‹ Manuel de l'ingénieur des Ponts et chaussées rédChapitre 96 sur 128 · CHAPITRE V. ^ GÉNËRiLITËS SIfR LB8 fiUbfENTS DES PONTS, ETC. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. ^ GÉNËRiLITËS SIfR LB8 fiUbfENTS DES PONTS, ETC. S

Lés fermes espacées de â"*,60 d'âxe en aie étaient contreventéea par des inoises horizontales et par des croix de Saint«André.

Il est évident que si les deux pièces Inm) étaient d*<in seul morceau, on arriverait à une rigidité bien plus considérable { le point p tendant à baisser, la pièce horizontale pq serait également pressée par ses deux bouts, et, si elle était assez résistante pour ne pas fléchir sous la compreasion, ta déformation se bornerait à la compression des assemblages au point (p) et à Fabout inférieur de la pièce {mn).

Dans Tesprit des anciens ingénieurs, on devait faciliter la déformalicm et la laisser s opârer librement ; aussi Perronet recèmmandait^il de tailler les assem- Mages à genou, c'est'^^lire de les form^ par un about cylindrique pénétrant dans une cavité égde ; de la sorte, la rotation se produisait en h'berté et la flexibilité était assurée, en même temps qu'on évitait le màchage et Técrasement des arêtes d'assemblage. Ce système n*a pas prévalu et on le proscrirait éneii^quement aujourd'hui.

CfiitM retipomiié do ^aAae 4e l'Aviné. — Le cintre retroussé du viaduc de TÂulne est représenté par les figures 3 de la planche XXXIV.

L'importance des cintres, dit M. Ârnoux dans sa notice, s'accroît rapidement avec l'ouverture des voûtes, et cet accroissement est surtout sensible lorsque les circonstances de la construction conduisent à l'emploi de cintres retroussa, ou, pour mieux dire, de cintres dépourvus de supports fixes, autres que les pieds-droits mêmes des arches.

Comme les naissances des voûtes du viaduc se trouvent à 55 mètres au-dessus du sol , on ne pouvait adopter que le système de cintres retroussés. Hais pour éviter la multiplicité des joints, cause active de tassements, on a pris le parti de composer les fermes de cintres suivant un type qui fût basé sur l'emploi de longues pièces de charpente.

Si l'on énumère les parties principales d'une de ces fermes, on trouve quatre grands arbalétriers, chacan d'environ 10 mètres en longueur, deux cours de doubles moises de 14 mètres et de 18 mètres, un poinçon et deux contrefiches, sans mentionner les petits arbalétriers qui forment le contour polygonal auquel sont cloués les vaux taillés en courbe.

Mais il est (Mréférabie de considérer la ferme dans son ensemble, afm de reconnaître les combinaisons suivant lesquelles il y a lieu de grouper les pièces de la charpente d'après le mode de leurs fonctions. Ainsi, l'on peut dire : les deux cours de doubles moises constituent, avec les pièces qui les croisent, une sorte de poutre armée, qui est disposée de manière à résister aux poussées latérales provenant des reins de la voûte, et qui maintient les supports de la partie haute de l'arche, tandis qu'elle a pour appuis à ses extrémités les grands arbalétriers et les sous-vaux inférieurs.

Aux naissances, la charge du cintre était portée par des doubles semelles, entre lesquelles on a établi des potelets durant la construction des voûtes et des cylin* dres à sable à l'époque du décintrement.

Les semelles inférieures reposaient elles-mêmes sur des rails qui, au nombre de six, traversaient chaque pile en faisant sur les parements opposés des saillies de 0™,60.

Comme les cintres étaient entièrement en bois de sapin, on avait eu soin d'intercaler de larges plateaux de chêne entre les potelets et les semelles ainsi qu aux pieds des grands arbalétriers. A la partie haute du cintre, au contraire, on introduisait des feuilles de tôle mince dans les assemblages partout où les fihrcs

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du bois se présentaient normalement an joint, pour les poinçons, par exemple ; enfin, entre les rails de support et les semelles inférieures, on interposait de larges morceaux de tôle épaisse.

Le contreventement des cintres devait être trés-énergique à cause de la Science extrême du vent à la hauteur de 45 mètres au-dessus du sol : la stabilité nécessaire a été obtenue pour chaque cintre, au moyen de six liemes horizontales et principalement de trois croix de Saint-André, lesquelles ont été fixées, Tune verticalement aux poinçons du faite, et les deux autres à 45^ aux grands arbalétriers : ces dernières surtout étaient d'une grande efficacité.

Les couchis de 0",15 sur 0",iO étaient espacés de O'^yil d*axe en axe; ils n'étaient point recouverts d'un voligeage, de sorte qu'on pouvait, au moyen d'un plancher placé dans le cintre, surveiller la pose par en dessous.

Toutes les voûtes du viaduc ne furent pas construites simultanément; mais, à partir de l'angle de 30*, on veillait à ce que, de deux voûtes voisines, l'une n'eût pas plus de sixvoussoirs d'avance sur l'autre; le nombre des voussoirs diminuait donc de six en six à partir de la voûte fermée jusqu'à celle qui n'était montée que jusqu'à 30».

Dès que la construction dépassait 30^ on chargeait le sommet des cintres pour en empêcher le soulèvement, quand la maçonnerie arrivait à 40^ il fallait que la charge fût égale au poids de la voûte définitive, sur une zone de 15<^ de part et d'autre de la clef.

L'affaissement des cintres a été de 0">,09 en moyenne pendant Texéculion des maçonneries; au décintrement, le tassement des voûtes n'a été que de 0'",015.

Le cintre du viaduc d'Hennebont a été conçu dans un système identique à celui de l'Aulne.

Petits cintres dérivés de celui de l'Aulne. — De ce système, on peut en fuire dériver un plus simple, si l'ouverture descend entre 10 et 15 mètres : on supprime les deux grands arbalétriers d'en haut et le cours supérieur de moïses, et il reste une ferme simple, composée de deux grands arbalétriers et dun. grand poinçon ; chacun des grands arbalétriers porte à son tour une ferme simple formée aussi de deux arbalétriers et d'un poinçon, et la double moise horizontale embrasse le tout.

Cette transformation nous conduit au cintre représenté par la figure 4 de la pla che XXXIV; le cube des bois dudit cintre est de 2">,70 par ferme. — Ce type s'appUque à tous les ponts, en plein cintre ou surbaissées de 8°^ à IS*" d'ouverture.

De 12 à 15 mètres d'ouverture, on renforcerait la partie centrale par deux contrefiches et on augmenterait un peu Téquarrissage des pièces comme on le voit sur la figure 5 de la planche XÎXIV, qui représente le cintre d'une arche de 12°», 00 d'ouverture.

Les fermes peuvent être espacées de 1*,60 à 2'»,00, suivant la charge à supporter; on a supposé un platelage jointif de 0"»,07 d'épaisseur; mais on peut lui substituer des couchis de champ avec voligeage.

Enfin, pour de petites ouvertures, on supprime les arbalétriers et les poinçons secondaires et on place directement les vaux sur les grands arbalétriers.

Hais cette disposition n'est guère possible que si la voûte est surbaissée ; avec une voûte en plein cintre, figure 7, on se contente de diminuer lequarrissage des pièces (voûte de 6",00 d'ouverture) ; ou, si Ton veut diminuer le nombre des pièces, on sépare les sommets des arbalétriers par un entrait horizontal (fig* 6); les arbalétriers peuvent alors supporter directement les vaux.

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