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CINTRES RETROUSSÉS

L'exemple classique d'un cintre retroussé, est celui dont Perronet se servit au pont de Neuifly. L'élévalion d'une demi-ferme de ce cintre est représentée à rèchelle de ^ de centimètre par mètre, par la figure 1 de la planche XXXIV.

cintre do pont de Neoiiiy. — On en saisira bien vite la disposition par la remarque suivante :

Considérez l'intrados de la voûteet inscrivez-y un polygone équilatéral, formé de pièces de charpente assemblées bout à bout ; sous ce.premier polygone, placez-en un autre semblable, de telle sorte que les sommets de celui-ci correspondent au milieu des côtés du précédent ; sous le second polygone, placez-en uti troisième dont les sommets correspondent au milieu des côtés du deuxième, c'est-à-dire aux sommets du premier; pui3, sous le troisième, un quatrième parallèle au deuxième, et, ainsi de suite, jusqu'à ce que vous ayez obtenu un arc suffisamment fort pour supporter la masse de la voûte. Embrassez par des moises pendantes les polygones ainsi superposés , et vous aurez la ferme d'un cintre retroussé.

Mais les divers polygones, ainsi formés, peuvent se déformer indépendamment les uns des autres dans une certaine mesure, et leurs côtés sont susceptibles de tourner plus ou moins autour de leurs sommets*

11 en résulte que cet ensemble n'est pas immuable; si on le charge à la clef, il s'aplatit et les reins se gonflent en dehors ; si on le charge sur les reins, il se ferme, et la clef remonte. Le constructeur doit sans cesse surveiller son cintre et placer à la surface des surcharges, variables suivant le degré d'avancement de la maçonnerie, de manière à conserver une forme régulière.

L'écartement des fermes du pont de Neuilly était de deux mètres d'axe en axe.

Au pont de Neuilly, le tassement des voûtes sur cintres fut de 0>*,6i, et le tassement après le décintrement de 0'»,50, en tout 0",9 1 . C'est là un grave incon. vénient, puisque les mortiers, continuellement soumis à des efforts variables, ne pouvaient faire prise; il est vrai qu'on ne doit guère considérer les mortiers ordinaires que comme un remplissage, et il est probable que le pont de Neuilly serait stable même s'il était construit en pierres sèches.

L'emploi d'un cintre flexible n'a donc pas grand inconvénient avec des mortiers mous, qui n'atteignent qu'après fort longtemps une dureté relative; au contraire, la flexibilité entraînerait des fissures et même des cassures lorsqu'on se sert de mortiers à prise rapide, tels que les mortiers de ciment.

Nous pensons que la rigidité doit être d'autant plus recherchée que l'on se sert de mortiers à prise plus rapide.

jfmujL et coachis. — Disons immédiatement que les pièces de charpente pla. cées sous l'intrados ne sont pas découpées suivant la courbure de celui-ci; on ne veut pas les perdre et on se contente de clouer sur elles des pièces de moindre valeur, profilées comme l'intrados; ces pièces portent le nom de vaux; sur les vaux reposent les couchis, ou madriers généralement placés de champ et dans le sens perpendiculaire aux fermes.

Les couchis forment une sorte de plancher supporté par les fermes; ils sont plus ou moins écartés suivant l'effort qu'ils ont à supporter ; ainsi à la clef on

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les rapprochera davantage parce qu'ils ont à porter tout le poids des voussoirs ; sur les reins, une partie du poids des voussoirs est transmis au voussoir infé» rieur, et les coucbis n*ont à résister qu'à la composante de la pesanteur parallèle aux joints.

A partir de Tangle de SO* environ jusqu'aux naissances, le frottement suffit à empêcher les voussoirs de glisser sur leurs joiots* ils n'exercent donc plus de poussée sur le cintre, et les eouchis deviennent ir«utiieB«

L'éxsartenvent des fermes dépend 4e leur fwee et aussi de la force éss conclus; généralement, l'écartenent des fermes varie de l'',50 k 2 mètres daxe en axe.

Il y a avantage à se servir de ferme» vigenreiises et à les espacer k plus possible, 2 mètres par exemple. Quelques pièees de charpente poui^ront être un peu lourdes, mais avec une cfaèvie «m arrive toiijours bien à les manœuvrer.

Il faut mettre Téquarrissage ctes eouchis et leur écartement en rapport avec ''espacement des fermes ; rien de mieux que l'eipérienee direste pour savoir à quoi s'en tenir à ce sujet. On m«t sur le sol, à plat, quelques poutres espacées comme doivent Fétre les fermes, on les surmonte de coucdiis et sur ceux-ci on établit un massif en pierres sèches ayant pour auteur l'épaisseur de la voûte à la clef.

On examine quelles tlèches prennent les eouchis sous l'influence de la cha^e, et si cette flèche est sensibie, on rapproche davantage les eouchis ou on en augmente rè4}uarrissage.

Lorsqu'on exécute les voûtes en pierres de taille ou en forts moellons piqués, on peut se contenter de la surface des eouchis comme surface de pose , innis, aujourd'hui, surtout quand on a reeowrs aux peliits matériaux, on préfère clou^^ sur les coucliis un voligeage en bois Uanc minée, formé de plancbel^ qui se eowbent avec la plus grande facilité. On obtient de k sorte une aire très-commode pour la pose et sur laquelle on trace à volonté soit les courbes de tète, soit même les pannea«x des voussoirs.

Quelquefois, les fermes sont assez rapprochées ou les eouchis assez forts pour qu'on puisse les poser à plat et non de ehamp; on les met alors joiiitifs et ils constituent une surface polygonale d'un grand nombre de côtés qu'on peut adopter pour surface de pose; on pourra tailler à l'h^rmioette les arêtes saillaifles qui pourraient se i>résenter. Ce système n'est pâs à recommander, il expose à perdre les eouchis, ^ les charpentiers préféreront en général recourir au voligeage.

Après ces détails^ nous ne reviendrons plus sur la question des vaux, dei> eouchis et du voligeage.

etÊÊMm v«iM«ssé dm font dT^ rUmum . — La flgure 2 de la planche XXXIY^ représente le cînire retroussé dont on s'est servi pour la construction du pont d'Orléavis ; il éhrit formé de deux polygones parallèles dont les sommets étaient réunis par des tirants dans lesquels les côtés venaient s'assembler.

Une ferme desskiait donc einMj quadrilatères formés par les tirants et par les côtés des dnux polygones; les trois quadrilatères du milieu étaient renforcés par on chevalet formé de trois pièces dont une supportait la partie médiane du côté du polygone supérieur.

Um cela ne suffit pas et on dut placer dans le prolongement de la pièce (n) la pièce (m) qui transforme en deux triaiigles le second quadrilatère, et on ajouta les raoises pendantes r qui donnent un peu de solidarité aux deux derniers côtés despolygones«

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