développé depuis l'apparition des chemins de fer, dont la voie est trop rigide pour pouvoir être pliée normalement à tous les cours d'eau qu'elle rencontre, comme on le ferait pour une route.

La construction des ponts biais est une aflaire d'appareil : si l'on ne craint pas d'employer des matériaux d'épaisseur inégale, on a recours à l'appareil orthogonal; si Ton veut, au contraire, se servir de matériaux d'épaisseur uniforme, de briques par exemple, on a recours à l'appareil hélicoïdal.

Nous avons expliqué avec détails les deux appareils dans notre Traité de la coupe des pierres y et nous ne reviendrons pas sur ce sujet, facile à traiter avec des épures simples de géométrie descriptive.

On trouvera, dans les Annales des ponts et chaussées, de nombreux Mémoires sur les voûtes biaises; beaucoup renferment des théorèmes géométriques et des calculs fort intéressants, mais peu utiles dans la pratique.

Voici la nomenclature de ces mémoires, que le lecteur pourra consulter avec fruit :

Annales des ponts et chaussées^ mai et juin 1859. Mémoire de M. l'ingénieur Lelort, dans lequel on trouve les formules des courbes de joint.

Annales des ponts et chaussées, juillet et août 1851. Mémoire remarquable de M. ringénieur de la Gournerie sur les propriétés géométriques des appareils orthogonal et hélicoïdal.

Annales des ponts et chaussées, juillet et août 1852. Mémoire de M. l'ingénieur Graeff Équations diîs rourbes. Détails de construction.

Annales des ponts et chaussées, mars et avril i85k Description de l'appareil cycloïdal, par M. ringénieur Hachette, qui cherche ù se rapprocher de la sim-

Digiti

m PONTS EN MÂCOiNNERlE.

plidtè d*appareil de Tancien biais passé ou corne de vache. L*appareil cycloîdal n*a guère été employé.

Annales des ponts et chaussées, \\x\\\eX et août 1 854. Note de H. Tingénieur Lefort.

Annales des ponts et chaussées^ mars et avril 1855. M. l'ingénieur Morandière indique une méthode pratique pour tracer sur le cintre même les têtes et les courbes orthogonales; les panneaux pour la taille des douelles et des tètes sont relevés sur les cintres.

Annales des ponts et chaussées^ janvier et févritr i8S6. Mémoire dans lequel M. ringénieur Leblanc étudie la stabilité des voûtes biaises.

Amudes des ponts et ehausêées^ i" semestre 1801 .M. ringénieur Lucas expose un nouvel appareil de voûte biaise applicable aux biais très-prcmoncés.

En résumé, il faut éviter les ponts biais toutes les fois qu'ih ne sont pas nécessâ{reB;pour des cours d'eau importants, on arrivera toujours à les éviter ou du moins è ne leur donner qu'un biais peu prononcé. Mais, sur les petits cour» deau, on a des biais souvent fort prononcés; les poutres métalliques sont trèscommodes pour franchir ces passages. Lorsqu'on n'a pas recours au métal^ f appareil hélicoïdal avec maçonnerie de briques est très-commode aussi. L'emploi des mortiers de ciment sur tout ou partie de la voûte permet du reste de faire à peu prés ce que l'on veut.

Il ne faut point s'attacher, dans les ponts biais, à la précision géométrique de l'appareil; on se contentera d'une épure faite à assez grande échelle, dont on reportera sur le cintre les résultats numériques, à moins qu'on ne préfère tracer directement l'épure sur le cintre et ne tailler les voussoirs qu'après que le cintre est monté. Lorsque Ton a des tètes en pierres de taille accolées à de la maçonnerie de briques ou à de la maçonnerie de remplissage, on fera bien de relier ces têtes par trois tirants en fer avec ancres noyés dans les voussoirs de tête.

Passades Mais «vee «rcs droits. — Lorsque le biais d'un passage atteint une amplitude notable, la construction devient assez difficile et l'on peut craindre pour la stabilité de l'ouvrage. Autrefois, on s'en tirait en faisant un pont droit d^une longueur de douelle égale à la plus grande dimension du passage à recouvrir, de sorte qu'en plan il restait en dehors de la voie deux passages triangulaires inutiles et de plus disgracieux.

H. l'ingénieur Boucher eut l'idée, en 1847, de recouvrir un passage biais aveô une série d'arcs droits, figures 1, 2, 5, 4, 5, planche XXX.

Le chemin de fer de l'Ouest traverse la route nationale n« 10, à Chartres, sous un biais de 56«; on avait songé d'abord à recouvrir le passage par des arcs en fonte parallèles aux têtes, puis on eut l'idée de substituer aux arcs en fonte des arcs en maçonnerie réunis à leur partie supérieure par de petites voûtes minces.

Les culées ont leurs pieds-droits parallèles au biais, mais les angles aigus sont abattus par un petit pan coupé; les pieds-droits sont terminés à 3°*,20 au-dessus du pavage par un cordon en pierre de taille.

Le pont est formé de six petites voûtes droites AB, CD, EF , placées comme

des arcs métalliques sous chaque tête et sous chaque rail; ces voûtes ont 0°»,8D de longueur et sont séparées par des vides de 0™,70, sauf au milieu où le vide est de 1",06; leur courbe de tête est une anse de panier à cinq centres de 16",20 d'ouverture et de 5 mètres de montée.

L'archivolte de tête est appareillée par un extrados parallèle, les archivoltes Les arcs intérieurs sont appareillés par carreaux et boutisses.

Page 1